| Marie-Denise Villers Mademoiselle d'Orgnes
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« des mots pour voir » édition 2000/2001
1° Prix Flora Moir Lycée français de New-york
| | | Elle
était dans la pièce quand je suis rentrée. Elle n'était pas toute seule dans
cette salle, il y en avait d'autres, eux aussi occupant leur propre espace
sur les murs et chacun, occupé, était seul dans son univers peint et encadré.
Je ne savais pas qu'elle était là et je l'avais interrompue dans son travail.
Elle leva la tête et me regarda. Tout autour de moi disparut et la scène dont
j'étais spectateur devint immobile et prit un air paisible et serein. Le peintre
avait mélangé ces deux couleurs et y avait ajouté des touches de mélancolie
autour de cette femme, créant un équilibre et un calme qui semblait flotter
et pénétrer le spectateur. Ses petits yeux bleus et ronds étaient la source
de cette tristesse; ils me regardaient avec intensité, m'accrochaient et ne
me laissaient pas partir sans la justification de mon intrusion. Je vis, là,
une femme dans toute sa féminité, entourée par les ondulations de la vie féminine,
parsemées dans les vaguelettes de ses cheveux, torturées par le pinceau, dans
les courbes de sa robe et piquées par la baguette dans son chignon. Le fond
sombre de la pièce, de son esprit met en avant la pureté et même la magie
de cette créature. Resplendissante et fine, elle est dans sa robe blanche.
Elle dessinait les souvenirs entrés dans le présent par la fenêtre du passé:
deux amants, ensembles, au-dessus de tout le monde. Je les retrouvais qui
l'envahissaient dans la blancheur de son habit et dans le bleu de la chaise,
étouffé par ce drap rouge, rouge de l'amour, du sang, de la douleur. Mais
il ne me suffit que d'un indice pour démasquer la cause de la mélancolie de
cette scène encadrée. Le petit ruban rose qui resserrait cette robe déjà torturée,
délicat, mais honnête, me révéla tout. Sa robe prenait ainsi la forme de son
corps, accentuait ses courbes fines et décelait la rondeur de son ventre.
Partout je voyais cette rondeur, et la sérénité et tranquillité de la douleur,
dans la régularité et perfection des traits du pinceau, ces courbes tortueuses
mais paisible toujours. Ses cheveux ondulés retombaient sur son petit visage
rond et la courbe de son dos poursuivit par celle de ses jambes et enfermées
dans le tissu contorsionné de cette si simple robe. La cassure dans la vitre
pourtant, où je voyais le souvenir des amants, était elle-même une courbe
mais celle-ci brutalement interrompue. Mon oeil se glisse vers un tout petit
point illuminé sur le mur de cette pièce sombre et triste. C'est le bout de
la baguette à peine visible qui poignarde le chignon, dissimulée dans l'ombre,
simple et innocente en apparence mais cachée dans le noir, elle est meurtrière.
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| Georges Badin Peinture 1998
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« des mots pour voir » édition 2000/2001
2° prix Stéphanie Karagirwa Lycée Marguerite de Navarre Bourges France
| | | Cette lave
impure et organique
Tombant à terre
Gèle le cri
Le cri du gris
La mère pollen
Tente d'élucider le mystère
Sous son feuillage jauni
Où transperce le fougueux vermillon (endormi)
Mais qu'advient-il du cri
Du cri du gris
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| | | | | © ImageImaginaire 2009 |
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| anonyme
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« des mots pour voir » édition 2000/2001
3° prix Guergana Harizanova Lycée Bilingue "St.Clément d'Ochrid" Blagoévgrad Bulgarie
| | | Le lointain
Là, le
blanc, le lointain.Je veux vivre là! Dans un monde calme et inconnu, pas comme
maintenant-je me sens un point dans cette société qui ne s'intéresse en rien
et n'a pas honte de montrer son vrai visage. Je veux vivre pour voir une autre
vie, pour sentir l'odeur de l'immensité et l'impossibilité de chercher la réalité.
Entre les nuages, quelque part là, dans la place la plus cachée, je vais me
mettre et me faire perdue. Je vais voir le soleil, je vais lui rire et le saluer,
je vais aussi embrasser la lune, les petites étoiles et l'immensité.
