Concours"Des mots pour voir" / Boticelli Naissance de Vénus Florence galerie des offices

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venus

texte 77 Dorval Gautier
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain


À toi la femme, à toi l'amour
(Botticelli, Naissance de Vénus)

Avant
Ma vie, elle avait froid, s'alluma dans la tienne,
Et ma vie a brillé, comme on voit au soleil,
Se dresser une fleur sans que rien la soutienne
Rien qu'un baiser de l'air, rien qu'un rayon vermeil,
Un rayon curieux, altéré de mystère,
Cherchant sa fleur d'exil attachée à la terre
Et si tu descendis de si haut pour me voir,
C'est que je t'attendais à genoux, mon espoir !

Pendant
Je ne sais plus chanter et je ne sais rien dire,
Mes regards sont baissés, ou rêveurs, ou distraits,
Je crains de soupirer, et toujours je soupire,
Je me tais ou gémis, j'expire ou je renais.

Je frissonne, et bientôt une flamme rapide
En parcourant mes sens fait palpiter mon corps,
À la fois délirant, incertain, timide,
Je la cherche toujours, et toujours sans remords.

Si elle s'offre à mes regards, mon âme est éperdue,
Si elle s'éloigne, je meurs ! Trop tendre je ne puis
Soutenir son départ ni supporter sa vue,
Absent, je la souhaite, et présent je la fuis.

Qu'est-ce donc que je sens ? Est-ce plaisir ou peine ?
De ce mal inconnu, je meurs ! Trop tendre je ne puis
Elle me devient trop chère pour être de la haine,
Et me fait trop souffrir pour être de l'amour.

Au soir
Quand elle pâlit un soir, et que sa voix tremblante
S'éteignit tout à coup dans un mot commencé,
Quand ses yeux, soulevant leur paupière brûlante
Me blessèrent d'un mal dont je la crus blessée

Quand ses traits plus touchants, éclairés d'une flamme
Qui ne s'éteint jamais,
S'imprimèrent vivants dans le fond de mon âme :
Elle n'aimait plus j'aimais !