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Concours "des mots pour voir" session 2004

 

Textes en français langue maternelle catégorie A (de 14 à 16 ans et demi)  DEUXIEME SERIE

 De 114 à 210 Textes reçus avant le 13/ 3 /04

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114.       Germain Eblé,sans titre, septembre 1932 Papier au gélatino bromure d’argent Eble

 

 La photographie

La petite Françoise jeta un regard désespéré vers la fenêtre : la pluie ne s’arrêtera donc jamais ? Elle ne pourra pas jouer dans le jardin de son grand-père. Que pourrait bien faire une fillette de dix ans par ce jeudi de février 1962 ? Mais évidemment le grenier ! C’est l’endroit idéal ! Elle monta le plus vite possible l’escalier et poussa la lourde porte. Elle vit des meubles anciens qui ressemblaient à ceux de son livre d’histoire mais ils étaient recouverts de poussière. Elle aperçut trois cartons et décida de commencer son exploration par-là. Elle tira le premier et éternua. Un nuage gris avait suivi ce déplacement. A l’intérieur elle trouva des albums photos. Elle reconnut sa mère, son père, ses oncles et tantes, ses grands-parents et même ses arrière-grands-parents. Elle inspecta ainsi les trois cartons et s’amusa follement au jeu des ressemblances. Et puis elle trouva au fond du dernier carton, sous le dernier album une photographie dont elle ne connaissait pas le s personnages. Une photo, de famille dont les membres avaient une expression de gravité. Intriguée, elle l’emporta et descendit.
Elle trouva son grand-père endormi dans le fauteuil. Elle l’aimait bien, il était gentil : il lui donnait plein de bonbons et avait même accepté de la garder tous les jeudis. Pourtant elle n’était pas toujours sage. Elle savait qu’il ne fallait pas interrompre sa sieste mais la curiosité était trop forte : « Grand-père Germain, grand-père Germain » hurla Françoise en le secouant de toutes ses forces. Il ouvrit les yeux et commença à la sermonner. Elle l’interrompit et dit de sa voix enfantine : « C’est qui, sur la photo ? » Elle observait son grand-père avec des yeux avides de savoir et elle vit qu’il n’était plus fâché. Son regard pétillait et il la prit sur ses genoux.
« Là, tu vois ma chérie, c’est Emile. Nous étions dans le même bataillon lors de la première guerre mondiale en 1914. Il était de la Somme, comme moi, de Doullens précisément. Ce n’est pas très loin d’ici, je te montrerai si tu veux. Nous avons été au front ensemble, combattu les boches ensemble, dormi dans la boue parmi les rats ensemble. Des choses comme celles-là ça ne s’oublie pas, nous étions les seuls survivants de notre compagnie. Ils sont tous morts soit sous les obus, soit dans les tranchées, soit des gaz. On était des rescapés. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.
Après la guerre en 1918, j’ai repris la boutique de mon père et suis devenu photographe. Emile, lui est retourné à l’usine Saint Frères de Doullens où il a rencontré Victorine. Une femme merveilleuse, forte, courageuse. Ils se sont mariés en 1920, oui c’est ça en juin 1920. Ils étaient heureux avec leurs enfants, pauvres mais heureux. Emile avait toujours le sourire aux lèvres, même après une rude et longue journée de travail à l’usine. Un sacré bonhomme.
En 1932, je leur fis le cadeau dont ils rêvaient. Je leur proposai de prendre une photographie de leur petite famille. Ils n’avaient pas d’argent à consacrer à ce plaisir superflu et ce fut une très belle surprise. Je me souviendrai toute ma vie de ce jour. Pour cette grande première, ils sont arrivés en habits du dimanche. Ils étaient graves. Les enfants n’avaient jamais été aussi calmes et je crois que c’est le premier et le dernier jour de mon existence où j’ai vu Emile sérieux.
Regarde ! Voici Robert à la droite de son père. C’était le petit garçon modèle : sage, poli, intelligent, toujours prêt à rendre service… Sur les genoux d’Emile c’est Raymonde. Haute comme trois pommes elle n’arrêtait de bouger et de parler que pour dormir ! Louise, à peine âgée de six mois, n’a pas pleuré dans les bras de sa mère. A gauche de Victorine c’est le jeune Alfred. L’opposé de son frère : un petit polisson qui ne ratait jamais l’occasion de faire une bêtise. Derrière, on voit Marcelle, une jeune fille timide et réservée qui était l’inverse de ta mère. C’est peut-être pour cela qu’elles s’entendaient si bien et ne se quittaient pour ainsi dire jamais. Viens enfin Paulette qui avait deux ans de plus que tu n’as aujourd’hui et qui assumait déjà son rôle de petite femme de la maison. Tu comprends maintenant ? »
Françoise acquiesça et demanda : « Mais dis grand-père Germain, tu t’es fâché avec Emile ? Pourquoi ne vient-il jamais te voir ? » Le regard de son grand-père se voila et il sembla vieillir de dix ans sous l’effet d’une grande tristesse. « Le lundi 7 août 1944, une vague de bombardiers, anglo-américains a survolé Doullens. Leur but était de détruire la ligne de chemin de fer pour ralentir l’approvisionnement des Allemands. Ils bombardèrent toutes les maisons environnantes. L’alerte donnée, toutes les familles coururent aux abris. Une bombe tomba près de la cité ouvrière, sur l’entrée d’un abri et y bloqua une vingtaine de personnes qui moururent étouffées. Emile et sa famille étaient de ceux-là. »               

 

115.       Pierre Petit, Vue de Saint Cloud Papier albuminé Petitstcloud

 

14 octobre 1870 :

Aujourd’hui j’ai décidé d’aller photographier la ville sous tous ses aspects pour montrer les atrocités de la guerre. Franck ne voulait pas m’assister de crainte que les bombardements reprennent.
Cela fait un mois, jour pour jour, que Paris est assiégé par les Prussiens et ST Cloud en première ligne des armées Allemandes. Hier, le 13 octobre 1870, les Prussiens ont tout bombardé ; ce jour restera un jour historique.
J’ai pris un sac avec tout mon matériel et je suis parti. Ce n’était pas évident, entre le pied à transporter, la fragilité de certains matériaux comme les plaques de verre…mais j’ai continué. Finalement Franck était venu. Nous n’avons pas eu besoin d’aller loin pour prendre des photos.
A peine sorti, on vit des enfants qui hurlaient en voyant, allongée par terre, leur mère dans un linceul déjà sali par tout le reste. Je décidais de prendre cette photo pour illustrer la douleur qu’ils ressentaient et faisaient passer par leur visage ou leurs cris. Le temps de tout installer, cadrer la photo, ranger le matériel m’avait déjà pris une bonne heure.
Il y avait aussi des gens qui pleuraient en voyant toute une vie détruite en si peu de temps. C’était horrible d’assister à tout ça.
Franck et moi avons continué tout en observant en silence cette ville anarchique. Impossible de dire un mot tellement c’était affreux. Soudain Franck s’est arrêté et a observé deux immeubles dévastés avec toutes ces affaires détruites. On pouvait remarquer toute la vaisselle éclatée en mille morceaux sur le sol, la moitié de la salle de bain était arrachée, tous ces habits qui traînaient partout. La vie de ces gens là était à découvert, plus aucune chose à quoi se raccrocher.
Je sus que c’était cette photo qu’il me fallait prendre. Je trouvais que ces immeubles reflétaient la guerre. C’était le lieu parfait. En faisant un bon cadrage, on les mettait en gros plan ; en arrière-plan, un bref panorama de la ville qui montrait que cela ne s’arrêtait pas là, puis sur la gauche cette lampe intacte. Elle avait échappé aux bombardements et elle était là, pour que même la nuit, en éclairant les ruines, on se rappelle le malheur de la guerre.
Tout comme cette photo nous le rappellera 10ans après.
Franck a installé la chambre noire sur pied pendant que je contemplais ce désastre. Je fis la mise au point, pris la photo, et Franck et moi sommes rentrés avec une photo qui, je le sentais, fera le tour du monde.

116.       Théo Rysselberghe L’homme de barre van_rysselberghe_pêcheur


Je suis le pinceau de. Il ne me quitte jamais, il m’emmène partout avec lui. Il me confie tout ce qu’il a sur le cœur ; je peux ressentir l’énergie qu’il dégage rien qu’au contact de ses doigts sur moi.
Il avait 23 ans quand il décida de voyager au Maroc, au Proche-Orient…pour se familiariser dans les techniques d’art des pays différents de sa culture. Il fut accompagné d’un proche ami : Seurat, que j’aime beaucoup à cause de sa technique du pointillisme. D’ailleurs c’est grâce à lui que Théo laissa tomber l’impressionnisme pour le pointillisme qui est un procédé pictural consistant à juxtaposer sur la toile de minuscules taches de couleurs pures.
Ce jour-là, nous traversions la mer Méditerranée. D’un coup, le vent se mit à souffler, les vagues à se déchaîner. Seurat prit immédiatement la barre et combattit la tempête. Il nous ramena à la rive au bout de deux heures.
Je sentais Théo songeur, quelque chose le tourmentait, il était captivé par ce qu’il voyait. De sa poche, je sentais son cœur prêt à bondir hors de sa poitrine.
Dès notre arrivée, il prit une toile, de la peinture et bien sûr, moi. J’étais tout excité à l’idée de me tremper dans la peinture à peine sortie du tube et à me frotter contre la toile. Mais bien évidemment, comme tout peintre qui se respecte, il fallait esquisser d’abord le tableau. Je frémissais d’impatience en voyant le crayon laisser sa marque. Quand ce fut mon tour de toucher la toile, j’explosai de joie. Théo me prit, me trempa dans la peinture et commença à me taper contre la toile. Il me tapait, me tapait ; il recréait la tempête. Il me replongea dans la peinture et non dans la mer, et avec un moment d’hésitation, il me frappa contre la toile. Après ce geste violent, il s’arrêta net, fixant le tableau avec passion. Au bout d’un moment, il me reprit et commença à mélanger des couleurs de plus en plus sombres. Avec celle-ci, il représenta son ami Seurat combattant la tempête.
Le tableau pratiquement fini, il se rapprocha à au moins cinq centimètres de la toile et remplit les trous oubliés ou égarés.
Quelques années plus tard, on exposa notre tableau au musée d’Orsay. Ce fut un grand moment de joie pour nous trois.

 

117.        Théo Rysselberghe L’homme de barre  van-rysselberghe-pêcheur

 

 UNE TEMPÊTE EN MER
Théodore Van Rysselberghe était mon ami depuis de longues années. Il aimait beaucoup les voyages, il partait souvent au Proche-Orient pour acquérir de nouvelles techniques d’art. En 1885, il était âgé 23 ans ;ce jeune homme aimait l’aventure et pour son dernier voyage au Maroc, il voulait faire quelque chose d’ inoubliable. Il avait déjà une idée ! Théo me demanda de l’ accompagner pour traverser la Mer Méditerranée en bateau à voile !

Alors, on partit un matin très tôt pour arriver au port du Maroc en début d’après-midi. Malheureusement notre voyage ne se déroula pas comme prévu. La pluie commençait à tomber et quelques  heures plus tard c’était la tempête, nous étions en pleine mer et elle était déchaînée ; et là Théo me dit :  « prends la barre », c’est alors que je le vis sortir son appareil à photo et me prit essayant de lutter contre les vagues. Après de longues heures de galère, nous arrivions enfin à destination. La première chose que fit Théo en arrivant au part du Maroc : développer les photos. A son retour en France, il regarder ses photos, elles étaient en noir et blanc mais il se souvenait très bien des effets de couleurs de la mer. Pour se rappeler  toujours de son dernier voyage il allait  peindre une des photos. Son choix était fait, il allait reproduire celle où je combattais la mer « en colère » .Théo s’enferma dans son atelier pendant des heures chaque jour.

En 1892, il vint me voir pour me montrer son œuvre terminée. Il me demanda de lui donner mon avis. Les couleurs et la lumière étaient pures. Il était beaucoup inspiré par le pointillisme( procédé pictural consistant à juxtaposer sur la toile de minuscules tâches de couleurs pures). Le moindre détail se voyait sur le tableau, même un bateau se distinguant à peine sur la photographie. Sa représentation montrait bien l’expression de l’ombre et des reflets des vagues. Théo avait 30ans lors de sa représentation et même si les années étaient passées, il se rappelait très bien de notre traversée mouvementée ! Après lui avoir donné mon avis, Théodore était sûr de lui, il allait exposer son tableau. Et peut-être allait il connaître la célèbrité…

 

118.       Photographie de Véronique Vercheval V14

 

C’est évident et décidé :
C’est la fin. Je ne vois d’ailleurs pas comment cela aurait pu en être différemment. Je signerai bientôt la fin de tout ce qu’il me reste au monde : Ma vie. Celle d’un pauvre palestinien qui a perdu sa famille, ses amis, et qui a perdu ses biens, tous envolés vers le ciel tels des colombes regrettées, et dont le retour n’est aujourd’hui plus possible.
De si belles colombes, oui, synonymes de paix, de beauté et d’âmes pures, qui dans notre région ont laissé depuis bien longtemps et peut-être pour l’éternité, la place à la guerre, la haine des frères de Palestine, aux conflits permanents et à la laideur de cette marée destructrice. Que sommes nous ? Que sommes nous devenus ? Nous pauvres hommes broyés, face à toutes ces décisions, tous ces arrangements et toutes ces guerres entre états ? Rien pour eux, et pourtant, à notre niveau nous sommes tout.
J’ai à peine vingt-cinq ans, c’est déjà vieux dans ce monde de mort et de souffrance, et c’est à la fois jeune pour mourir. Mais au point où j’en suis, choisir la mort devient presque naturel, évident. Je ne suis pas du même avis que mes frères, qui eux ont choisi de devenir des kamikazes. Je sais la pauvreté de ces sentiments vengeurs, mais je sais également qu’en face, j’ai des amis, et aucune haine ne couve dans mon cœur, juste de la fatigue, une fatigue douloureuse : la guerre est un fléau trop horrible et trop vicieux . Je préfère m’envoler simplement plutôt que de me laisser prendre à ce jeu qui consiste à mourir en emportant avec soi des dizaines de pauvres innocents. Je ne sers à rien sur cette terre ravagée à présent, et peut-être d’ailleurs que je n’ai jamais servi à rien. Tout du moins, je pensais le contraire et, si vous pouviez vous imaginer comme c’est dur de passer de presque rien à moins que rien, vous m’eussiez plus aisément compris.
Je ne sais plus où je suis. Certes, physiquement je me trouve à Jéricho, cette ville que j’aime et dont je connais chaque recoin, ou plutôt connaissais, car à présent, après tous ces bombardements, toutes ces destructions volontaires en représailles aux attentats de mes frères devenus fous, tous ces combats qui l’ont défigurée, je ne suis plus en mesure de dire que je connais cette ville.
Je marche dans des ruines, qui, à elles seules, représentent la moitié de ma ville.
Je regarde à mes pieds : J’ai certainement trop honte et trop peur d’affronter en face cette réalité : cet enfer devenu mon quotidien et celui de tous les autres gens comme moi, qui doivent être des milliers las, fatigués, vides dans leur têtes et dans leur cœurs. A présent, ma seule consolation est que cet enfer bientôt pour moi n’existera plus. Dans ma lente progression, celle d’un condamné, je vois, mises à part les pierres roussies par le feu et la poussière, des objets brisés et brûlés qui se trouvent devant moi, étalés çà et là. Une tête de poupée séparée de son corps attire mon attention et me fait penser à la jeune fille qui devait jouer avec. Cette dernière a sûrement dû subir le même sort, ou pire encore. Mais penser cela ne me fait plus de mal : j’ai déjà été trop tailladé par la peur et la douleur de toutes ces pertes.
Ce matin-là, j’étais au plus profond de mon désespoir, ma décision était prise. Aujourd’hui est mon jour, mon dernier jour. J’ai, dans la terreur de mes insomnies, meublée par le passage des chars et des engins de démolition qui continuent inlassablement leur oeuvre d’anéantissement, trouvé le courage, moi le couard, le courage d’en finir. C’est sans doute pour cela que ce matin j’ai une dernière fois levé les yeux devant mon monde, devant le monde. Je ne l’avais plus fait depuis des années, je vivais les yeux vers le sol, vers la honte.
Je les ai vues, ce fut fugace. Leur image a traversé mon œil, je ne l’ai pas retenue puis, après quelques secondes d’absence, elle a claqué contre ma rétine, mon cerveau, ma conscience.
Un baiser, une accolade de passion si intense, d’amitié, d’amour et peut-être même d’espoir. Alors tout ne serait pas mort ici ? L’amour aurait-il réussi a semer une graine qui germe sur les ruines, les pierres et la poussière dans la sécheresse des cœurs envahis par la haine ? L’espoir serait-il de nouveau de retour ? Je m’arrêtais net, troublé par ce spectacle qui changera ma vie, et plus précisément ma mort. Toutes ces questions dont les réponses me semblaient évidentes, gravées dans mon cœur blessé et mon esprit troublé ; toutes ces questions qui trouvaient à cet instant une autre solution, qui me paraissait indubitablement plus vraie. Je me trompais : l’espoir est permanent. C’est l’un des sentiments les plus indestructibles qui existe au monde. Mais cette image ne m’a pas fait réfléchir que sur ceci : Ma raison de vivre était littéralement revenue en voyant ces deux femmes s’étreindre à n’en plus pouvoir, toutes deux souriantes, heureuses. Ce fut un moment si fort qu’i
 l fut même sur le champ immortalisé par une photographe européenne, apparemment aussi passionnée que moi…
Que dis-je ? Je m’égarais : personne ne pouvait être aussi attiré, absorbé, impliqué, extasié que moi en cet instant. Je retrouvais le goût de vivre, je retrouvais l’amour, l’espoir, je redécouvrais mon avenir et mon présent, autant que j’approchais le passé d’une manière différente. L’amour est résolument plus fort que la guerre. La preuve, c’est lui qui par la suite m’a permis de vivre malgré tout, de continuer mes études pour défendre mon peuple de toutes ces injustices guerrières et peut-être d’en réfréner les dramatiques conséquences.
C’est l’espoir qui m’a donné cette puissance inespérée, qui m’a donné la possibilité de discuter avec mes frères d’en face de la paix, de l’avenir. Je dois ma vie entière, ainsi que beaucoup d’autres, à l’amour, à l’espoir, qui sont les seules armes efficaces avec l’intelligence, pour supporter et changer les conflits, les guerres.
Alors, si je dois donner une dernière parole, c’est à ces deux femmes qu’elle s’adressera, et ce serait une ovation, leur ode, à elles seules qui portent en elles une force impérissable, d’une puissance incontestée, qui vivent à présent heureuses et ne se soucient plus de la guerre, ou que très peu. A elles qui me redonnent une autre vie et me tendent un marchepied qui m’a permis de vivre heureux avec mes frères, et de transformer cet enfer en un véritable paradis de vérité.       