Je ne vais penser à rien, je vais profiter da ce moment divin et je vais trouver
un monde plus sincère, plus calme.Il sera le mien. Sentir,vivre, penser, croire,
me reposer.Je vais tout faire et je ne vais rien faire. Je vais aller là, mais
il faudra que je revienne. D'accord, pour un peu de plaisir, pour quelques gouttes
de joie, je veux risquer ma vie et m'envoler là-haut près de Dieu. Je vais tout
y voir et tout y entendre. Le blanc va m'entourer et je vais me sentir comme
une Reine .Je vais oublier mon passé et je vais fermer mes yeux pour imaginer
mon avenir.Je veux que ça se passe, que ça m'arrive.Aurais-je cette belle possibilité?
Je donne tout ce que j'ai, malgré que je n'ai rien sauf ma personnalité modeste,
ça veut dire moi-meme, pour voir et pour vivre seulement quelques secondes dans
mon monde imaginé.Je vais tout faire et tout donner pour sentir le blanc, pour
voir un peu plus loin, pour en être là.C'est ce que je veux maintenant-là,
le blanc, le lointain, rien de plus, rien d'autre... | |
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| Olive Dupont Peinture 1998
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« des mots pour voir » édition 2000/2001
3° prix ex-aequo Juliane Engsig Hellerup Gymnasium Danemark
| | | Tard dans
le soir, au fond de la ruelle sombre. La lumière du réverbère tombe paresseuse
sur le trottoir, mais elle ne peut pas rompre le noir de la ruelle. Si on regarde
attentivement autour de soi, on peut apercevoir un homme. Lui, dont la figure
noire se trouve là, dans la rue. On peut voir le feu de sa cigarette. Il est
furieux. La colère travaille dans sa tête. Qu'est-ce qui se passe? Le monde
est à l'envers! Aujourd'hui les Allemands envahissent la Pologne, la guerre
a commencé. Le gouvernement ne fait rien, il fait semblant de faire quelque
chose. Ce soir il fait froid et il grelotte dans son pardessus. Il lève son
collet et met fermement le chapeau mou sur sa tête. Où sont-ils, ses amis? Pourquoi
ils ne sont pas venus? Il est presque minuit. Ses amis veulent former une nouvelle
association, une sorte de club. Le noir le remplit, son âme, sa tête et son
corps. C'est le temps pour une révolte!! Sur l'image le visage de l'homme est
absent, on ne voit qu'une cigarette, pourquoi? Il veut cacher son identité?
Ou bien il manque d'identité? Cette image est un schéma qu'il faut remplir en
faisant quelques efforts d'imagination, de fantaisie. Le chapeau est un symbole
du pouvoir, veut-il cacher le fait qu'il est puissant? Je crois que l'homme
est très fort. Les couleurs sur l'image sont très voyantes. L'orange symbolise
la colère. Et en bas du chapeau on peut voir le visage de l'homme qui est indistinct,
le rouge symbolise aussi la colère. Je pense que l'image est un peu surréaliste.
Peut- être l'artiste est inspiré de Magritte. Il y a des mots et des signes
sur l'image qui doivent renforcer et souligner la figure de l'homme et les couleurs
de la peinture - comme le fait Magritte. Chez celui-ci le chapeau est un symbole
de la force et de la sexualité masculine et l'image dont je m'occupe me fait
penser à un gangster et une révolte. Les signes mathématiques + et x symbolisent
la liaison entre le chapeau, le visage et les mots: "révolte" et "molle". Le
fait que le chapeau est masculin et molle est féminin nous fait réfléchir: est-ce
que l'homme pense à une femme? Ou bien il fait des calculations dans sa tête?
Quelles calculations? Politiques? Economiques? Le spectateur est intrigué. Ou
peut-être l'homme est mou dans sa tête et dans son coeur, et la colère n'est
qu'une facade - une face provisoire. Le feu de la cigarette symbolise le danger
et la confusion. Le feu, c'est-à-dire la fumée, écrit le mot révolte et montre
peut-être ses idées ou ses projets. Je pense que c'est une image intéressante
parce que le style est moderne et provocant. J'aime bien les couleurs, et je
trouve que c'est un peu troublant et inquiéfant avec les mots et les signes
ensemble. Alors je comprends que l'image nous engage. | |
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