Concours"Des mots pour voir" / trois tableaux de MAGRITTE

Participations en français langue maternelle
24/02/01

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MAGRITTE

Pour des questions de droits, il ne nous est pas possible de publier la reproduction des trois tableaux de Magritte. Nous proposons des liens pour vous permettre de les voir

texte 54
Barbaglia Mélanie
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain

Magritte, La Condition humaine "

Ce n'est pas possible ! " s'écria soudainement Georges Shmis en voyant le nouveau tableau de son ami René Magritte. C'était le même que celui qu'il peignait depuis plus de trois semaines, sauf que le bord de mer était vu depuis une fenêtre encadrée de longs rideaux bordeaux. Il repensa aux dernières semaines : tout d'abord à ses rêves, toujours identiques, où il se voyait peignant le bord de mer. Puis, il se réveillait en ayant une irrésistible envie de peindre tout ce qu'il avait vu pendant son rêve. Et maintenant, ce tableau était là, en face de lui. " Il faut absolument savoir si c'est le même, mais comment ? " pensa-t-il. Il voulut en avoir le cœur net et décida que, la nuit suivante, il irait chez son ami avec son tableau pour vérifier. Il ne serait pas dérangé car Magritte lui avait dit qu'il partait pendant deux ou trois jours. La nuit était pleine d'étoiles, la lune brillait doucement dans le ciel. Georges habillé d'une longue cape noire arriva chez son ami sans aucun problème. Là, instinctivement, il se retourna pour vérifier si quelqu'un le voyait. À quarante-huit ans, Georges avait encore l'air jeune. Son épaisse chevelure châtain foncé encadrait son visage ovale où brillaient, telles deux émeraudes, ses yeux verts. Son nez droit descendait vers deux lèvres sensuelles. Arrivé devant la maison de son ami, il vit de la lumière au premier étage et une fenêtre ouverte " Serait-il revenu ? " se dit-il légèrement angoissé. Après quelques instants, la lumière s'éteignit. Il décida de passer par la fenêtre et de descendre au sous-sol, dans l'atelier du peintre. Là, il le vit, le tableau, sur son chevalet. Lorsqu'il voulut le toucher, il se sentit aspiré et s'évanouit. Quand il reprit connaissance, il se trouvait dans une pièce inconnue. Elle était très petite et simplement meublée. Elle se trouvait face à la mer. Le sable paraissait si doux qu'il eut envie de le sentir sous ses doigts. Et l'eau transparente, qui, inlassablement, venait mourir sur le sable. Dans un coin, il trouva un chevalet. Il le mit en face de la fenêtre et y déposa son tableau. Oui, tout coïncidait ! À ce moment, il vit une porte et l'ouvrit. Il se retrouva dans l'atelier de Magritte. " Ai-je rêvé ? " se demanda-t-il. Il se tourna vers le tableau et découvrit que son tableau à lui et le chevalet était restés dans la toile. Il décida alors de rentrer chez lui. Le lendemain, il alla vers Magritte qui l'emmena dans son atelier pour lui montrer son nouveau tableau. Mais il ne parla pas de l'autre. " N'aurait-il rien remarqué ? " pensa-t-il. Pourtant, la toile de Georges était encore dans le tableau.


texte 55 Basselier Stéphanie
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain

L'œil dans les cieux

D'après Magritte, Le faux miroir


Dans mes grands yeux bleus,
Se reflètent les cieux.
Je suis un enfant.
Toi, tu es le vent.
Je vois les nuages,
Mais pas ton image,
S'étirer là-haut,
Semblant faire dodo.
Ils sont pareils à un
Gros troupeau d'ovins.
Ils paissent dans le
Ciel. Toi, tu hèles
Leur nom : Cumuls,
Cumulo-nimbus,…
Toi, tu les ventes, les
Forces à s'éveiller.
Tu souffles si fort, si
Fort, que moi aussi
Tu m'as réveillé.
Les aiguilles ont tourné.
Je dois donc rentrer
Ne fais pas une grise
Mine. Fais-moi
La bise.
Je te retrouverai
Demain Alizé.


texte 56 Randour Mickaël
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain

La Clé des champs de René Magritte

Une âme, captive d'une geôle macabre,
Prise dans les chaînes d'un monde sans rêves
Où la vie n'est que préambule de la mort,
S'éteint peu à peu sous les coups de la raison.

Au-delà, un havre de joie et de bonheur,
La volupté y rencontre la majesté
Et les esprits s'élèvent tels les oiseaux vers
Les cieux : une utopie impénétrable.

Pourtant, dans un fracas assourdissant, les chaînes
Se brisent, délivrant l'esprit qui s'évade
Pour retrouver une vie sans barrières,
Pour profiter de ce qui le maintient en vie :

La liberté. Âme voletant de rêve en
Rêve comme l'oiseau volète d'arbre en arbre,
Prends garde, les chaînes de la raison et le
Joug de la réalité ne sont jamais bien loin.