119.       Félicien Rops  L’Attrapade

 

C’était un jour durant les vacances d’été, je visitais les Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles et soudain je vis ce merveilleux tableau, avec cette femme au premier plan ; elle était habillée sans doute d’une robe de soirée, rose, elle portait des gants blancs qui lui arrivaient presque jusqu’aux coudes. Il devait faire chaud ce soir-là, car elle tenait un éventail et sa robe sublime paraissait assez décolletée. On dirait qu’elle quittait la soirée ou la salle puisqu’elle était quasiment au milieu des escaliers, mais une femme l’interpellait certainement, c’est pour cela qu’elle avait la tête tournée.
Quand j’admirais ce tableau, mon regard ne pouvait plus s’en détacher, j’étais comme envahie. Ce qui m’avait frappé, au premier coup d’œil, c’était sa robe, si belle que je m’imaginais la porter ; mais ce n’était qu’un rêve.
Les personnes qui étaient au deuxième plan paraissaient ne pas se préoccuper de cette jeune femme qui descendait l’escalier de bois, elles continuaient à s’amuser entre elles.
Lorsque j’ai vu ce tableau, je me suis dit que l’auteur devait aimer cette femme pour qu’il la peigne ainsi au premier plan, à peu près au milieu du tableau et quasiment au milieu de l’escalier ; je me suis dit aussi qu’il aurait tout simplement voulu qu’elle le rejoigne, mais ces questions n’avaient aucune réponse puisque j’étais la seule à me les poser et personne ne pouvait me renseigner. Voilà ce que j’avais ressenti quand j’avais découvert ce merveilleux tableau ; deux choses m’étaient restées en mémoire ; la position et la tenue de cette femme qui paraissait heureuse, riche mais que personne ne regardait alors que des milliers d’individus l’avaient admirée depuis qu’elle était exposée à Bruxelles.

120.        Félicien Rops Bougival  rops_bougival

 

Collez votre texte ici :: Proche de Versailles, en bordure de Seine, Bougival était pour nous un lieu de loisir et de détente. Nous décidâmes ce dimanche de juillet de louer une barque et de partir à la recherche d’une petite plage ombragée ou nous pourrions ensemble passer l’après-midi.
L’endroit nous semblait parfait, à peine la barque fût-elle échouée sur la rive que Léontine goûtait déjà à la tiédeur de l’eau, mais attendant Aurélie moins prompte à la baignade craignant les rayons du soleil et la réverbération, elle me demanda  alors de lui déplier l’ombrelle l’ombre de boulots et des aulnes ne suffisant pas.
Au contact de l’eau sur ces fines chevilles Léontine eut un léger frisson d’excitation  qui de bas en haut parcourut son corps, ceci eut pour seul effet l’abandon total d’une de ses manche sur son épaule  Effet auquel elle ne fit point attention continuant d’avancer légèrement  comme une femme a l’encontre de son amant dans le lit de la rivière. Aurèlie quand a elle s’était dévêtu mettant presque à nue son opulente poitrine et son corps aux formes généreuses .Je la voyait observer sa consoeur.
Léontine et Aurélie Duluc étaient toutes deux couturières  cela se traduisait par l’étonnante élégance de leur toilettes toujours assorties ; et tous les jours je découvrais  avec amertume et passion leur charme et leur sensualité sous les traits diverses de la beautés des soieries, des chapeaux et autres accessoires tous ayant pour but de mettre  en valeur leur corps de femme jeune et frais. Sous la pale lumière  des couleurs  pastelles du ciel, elles livraient à ma vue de magnifiques corps si différent des autres. Soudain les éclaboussures des pieds de Léontine me tirèrent de ma rêverie.
 Lorsque je m’apprêtais à installer l’ombrelle pour la charmante Aurélie mes yeux se posèrent sur ces bas d’un rouge vif et intense contrastant fortement avec la pâleur et la blancheur de sa peau d’enfant ,révélant ainsi la splendeur de ses jambes aux formes attrayantes .Mon cœur se souleva lorsque j’aperçu en me relevant la douceur des traits de nuque de Léontine .Bien qu’elles furent toutes deux couturières je me laissait à penser que ce fut leur seul point commun .Léontine paraissait plus légère naturelle et pudique .De noir vêtue et d une élégance parfaite la finesses de son corps ne m’échappait pas toutes parties intimes étant couvertes et cela n’enlevait point cette force spectaculaire et mystique qui fait bondir le cœur des hommes. Aurèlie dans un soupir détournait mon regard.A l’inverse de Léontine elle portait souvent des toilettes aux  couleurs  claires alliées à la pureté éclatantes de ces dessous vermeilles comme si leur caractère tout autant que leur façon de s’h
 abillée fut totalement inverse .Mon esprit se laissait  plus facilement prendre dans les filets de la jeune Aurèlie plus ouverte  à mes yeux ; car je sentait qu’elle voulait dévoiler en chaque instant toujours un peu plus  de l’extravagante beauté de sa chaire .Elle s’était d’ailleurs assise face à moi tandis que Léontine  plus aérienne le  regard charmé par la vision enchanteresse qui s’offrait à elle ; préférant les charmes d’une vie moins superficielle que sa compagne.

 

 

121.       Eugène Delacroix Jeune orpheline au cimetière 1824 huile sur toile louvre (4)

 

 

Mon orpheline



Par une belle journée d’été, je me promenais comme à mon habitude dans les rues de Paris. Les rues grouillaient de passants presse, pour la plupart des aristocrates dont l’emploi du temps ne leur permettait pas de flâner comme moi, la bise légère effleurant mes cheveux. C’était une journée magnifique, unique, pourtant je n’arrivais pas à me détendre entièrement. J’avais l’impression étrange que le monde entier m’épiait. Ce sentiment de frustration était en moi depuis quelques jours déjà et il semblait bien installé car quoique je fasse il ne me quittait pas. Je connaissais bien une façon de faire partir ce mal-être, la peinture. La seule vraie motivation de ma vie. A vingt-quatre ans, j’étais le chef de l’école romantique et ce jour là, je ne savais que peindre… quand soudain, je la vis. Tout comme moi, elle errait dans les rues de la capitale. Je décidai de la suivre. Jamais je n’avais vu pareille beauté, elle était si pure, si fraîche, si belle ! Elle s’engouffra dans une
 ruelle qui nous amena devant l’entrée principale… d’un cimetière. Ma belle inconnue s’arrêta quelques instants, hésitante, puis s’engagea dans l’allée. Toujours suivant ma « proie », je la regardais. Presque apeurée elle cherchait quelque chose ou plutôt quelqu’un. Elle s’arrêta devant une tombe, s’agenouilla, puis sourit. N’y tenant plus je m’approchai d’elle :
 « Pardonnez-moi, mademoiselle ? »
Elle se releva hâtivement et me dévisagea.
 « Je suis confus, continuais-je, mais je suis peintre, et je n’ai jamais vu un plus beau modèle que vous… » 
Elle baissa la tête, gênée.
 « Et donc, poursuivais-je, j’aimerais énormément que vous posiez pour moi. »
J’écrivis rapidement mon adresse sur un bout de papier et lui tendis en lui demandant de me contacter si mon offre l’intéressait. Un peu penaud, je fis demi-tour la laissant seule dans ce lieu incongru.
  Pendant près de trois semaines, j’attendis de ses nouvelles, guettent le postier toute la journée. Enfin, une lettre d’elle me parvint. Elle acceptait mon offre et me donnait rendez-vous au cimetière pour le coucher du soleil.
  A l’heure dite, je pris mon matériel de peinture et me rendit au cimetière. Elle était là, devant cette mystérieuse tombe, silencieuse. Quand elle me vit, aucun mot ne sortit de sa bouche mais l’étonnement se lisait sur son visage.
 J’installai mon matériel et un tabouret sur lequel je lui demandais de s’asseoir. Elle obéit, prudente.
 « Prenez la pose qu’il vous plaît et ne bougez plus. »
Elle tourna alors la tête sur sa gauche, fixant le ciel, la bouche légèrement entr’ouverte. Une fois de plus, sa beauté me frappa. Ses cheveux châtains relevés en chignon, sa bouche rosée, sa peau claire et ses yeux bleus, tout en elle me plaisait.
J’étalais alors sur ma palette toute une gamme de couleurs.
  Tous les jours je retrouvais ma belle princesse et tous les jours je la peignais sans qu’elle ne me dise un mot. Cela dura treize jours. Et le treizième jour, enfin, sa voix douce s’éleva dans l’air :
 « Toute ma vie j’ai cherché mes parents, car je suis orpheline. J’ai toujours voulu savoir pourquoi ils m’avaient abandonnée. C’est tout simplement parce qu’ils…, elle marque une pause, parce qu’ils sont morts lorsque j’avais sept mois »
Elle pointa du doigt la tombe, celle de ses parents.
  Ce récit, pourtant sans aucune trace d’émotion dans la voix de mon orpheline, me bouleversa.
Après ces treize jours, je ne revis jamais mon orpheline, mais chaque jour je me rendis sur la tombe de ses parents…

122.       Delacroix  Jeune orpheline au cimetière louvre (4)


 Enfin mes yeux parvinrent à se détacher du tableau qui me faisait face, et je pu alors découvrir l’identité de l’extraordinaire personne qui lui avait donné naissance. Eugène Delacroix. Peintre du XIXe siècle, du mouvement romantique. Bien sûr, cet artiste ne m’était pas inconnu mais bien que l’on m’ait appris qu’il faisait partie des plus grands, j’ignorais cependant que je serais un jour touchée à ce point par l’une de ses créations. De nouveau je me mis à contempler intensément le tableau, si bien que malgré tous les visiteurs du Louvre qui déambulaient de part et d’autre, parlaient et observaient autour de moi, j’avais l’impression d’être seule. Aucun mot ne pourrait décrire l’émotion que je ressentais, tellement cette sensation m’était étrangère. Admirative je fus, et admirative je reste.
La cause principale de l’attirance que j’ai eu pour ce tableau ? L’émotion que j’ai ressenti dans les traits du visage si fins et délicats ainsi que les yeux si doux mais à la fois remplis de désespoir de la « jeune orpheline au cimetière » comme l’indiquait le titre de l’œuvre. L’expression de son visage tourmenté par le malheur que représente la perte d’une personne qui nous est chère montre l’intense douleur qui l’envahie. Fascinée par son regard qui se dirige vers le ciel, je perçois en lui une sorte d’appel au secours, de détresse, comme si elle cherchait à parler à Dieu en implorant son aide afin de trouver du réconfort ou une explication qui pourrait apaiser ses souffrances.
Je comprends alors que Eugène Delacroix à peint non seulement une femme d’une rare beauté, mais il a aussi mis en avant une évidente force expressive. En observant attentivement la toile, moi-même, encore novice en la matière, je devine une excellente méthode de travail employée par l’artiste. En effet, si je suis tant ébahie par les yeux de la jeune fille, c’est parce qu’il l’a voulu ; la femme  est en premier plan et donc le sujet principal de l’œuvre. Son chemisier blanc ressort au milieu des couleurs ternes du cimetière et de sa robe. Les détails sont surtout accentués à partir de son buste et la lumière inonde son visage dont l’expression est principalement concentrée dans le regard. En deuxième plan, j’observe une perspective franche avec un ciel qui apporte toute la lumière qui circule sur le visage de la pauvre orpheline. Le ciel est bleu, blanc et jaune. Ses nuages dont les mouvements par des méthodes de couleur et probablement de perspective qu’utilise l’artiste, av
 ec, dirais-je, beaucoup de talent nous amène à regarder le visage. Ils sont délayés et tirés en sens divers et cela me donne une impression de légèreté et apaise la tension du sujet.
C’est en fait toute cette précision qui me plait dans cette peinture. En la regardant, on remarque un travail minutieux réalisé avec la passion de l’art. Je sus plus tard que l’artiste a peint cette œuvre fascinante de façon indépendante, sans que l’on lui ai commandé, car autrefois les peintres peignaient la plupart du temps des sujets choisis par d’autres. L’œuvre est donc née d’une inspiration totalement personnelle de l’auteur, ce qui accroît son charme.
Voilà donc comment, grâce à un extraordinaire  peint tel que Eugène Delacroix, une œuvre qui représente tout ce qui a de plus triste et contraire a la vie (le cimetière : présence de la mort) devient une image merveilleuse qui peut nous donner tant d’émotions tout en nous faisant apprécier l’art davantage.

123.         Peinture de Thierry-Loïc Boussard  série  sur New-York BO-NY2

 

 J’ai découvert cette image comme une vision dans un rêve imaginaire, très futuriste pourtant il paraissait bien réel. On aurait dit un reflet un peu trouble de notre monde.
Voyez-vous ces immeubles? Si surélevés que leurs toits viennent presque chatouiller les étoiles cachées par la nuit ténébreuse .Les angles de leurs façades trace leur route rectiligne jusqu’aux cieux. Rien que ces quelques lignes expriment l’autorité urbaine de ces édifices surprenants. Cette incroyable verticalité traduite à la fois leur airs presque humains et hautains car  ils dominent tout mais aussi leur immobilité. Cet effet statique aussi rendu par leur parallélisme donne à ces gratte-ciel des allures de héros. Tout dans leur construction est carré sérieux et organisé. Même les milliers de petites fenêtres sont de forme cubique. Malheureusement  les pessimistes penseront aux grilles de prison, aux barreaux des cachots à cause des petits carrés qui se dessinent sur ces tours. Heureusement les optimistes verront le symbole d’une ouverture de la vitre scintillante qui invite le soleil à renter. Ces fenêtres qui ouvrent des milliers de portes sur le soleil, les oiseaux, le
 s nuages, ou la vie .Sur tout  un petit monde silencieux, calme, mais pourtant si lumineux et si dynamique .Ces différentes petites touches de couleur rendent un effet lumineux ou paisible selon les teintes utilisées. Le bleu, le noir qui sont normalement des couleurs obscures, sombres, mauvaises sont employées ici pour alléger, adoucir toute une atmosphère. Chut ! Tout le monde dort au pays des rêves, les immeubles sont les gardiens, ils protégent ceux qui les habitent. Le blanc ou les couleurs plus claires... Attention en ce moment c’est la fête, les repas entre amis, les soupers en famille. Imaginez...Les couverts, la chaleur humaine. Leurs murs renferment toutes les odeurs ? Toutes les humeurs, toutes les paroles de ce qu’ils abritent. Respect, partage, jovialité ! Les édifices sont toujours là, placides regardant au loin. L’organisation du tableau rend leur orientation ou plutôt leur directions similaires .Ils ont quasiment tous la même arrête visible. On peut imaginer
 qu’ils ne sont pas seulement identiques par leurs fonctions mais aussi par leurs structures. Il faut remarquer que le ciel presque noir par l’absence de la lumière offre un curieux contraste avec le petit bleu clair t imide qui réside entre les grandes colonnes, désignant encore une fois la protection la clairvoyance et le calme de ces hôtes vraiment indispensable dans cette vie imaginaire...

 

124.       Alfred Stevens, La lettre de rupture stevens_rupture

Marie habitait à Paris, où elle se rendit à l’exposition du peintre belge, Alfred Stevens. Elle n’avait entendu que des louanges de ce peintre surtout par son compagnon Paul, lui-même écrivain et très lié à Alfred Stevens.

Ce peintre naturaliste introduisait parfois une note sentimentale dans ses tableaux. Il donnait une image de la femme du monde au Second Empire. Marie, très attirée par la peinture se rendit donc à l’exposition. Elle regardait les tableaux du peintre avec beaucoup d’admiration et d’attention, mais elle en remarqua un qui était posé à part, car il n’avait pas été achevé, rien n’était représenté dessus, Marie essaya d’y deviner la suite et se dit qu’elle reviendrait le voir quand il serait terminé. Elle resta longtemps devant ce tableau vide se demandant où et comment le peintre trouvait l’inspiration pour peindre tous ces tableaux.

Puis Marie continua sa visite et quand elle eut terminé elle rentra chez elle pour préparer le dîner pour son compagnon Paul. D’ailleurs, la relation entre eux ne se passait pas très bien ces derniers temps, alors Marie faisait pour que tout aille pour le mieux. Paul revint le soir et elle lui parla de l’exposition de son ami Alfred Stevens, les deux hommes étaient très liés, ils passaient beaucoup de temps ensemble et étaient une source d’inspiration l’un pour l’autre. Marie raconta sa journée à Paul. Lui, parlait peu, il communiquait à travers l’écriture.

Le repas fini, ils allèrent se coucher. De mois en mois, la relation de Paul et Marie devenait difficile. Marie sentait Paul s’éloigner d’elle petit à petit. Quant à elle, elle se sentait nauséeuse ces derniers temps, elle se sentait grossir. Marie se demanda si elle n’était pas enceinte. Sans parler à Paul, elle alla voir le médecin pour avoir la confirmation, en effet elle était bien enceinte. Marie s’en réjouit. Il fallait absolument qu’elle le dise à Paul, peut-être que cela allait les rapprocher, pensa-t-elle. Elle attendit trois jours afin de déterminer la manière avec laquelle elle lui annoncerait, puis elle se décida, ce soir elle lui dirait.

Elle prépara un dîner avec soin et amour, depuis qu’elle savait qu’elle était enceinte, la joie était réapparue dans sa vie. Marie appréhendait quand même la réaction de Paul, elle était anxieuse, ils n’avaient jamais parler d’avoir un enfant. Dès qu’il arriva elle lui dit qu’elle était enceinte. La réaction de Paul ne fut pas celle qu’elle attendait, mais Marie ne fut pas trop mécontente non plus. Paul répondit simplement à Marie qu’il était heureux, et lui demanda de lui servir à manger. Elle s’exécuta malgré sa déception. Pendant le dîner ils n’en parlèrent point. Paul dit à Marie qu’il irait chez Alfred, comme d’habitude, le lendemain. A la fin du repas, il se leva, et alla embrasser Marie sur le front et lui dit : « Prends bien soin de toi ». Elle lui rétorqua « Mais tu vas le faire à ma place ». Il ne répondit rien. Il lui dit juste d’aller se coucher et lui allait rester écrire un peu. Marie s’en dire un mot y alla.

