Concours"Des mots pour voir" / Goya Les trois vieilles Lille musée des Beaux-arts

Participations en français langue maternelle
24/02/01

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Goya

texte 47 Piotte Jeremy
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain

" Quand ma femme et moi avons divorcé, je me suis retrouvé à la rue. Heureusement, je n'y suis pas resté longtemps, environ trois mois.
Ensuite, j'ai rencontré une femme, je crois que c'est la personne la plus gentille que j'aie connue. Elle avait de longs cheveux blonds ondulés, des yeux marron, ses joues étaient légèrement bombées. Son corps était fin, ses formes bien dessinées et ses mouvements étaient gracieux. Nous avons vécu quinze belles années et puis, elle a reçu ce tableau affreux ; je le détestais, il ne m'inspirait rien de bon. Je ne sais pas pourquoi, mais il me faisait presque peur. Il représentait deux vieilles dames assises ; de loin, on aurait dit deux squelettes. Derrière, il y avait un personnage penché vers ces femmes, qui portait une faux. Il est clair qu'il représentait la mort qui allait enlever ces deux êtres.
Peu de temps après, ma compagne, celle que j'aimais tant, celle grâce à qui j'étais sorti de la rue, mourut d'un " cancer foudroyant ". Elle était devenue squelettique et, juste avant de mourir, elle dit, comme pour me prévenir : " Francisco Goya y Lucientes ". Je n'ai pas cherché à savoir qui c'était, de peur d'apprendre que nous étions deux hommes dans sa vie.
Le lendemain, deux autres membres de sa famille, sa petite sœur et sa mère, ont appris qu'elles avaient cette même maladie. Elles ont tenu le coup pendant trois jours, et des médecins ont commencé à prendre du sang à tout le monde et nous ont demandé d'aller voir des gens comme vous, des psychologues… Vous ne savez pas ce que cela veut dire ?
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas encore les résultats et donc je n'ai ni bonne, ni mauvaise nouvelle.
- Je sais, nous les aurons demain.
- Bon, les deux heures sont passées. À la semaine prochaine….

Le lendemain, un coup de téléphone me prévient que les résultats sont positifs : je suis malade ! Mes nerfs d'acier lâchent, je le sens ! Je me mets à détruire tout, en criant que je m'en fous, que je n'ai pas peur de mourir et je vois cette peinture en me rappelant ce que mon amour m'en disait et c'est là, à ce moment précis que je me souviens qui est Goya : le peintre de ce tableau que je jette au feu et qui brûle avant que je puisse me retourner.
Le téléphone sonne, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que le temps s'est arrêté pour que je décroche :
- Bonjour, je suis le docteur Think, j'ai une excellente nouvelle, les résultats sont négatifs !
- Comment ? Mais, euh…
- Oui, je sais mais nous avons vérifié, et tous les résultats sont négatifs, c'était sûrement une erreur de la part d'un médecin, désolé…