Concours"Des mots pour voir" / Friedrich L'arbre aux corbeaux.

Participations en français langue maternelle

Précédente Accueil Suivante

Friedrich Helbin

texte 46 : Helbin Grégory
Athénée Royal; La Louvière;
Belgique
professeur : Françoise Chatelain

Ce tableau… Ce tableau est bizarre. Il est, comment dire, sinistre. Surtout quant on a vécu ce que j'ai vécu avec " l'arbre aux corbeaux " ! Je vais vous raconter ! Cela s'est déroulé un après- midi ensoleillé d'un beau et chaud mois d'août. Je me promenais dans le centre ville dans ma bonne vielle ville de Londres, je flânais d'un magasin à l'autre pour trouver un cadeau original à offrir à ma chère épouse lady Giuseppina, que j'ai rencontrée pendant un voyage d'affaires dans le Borinage belge, mais ça c'est une autre histoire ! Je me promenais donc dans le centre ville quant j'aperçus un magasin que je n'avais jamais vu, pourtant je passe là tous les matins pour aller travailler au bureau. Quant je fus entré dans le magasin je fus soudain attiré par un bruit qui me glaça le sang et, en tournant la tête vers lui, j'aperçus un tableau dans le fond du magasin. Je m'approchai pour mieux voir le dessin, l'observai : il semblait représenter un arbre mort et des corbeaux planaient tout autour dans un ciel gris. Au premier coup d'œil il semblait sinistre mais bizarrement, j'eus une irrésistible envie de l'acheter, car je me disais qu'il serait parfait dans mon bureau. Mais il n'y avait personne à la caisse ! J'attendis pendant près de 30 minutes mais personne ne vint, je partis donc avec mon tableau et une autre babiole en jade de Chine pour ma femme et sans payer bien sûr. Ce n'était pas ma faute, il n'y avait personne ! Le lendemain matin, après une soirée et une nuit bien arrosée pour fêter l'anniversaire de ma femme, je m'installai dans mon bureau où le tableau était déjà accroché, pour me remettre à écrire mon roman. Mais un bruit de grattement derrière la porte m'interpella, c'était Mousty mon chat. Depuis que j'avais commencé ce livre il venait se vautrer sur mon bureau pour faire sa sieste du matin. Il se dirigea lentement vers mon bureau pour s'y coucher mais, en chemin, il s'arrêta pour tourner la tête vers le tableau et partit soudainement en poussant un miaulement de peur ! J'étais bien sûr étonné par sa réaction mais bon, mes goûts artistiques ne peuvent pas plaire à tout le monde ! Je m'étais remis au travail pendant environ une heure, quant ma femme vint m'apporter mon thé ; d'habitude elle restait au moins une vingtaine de minutes pour me faire de tendres câlins mais cette fois ci elle partit en prétextant qu'il faisait froid dans mon bureau, je n'y compris rien car on était en été quand même ! Je commençais à me poser des questions, quand soudain une ombre d'oiseau passa sur le papier blanc de mon roman, en levant la tête j'aperçus un grand corbeau sur le porte manteau, je le regardai dans les yeux pour mieux voir et un violent frisson me parcourut le corps. Une douleur au niveau du cœur me fit tomber par terre et une voie terrifiante, certainement celle du corbeau, me dit : " Ce n'est pas encore ton tour mais ne t'inquiète pas, elle reviendra ! La mort n'a pas encore besoin de toi ! ". Le corbeau s'envola du porte manteau pour disparaître dans les ténèbres du tableau. Ma femme qui m'avait entendu tomber entra dans mon bureau et me vit par terre ; après m'avoir couché dans mon lit, elle appela le médecin qui m'ausculta pour conclure enfin que j'avais eu un malaise cardiaque. Mais moi maintenant je sais ce qu'il s'est passer, c'est la mort qui était venue me chercher et je sais aussi qu'elle reviendra pour m'enlever à la vie et m'arracher à ma femme que j'aime tant ! Depuis ce jour je n'ai plus remis les pieds dans mon bureau et j'ai même fermé la porte à clé. Et en ce qui concerne le tableau " L'arbre aux corbeaux " je ne veux plus le voir. Mais je le sais, nous le savons tous, la mort est partout et attend le moment pour se jeter sur sa proie ! ! !