Le lendemain Marie se leva, c’était une journée pluvieuse et grise. Paul était déjà parti. Elle prépara son petit-déjeuner et trouva sur la table de la cuisine une lettre, elle était de Paul, car quand il partait tôt le matin il lui laissait des petits mots doux. Elle fut quand même surprise car cela faisait longtemps qu’il ne l’avait plus fait. Elle ouvrit la lettre, la lut et commença à être prise de vertiges, Paul lui annonçait qu’il ne reviendrait plus. A la lecture de ces mots, Marie se sentit étourdie, elle dut s’asseoir, elle tenait son ventre rond, elle regardait dans le vide et se demandait comment elle allait faire seule avec son enfant.

Pendant le mois suivant, elle espérait que Paul revienne mais elle n’eut aucune nouvelle de lui. Elle repensa un après-midi au tableau vide d’Alfred Stevens. Avait-il trouvé l’inspiration ? Elle décida d’aller voir ce qu’il en était. Marie arriva à la galerie et aperçu le tableau, elle y vit une femme qui était enceinte, d’une main elle tenait son ventre et de l’autre elle tenait une lettre. Cette femme avait l’air triste, elle regardait dans le vide. Marie se reconnut à travers cette femme, quand Paul l’avait quittée. Marie regarda une dernière fois le tableau, puis se retournant pour s’en aller elle vit Paul derrière elle qui la regardait.

S’en même le regarder elle passa à côté de lui et partit. Elle avait réalisé à travers le tableau le mal qu’il lui avait fait. Ce fut la dernière fois qu’elle le vit.

 

125.       OLYMPIA Edouard Manet ORSAY 9

J’étais musicien et mon ami Edouard était peintre, je l’avais convaincu de quitter Paris, il aimait naviguer et nous avions l’occasion de nous embarquer pour les Antilles. La vie était plutôt monotone sur ce bateau qui nous conduisait en Guadeloupe mais nous devions faire escale à Rio et nous rêvions tous les deux de cette escale.
Nous avons débarqué à Rio un soir d’orage en plein carnaval. J’entraînai tout de suite mon ami dans les rues de la ville.
Sur le même trottoir que nous marchait  une jeune noire habillée jusqu’au cou à l’air timide avec un bouquet de fleurs à la main. Cela nous intrigua, nous la suivîmes et nous arrivâmes assez rapidement devant une vieille bâtisse coloniale. Un air de musique planait.  La façade était sombre, nous entrâmes ne sachant pas où cela allait nous conduire. A notre surprise, la jeune femme au bouquet se retourna et nous fit signe d’attendre pendant qu’elle ouvrait une pièce très sombre. Et puis ce fut le choc. Une femme se tenait là, nue, sur un lit. La moiteur de la nuit et la stupeur nous firent suffoquer. Curieusement la musique n’était pas brésilienne, c’était celle d’une guitare espagnole sombre et mélancolique. La femme nue battait du pied de temps à autre et tâtait la fleur qu’elle s’était mise sur l’oreille par coquetterie. La jeune noire en apportait d’autres ; il nous a semblé qu’elle était la servante.
Lorsque la femme s’aperçut de notre présence elle mit la main sur son sexe, se retourna et prit un air hautain. Dans la pièce il n’y eut plus un souffle d’air. Nous retenions aussi notre respiration. La servante ne savait plus quoi faire de son bouquet et la femme alanguie s’exprima enfin, elle parlait un espagnol distingué. La belle installa confortablement ses coussins et tira ses draps de soie, puis nous dit de nous asseoir par terre.
L’orage gronda plus fort, je vis Edouard qui examinait attentivement cette chambre étrangement sombre et cette curieuse princesse bien trop blanche pour ce Brésil. Je le vis s’agiter un peu plus lorsque la servante posa finalement les fleurs sur la poitrine de la femme et remis doucement les draps sur son corps. Enfin, elle nous fit signe de sortir…
Lorsque nous nous sommes retrouvés dans la rue, l’émotion était si vive que nous ne sentions pas la pluie. Moi j’entendais encore la musique tandis qu’Edouard me rappelait l’étrange beauté de ce décor en noir et blanc et la fascination que lui inspirait cette femme.
Le lendemain nous sommes retournés devant la bâtisse et nous avons aperçu la jeune noire qui sortait. Edouard s’est approché d’elle et lui a demandé si la femme était toujours dans la même chambre qu’hier. Elle répondit qu’elle était partie ce matin de bonne heure.
Des années plus tard, en 1863, Edouard vint me rejoindre au Salon des refusés devant mon Déjeuner sur l’herbe. Il fut tout de suite saisi par la toile. “ Cette femme, cette femme… ” l’entendis-je murmurer. Et les souvenirs s’imposèrent également à moi, le regard espiègle de Victorine, sa nudité, cette pâleur…
“ Peins-la pour moi, supplia-t-il, je compte sur toi pour me souvenir de tous les détails, j’ai tellement hâte de la retrouver ! ”
Un nu ! Bien sûr, j’allais peindre un nu, rompre avec l’académisme d’une beauté parfaite et idéalisée, transfigurer Victorine en une nouvelle Vénus, restituer l’atmosphère de cette étrange nuit de carnaval… Je n’en étais pas à mon premier scandale…
Edouard me pressa le bras, et me glissa sur le ton de la confidence : “ je connais son nom, elle s’appelle Olympia ”.

126.       Georges de La Tour La Madeleine à la veilleuse  Louvre(27)


Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Pourquoi j’ai peint cette femme ? Le sais-je bien moi-même ? Je l’ai peint, elle et puis d’autres, simplement parce que je ressentais quelque chose en la voyant. Un sentiment étrange que je ne saurai définir correctement mais sur lequel j’aimais m’attarder. Il me procurait une impression d’apaisement comme l’on n’a pas souvent l’occasion de rencontrer. Pourtant, l’ambiance de ce lieu ne s’y prêtait pas. C’était un endroit terriblement austère où la seule source de lumière était une veilleuse qui laissait apercevoir un instrument de pénitence, un crucifix et des livres de prières ; sans parler du crâne qu’elle tenait sur ses genoux. Ca peut paraître très paradoxale mais c’est pourtant vrai. Je pense que ce que j’éprouvais se dégageait de la femme. Elle semblait avoir atteint un degré de sérénité extrême après avoir traversé une longue période de doutes et de tentations.
Une fin d’ après midi d’hiver où la nuit commençait à tout plonger dans une obscurité épaisse, je me suis décidé à affronter le froid pour retourner voir cette femme. Mais cette fois, j’avais apporter avec moi tout mon matériel de peinture. Je comptais l’immortaliser dans ce lieu étrange où elle allait passer le restant de sa vie. Par la même occasion je voulais étaler sur ce tableau les couleurs de mes sentiments afin que le monde puisse peut être ressentir ce qui se passait en moi à la vue de cette scène. Personne ne s’opposa à son exécution lorsque je suis arrivé sur place. Il faut dire que le seul homme qui était chargé de surveiller et qui aurait pu se mettre au travers de mon chemin ne comprenait pas vraiment mon intérêt pour cette pénitente. Il me laissa accomplir mon projet en pensant certainement que j’étais à moitié fou.  Evidemment, peu m’importait ce qu’il pouvait penser, du moment que je pouvais réaliser ce qui me tenait à cœur. Ce ne fut pas non plus la principa
 le intéressée qui m’en empêcha, elle ne parlait pas et ne me regardait pas non plus. C’était en fait comme si j’avais toujours fais partie du décor.
L’obscurité percée seulement par une petite flamme m’offrait une luminosité qui convenait totalement à l’idée que je me faisais de la peinture. Cela rendait tout à fait hommage à mon plus grand exemple qui n’est autre que Le Caravage. J’étais très absorbé par mon travail. Je voulais tout faire apparaître dans ce tableau, n’omettre aucun détail de ce qui s’offrait à mes yeux et à mon âme et être à la fin le plus près possible de la perfection. Rien ne pouvait me perturber, j’étais littéralement envoûté. J’avais l’impression à force de contempler cette scène que je n’existais plus vraiment, seul mon esprit semblait encore m’appartenir. J’étais dans une sorte d’extase m’unissant à la divinité. Ce jour là, je ressentis justement en cette femme quelque chose d’encore plus profond que lorsque je l’avais vu la première fois. Elle m’apparut  comme étant complètement dans un autre monde. Ce n’est qu’en regardant mon œuvre quelques jours plus tard que quelque chose s’imposa en moi,  j’
 en fus alors complètement certain : elle se trouvait au moment où je la peignais dans la dernière étape du chemin de purification spirituelle qui la guidait vers la sainteté. Une joie intense m’enivra en pensant qu’elle pourrait sous cette forme rentrer dans ma tête et s’expliquer toute la confusion des sentiments qui y régnait afin peut-être de m’aider à comprendre moi-même.  

 

127.       Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquet ORSAY3

 

 J’avais quitté la province et je venais d’emménager dans mon nouvel appartement qui se trouvait dans le centre de Paris. Il était assez propre et clair. La lumière du soleil entrait directement par la porte fenêtre de la salle à manger. Les murs étaient propres tandis que le parquet était abîmé par les nombreux pas qu’il avait dû subir, j’ai donc décidé de suite d’appeler les deux fils de M.Thessandier avec leur bon ami Mathieu dont j’avais appris il y a quelques années de cela qu’ils avaient eux-mêmes créé leur entreprise de menuiserie. Le lendemain à la première heure ils se sont mis au travail. Jamais je n’aurais cru peindre des hommes en plein travail mais après avoir observer leur délicatesse et leur précision, j’ai pris mon fusain et une toile puis j’ai commencé à faire un croquis tout en continuant de prendre le temps d’observer leur savoir-faire. J’étais persuadé que ce rabotage donnerait un résultat parfait, cette pièce allait resplendir après cela. Tout en leur parlant je commençai à peindre leur torses nus musclés, je faisais entrer la douce lumière de la porte fenêtre donnant sur la rue principale. Le soleil se levait, nous étions seulement au petit matin, je peignais également avec précision les copeaux de bois laissés par le rabotage. A aucun moment, un des trois hommes ne manifestait sa fatigue. Je peignis Pierre et son frère en train de parler. Cela me semblait important. Je laissai ma toile à ce stade pour les laisser travailler sans avoir à supporter mon regard fixe. Puis je me retirai à l’atelier pour affiner minutieusement mon travail. Quand j’eus fini, Mathieu rangeait leurs outils tandis que Pierre et son frère nettoyaient la pièce. Je leur ai proposé de rester dîner et ils ont accepté.

 

128.       Le RÊVE d'Edouard Detaille ORSAY18


Je n’étais pas très âgé lorsque je commençai la peinture. C’était mon rêve d’être un grand peintre célèbre mais, en raison du manque d’argent, j’étais peintre en bâtiment et je rénovais d’anciennes façades de maisons. Je gagnais quand même assez bien ma vie et en rentrant chez moi le soir après le travail, je peignais des portraits ou des paysages que je revendais au marché pour quelques pièces de monnaie. Un jour, je reçus une lettre de l’armée. J’étais appelé pour aller combattre à Sedan. Je devais me rendre obligatoirement à Sedan pour le 20 janvier 1870 sous peine d’amende. Ce jour arrivait à grands pas. Je pris le train pour m’y rendre et je rencontrai un ancien ami qui était aussi passionné par la peinture.
« Comment vas-tu Gilbert ? » lui dis-je, très content de le revoir.
« Edouard !!!, mais que fais-tu ici ? » répondit Gilbert.
« J’ai été appelé malheureusement pour partir à la guerre de Sedan. »
« Eh bien, je crois que nous sommes deux ! »
On ne s’était pas vu depuis un an. Nous avions énormément de choses à nous raconter durant ce voyage. Arrivés à Sedan, nous devions nous rendre à une base militaire la plus proche pour aller chercher nos habits militaires et nos fusils à baïonnettes. Le sergent chef prit nos noms et nous communiqua ses ordres. Gilbert et moi étions dans le même régiment d’infanterie. Nous devions garder avec une soixantaine d’hommes, une zone pouvant être assiégée par l’ennemi. Cette bataille fit de nombreux morts et se termina en 1871. Elle ne dura qu’une année. Après la guerre, j’avais invité Gilbert à passer quelques jours dans mon appartement pour immortaliser ces trois cent soixante jours. Je voulais faire un tableau comme je n’en avais jamais fait auparavant. J’avais préparé une toile d’une hauteur de trois mètres et d’une longueur de quatre mètres. Cette toile attendait ses couleurs.
« A Sedan, j’ai fait un rêve. » dis-je à Gilbert.
« Et lequel ? » répondit Gilbert.
« Des soldats triomphants avec leurs fusils à la main ! »
Je pris le plus gros pinceau que j’avais et je fis un ciel qui coupait le tableau en deux parties symétrique. Ce ciel était bleu, avec des reflets roses et avec d’énormes nuages. A l’horizon, se levait un soleil couleur pastel. Gilbert approcha de la toile et vit que les nuages que je peignais représentaient des soldats triomphants avec leurs fusils à la main et leurs drapeaux. Ce ciel était magnifique. Je voulais raconter le rêve dans ce tableau. Le rêve que j’avais fait lorsque je dormais à même le sol, sur le champ de bataille aux côtés de mes compagnons. Je continuai de peindre et représentai une soixantaine d’hommes qui dormaient. Ses soldats se situaient en bas à gauche de la toile. Je représentais une aurore, symbole d’espoir et où l’espoir serait la victoire. Malgré ces silhouettes nostalgiques dans le ciel, je voulais qu’il soit réaliste. Le soleil qui se levait jeta ses rayons sur les corps inertes des soldats. Il y avait beaucoup de couleurs sombres dans la partie
 basse du tableau. J’utilisais beaucoup de noir, de brun et de beige. Ces couleurs étaient parfois mélangées à d’autres. Des armes étaient au côté des soldats. Ces armes étaient alignées. Cela formait une sorte de barricade. Ces fusils étaient tous dans le même sens puisqu’ils avaient la baïonnette vers le haut. Ce tableau fut terminé quatre semaines après l’avoir commencé.
« Le tableau commence à prendre forme. » murmurais-je tout doucement.
« Oui !!! » répondit Gilbert stupéfait par ce chef d’œuvre.

129.       Eugène Delacroix Scènes des massacres de Scio  Louvre (5)

 

Eugène Delacroix était un homme qui avait deux passions majeures dans la vie : la peinture et la Grèce.
Eugène essayait de vivre de sa peinture mais il n’avait plus d’inspiration et sa situation était de plus en plus misérable, il désespérait et était au bord du suicide lorsqu’il reçut cette lettre d’un vieil ami d’enfance nommé Soulier :
 « Mon cher ami
 J’espère que ta santé est bonne et que tu vas bien.
Te sachant très attaché à la Grèce je voulais à tout prix te parler de ce que j’ai vu sur l’île de Scio lors de mon voyage là-bas pour mes études sur les temples grecs et l’archéologie. La Grèce, comme tu le sais, souhaite son indépendance. En attaquant Ali Le Rebelle, le sultan Mohamed d’Egypte a provoqué un guerre sanglante entre les Turcs et les Grecs. Je me suis donc retrouvé au cœur de ce massacre, je dis bien un massacre. Si tu avais vu le ciel sombre rempli de la fumée âcre des maisons incendiées, il semblait que le soleil allait disparaître à jamais comme l’espoir et le bonheur dans ce si beau pays.
Mais ce qui m’a le plus désolé, ce sont ces pauvres victimes par milliers , les visages accablés, sans aucune défense devant l’ennemi impitoyable.
Les Turcs montés sur des chevaux et armés, les uns de sabres, les autres de fusil montraient une cruauté féroce envers les paysans grecs.
Je les ai vu, ces corps entassés, dépouillés, presque nus, par centaines, prisonniers des turcs ; ils les repoussaient à coup de fusil, les écrasaient sous les sabots de leurs chevaux. Le regard de tous ces malheureux ne reflétait que l’horreur et le désespoir.
Les Turcs ont vraiment été sans pitié, et je n’ai échappé à ce massacre que parce que j’étais français. J’ai vite rejoint Athènes en bateau, ici aussi les nouvelles sont terribles : ils ont tué des milliers de Grecs et saccagé des centaines de villages.
Je te charge d’informer nos camarades du comité de soutien de ces terribles nouvelles.
En espérant te revoir dés mon retour à Paris et t’apporter de meilleures nouvelles.
Amicalement Soulier ».
Quand Eugène a reçu cette lettre, il en fut profondément bouleversé et décida de répondre immédiatement à son ami.

 « Mon cher ami,
Ta lettre m’a profondément bouleversé et l’idée que la Turquie massacre ce cher pays que j’aime tant, me révolte. C’est pourquoi j’ai pris la décision de dénoncer la cruauté des turcs en exposant une toile montrant les massacres de Scio selon ta description très précise ; je n’aurai aucun mal à imaginer ce que la population grecque a dû subir. J’espère que tu viendras à Paris au salon de 1824 voir ce tableau et soutenir la juste cause des Grecs .  A bientôt très cher Soulier. »
Eugène se mit donc au travail dans son atelier sombre et afin de mieux rendre l’effet saisissant du drame il décida de réaliser une toile aussi grande que le malheur des grecs
Un an plus tard Eugène expose cette grande toile au Salon de 1824 . Ce qui lui donne notoriété et succès. Il apprend six ans plus tard dans un immense bonheur que la Grèce a enfin obtenu son indépendance.

130.       Canaletto L’Entrée du Grand canal et l’église de la Salute  Italie (7)

 

Sur cette peinture de Canaletto on voit le grand canal, c’est donc une peinture d’aspect tranquille, mais c’est faux. En effet peut de personnes savent que cette toile reflète un grand drame. Car le couple que l’on aperçoit sur le tableau est au centre de cette tragédie. Ce drame a d’ailleurs marqué la fin de l’inspiration du peintre c’est pour cela qu’il était critiqué pour ces répétions. Je vais vous raconter cette histoire :
Canaletto aimait une femme, il voulait l’épouser mais elle refusait ses avances il ne sut jamais pourquoi. Jusqu’au jour ou il la vit à cet endroit précis en train de dire au revoir à son mari car celui-ci partait en voyage d’affaire en France. Lorsque l’homme amoureux vit cette scène il fut profondément blessé et peiné, il avait pendant un moment l’impression que ce n’était qu’un ami de sa douce, puis il posa son regard sur l’enfant et se rendit compte que c’était malheureusement vrai. Pendant toutes ces semaines il avait été l’amant d’une femme mariée a un riche commerçant.
Lors de sa dernière rencontre il essaya de persuader la femme de ses rêves de fuir son mari car il ne supportai pas l’idée pas de la partager avec un autre. Cette dernière fut outrée et partit non sans le gifler. Elle voulait se venger aussi, lorsque son mari revint après plusieurs mois et, qu’il voulut faire un tableau en souvenir de leurs années passées ensemble elle lui recommanda son ami le peintre.
Son mari se déplaça jusqu’à son atelier et lui expliqua ce qui devait figurer sur la toile. Ce dernier respecta la commande mais décida de peindre un bossu que l’on peut apercevoir en arrière plan. Ce personnage à l’aspect repoussant le symbolisait. Il était ici pour le venger et faire en sorte que jamais celle qui était sa douce n’oublie qu’elle l’avait fait souffrir. Et qu’à chaque fois qu’elle poserait ses yeux sur la toile elle repense au fait qu’elle était infidèle.
Le peintre avait eu ça vengeance mais à quel prix ? Son inspiration était à présent comme une rivière asséchée     

 

131.       Jean-Antoine Watteau Le Faux pas LOUVRE (38)

 

Je lui avais bien expliqué que c’était une mauvaise idée, qu’il fallait qu’elle soit prête, qu’il devait être patient mais il me répétait sans cesse qu’il n’avait pas besoin de mes conseils et qu’il savait pertinemment ce qu’il faisait. C’est sans doute son jeune âge qui, à ce moment-là, le rendait trop naïf pour comprendre ces choses-là et pour penser que ça lui arriverait.
Ce jour-là, j’avais été parcouru toute la matinée par un sentiment d’angoisse, sachant ce qui allait se passer si mon frère mettait à exécution son plan. Quand j’y repense, j’aurais dû m’en ficher pas mal , après tout c’était son problème et ce genre de chose arrivait souvent , mais je n’y arrivais pas. Etant son aîné, je me sentais responsable de lui et je voulais qu’il comprenne que ça ne mènerait à rien et qu’il fallait renoncer à agir de la sorte.
Peu avant l’heure du rendez-vous, je me faufilas hors de chez moi, attelai un cheval et je me rendis à l’endroit où allait être commis l’irréparable. Plein de questions me traversaient l’esprit. ‘A quoi pensait-il ?’ ‘Pourquoi ne voulait-il pas attendre ?’ ‘Comment allait-elle réagir ?’ ‘Et lui comment allait-il agir ?’
J’essayais de ne pas trop me focaliser là-dessus et de trouver un endroit où j’étais sûr de pouvoir les observer mais sans être vu. J’avais choisi un petit buisson se trouvant juste en face de la petite clairière que mon frère avait choisie. Je n’attendis pas longtemps avant de les voir arriver. J’entendais la calèche approcher avant de les voir descendre en riant de tout leur cœur. Ils semblaient joyeux mais toute cette bonne humeur ne m’enchantait guère sachant ce qui se préparait. Mon frère poussa quelques branches pour qu’elle puisse atteindre la clairière sans difficultés. Je restais là, respirant à peine pour ne pas dévoiler ma présence. Je l’observais et il me parut apercevoir quelqu’un d’autre que le garçon que j’avais vu grandir pendant 16ans. Il n’était plus vraiment un enfant mais n’était pas non plus un adulte. Son regard était celui de quelqu’un qui attendait impatiemment quelque chose et qui aurait tout fait pour l’obtenir. Je continuais à observer depuis ma cac
 hette. Ils souriaient, rigolaient, semblaient vraiment heureux. La jeune fille posa son long manteau rouge sur le sol aidée par mon frère, en qui, à ce moment-là, je ne reconnaissais rien. Elle continua son geste mais en voulant s’installer, elle trébucha et tomba en arrière, s’étalant de tout son long. Et là, pour la première fois mon frère commit l’ultime faux pas. Je le vis se jeter sur elle, tel un animal se jetant sur sa proie. J’aurais voulu sortir de ma cachette, crier, intervenir pour empêcher ce qu’il tentait de faire mais quelque chose me l’empêchait. Après tout il avait besoin de comprendre et moi il ne m’écoutait pas alors peut-être que comme ça, il se résignerait à accepter.
Il a voulu l’embrasser ou quelque chose de la sorte mais elle le repoussa, le gifla et cria. Il se figea alors sur place, arrêta son geste d’un mouvement de surprise et avait la tête de celui qui ne comprend pas, qui n’assimile pas. Il continuait à la regarder, à la fixer, cherchant dans son regard une explication, cherchant un signe mais rien ne se produisit. Alors il baissa les yeux un peu gêné et laissa échapper un fin soupir. Elle le regarda, lui relevant la tête et lui dit calmement et posément : ‘‘ Qu’attendais-tu en m’invitant ici ? Pourquoi avoir fait cela ?’’
Il ne trouvait rien à répondre et la seule chose qui s’échappa de ses dents serrées, ce fut : ‘‘ je ne sais pas ’’ Ils continuèrent à se regarder pendant quelques instants quand soudain, elle éclata d’un rire tranchant, me perçant presque les tympans et faisant de fait rire mon frère. Je n’ai jamais compris pourquoi elle avait réagi comme cela mais je sais que jamais plus mon frère ne fit ce geste déplacé. Ce soir-là ils rentrèrent tous deux main dans la main se souriant et s’embrassant dès qu’ils en avaient envie. Je fus surpris mais heureux de voir que mon petit frère avait compris et était devenu un homme. Et c’est en ce jour que je peignis ce tableau. Il représentait le ‘‘faux pas’’ dans les deux sens du terme : celui de la jeune fille et celui de mon frère … je fus fier et heureux de la fin de ce récit et j’espère qu’il convaincra beaucoup de jeunes gens de réfléchir aux conséquence de leurs actes.

 

132.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre (24)

 

Mes pensées
 Rien de surprenant quand on vous dit que nous, les corbeaux, sommes depuis des siècles, sinon des années-lumières, considérés comme un symbole de la mort, de l’horreur et du dégoût! Pour certains, nous sommes des pigeons, pour d’autres, auteurs d’un coup de téléphone anonyme, nous, oiseaux ruraux au plumage noir comme un ciel orageux et au bec aussi  destructeur qu’un char avec des yeux meurtriers, nous sommes la terreur des hommes. C’est en nous, nos ancêtres en particulier, boutons du paysage que nous nous sommes retrouvés dans des coins obscurs…ce qui accentue notre renom. Pourtant nous ne sommes pas ce que vous croyez. Nous sommes catalogués comme cela mais c’est un préjudice ! Ah ! Ces satanés humains nous ont aspergés de critiques. Pour eux, dès que quelque chose ou quelqu’un ne les enchante pas, c’est « buiten » ! Sauf s’il a du pognon ! En un mot, ce sont des demeurés ! C’est comme cela qu’à notre tour, nous avons étiqueté tous les humains, sans exception. Mais…
 Depuis des générations, nous n’avons plus accueilli dans notre bicoque, surnommée la dernière demeure, un seul être humain sous quelconque forme. Peu importe, car ils sont des demeurés ! A l’abrie des regards vicieux, nous avons pris l’habitude de nous laisser bercer par ce mouvement naturel d’une masse d’air qui se déplace suivant une direction déterminée, appelée vent, avec cette perspective somptueuse de l’île d’Arkona, plus connu sous le nom de Rügen, situé dans l’Empire Prussien, flottant sur la mer Baltique, et de croasser en paix en se perchant sur une branche d’un arbre mal formé, usé par le temps mais toujours vivant. C’est alors que nous avons aperçu une chose.
 Cette chose, c’était un humain. Du moins, c’est ce qu’on supposait car personne n’était tombé sur ces spécimens vu que nous sommes bannis de leur société. D’après ce que nous avons entendu, ils marchent sur deux pieds, ne portent pas plume mais une fourrure colorée de plusieurs teintes différentes selon les espèces et certains laissent pousser des poils au niveau du menton et de la tête. Nous racontons aussi qu’ils n’ont pas de bec. A première vue, la chose était un humain. Curieusement, moi, corbeau perché sur mon arbre, ne sentais pas un danger mais un sentiment de compassion envers cette chose.
 Ce sentiment m’a donné du courage pour m’approcher de lui. Non pas pour le chasser mais pour le comprendre, pour le découvrir, pour le dénuder. Son regard vide si triste, si fragile et si mort a oblitéré cette haine qui nous envahissait dès que la pensée de l’homme meublait nos petits cerveaux. L’homme guettait l’horizon comme si, au loin, se trouvait un autre homme qui le cherchait. J’ai suivi son regard … rien … hormis cet arbre mort et cette mer qui semble s’étendre jusqu’au bout du monde…
 Rien, à part une bande de corbeaux tumultueuse, intriguée par l’homme, tournoyant autour de celui-ci qui s’installe paisiblement en s’extasiant devant ce spectacle qui s’offre à sa vue. Cet humain avait en sa possession une toile incolore et une boîte d’un noir poli mais garni de couleurs arc-en-ciel. Sans changer de cadence, il ouvre sa boîte qui la tient scrupuleusement, sort de là, un fragment de fusain. Ensuite, il le dépose soigneusement contre la toile et commence à bouger sa main. Surpris par ces gestes, nous sommes restés suspendus dans ce ciel, si pur, si limpide et si paradisiaque.
 On croyait l’homme inébranlable car il restait coulé sur sa toile durant des heures. Même notre croassement ne le dérangeait guère ! Par contre nous étions perturbés à cause de sa présence. Ce n’est pas à notre habitude d’accueillir des spécimens autres que de la même farine. C’est alors que nous étions accablés de son existence qu’il remballe ces ustensiles pour mettre les voiles. Déçus et satisfaits de son départ, nous avons examiné ce qui pouvait attirer cet homme ici. Nous avons remarqué qu’il avait laissé un aliment étrange. Cela ressemblait  à des grains de céréale en poudre grillés. Précautionneusement nous avons avalé une miette. Puis deux. Nous avons englouti ces miettes. C’était un goût bien plus agréable que les vers qui envahissent notre terrain et que nous sommes obligés d’ingurgiter. Mais la toile que l’homme décorait m’intriguait plus que la nourriture. Qu’est-ce que c’était ?
 Les heures passent. La lumière se lève et se recouche aussitôt. Les bateaux naviguaient sur la mer, la pluie s’abattait mais l’homme ne revenait point. C’est cette impression de désarroi qui me surprend. La haine avait disparu. L’envie avait apparu. L’envie de le revoir absolument. Ce n'était peut être pas lui que nous attendions. C’était peut-être la toile. C’est là que j’ai ressenti une sensation tordue entre amour et haine. Entre le jour et la nuit. Entre ami et ennemi. Entre blanc et noir. Le désir de mélanger le positif et le négatif. L’enthousiasme de retrouvaille avec l’homme. La déception de l’incompréhension entre êtres vivants.
 C’est en méditant sur mon sort que je l’ai repéré. Certes de loin, mais j’étais sûr de moi. C’était la première et malheureusement ma dernière fois que j’étais heureux de voir un homme. C’était aussi la dernière fois que j’ai pensé.

 

 

133.       Jacques-Louis David Marat assassiné louvre (17)


Je ne peux plus garder ce lourd poids pour moi-même : vous croyez tous que c’est Charlotte Corday qui a tué Marat, détrompez-vous ! C’est sa servante qui a commis cet acte.
J’ai tout vu par la fenêtre de ma maison car je suis  le voisin de Marat.Vous vous demandez sûrement pourquoi j’observe les gens par la fenêtre ? C’est tout simplement parce que je suis vieux de 82ans et tout ce que je peux faire à cet âge, c’est rester dans mon fauteuil en face de ma fenêtre, c’est ma seule occupation.  Pour en revenir à ma confession, Marat était un révolutionnaire.  En effet, il adorait contredire les politiciens et diffuser ses idées dans son journal L’ami du peuple que je recevais d’ailleurs tous les matins.  Il avait autant d’admirateurs que d’ennemis.
Tous les jours, c’était le même rituel : il rentrait chez lui, prenait une tasse de café pour ensuite aller prendre un bain, que d’ailleurs je trouvais assez long car c’est là sans doute qu’il trouvait l’inspiration pour la composition de son journal.  Sa servante, Emilie, était sa seule compagnie dans cette immense maison.  Certains soirs, ils dînaient ensemble et avaient l’air de s’amuser …  Jour après jour, le comportement de Marat vis-à-vis de la servante commençait à changer.  Quand il rentrait, il ne prenait même plus la peine de parler avec elle.  Quand ils se parlaient, leur conversation tournait tout de suite en dispute.  Un jour, quand Marat rentra, Emilie l’attendait avec une tasse de café qu’elle lui tendit d’un air furieux.  Lorsqu’elle prit la peine de lui dire quelques mots, Marat, énervé, lui lança la tasse de café à la figure et s’en alla préparer son bain … Je n’ai jamais compris la cause de cette dispute car d’ici, je ne peux que voir et non pas entendre. 
 Cette relation tendue dura encore un bout de temps et je me demandais pourquoi la servante ne démissionnait pas.  Sûrement qu’elle n’avait pas le choix.

Un certain matin de juillet 1793, une jeune femme bourgeoise assez jolie, Charlotte Corday, voulut voir Marat.  Elle échangea quelques mots avec la servante et repartit sans voir que cette dernière lui avait volé son couteau.  Pendant toute la journée, je vis Emilie faire des allées et venues dans cette immense maison, tenant son couteau dans la main.
Dans la soirée, Charlotte revint et la servante l’accueillit chaleureusement.  Elle lui offrit un verre et peu de temps après la première gorgée, Charlotte s’évanouit.  Emilie traîna le corps de la pauvre femme jusqu’au sous-sol.  Quelques heures plus tard, Marat rentra et comme d’habitude alla dans la salle de bain.  Le couteau dans la main, la servante s’y précipita et tua Marat.  Elle avait tout planifié.  La meurtrière alla chercher Charlotte toujours inconsciente et la laissa allongée dans la salle de bain aux côtés du corps sans vie.  Elle prit soin de ne pas laisser de traces et sortit.  Lorsque la jeune bourgeoise reprit conscience, elle paniqua en voyant Marat assassiné.  Celle-ci tenta de prendre la fuite, mais les gardes de la ville débarquèrent et l’arrêtèrent.  Quelques minutes après cet accident, Jacques-Louis David, un peintre très connu en ville, rentra dans la maison de Marat.  Il entra dans la salle de bain et commença  à peindre la scène macabre qui s’était
  présentée à lui.  Peu de temps après, Jacques-Louis David eut un très grand succès grâce à cette œuvre qu’il intitula tout simplement Marat assassiné.  Voilà le récit de ce que j’ai vu.
Charlotte Corday fut condamnée pour un crime qu’elle n’a pas commis et moi, je ne cesserai jamais de me sentir responsable de la mort de cette pauvre femme.

 

134.       Photographie publiée dans la collection "Achives de Wallonie" Les hommes en usine © Véronique Vercheval V1

 

La dixième personne entra dans l’ascenseur où nous étions entassés comme des bêtes, serré les uns contre les autres, puis la grille se ferma.
L’ascenseur commença à descendre dans les profondeurs du sol de Wallonie. Les derniers rayons de soleil passaient par les orifices circulaires des parois latérales de notre cage et venaient s’écraser contre nos visages, encore propres, mais déjà usés par les années. Nous avons dépassé la quarantaine comme la plupart des autres mineurs de Belgique et d’Europe. Dans quelques temps, ce seront les lampes électriques, accrochées à nos casques de sécurité en plastique noircis  à le poussière de charbon, qui prendront le relais.

Nous étions heureux d’aller au fond du trou où nos pères et grands-pères sont descendus il y quelques années, afin de gagner de l’argent pour faire vivre la famille.
Nous avons, pour une grande majorité d’entre nous, choisit ce métier parce que dans la région, il n’y avait pas beaucoup de possibilités et parce qu’il était ouvert à tous les hommes sans distinctions d’origine. Dans notre groupe, il y a trois personnes dont les racines sont de l’autre côté de la mer Méditerranée.
Les premières fois qu’un jeune mineur descend dans la mine, il tremble de peur, et après quelques descentes, la peur diminue, mais ne disparaît jamais. Même le mineur le plus expérimenté craint d’aller dans les entailles de la Terre. Celui qui n’a pas peur n’est pas un Homme mais une machine à extraire le minerai. Les sourires dessinés sur nos visages ne la traduisent pas, mais nous craignons tous que notre Mère Nature soit capricieuse et q’un effondrement, qu’une inondation de galerie, ou encore qu’un coup de grisou nous retire la vie pour toujours. Aujourd’hui, les morts dans les mines se comptent par centaines, voire même par milliers et aucuns de nous n’a envie d’ajouter son nom à cette liste macabre.
Alors pour être décontractés et garder notre sérénité au fond des galeries et ainsi ne pas penser aux éventuelles catastrophes, que nous redoutons tous, nous avons une recette : il faut que dès que nous entrons dans l’ascenseur, nous ne pensions plus aux malheurs qui pourraient nous arriver ; mais à la chance qu’on a d’être les derniers Hommes à fouiller cette mine, d’être les derniers à en extraire quelque chose.
Mais le sentiment le plus profond que nous ressentons et qui apparaît sur nos lèvres est un sentiment de fierté. Nous sommes fiers de terminer le travail commencé il y a plus de cent ans par nos ancêtres. Quand la dernière extraction aura lieu, et dès qu’elle sera remontée, nous ressentirons une joie immense.
C’est peut-être cette joie qui se dessine sur nos lèvres et nos visages, mais nous savons que ce n’est pas aujourd’hui qu’on fermera la mine pour “stock épuiser” car il nous en reste pour au moins cinq ans.

Maintenant il est temps d’aller remuer le sol à la recherche de charbon.

 

135.       Antoine Wiertz, L’inhumation précipitée,  inhumation_précipitée

 

Alors que j’étais encore enfant, je me rendis avec mon père chez l’un de ses amis pour un repas. A peine étions nous arrives sur le seuil de la porte que celle-ci s’ouvrit laissant place à cet homme, très frêle avec un regard perçant, de petits yeux globuleux et un moustache blanche assez épaisse qui moussait sur ses lèvres, cachant ainsi les quelques dents qui lui restaient.
Cet homme me faisait très peur, mais je savais qu’il avait eu un fils qui avait disparu il y a peu de temps et donc j’avais de la peine pour lui. L’individu serra la main de mon père ainsi que la mienne, me broyant tous les doigts.

Le repas commença, mais comme je n’avais pas faim, l’homme alluma la télévision dans la pièce d’à côté. Mais ce dernier n’ayant pas les chaînes pour enfant, je décidai d’explorer la maison de l’ami de mon père, afin de passer le temps.
Au fond d’un long couloir, il y avait cette vieille porte en bois, intrigante, que je poussai. Là, de longs escaliers interminables et obscure descendaient au sous-sol, il faisait frais, je descendis les marches lentement et un fois en bas, je m’aperçus qu’il s’agissait de la cave à vins car de nombreuses bouteilles y étaient entreposées.

Il y avait là, sur le sol, deux caisses en bois assez imposantes marquées d’une croix sur le couvercle, j’étais hypnotisé par ces deux coffres se chevauchant.
Je décidai alors d’en ouvrir une d’entre elles. A peine eus-je le temps de la saisir qu’un homme vêtu d’une toge blanche en sortit, le visage meurtri par la souffrance qu’il avait du endurer à sortir de cette caisse tout seul, il semblait être là depuis des mois car l’odeur qui s’en dégageait était répugnante. En voulant l’aider a sortir, j’aperçus sur son bras une gourmette sur laquelle il était inscrit « JULIEN ».Enfin, je compris qu’il s’agissait du fils de l’ami de mon père …

 

136.       Canaletto Le Pont du Rialto  Italie (8)

 

Un jour d’Octobre 2003, devant une vitrine de tableaux, mon regard s’arrêta, figé sur une toile. La magasin, n’ouvrant qu’à 14heures, je suis donc revenue plus tard. Je suis entrée dans cette grande boutique et j’ai regardé les tableaux . Rapidement, je dois le reconnaître car je n’avais qu’une envie c’était de revoir ma toile. J’ai une grande passion pour ces tableaux. L’art est pour moi la plus belle chose faite pas l’homme. Chaque individu peut ainsi s’exprimer, que se soit par la peinture, la sculpture ou l’architecture…
Je revis ce tableau, il était grand, très grand. Il faisait 119X154 cm, et se trouvait sur le mur central du magasin. Je m’approchai et vis cette somptueuse toile. Une œuvre de Giovanni Antonio Canal, plus connu sous le pseudonyme de Canaletto. Cet homme est un célèbre peintre et graveur du XVII et XVIII siècle . il avait tellement aimé sa ville Venise qu’il a peint plusieurs endroits : « Le Canal des Mendiants » et la Place Saint Marc » vers 1753, ainsi  que le « Pont du Rialto » vers  1726. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il sera connu, et nommé Ambassadeur de France à Venise. Le Comte de Gregy en 1726 lui apportera d’être le préféré des touristes et des collectionneurs anglais.
D’ailleurs, aujourd’hui encore, les collections royales d’Angleterre possèdent des peintures et des dessins de Canaletto.
Sur cette toile, on y trouvait au premier plan de l’eau, le Grand Canal, sui traverse toute la ville avec plusieurs bateaux appelés « gondoles ». En arrière plan, on distingue des constructions, sans doute des habitations, ainsi qu’un joli pont de pierre : « Le pont du Rialto ».
Celui-ci est mis en valeur par un contraste de lumière, et de plus il est placé au centre de l’œuvre.
Soudain je sens la peinture vivre en moi. Je m’imaginais cette œuvre vraie, car durant plusieurs vacances d’été, ma famille est moi étions partis visiter  l’ Italie. Nous avions séjourné à Venise, et bien entendu, j’avais traversé ce pont. Car ce joli pont de pierre sépare le quartier Saint Marco du quartier Saint Polo.
Venise fut une magnifique étape dans mes vacances.
L’eau qui entoure cette ville fait que les gens sont obligés de se déplacer en bateaux, imaginez des tonnes de marchandises transportées sur l’eau.
Je revois aussi nos « ballades » dans ces petites ruelles que le soleil n’éclairait que par petites parties.
Il faisait bon découvrir la ville à pieds tranquillement de rue en rue. Les couleurs du tableau me rappelaient toutes ces différence de tons que l’on découvrait au travers des rues. Lorsque l’on arrivait près d’un pont, le jaune clair du soleil se reflétait sur le bleu de l’eau et le reflet des maisons apportaient des nuances magnifiques.
Les gens dessiné sur leurs gondoles avaient toujours un sourire au coins des lèvres, de la joie à partager. Imaginez  que vous vous promenez le long des maisons en essayant de vous décrire leur ville. Je dis « essayer » car leur Français n’était pas parfait. Mais en même temps, cela nous faisait beaucoup rire de les entendre et eux aussi de nous voir si heureux.
Du lever du soleil au coucher du soir, à Venise les gens paraissent heureux. Il doit faire bon de vivre dans cette jolie ville. Ce tableau me rappelle tant de souvenirs, je revois les terrasses des maisons sur chaque toit. Puisque les rues étaient étroites, les habitants installaient leurs tables ainsi que leurs chaises longues sur leur toit. Leur linge séchait, étendu sur un fil entre deux rues, ainsi la ville paraissait très colorée. Lorsque la nuit tombait, les habitants et les touristes s’habillaient avec leurs plus beaux vêtements pour se promener et se retrouver.
 Chaque soir, une ambiance de fête était présente.
Lorsque enfin  mon regard se détacha du tableau, la nuit commençait doucement à tomber, je venais de passer un magnifique moment, tant de souvenirs étaient revenus juste sur un regard porté sur une toile.
Voilà pourquoi j’adore l’art, une toile vous projette dans le passé, vous rappelle des souvenirs, une sculpture vous laisse découvrir tout un monde, on regarde et on se laisse transporter, notre imagination nous permet ainsi de vivre de superbes moments.

 

137.       L’ANGELUS de Millet ORSAY13


Je ne pensais à rien. A cette heure je devais prier, supplier Dieu. Mon mari devait
sûrement demander un enfant ou peut-être une meilleure année pour l’agriculture
mais moi je ne pensais pas. Je pensais peut-être à la mort ou à la maladie. Qui sait ?
Peut-être que demain la peste nous envahira ou une tempête ravagera notre champs.
Regardez-nous ! Nos habits sont pauvres et nos outils sont usés. La terre commence à
sécher et la mauvaise herbe pousse. Je la sens, elle arrive. La mort va bientôt
m’envahir. Il ne faut pas que je le montre. Prendre sur moi, c’est ça prendre sur moi !
Mon mari est un homme qui a le cœur sur la main et qui adore sa femme ? Si je viens
à mourir, il n’aurait pas peur  de se tuer. La prière va devoir s’arréter d’un moment à
l’autre. Il va falloir reprendre le travail, faire semblant d’être heureux et faire comme
si tout allait bien. De toute façon personne ne fait attention à nous je ne parle pas que
de mon mari et de moi mais de tous les travailleurs dans notre situation. Le courage
est le seul espoir et la seule chance pour nous en sortir alors si je devais demander
qu’une seule chance à Dieu se serait de nous donner assez de courage chaque jour
pour ne pas désespérer.

 

138.       La Sieste ou la Méridienne de Vincent Van Gogh ORSAY23

      

   J’étais dans le champ de blé avec ma femme sous un soleil brûlant d’août. Nous étions en train de travailler. Nous avions déjà moissonné à l’aide de faucilles les trois-quarts du champ. La sueur coulait le long de nos joues creuses et nous sentions la douleur envahir notre corps. Mes mains étaient presqu’en sang. En continuant de charger la charrette de paille, le bœuf commençait à s énerver sous l’extrême chaleur de cette journée d’août sous des rayons ardents du soleil. Ma femme et moi étions effarés en voyant notre fils et sa fiancée, un couple de moissonneurs, interrompre leur journée par une sieste à l’ombre d’une meule, alors que nous, on travaillait depuis l’aube sans interruption. Donc nous décidions de les réveiller pour qu’ils puissent nous aider pour finir cette dure journée de labeur.

 

 

139.       La sieste ou la Méridienne Vincent Van Gogh ORSAY23


Je me rappellerai longtemps de ce moment  unique.  Une  dure  journée  de labeur  venait
de s'écouler et je décidai de m'allonger afin de me reposer.  Peu  de  temps  après,  alors que j'étais
assoupis, je fus rejoins par mon collègue,  lui  aussi  embauché  pour  ces  moissons  si  fatigantes.
Le soleil  me   caressait   gentiment   le   visage   et   m'empêchait d'ouvrir correctement les yeux.
Mon camarade vint s'allonger à mes côtés en soupirant. Au loin, on pouvait apercevoir les autres
moissonneurs,  toujours occupés à charger les bottes de paille fraîchement pressées sur la charrette,
tirée  par  un  cheval  suant.  Bientôt,  la  voix  de  mon  patron me tira de ma sieste et je profitai de
ce dernier instant de tranquillité avant de retourner à ma tâche si pénible.

 

140.        L’angélus de Millet Orsay 13


J’étais là,
Mais ils ne me voyaient pas.
Dans le calme mystérieux
D’un soir peureux,
Je regardais ces deux personnages
Qui avaient l’air naïfs et sages.
Alors que le soleil commençait à se coucher,
Ils ont tous deux arrêté de travailler.
Ces deux personnages me semblaient familiers
Car je les retrouve deux fois par jour à prier,
A prier pour quelqu’un
A prier pour quelqu’un,
Qui les a laissé,
Et qu’ils ont peur d’oublier.
Moi, qui les  observaient prier,
J’imaginais leurs pensées.
Moi, qu’ils ont peur d’oublier,
J’imaginais leurs pensées.
La souffrance l’a envahi,
Et l’a emporté très loin de notre vie.
Elle nous a laissés seuls sur cette terre
Pendant qu’elle tombait en poussière.
Tous deux ont peur que le temps passe
Et que mon visage s’efface.

141.       Gustave Caillebotte.  Les raboteurs de parquets ORSAY3


Ce tableau a été peint en 1875 par Gustave Caillebotte. Il représente trois hommes à demi nu rabottants  le parquet d’une pièce d’appartement. Les couleurs sombres, dans les tons gris, le marron exprime une certaine tristesse, voir de la monotonie se dégageant des personnages. Il y a une seule source de lumière située au milieu du tableau qui est une fenêtre traversée par les rayons du soleil se reflétant dans les dalles du parquet non rabotées. On ne voit pas le regard des personnages du tableau, il est donc impossible de connaître ce qu’ils ressentent. Gustave Caillebotte a sûrement transmis les sentiments qu’il ressentait en peignant ce tableau.

 

142.       Manet Olympia Orsay9

 

LE TABLEAU
Alors que je marchais dans la rue, j’aperçus un tableau de Manet. Il représentait une femme allongée sur des draps de soie en train de se faire servir par une servante noire qui tenait dans ces mains un bouquet de fleur. Cette femme avait un regard sombre et semblait triste. Je me souvenais que quand j’étais petite ma grand-mère me racontait souvent cette histoire, lorsque nous étions près du feu.
C’était l’histoire d’une jeune femme qui avait toujours vécu dans l’obscurité. Toute la journée elle était allongée dans des draps de soie et se faisait servir. Jusqu’au soir où, un chat noir sortie de la pénombre et se glissa doucement jusqu'à l’oreille de la femme alors qu’elle dormait et lui chuchota ces quelques mots :
« Durant toute ta vie, tu ne t’ai fait que des ennemis et tu as été maudite aujourd’hui reviens à la vie ! »
À ces mots, la jeune femme ce réveilla, et pour la première fois depuis fort longtemps elle se leva. Jamais elle ne revit le chat.
Jamais je ne connus la fin de ce mystérieux récit, d’après ma grand-mère  l’histoire s’arrêtait là. Je me souviens à présent d’où elle la tirait : ce tableau que je voyais devant moi était celui qui ce trouvait au dessus de la cheminée auprès duquel nous étions assises. À présent ce tableau se trouve au dessus de ma cheminée.

 

143.       L’atelier du peintre de Gustave Courbet. ORSAY4


      Je me trouvais parmi toutes ces grandes personnes, réunis dans une pièce sombre éclairée seulement par une petite fenêtre. Pendant un temps qui me paru fort long, j’avais fouiller les moindre recoins de cette pièce dans l’espoir de trouver quelque chose à faire. J’étais tellement occupé à trouver un jouet que je n’avais même pas remarqué ce grand tableau au milieu de la pièce. Je m’étais approché tout doucement car j’étais impressionné par sa taille. Quand je me suis trouvé assez près à mon goût, je ma suis rendu compte que je ne pouvait plus bouger, tellement surpris par ce que je voyais. Je me voyais, dans un coin du tableau en train d’admirer une fleur. Après quelques minutes de réflexion, je m’étais aperçu que le monsieur qui peignait la toile s’était inspiré de moi à travers les gestes que je venais de faire juste avant. En effet, c’est comme si le peintre avait su que j’allais rester planté devant le tableau. Et là, je me voyais dans la même posture à la différenc
 e que j’étais en train d’admirer une fleur au lieu du tableau. Pendant tout le temps que je fut dans cette pièce, je suis resté bouche bée devant le toile et il a fallu que mon père me porte pour que je m’en aille : C’est parce que j’étais tellement ému à l’idée que le peintre s’était imprégné de mon image pour son tableau que je ne pouvais plus bouger.   

 

 

144.       Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquetsORSAY3

 

«Les raboteurs de parquets» a été peint  par Gustave Caillebotte. J’ai remarqué que le tableau est assez neutre du côté des expressions des personnages, ils ont la tête baissée et on ne peut pas distinguer leurs traits de leurs visages. Cependant on a l’impression qu’ils sont en train de parler entre eux. On peut aussi distinguer qu’il y a une source de lumière, elle vient d’une porte-fenêtre venant de derrière les raboteurs. La lumière reflète sur le parquet. Les couleurs du tableau sont assez sombres.
Je trouve qu’il y a une certaine monotonie, les couleurs bleuâtres et ternes fait que la pièce est renfermée cependant il y a une certaine liberté avec la fenêtre ouverte.

145.       Gustave Caillebotte  Les raboteurs de parquet ORSAY3


 Les raboteurs de parquet dont l’auteur est Gustave Caillebotte (Paris 1848, Gennevilliers 1894) peintre français et ami des impressionnistes. Cette peinture est essentiellement sombre et monotone mais une fenêtre apporte un brin de clarté dans cette pièce sombre. Nous sommes dans une ambiance sobre. Les morceaux de bois sont également sombres dans le fond de la pièce. Cette peinture démontre ce que ressentait le peintre à ce moment. Cette peinture a été faîte en 1875 et elle est exposée au musée d’Orsay.

 

146.       L'Angelus de Millet ORSAY 13


   Ils étaient là tous les deux, dans ce vaste champ et je les regardais simplement. Moi qui venais de la ville je n'avais encore jamais vu cela, c'était magnifique. Dans la beauté du quotidien; le soleil les éclairait d'une lumière chaude comme si les cloches de l'église retentissaient jusqu'au ciel. J'étais là depuis deux minutes à les observer et je ne m'en lassais pas. Le calme de cette rase campagne n'était en rien à mes yeux une source d'ennui mais le théatre d'un fait si exceptionnel et parfait qu'il en paraissait divin. J'étais en admiration devant eux. Ils étaient pauvrement vêtus mais la richesse de leurs âmes resplendissaient au grand jour tel la nouvelle aurore. Ils avaient tout arrêter pour se consacrer à l'Angelus, a cette prière de tous les jours. L'homme avait posé sa fourche tandis que la femme posait sa brouette. Cette cloche devenait l'horloge commune des chrétiens et leurs vies trempaient dans l'eau bénite.

 

147.       Paul Sérusier (1864-1927) Le Talisman Orsay20


 Paul Sérusier que j’ai côtoyé durant l’été 1888 à Pont-Aven suivit mes conseils et en à rapporter une vue du bois d’amour, « le Talisman ». Après la création du tableau, le groupe des nabis se forma de Sérusier, Bonard, Vuillard, Ranson, Ibels, Verkade et Maurice Denis et le Talisman devenu leur « Talisman ». Après mon départ, Sérusier abandonna Pont-Aven, il séjourna en Bretagne puis s’installa à Châteauneuf-du-Faou. Je tenu  à Sérusier les propos suivants : « Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon ». L’observation  du tableau permet de retrouver certains éléments du paysage représentée : le bois, en haut à gauche, le chemin transversale, la rangée de hêtres au bord de la rivière, et le moulin, au fond sur la droite chacun de ces éléments est une tache de couleur.

 

148.       Paul Sérusier (1864-1927) Le Talisman Orsay20

Première approche, insignifiant, indifférent. Des formes, des couleurs : le flou, l’incohérence, l’abstrait. Les sentiments ? En profond sommeil, presque la naissance de regrets face à un si mauvais choix. Puis, l’obligation de recherches forçant l’intérêt, c’est la lumière : la prise de conscience du sens. Enfin la vision de ce « Paysage au Bois d’Amour ». Sa rangée de hêtres, son chemin, son moulin, son bois et sa rivière dans laquelle se reflète tout cet environnement. Cette toile me semble alors être des plus claires : chaque forme colorée représente un élément de ce paysage, quoi de plus logique au fond… Les couleurs s’entremêlent dans les premiers regards et se démêlent dans ceux qui ont trouvé l’explication. Le tableau et son titre qui me paraissaient étrangers au premier abord m’apparaissent désormais tels des frères siamois. L’un ne peut aller sans l’autre pour une entière compréhension de l’œuvre.
          Les préjugés du premier contact passés, c’est finalement la victoire d’un sentiment certain de sympathie pour cette œuvre aux couleurs si vives et aux formes, en réalité, si clairement apposées.

149.       Edouard Manet 1832-1885 Olympia ORSAY9


Collez votre texte ici :: J'avance,doucement, on ne m'entends pas, j'atténue le moindre bruit que je fais, je saute, doucement sur le bord du lit désormais vide. Vous me voyez ? Je suis le chat, le petit chat noir que tout le monde cherche mais que personne ne trouve. Je suis si petit et si sombre que je me fonds dans le décor créé de toutes pièces par cet homme, cet artiste de la palette.
Il était venu pour la première fois voir ma maîtresse, il y a près de trois mois; il avait amené avec lui une gerbe de fleurs enveloppée d'un papier blanc neige, derrière lui, il tenait une toile encore vierge de toute peinture, ainsi que des couleurs, un arc-en-ciel de couleurs. La première chose qu'il fit en arrivant fut d'étudier ma compagne: je n'aimais pas son regard, il l'étudiait comme si elle n'existait pas puis il la regardait d'un air si tendre que j'en étais jaloux. Après tout, elle était à moi. Puis il m'a vu et a dit à mon amie qu'il me trouvait bien à son goût et qu'il me voulait absolument sur son tableau, j'en fus flatté mais je déchanterais vite. Enfin ce fus l'heure, Firmine notre servante arriva pour me donner me pâtée puis salua le Monsieur. C'est alors que le peintre lui tendit le bouquet et s'exclama que celà était fantastique: il la voulait aussi pour sa toile. Depuis ce jour, l'homme revint tous les jours pour que nous posions. Un jour ma maîtresse, pu
 is Firmine, enfin moi. C'était terrible il voulait que je ne bougeais pas, mais mon amie me disait que je devais rester immmobile si je voulais devenir célèbre. Mais moi, je ne veux que manger ! Puis vint le jour de l'exposition de cette toile qui était restée plus de trois mois dans notre salon. Lorsque je vis le tableau je fus déçu, je n'avais qu'une toute petite place, qu'importe ! Tous parlaient de moi. Mais à ce moment, je me rendis compte qu'on se moquait de ma chère amie et celle-ci se sentait devenir pâle. Nous retournâmes donc chez nous, là, elle se coucha dans son lit, là même où elle avait posé pour ce peintre, enfin elle s'endormit. Mais elle ne se réveilla pas. Je suis maintenant seul, Firmine continue de m'amener ma nourriture mais elle se fait vieille. Qui m'amènera ma pâtée après elle ?   

150.       Série Palestine © Véronique Vercheval  V14

 

«  Extrait du journal de Véronique VERCHEVAL » 
Le 1  Mai 2002 : « my diary* », aujourd’hui je suis chez moi car c’est la fête du travail, ici, en France. Je regarde attentivement les « news » devant mon téléviseur. Sur toutes les chaînes, ils exposent la guerre en Palestine. Soudain, mon portable sonne. C’est mon patron.      
Je travaille pour le magazine « VOYELLE » depuis 1979 en tant que journaliste sur la « condition des femmes ». Il veut que je me rende sur les lieux pour faire le point de la situation. Tout d’abord je refuse : j’ai promis à David, mon époux, de ne plus partir à l’étranger. J’en ai pourtant terriblement envie. Après une longue discussion, il m’autorise à partir faire ce reportage. Il est tellement compréhensif… Je rappelle mon patron  pour lui dire que j’avais changé d’avis ! Je pars !!!
 
Le 4 Mai : Je suis dans l’avion à destination de la Palestine. Je t’avoue que j’ai un petit peu peur de prendre l’avion… j’essaie de ne pas y penser, j’essaie d’imaginer le pourquoi de cette guerre de religion. Je lis dans un magazine qu’on la surnomme l’Intifada ou « la guerre des pierres ». Certainement que les Israéliens ont beaucoup plus d’armements que les Palestiniens ! Ils font avec ce qu’ils ont sous la main, c'est-à-dire des pierres… J’ai appris qu’Israël était un nouveau pays fondé sur le territoire de la Palestine. Depuis plus de 50 ans, les Palestiniens luttent pour avoir une patrie. La création de leur Etat est toujours en débat. Les gens s’efforcent de vivre normalement et veulent croire en l’avenir en termes de liberté ! 
A la descente de l’avion, nous sommes encadrés par une vingtaine de militaires qui assurent notre sécurité. Après plusieurs contrôles d’identité, une escorte m’accompagne à mon hôtel. Dix minutes plus tard, une sirène retentit : alerte aérienne. Tous les clients de l’hôtel descendent rapidement dans la cave pour se mettre à l’abri. Pour cette fois, rien de grave ! Mais le bruit incessant des avions me perturbe et m’empêche de dormir. Nous avons tous la peur au ventre…
 Le 5 Mai : J’attends la fin du couvre-feu pour sortir dans les rues, ce couvre-feu que tout le monde redoute tant et qui est levé tous les 4 jours pendant 4h ! Je profite de ce moment pour prendre mon appareil photo, que j’emmène partout avec moi, et pour sortir dans la rue piétonne. Je ne cherchais ni le scoop, ni l’image extraordinaire préférant rendre compte de la vie quotidienne. Bien sûr, le pays est bouleversé par la guerre. La destruction est partout. Le quartier nord a subi un bombardement très dur. Les destructions sont effroyables, des rues entières sont en ruine et il faudra encore beaucoup de temps pour dégager les gens ensevelis. Les hôpitaux sont pleins à craquer. On entend parler d’enfants qui cherchent le corps de leurs parents dans les ruines fumantes. J’en ai des frissons… Je poursuis mon chemin tout en regardant des impacts de balles sur les façades des maisons. Quand tout à fait par hasard, je retrouve Iman Aoun, la directrice du célèbre théâtre « Ashtar »
 . Nous nous étions rencontrées lors d’un casting théâtral en France, car nous avons la même passion. Je voulais la prendre en photo pour avoir un souvenir quand j’entendis des hurlements derrière nous. C’était sa belle-sœur, Aïda. Elles ne se sont pas vues depuis une éternité. Elles étaient très heureuses de se revoir, dans leurs yeux brillait une étincelle. J’en avais moi même la larme à l’œil. Nous étions devant leur école primaire, à Beit Jala (près de Bethléem), où elles ont passé les plus beaux moments de leur enfance : Je devrais dire ce monticule de pierres car les bombes de cette horrible guerre l’ont détruite. J’ai voulu immortaliser ce moment-là par une photo : l’émotion était si forte, si intense. Au-delà des ruines, il y a toujours des hommes, des femmes et des enfants qui essaient de survivre… Le soir même, je commence à rédiger mon reportage sur mon ordinateur portable.
Le 12 Mai : Retour en France, je visionne et j’analyse mes photos ; ces photos qui ne devraient pas exister. Au premier plan, le regard et le sourire de ces deux jeunes femmes, Iman et Aida, enlacées, devant la tristesse de ces ruines, m’amène à penser que l’AMOUR est plus fort que la HAINE des hommes. Au fond, elles doivent être malheureuses de vivre cette guerre et pourtant paraissent si heureuses. Je suppose que même dans des moments de grande tristesse et de grand malheur on peut toujours trouver un petit moment de bonheur ! Si fugace soit-il.
Iman Aoun et Aïda nous donnent une belle leçon de vie. 
…/…

151.         Edgar Degas Dans un café ou L'Absinthe ORSAY14


Le regard dans le vague, assise à la terrasse de ce café populaire, j'essayais d'oublier, sans peine grâce à ce verre d'absinthe, tout le mal qui m'envahissait à mesure que le temps s'écoumait. Mes pensées étaient noyées dans le bruit que produisait à ma gauche le groupe de peintres impresssionnistes empestant l'alcool et le tabac; ils avaient une conversation animée au sujet du salon qui s'approchait à grands pas. plus loin, des modèles éclataient de rire en s'affalant sur les hommes assis près d'elles. Dans un coin de la terrasse se trouvaient des artistes révolutionnaires criant haut et fort leurs convictions. Toute cette agitation semblait plaire particulièrement  à un homme qui écrivait, assis à une table, plus loin à droite. il examinait avec une telle attention les personnages de cette scène que je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il s'en inspirait pour noircir ses feuilles de papier. Moi, je me trouvais au milieu de tous ces gens pleins de
 vie, avachie sur moi-même avec la seule envie de boire ce verre d'alccol.
     A côté de moi était assis un homme pour lequel je posais régulièrement. Il connaissait mon corps par coeur, il disait que sans lui ses tableaux seraient vides d'expression, pourtant il me traitai avec indiffèrence totale comme un vulgaire objet qu'on place et qu'on déplace selon la lumière.
     Voilà ce que ma vie était devenue: une succession de tableaux de mon corps qui ne suscitaient de l'intérêt que pour les petits bourgeois voulant se faire croire qu'ils s'intéressent à l'art. Au début je ne plaisais à vivre ainsi car il s'agissait d'un moyen facile pour gagner suffisament d'argent. Mais à présent, à chaque fois que l'on peignait mon image, c'était un bout de mon être que l'on effaçait avec ma dignité.
     Paradoxalement, je detestait autant que j'enviais ces artistes. En effet, j'aurais tellement aimé comme eux avoir la satisfaction de savoir faire quelque chose mais surtout de savoir créer de la vie à travers des mots ou de la peinture.
     Mais lorsque je suis avec eux je me sens inutile. Je croyais à ma liberté. Maintenant je suis prisonnière de leurs pinceaux et je ne vis qu'à travers leurs tableaux. A chaque fois que je me déshabille je me sens humiliée par leur regard sans considération. Je n'ai plus de raison de vivre, seule l'absinthe me permet de supporter ma vie et surtout d'oublier ce que je suis.

 

152.       La Méridienne, Vincent Van Gogh ORSAY23


La Méridienne fut peinte lors du séjour de Vincent à Saint Rémy de Provence alors qu'il était interné dans un asile.
L'ignorance du monde artistique l'avait fait sombrer dans la folie. Son travail n'était pas apprécié à sa juste valeur; Les Vignes Rouges est le seul tableau à avoir trouvé preneur lors de son vivant, mais atteint de crises psychiques à répétition, il fréquenta à de nombreuses reprises l'asile de Saint Rémy de Provence.
Un après-midi d'été, dans un susaut de créativité, il se posa dans une clairière avec ses pinceaux et son chevalet afin de reprendre une oeuvre de Millet intitulée La sieste, et qui fut peinte en 1866. Il avait une grande admiration pour cet artiste. Il avait décidé de reprendre cette toile pour sa simplicité et parce que le thème abordé était l'un de ses favoris : les paysans. J'aimais le regarder peindre des heures durant à l'air pur et paisible de la campagne, loin du bruit stressant de la ville, surtout lors d'une période de transitions et de transformations pour la France.
En effet, on célébrait le centenaire de la révolution française, on était sous la troisième république, et de nombreuses découvertes scientifiques et médicales faisaient leur apparition. L'industrie elle aussi avait beaucoup évoluée surtout depuis la révolution industrielle connue par la France au dix-neuvième siècle.
Pour en revenir à la peinture, je dirais que ce n'était que lors de ses crises de folie, que Vincent peignait le mieux, ce qui donnait aux tableaux qu'il faisait, une petite touche particulière mais que j'appréciais, là ce n'est pas l'avis du marchand d'art que j'exprime, mais celui du frère, et qui est pour Vincent le plus important.

 

 

 

 

153.       Claude Gellée, dit Le Lorrain Port de mer, effet de brume louvre 54

 

Lundi 23 Février 1646
Mon journal
Ma femme est partie car on s’est disputé, elle est allée chez sa mère, je me sens seul, très seul. L’esprit embrumé, je m’étais réfugié dans mon atelier vers onze heures, il faisait noir, froid. J’allumais ma lampe à pétrole comme une flamme au fond de mon cœur. J’arrivais à sentir la chaleur qui se répandait en moi et la lumière découvrait mes outils de travail un part un. J’avais déjà une petite idée de ce que j’allais peindre, mon voyage à Naple m’avait ouvert sur d’autres architecture et un port de mer qui était un motif de Tassi et qui me tenait beaucoup à cœur me semblaient être une bonne base pour mon tableau. Cependant, il fallait que j’introduise un élément réel à mon œuvre. Malheureusement il se faisait tard et je sentais la fatigue qui m’envahissait donc, j’allait au lit en me disant que la nuit me porterait conseil.

Mardi 24Février 1646
Cher journal
Ma femme n’est toujours pas revenue. La vie me paraît bien difficile sans elle donc j’ai passé toute la journée dans mon atelier à peindre mon tableau. J’avais trouvé mon élément réel qui était le forum mais aussi l’élément qui étonnerait une vie, une histoire à mon tableau. C’était, le départ d’Ulysse, il fallait que je dépasse les limites du classicisme par le réalisme de cette scène où on pourrait voir les bateaux s’en allant du port au soleil levant. Il fallait qu’on ressente ma tristesse à travers cette peinture et un effet atmosphérique comme la brume me semblait être le meilleur pour retranscrire ma peine.

Lundi 30 Février 1646
Cher journal
Ma femme est enfin revenue, je suis très heureux et j’ai enfin terminé mon tableau, je lui ai trouvé un titre ; je l’appellerai Port de Mer, effet de brume.

154.       La Méridienne, Vincent Van Gogh ORSAY23

 
Par une éblouissante matinée,
Ils s’en étaient allés,
Abattre leur besogne,
Leurs coiffures sur la tête,
Le symbole des classes paysannes et ouvrières à la main.

La chaleur étouffante du soleil,
Incitait l’ondoiement du foin ;
Puis, l’obscurité, la confusion de leurs traits.

Tout près, de la détente et du repos,
Un milieu d’autant moins agressif,
Où la tonalité est davantage diffuse et apaisante,
Où les nuances nous caressent la vue et nous relaxe l’esprit.

Ces instants suivant les labeurs,
Annonçant la fatigue et pressant la sieste,
Donne recours à l’euphorie et à la délivrance.

Cette situation intouchable,
Isole leur sérénité et laisse place à la paix la plus complète.

 

155.       Gustave Caillebotte LES RABOTEURS DE PARQUET ORSAY3

            
Mon nom est Robert. J'exerce la profession de raboteur de parquet. Les gens désireux d'avoir mon aide m'appelle par courrier et j'arrive à leur domicile pour raboter. Ainsi, je vais d'habitats en habitats et gagner un petit peu d'argent, juste assez pour nourrir ma femme et mes deux enfants, tous deux à la petite école.
Aujourd'hui,j'en suis à la première heure de travail de la matinée, je rabote le parquet d'une vaste salle, chez monsieur Martin, habitant de la rue de Vaugirard, une avenue synpathique de Paris.
Il est onze heure. J'ai beaucoup de chance, le bar auquel je me rend quotidiennement tous les midis, "Le Petit Leon",  se trouve juste en face : je le perçois par le balcon noir aux motifs irréguliers qui se trouve derrière moi.
L'un des confrères avec lequel je travaille a ammené sa propre bouteille et la partage avec nous.
Il fait une chaleur torride et le travail nous inflige des courbatures. Je serais bien aller de suite boire de ou trois Whiskys   au "Petit Leon" mais le salon dans lequel je travaille doit être prêt à onzes heures et demi pour son aménagement.
Ah...Vivement midi. Cet après-midi, j'aurrai un temps libre, je pourrai goûter à la joie d'une longue balade au bord de la seine, à écouter le vent taper sur les voiles des bateaux de pêche.

 

156.       Série Palestine © Véronique Vercheval V14


Collez votre texte ici :: Dans les rues les gens marchent à travers les gravats des maisons, là où, il n’y a pas longtemps, ils vivaient avec toute leur famille .Mais ils ont du fuir et se réfugier dans des camps, ils ont été séparés de leur famille dans le tumulte général entre les passages des tanks ou des militaires en armes. Et le couvre-feu n’arrange rien à leur recherche de ces personnes. C’est le cas d’une de mes amies Iman Aoun que j’ai connue dans une des compagnies théâtrales où j’ai travaillé car elle est elle-même directrice du théâtre Ashar prés de Bethléem.
Venu de Paris pour faire un article sur la condition de la femme dans la guerre pour le magazine où je travaillais, Voyelle, je décidais de la suivre dans ces recherches pour retrouver sa famille et aussi dans sa détermination pour aider les enfants à oublier l’horreur de cette guerre à travers des ateliers de danse, de théâtre ou de musique.
Le 5 mai, je suivais Iman Aoun depuis trois jours quand elle eut enfin des nouvelles de sa belle-sœur : elles s’étaient  données rendez-vous le lendemain dans leur ancien village durant le couvre-feu qui s’effectuait tous les quatre jours pendant quatre heures.
Nous sommes parties Iman Aoun et moi jusque dans ce petit village où elles avaient grandi toutes les deux, mais malgré cela, Iman mit du temps pour retrouver sa maison, ou plutôt ce qui en restait…  « les ruines se ressemblent toutes »
Iman s’approcha du seul mur qui avait résisté aux bombardements et le caressa d’un geste lent comme pour apprécier ce moment de retrouvaille.
Et après ces quelques jours où j’ai vu toute l’horreur et le désespoir de cette guerre, après m’être réveillée plusieurs fois en ayant cru que tout cela n’était qu’un cauchemar, je voyais enfin un moment de bonheur .
Voulant immortaliser ce moment je plaçais mon appareil photo sur son trépied, dos au soleil, placé de façon à voir la maison de Iman, j’enlève le cache, je faisais le point et là, tout se passe en un éclair : des cris, des larmes, enfin les retrouvailles.
Tout cela n’est qu’une suite de contradictions : le désespoir de la guerre et le bonheur de ces deux femmes, le blanc des ruines « souvenir d’un bonheur lointain » et le sombre « bonheur nouveau », et ces femmes qui ne forment qu’un bloc solide, inséparable devant la fragilité de la vie.
Texte et photo :Véronique Vercheval
5 mai 2002

 

157.       Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4

 

Cet été lors de mes vacances à Paris j’ai visité un musée. Mon regard fut tout de suite attiré par une peinture colorée avec beaucoup de personnages et un décor qui intègre bien la scène principale. Ce tableau se nomme « Charlemagne à la bataille ». Il a été peint par Jean Fouquet entre mille quatre cent vingt et mille quatre cent quatre vingt. L’enlumineur, ici, devenu peintre a fait usage de la perspective dans son tableau, celle-ci débouche sur un horizon bleu azur, qui est caractéristique de la perspective atmosphérique. Au centre , une scène de bataille ou deux armées en rang serré, a droite celle de Charlemagne montés sur des chevaux caparaçonnés brandit l’étendard de France. A gauche l’ennemi fait face sur des chevaux nus. L’affrontement a été volontairement déporté vers la droite pour, a mon avis dévoilé l’armée dominante.
Au premier plan, Charlemagne reconnaissable à sa couronne, a son écu armorié, à la house bleu azur fleurdelisée de son cheval et a son armure dorée désarçonne un adversaire en lui transperçant la gorge de sa lance. Ce tableau est vraiment magnifique. Je trouve que l’art du peintre s’exprime dans le maniement exceptionnel du pinceau. Je me suis mis à imaginer les soldats de Charlemagne au moment de l’affrontement : « nous étions là , en rang serrée au pied d’une colline, les ennemis arrivaient à cent mètre devant nous. Nous avons lancer le combat  et l’armé adverse fut de même, le choc fut violent, il y eu des blessées, des morts mais je sentait que nous dominions. Au loin  j’ai vu l’horizon bleuté ». Je me rappelais soudain que j’étais dans au musée et non dans un champ de bataille sous les ordres de Charlemagne. Ce tableau était tellement magnifique que je me suis laissé emporté par mes émotions sans m’en rendre compte. J’ ai décidé de continuer ma visite pour revenir sur ce  tableau plus tard. Un peu plus loin j’ai trouvé un tableau de Paolo Uccello « La bataille de San Romano » me rappelant l’art de la guerre comme chez le peintre précédent avec sa célèbre représentation de « Charlemagne a la bataille »

 

158.       Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4


Jean Fouquet est connu pour être un peintre réaliste imprégné des idées de la Renaissance . Il a représenté l’ empereur Charlemagne à la façon de son époque, le XV siècle, ce qui montre  beaucoup d’anachronismes ; les étriers qui ne seront connus qu’au XIII siècle ; les armures à plaques inexistantes au X siècle, époque de Charlemagne ; la fleur de lys qui n’est pas l’emblème des rois de France ; la tactique et la stratégie sont aussi celle de son époque : la charge de cavalerie lourde.
Bref, tous ces éléments nous incitent à penser à une transposition dans le temps. On peut donc considérer que Fouquet voit en Charles VII, le roi contemporain, le nouveau Charlemagne.
L’ennemi est très difficile à identifier : est-ce un ennemi de Charlemagne ou celui de Charles VII. La réponse est sûre, il s’agit de l’ennemi héréditaire de Charles VII, L’Anglais. Là aussi le parallèle est troublant. En effet au VIII-IXème siècle, Charlemagne est en très bons termes avec le roi d’Angleterre.
Le blason, dans le tableau, de Charlemagne, un aigle mêlé à une fleur de lys, est dans la réalité celui de Charles VII. Le nom du roi « Charlemagne » signifie en latin « Charles le grand », Fouquet  voit Charles VII comme un grand roi, il lui donne le titre de « grand ». Tout semble indiquer une personnification du roi en un héros mythique, en l’occurrence Charlemagne.

La technique de peinture italienne est présente dans le tableau. La perspective, dans ses débuts, fait son apparition. Les lignes convergent en formant les vagues successives de chevaliers vers le point de fuite. On sent que la vague française avance par rapport à celle de son adversaire sous l’impulsion du roi.
La peinture utilisée rend l’ensemble du tableau très coloré. Trois teintes ressortent ; l’or, utilisé pour peindre les armures des chevaliers, fait ressortir leurs actions ; le bleu, couleur de la royauté, que porte le roi, et le ciel ; le vert des champs et de la nature. Les proportions sont respectées entre les chevaliers et leurs montures.
On remarque des points communs entre les chevaux d’une même vague.
La stature du cheval à l‘arrière de celui du roi est calquée sur la monture de celui-ci, les pattes antérieures et la tête étant placées dans la même disposition. Plus en arrière, un troisième cheval présente cette posture. Un seul détail dissocie les trois chevaux ; les oreilles, sur le cheval du roi celle-ci sont inclinées en arrière, sur les deux autres chevaux, elles imitent les cornes des taureaux. Cela prouve les balbutiements des techniques de peinture réaliste de profil et de trois-quarts face.

A cause de ces divergences temporelles et du thème principal du tableau qui représente Charles VII comme le nouveau Charlemagne, on peut rapprocher l’œuvre picturale d’une forme subtile d’historiographie officielle par l’image. Les rois de France de la fin du Moyen-âge soignaient déjà leur image ! !

 

159.       ThéodoreVan Rysselberghe, L’homme de barre van-rysselberghe-pêcheur

 

En parcourant un ouvrage de reproductions de la fin du XIXème siècle, mon œil fut attiré par cette peinture de Théodore Van Rysselberghe. Peut-être par la scène représentée d’un pêcheur sur son bateau ; peut-être par la monotonie des couleurs qui restent dans les tons bleus ; ou peut-être même par l’ensemble des deux réunis. 

En effet, l’homme sur son voilier m’a intrigué car de nos jours, les pêcheurs vont en mer avec des bateaux soit à moteur pour la plupart, soit à rames pour une minorité. De plus son embarcation me rappelle mon passé, lorsque dans le cadre du collège, en éducation physique et sportive, nous pratiquions l’optimiste qui ressemble étrangement au voilier du tableau en plus petite taille. Le navire passant à l’horizon m’a aussi surpris car maintenant même les bateaux de transports sont à moteur. Les paquebots avancent grâce à une hélice alors que celui du tableau se déplace avec l’aide du vent qui s’engouffre dans les voiles.
A mon avis, l’homme de barre a l’habitude de pêcher en mer car la taille des vagues me fait penser à une tempête ou dans tous les cas a une mer très agitée. L’écume montre que les vagues claquent en retombant ce qui veut dire qu’elles arrivent violemment contre la coque du bateau ; donc il faut que le matelot le maîtrise à la perfection. S’il oriente mal la voile, ou qu’il ne passe pas les vagues perpendiculairement, il a le risque de se retourner, de casser son embarcation … De plus on remarque qu’il est dans son élément car ses vêtements et son chapeau sont imperméables et sont bien adaptés pour la mer.
On peut supposer que le tableau est contemporain de Van Rysselberghe, lui-même étant belge, on présume que l’homme pêche en mer du Nord. Il y a donc de fortes chances que ses prises soient principalement constituées de harengs et de morues.
La tension des cordes nous renseigne sur la force du vent (arrière) qui s’exerce sur la voile. On peut donc en déduire que la houle est forte car la voile est très gonflée et les cordes sont tendues.
Le navire s’éloignant au large n’est pas un petit bateau de pêche comme celui du premier plan mais plutôt un navire exportant de la marchandise vers des destinations lointaines.
Comme je l’indiquais dans l’introduction, la monotonie des couleurs m’a « frappé ». Le peintre a choisi de constituer son œuvre seulement de couleurs froides. Tous les éléments sont en bleu plus ou moins foncé à part la barre où est fixée la voile du bateau qui est en jaune, ce qui casse le rythme du bateau et qui attire légèrement l’attention. Le blanc apparaît beaucoup sur la voile et dans l’eau pour l’écume. Ce que j’ai aperçu en premier sur la peinture est le matelot car il est habillé, d’un bleu plus éclatant, moins pâle.

La scène représentée et les couleurs vont effectivement ensemble. Il est tout à fait normal que le tableau d’un pêcheur en mer par un ciel couvert, soit dans les tons bleus. Je conseille donc aux personnes qui visiteront le musée d’Orsay de s’arrêter devant l’œuvre de Théodore Van Rysselberghe et de l’admire attentivement.   

 

160.       Série Palestine © Véronique Vercheval V14


Interview de Véronique Vercheval et de sa directrice:

Le reporter « -Qu’est ce qui vous a fait choisir Véronique Vercheval pour cette expédition ?

Directrice du journal Voyelles -Véronique a longuement travaillé sa manière de prendre les photos pour que le résultat sur papier soit expressif de manière égale à un commentaire, voir mieux.
De même, les reportages qu’elle a faits sur les transporteurs routiers et la condition des femmes sont directement basés sur ce procédé. C’est pour ça que je l’ai choisie. Qui croirait qu’en Palestine, un reporteur aurait le temps de prendre à la fois des photos et en même temps, de prendre des notes pour éclaircir le contexte de la photo. Personne ! C’est tout simplement surhumain ! Donc, comme Véronique a ce don de prendre des photos qui parlent d’elles-mêmes, je lui ai réservé ce reportage. Ça aurait été impensable de lui faire manquer une telle occasion.

Rep.-Véronique était-elle de votre avis lorsqu vous lui avez annoncé  ceci ?

Directrice -Véronique est rarement contente de son travail. Pour elle, ce voyage que je luis proposais était un compliment pour tout ce qu’elle avait fait pour le magazine auparavant. Je pense que c’est un peut normal : Lorsqu’elle est sur le « terrain », elle ne peut pas tout faire rentrer dans son objectif. Mais lorsque nous regardons ses photos, ça ne se voit pas !
Véronique ne voulait pas de ce reportage. Puis, ses collègues de travail l’on convaincue petit à petit d’y aller. C’est lorsqu’elle a appris qu’elle aurait de fortes chances de rencontrer des artistes de théâtre qu’elle n’a plus hésité. Elle a toujours adoré le théâtre.

Rep.-C’est vrai ce qu’avance votre directrice ? Vous avez dans un premier temps refusé ce voyage ?

Véronique Vercheval -Oui, c’est vrai. Au début, je ne voyais pas les choses de cette manière; je me disais qu’ils ne racontaient que des histoires au bureau. Puis je me suis rendu compte que je n’avais aucun argument valable pour refuser une telle chance. Alors, je me suis lancée et j’ai oublié les autres problèmes.

Rep.-Que pensez vous du reportage que vous avez effectué en Palestine ?

V.V. -Mes images de Palestine relèvent plutôt du « carnet de route » que du reportage au sens classique du terme. Etre photographe, en l’occurrence, c’est rencontrer les gens, tenter de le connaître, témoigner de leur vie. Je n’ai cherché ni le « scoop » ni l’image extraordinaire préférant rendre compte de la vie quotidienne. On ne parle pas suffisamment de la vie de tous les jours. Au-delà des ruines, il y a toujours des hommes, des femmes, des enfants. Bien sûr, le pays est bouleversé par la guerre. La destruction est partout, maisons privées, institutions, infrastructures civiles, champs d’oliviers ou d’oranges arrachés. Mais les palestiniens continuent malgré tout de parler de la résidence, de la nécessité de faire vivre la culture palestinienne, de l’impossibilité de rester créatif, de l’urgence de travailler avec les enfants malgré et surtout à cause de l’occupation. Ils parlent aussi de la difficulté de se projeter dans l’avenir. Pourtant, les gens s’efforcent de vivre
  normalement et veulent croire en l’avenir en terme de liberté.

Rep.-Quelles relations entreteniez-vous au cours de votre voyage ?

V.V. -Nous étions très proches. Les palestiniens n’ont pas vu des personnes de confiance depuis très longtemps. Ils m’on amenée dans leurs champs, dans leurs villes. J’ai découvert leurs universités, leurs théâtres, leurs cafés, leurs marchés. Et aussi leurs check points, leurs camps de réfugiés. Ils m’ont montré ce que faisait un bombardement. Leurs couvre feux aussi. Ce sont des choses que l’on ne peut pas se représenter sans les voir.

Rep.- Y-à t-il quelque chose que vous n’avez pas compris durant votre voyage, quelque chose qui vous paraît sur-humain dans ce pays ?

V.V. -Je me suis souvent demandé comment faisaient-ils en Palestine pour continuer à vivre sans travail, sans revenus. Comment est-il possible d’être peintre, musicien, comédien, et de le rester ? Je suis admirative devant la détermination de ces artistes qui sont « entrés en résistance ». En réalité, ils ne considèrent plus la créativité de la même manière : leur préoccupation première est la sauvegarde des enfants, à travers des ateliers de danse, de théâtre, de musique. Une de ces actions que mène le théâtre d’Ashtar m’a bouleversée. Cela se passe dans une école secondaire, dans une classe de filles. Après quelques exercices, les comédiens les incitent à parler, à extérioriser leurs peurs. Il est arrivé à beaucoup de ces adolescents de se trouver en présence de tanks, ou face à des militaires en armes, et parfois en joue. Cela reste un véritable traumatisme. Pour eux comme pour moi.

Rep.-Vous avez fait partie du projet « 100 artistes en Palestine » qui maintient un activité culturelle en Palestine. Quelle en a été l’influence sur votre travail ?

V.V. -Tout d’abord, j’ai pu rencontré des organisateurs, des palestiniens, des musiciens, des peintres et même une directrice d’un théâtre. Je pense que c’est ce qui m’a permis de rentrer directement en contact avec les palestiniens. Ensuite, j’ai pu photographier des moments symboliques de leur vie. C’est le cas du cliché d’Iman Aoum, directrice dont je viens de parler et de sa belle sœur.
Ce projet m’a motivée pour faire bouger les choses, expliquer aux occidentaux ce qui se passe là-bas ; je veux leur montrer ce qui se passe en Palestine pour qu’il n’y restent plus indifférents.

Rep.-Votre carnet de route est composé d’une centaine de photos qui évoquent des sensations fortes. Mais si vous deviez en garder une seule ; laquelle choisiriez-vous ?

V.V. -Je choisirais probablement le cliché où Iman et Aïda se retrouvent dans une rue de Beit Jala complètement démolie. La photo est très contrastée : des ruines sur tout l’arrière plan et au milieu, deux personnes qui oublient totalement le désastre qui les entourent, tellement elles sont heureuses de se retrouver après plusieurs mois de séparation.
J’ai réussi à prendre une scène rare, mais qui libère tellement d’émotion que je choisirais probablement de la garder constamment avec moi, comme témoin de la vie en Palestine. »

 

161.       Canaletto Le Pont du Rialto italie(8)


La première fois que j’ai vu Le Pont Du Rialto, une œuvre de Canaletto, c’était lors de la visite du musée du Louvre à Paris. Ce tableau m’a tout de suite captivé.
Même si il n’est pas au centre du tableau, le Pont Du Rialto il captive et attire le regard : il est un point de rencontre entre l’eau et le ciel d’une part, et la rive gauche et la rive droite du canal d’autre part.
En restant là à le regarder, j’ai la sensation que les gondoliers sont vivants, ils font leurs affaires. L’air paraît pur, vif. Ils se séparent au niveau du Pont Du Rialto et l’air va s’engouffrer et continuer son trajet le long du canal.
En plus de cette fraîcheur, des rayons de soleil illuminent le canal et adoucissent la fraîcheur matinale.
Je remarque aussi une opposition entre les deux rives : l’une est abritée par des maisons l’autre non. Le tableau représente exactement la ville de Venise, Ses habitants  ses gondoliers, son Grand canal, son  architecture et sa vie.
 Il se crée, grâce à une composition parfaite, un équilibre des formes et une harmonie des couleurs.

162.        Gustave Caillebotte LES RABOTEURS DE PARQUET ORSAY3

 

J’étais là, en plein mois d’avril, à m’occuper de son appartement. Certes j’aimais cet endroit, mais je n’aimais pas que cela ici. Mon employeur, Gustave Caillebotte, était un homme impressionnant. Pas beau au sens propre du terme, mais il possédait cette beauté intérieure que peu, très peu d’hommes, ont. Il n’avait tout de même pas un physique ingrat, mais on ne pouvait pas vraiment le définir . Et j’étais là, moi, sa servante, en train de cirer cet immense parquet, que j’ai de nombreuses fois eu en horreur. A chaque fois que ma besogne (la pire de toutes) était finie, je me relevais de ce parquet et de ces immenses lames de bois qui n’en finissaient pas, et je sentais mon dos se briser au fur et à mesure que je me redressais. Bien sûr, je ne me plains pas, car sans cet homme, Dieu seul sait où je me trouverais, mais certainement pas dans cet appartement où se détendait, si peu, cet homme. La première fois que je l’ai vu, j’ai senti tout mon être se
  mettre à frémir. J’étais alors sous l’emprise de deux forces exceptionnelles et contradictoires. La peur brûlait mon flanc gauche à m’en faire tomber au sol, tandis que l’admiration et le désir se mêlaient au creux de mon esprit.
Au début, quand je travaillais pour lui depuis peu de temps, il était froid, distant, et même légèrement hautain. Mais au fur et à mesure des mois, il me laissait entrevoir sa vraie personnalité : sa gentillesse, sa délicatesse, sa douceur, et bien plus encore. Il avait changé, comme si se n’était plus la même personne. Lorsque je parlais de lui à mes trois frères, ils devenaient méchants, et même odieux, en me disant d’arrêter de parler de lui de cette manière, que nous n’étions pas du même monde, et qu’il ne me servait à rien de croire qu’il pourrait m’aimer un jour. M’aimer ? Moi, l’aimer ? Non, je ne l’aimais pas, je lui vouais un culte, une adoration… oui je l’aimais, mais pourquoi l’avouer ! Je savais en moi que ce sentiment ne pouvait être réciproque, et que ce n’étais que dans mes rêves que je pouvais imaginer une toute autre réalité.

Malgré moi, je refoulais ce sentiment dans mon cœur, ne laissant rien paraître. Puis un jour, tandis que l’été approchait, ma besogne passée, je suis allée le voir, afin de lui dire que le parquet gondolait sérieusement, et qu’il serait peut être bon de le faire raboter. En effet, cette année 1875, avait été très humide. C’est alors qu’il me demanda si mes frères pourraient accomplir ce travail, en ajoutant qu’il les paierait bien, et qu’il voulait connaître les hommes avec qui je partageais ma vie.
En rentrant chez moi, mes frères parurent comme fâchés et vexés par cette proposition, mais ils acceptèrent, car le travail se faisait de plus en plus rare pour eux. Qu’elle ne fut pas notre surprise en arrivant le lendemain. Caillebotte nous attendait, plein d’une immense joie que je ne pouvais décrire. Il contempla mes frères sans un mot, puis ceux ci se mirent au travail. Alors qu’ils étaient en pleine besogne, Caillebotte les observait, et moi j’observais cet impressionniste de génie. C’est alors que je vis une étrange lueur dans ses yeux. Il se précipita dans son atelier et en sortit tour à tour un chevalet, une immense toile, et toutes sortes de peintures et de pinceaux. Il se mit devant mes frères et commença à poser différentes touches sur la toile. Peu à peu, on pouvait voir se dessiner le plancher, qui occupait une majorité de l’espace, et permettait au regard de s’accrocher au personnage central, le plus imposant de mes frères. On pouvait voir se dessiner petit à
 petit tous les détails : les copeaux de bois, la balustrade de la porte fenêtre, les outils de mes aînés… Et plus son œuvre avançait, plus il semblait s ‘épanouir, son visage se transformait, se déridait, devenait tendre et passionné.

Si je reviens encore dans cet appartement aujourd’hui, c’est le cœur lourd. Mon amour est mort en cette année 1894, et je n’ai jamais trouvé le courage de lui avouer l’ardeur de mes sentiments à son égard.
Ses funérailles étaient merveilleuses. Beaucoup de ses amis peintres étaient là, à le pleurer, ainsi que son frère, qui lui ressemblait tant. Je sais qu’ils ont projet de faire voir au monde ce talent pur, en exposant sa toile, un peu la mienne aussi, qui représente la plus belle partie de ma vie, et que j’ai nommé, à sa demande, simplement, les « raboteurs de parquet ».

163.       Jean-François Millet 1814-1875 Le Printemps ORSAY19

 

MON PRINTEMPS

C’était un de ces tous petits matins de grasse matinée de l’hiver parisien, doux et sombres. Le ciel était noir, tirant un peu sur le gris, à cause de lourds nuages chargés d’un présage de neige. Je m’étais éveillée très tôt, comme d’habitude, oppressée par un pesant sentiment de solitude et de monotonie. Depuis que j’étais venue faire mes études d’Histoire de l’Art ici, à Paris, dans la capitale des Arts, les dimanches de relâche étaient devenus ma hantise ; je n’avais pas envie de me retrouver seule à seule face au défilement de mes idées. Comme j’aurais voulu que l’on m’en libère, de ses idées horribles, de ma vie horrible !
Luttant contre le désir irrésistible de paresser au lit comme tous les Parisiens - activité si propice à la naissance de pensées plus ou moins morbides ou déprimantes… - je me dressai résolument, mais le choc du plafond pentu qui épousait la forme du toit contre mon front suffit à éteindre mes ardeurs. Je restai un moment inerte sur mon lit, avant de me secouer et de ramper vers la salle de bain pour prendre une douche froide.
Quelques minutes plus tard, j’étais en bas de mon immeuble, sur le pavé de Paris, seule, dans la nuit, suçotant de la crème à tartiner bon marché étalée sur un petit beurre. Je commençai à remonter ma rue, et le bruit de mes talons sur l’asphalte sonnait d’une façon quelque peu effrayante… Je marchai ainsi jusqu’à la station de bus la plus proche. Le ciel était sombre et nuageux. Mais soudain, un rayon de lune se faufila entre les brumes célestes et éclaira violemment d’une lumière diaphane et fantomatique la rue totalement vide. Je frissonnai. C’était une froide nuit douce à la Sonate au Clair de Lune.
Une fois montée dans le bus, je remarquai une petite vieille qui se traînait dans le froid, sur le trottoir, et une étrange peur de la vieillesse infirme et débile me prit… Le trajet pour le VIIème arrondissement fut long, bien que les rues se révélassent désertes sous la lumière naissante. Ce fut donc sous un petit jour gris et sale que j’atterris sur le parvis du Musée d’Orsay, devant la haute façade, un peu grisâtre dans les brumes matinales.
Je n’avais trouvé que cela pour oublier mon inactivité, me perdre dans le dédale des couloirs de ce musée, me noyer, m’engloutir sous la masse des œuvres, pour me donner un semblant de libération, une impression, une utopie, un rêve... Et c’est ce que je fis. Enfin j’essayai de m’oublier, de me libérer de moi-même. J’errai pendant plusieurs heures, contemplant pensivement les tableaux impressionnistes, mais je n’avais pas réellement l’esprit à cela. Je ne saurais dire de quoi j’étais exactement préoccupée, mais il m’était impossible de fixer longtemps mes pensées sur quelque chose de précis. Bientôt, un violent jour laiteux s’engouffrait par les hautes fenêtres, indiquant que la journée avançait. Je décidai donc de déjeuner et me dirigeai vers la cafétéria, où je traînai une bonne heure à observer la caissière se limer les ongles derrière le comptoir.
Puis je continuai mon errance. J’arrivai enfin dans une petite salle, tout au bout du musée. Il y faisait un peu sombre, et je ne vis d’abord rien. Puis ce fut comme une apparition, une profusion de lumière, un aveuglement. Je m’approchai, captivée, intriguée, et je crus me trouver devant une fenêtre qui donnait sur un autre monde, comme une Alice face à un étrange passage pour un Pays des Merveilles. Une bouffée de ce bonheur inexplicable, que je n’avais jamais ressenti, tout chargé d’allégresse, était monté depuis mon cœur jusqu’à ma gorge, et je haletais un peu en détaillant cette œuvre toute pleine des couleurs tendres du printemps.

C’était une charmante huile sur toile de Millet, un peintre ancré dans le XIXème siècle, dont j’avais déjà entendu parler pour ses représentations puissantes du labeur paysan ; mais là, il s’agissait d’une de ses dernières œuvres, Le Printemps, un tableau pastoral d’assez grande dimension, s’intégrant dans la série des 4 saisons, un paysage printanier de la nature en fête, quelque chose d’un peu absurde et idyllique à la fois. Tout était plein de lumière, chargé de petits scintillements dorés.
Ce tableau lumineux s’ouvrait sur un chemin de campagne, sablé, doré, un peu herbeux, si familier que j’aurais cru y être et m’y promener moi-même. La beauté du printemps sautait aux yeux, comme vue depuis la sortie d’une forêt noire, celle de l’hiver, pour se retrouver sur une clairière tendre, promesse de renouveau.
Dès mon premier regard, j’avais cru sentir venir à moi l’odeur douce et fraîche de l’herbe mouillée après un orage, il m’avait semblé percevoir le chant des oiseaux heureux qui piaillaient dans les arbres…
Le chemin, bordé d’une herbe rase d’un beau vert délicat, allait ainsi tout droit jusqu’au fond du tableau, parsemé de poétiques fleurs blanches. La prairie qu’il traversait avait une teinte pourpre un peu étrange et inquiétante - roussie ou ombreuse ? je restai indécise.
On percevait quelques arbres qui ressemblaient à des fantômes de lumière. Le premier, sur la gauche du chemin, un peu penché, comme harassé, au feuillage vert tendre qui s’élargissait et se densifiait vers le bas, était tout chargé et tartiné de couches de fleurs, des perles de soleil, des gouttelettes dorées. Elles paraissaient si douces et veloutées, comme de jeunes chatons attendrissants, chargés d’un duvet clair et ébouriffé. L’ombre froide de l’arbuste formait un long cercle vert sombre sur l’herbe encore humide, encore palpitante et papillotante d’une pluie récente.
De l’autre côté du chemin se dressait un arbre sombre, également penché, mais dans l’autre sens par une sorte d’effet de symétrie, ce qui lui donnait une allure à la fois grotesque et majestueuse. Il était plongé dans l’ombre et seul un doux rayon de soleil ornait fugitivement la base de son tronc d’une guirlande d’or. Sa ramure s’échappait par touffes rebelles et effilées. Parsemés avec fragilité et délicatesse sur le bout de ses branches brunes, des boutons floraux, tous purs et immaculés, semblaient prêts à s’envoler comme d’allègres papillons blancs. Cet arbuste projetait sur l’herbe sombre une ombre éparse et désordonnée qui avait une apparence dégingandée et fantomatique…
Un peu plus loin, la prairie s’éclaircissait et prenait une couleur vert tendre. Il y avait, là encore, un arbre, noir sous la lumière magique d’un rayon de soleil fugitif entre deux averses, comme désespéré avec ses branches tombantes. Il était flanqué de longues taches de lumière qui coulaient le long du feuillage.
Derrière lui, une clôture de bois blanc s’allongeait et délimitait une sorte de verger où s’éparpillaient quelques arbres au feuillage jeune et tendre qui se confondaient vaguement, par des contours troubles, avec l’arrière-plan forestier. C’était une brumeuse forêt d’arbres irréels - des peupliers sûrement, dressés sur la toile de fond du ciel, dont le feuillage clair et lumineux ondulait. Sa silhouette rappelait un long temple à colonnades. A l’extrémité gauche du bois, la ramure supérieure des arbres se gonflait, enflait, bouffait dans le vent et s’apparentait ainsi à une étrange coupole, ou même à la fière proue d’un navire fendant les flots tumultueux des airs.
Vers la gauche, une large maison avec de longues ailes, au toit de tuiles brunes, était blottie avec une certaine poésie dans un taillis épais devant lequel se fondaient une paire d’arbustes, tels une grappe de raisins blancs. C’était tout près du toit de cette maison que s’appuyait confusément un arc-en-ciel, fauve et doré, qui ressortait sur une brume verte d’arbres lointains. L’arc-en-ciel miroitait sur le ciel violacé, chargé de nuages d’orage. Une pâle réplique, un vague reflet du mince rayon de lumière décomposée s’oubliait dans un coin du tableau. Les nuages, d’un noir purpurin, menaçants, étaient parsemés de traces plus claires qui ressemblaient à des voiles, pendues sur la voûte céleste et claquant dans le vent du printemps encore froid, plein de l’hiver. Dans un coin, rongé par ces nuées monstrueuses, on voyait un éclaircissement d’azur, tirant sur un blanc lumineux, semé de traînées immaculées qui évoquaient avec poésie la promesse du printemps.
J’avais été époustouflée par ce tableau, je ne pouvais le quitter des yeux. J’en avais été assaillie, hypnotisée. C’était un foisonnement de couleurs extrêmes, de blanc et de clarté, de vert et de pourpre, de reflets, de scintillements, d’ombres… Je m’oubliais à en observer les moindres détails, tous les recoins, toutes les taches de lumière ou de verdure, à analyser la courbe des coups de pinceaux clairs et légers, sûrs et tendres, lyriques et si précis. Ce mouvement souple faisait ressortir violemment les émotions du peintre : cette toile respirait une suffocation joyeuse de l’auteur devant cette beauté, un enthousiasme enfantin, rêveur et poétique, une volonté de plonger dans l’âme du paysage, une curiosité pour la lumière, pour les souples formes du printemps naissant et la nouveauté des jeunes pousses. Mais surtout, émanait le désir de rendre, le désir de voir, le désir de sentir, de goûter et d’immortaliser… Le peintre avait, avec délicatesse, savamment révélé et illust
 ré sa sensibilité face à cette nature, d’une grâce et d’une beauté raffinées, qui surgissait brutalement mais avec un certain charme de ce tableau simple et modeste.
Il évoquait avec tant de précision, de puissance, de magie et de poésie la nature en fête, la nature qui se pare pour les beautés et les joies simples et douces du printemps ! Il était si plein de lumière ! Ce paysage enfermé dans un cadre, c’était l’immortalisation d’un calme éphémère entre deux tempêtes, la lutte du printemps contre l’hiver : c’était comme une fenêtre sur un monde idyllique, dénué de mal, tout de poésie et de simplicité. On aurait voulu y sauter, on aurait voulu s’oublier dans l’herbe humide et odorante, à regarder le ciel se couvrir pudiquement de mauve, à regarder cette lumière étrange venue de nulle part scintiller, éclairer, éveiller la nature, en développer les moindres beautés cachées comme cette petite fleur anonyme blottie dans le feuillage dru d’un arbre quelconque…
C’était une symphonie de couleurs et de lumière, c’était la symphonie du printemps, une profusion puissante de beautés simples et poétiques au milieu desquelles on percevait la douce musique magique d’un petit air saisonnier, bucolique, champêtre : du silence froid de la toile surgissaient les chants des oiseaux, des odorantes fleurs épanouies, des arbres, du vent frais dans les jeunes herbes ondulantes… Cette prairie, ce chemin doré, ce ciel sombre, cette forêt étrange, cette lumière dépeignaient avec un réalisme poignant et une harmonie irréelle toutes les grâces de la création, toute la simplicité magnifique d’un jardin originel : c’était merveilleux, c’était le paradis…

Je ne sais pas combien de temps je suis restée à le fixer, à le tâter, à l’admirer. J’avais glissé au pied du mur, et, à genoux, je passais un doigt émerveillé sur la peinture à l’huile encore toute scintillante, qui éclairait la pièce sombre des lumières, des couleurs de fête du printemps. J’avais tout oublié, je ne savais même plus qui j’étais. J’étais une de ces étoiles blanches qui mouchetaient la ramure des arbres, j’étais ce scintillement humide mais éphémère dans l’herbe, j’étais ce rayon de lumière qui ornait le tronc de cet arbre dont j’étais une des aspérités de l’écorce, j’étais une des gouttelettes qui composaient l’arc-en-ciel, j’étais toutes ces poussières de peinture, j’étais toute la peinture : ce tableau, j’en étais une partie, ce tableau, c’était moi, c’était à l’intérieur de moi, il me semblait que j’en étais pleine, que j’en rayonnais.
Je suis finalement sortie du musée, sans trop savoir où j’allais, plongée et perdue dans un autre monde bien loin, bien haut, comme une somnambule…

Le réveil avait sonné, brutalement. Il me tira d’un rêve, un rêve magnifique : un tableau, le tableau que j’aurais voulu peindre, si je l’avais pu. Je me cognai au plafond, brusquement, mais je replongeai tout de suite dans ce monde qui m’emplissait, un monde invisible, incroyable, un monde de lumière et de merveilles. Sous la douche, j’ai fini par m’éveiller, et j’ai senti quelque chose au fond de moi : il fallait que j’y aille, au musée. C’était lundi, j’avais cours, mais qu’importait ! Il fallait que je le voie enfin, ce tableau qui toujours avait hanté mes rêves, qui s’était enfin présenté à moi, dans toute sa splendeur, dans toute sa réalité.
Je suis entrée dans le musée en courant, je ne réfléchissais pas à où j’allais, je le savais, c’était dans mon cœur, dans ma tête. Je ne sais pas comment c’est possible… Et puis je me suis trouvée devant lui, face à face. C’était vraiment mon printemps : il rayonnait, encore plus splendide et merveilleux que dans mes rêves. Je me suis jetée à ses pieds, je pleurais, des larmes de bonheur : j’étais libérée…

164.       photographie de Constance Griffon Du Bellay constance (o)

 

ANDROGYNE
Un corps. (l’environnement extérieur, plutôt véniel, importe peu : seule l’anatomie concentre)
Epanché sur le sol glabre, esseulé. Placé dans sa placidité.
La position passablement extravertie… Peut-être la recherche d’une espèce d’exhibition. Gracieuse de contenance. Dans sa forme la plus pure, opiniâtre…Ou alors une demande. Concrète.
Personnelle la demande, à l’origine…
Enfin, l’incitation. Moins tangible…
Mais possibilité.

Le corps…
Il est gracile. Voyant feint. Quand même légèrement désabusé, en glissement… L’attente, seule effrontée dans la pose. Versée de crainte leste. Une pose qui engendre une certaine sensualité. Vaguement implicite d’ailleurs… Toute proche d’une attitude parfaitement à l’encontre des appâts en étalage, car elle s’avère d’une pudibonderie réelle. Mais à quel niveau, cependant… Car l’on perçoit les attraits modestes mais plaisants. Puis, il y a la pudeur dans la chevelure. Indécise. Dissimule les traits, délicat morceau constant de chair versatile… Probablement attrayant le visage. Ce visage. Tordu de paradoxes : fragile mais d’une ardeur éclatante. Ressentir…
Imperméable aux accents hétérogènes des regards. Dans ce cas, ils doivent être incongrus. Ils sont incongrus. Forcément. Omettre le doute. Des sales regards insidieux retournés en dégoût. Pauvre perversité des médisants. Insipides. Qui croient en leur raison : la probité de l’apparence. Alors, le visage se protège, s’insurge et par là même s’entrave. Pourquoi ? Raison ?

L’aspect du corps…
Et là soudain, le rapport trouble. Voir ce charme ambigu, il semble… Evocateur d’une in conformité qui ne se veut en aucun cas éculée, comme son propre antonyme… Tout simplement  l’unité inhérente des opposés. ANDROGYNE. Oui… Un peu une nature des genres. L’impudence tranquille qui transparaît dans l’allure. Perplexité de l’être, délicieuse…Le corps. La plasticité des sexes. Il en est imbibé… Tout est subtile dans l’allusion. Rien que des bribes. Les seins à la platitude émouvante, taille souple, (principes féminins) dégagement de l’être perceptible face à la conformité du portrait… Une attitude de teenage prise de doux travestissement. Et par là, la touchante puérilité de cette morphologie.
Il y a l’emploi de l’innocente corrélation. Du Masculin/Féminin. De l’être qui s’étudie dans une langueur commandée, un corps à la limite de l’apathie. Seulement à côté, la crainte du rejet qui sans doute se concrétise. Petit ostracisme. Souvent inexorable… La faute à une plèbe majoritairement inculte. Inamovible.

Puis plus loin. Reculer pour parfaire l’impression. L’adolescente… D’elle, une occupation sagace de l’espace. Et la non-couleur, sorte d’éther diffus, qui entretient avec elle une relation inextricable. Une carnation parfaite, tendre de froideur, qui laisse libre cours aux émois… Divers. Provocation de sensations fulgurantes. Et pourtant, rien qu’une saisie à l’intimité voilée d’euphémisme. Résultat d’une évidence, connivence avec une beauté taciturne… Un corps.
Juste un corps.
L’image d’une audace modérée, magnifiée…

 

165.       Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4

 

Lorsque je l’ai vu, ce tableau était à mes yeux une de ces œuvres qui décrivent si bien et si parfaitement les guerres médiévales. C’est lors de la guerre de cent ans, quand Français et Anglais s’affrontaient pour la conquête de territoires, que cette scène a eu lieu. Cette bataille se déroule dans la plaine, près de deux châteaux forts. Les deux armées se font face, les cavaliers en position de charge. Les lances sont peu à peu baissées au fur et à mesure que l’ennemi approche. On peut constater très distinctement le rapport de force inégal entre les deux armées, tant l’image est axée vers l’armée française, qui charge et me renvoie une sensation de puissance. Les armées anglaises se brisent dans les boucliers adverses tandis que celles du pays à la fleur de lys percent et tuent. Je fixe alors mon regard sur le chevalier du premier plan : il attaque sans peur les Anglais, vêtu d’une armure d’or et d’une couronne. Son cheval est lui aussi très descr
 iptif avec son habit marqué de fleurs de lys et avance majestueusement avec sur lui l’homme représentant la France : le roi. Il diffuse parmi l’ensemble de son armée, une force extraordinaire qui le rend à ma vue invincible. Il guide alors ses compagnons vers le seul but du combat, la victoire. C’est lui qui verse le premier sang sur la plaine et fait déjà freiner l’armée anglaise dans sa progression. On peut dès lors imaginer la suite de l’action, tant le roi de France montre de magnificence. Je remarque aussi les cadavres qui reposent sur la pelouse verte de la plaine. L’un a été touché au ventre d’une flèche tandis que l’autre se fait piétiner par la cavalerie française ce qui laisse croire que la bataille avait déjà commencer avant ce moment. Le cavalier le plus visible après le roi est celui qui se situe juste à l’arrière de lui lors de la charge. Habillé de la même manière que son supérieur, il suit ce dernier et se prépare à attaquer. Pour le décor de la scène, Jean F
 ouquet a voulu faire dans la simplicité : en décrivant un ciel bleu et les deux châteaux qui ont une architecture assez simple. Dans ce tableau représentatif, l’auteur a voulu orienter le regard en positionnant le point de vue de l’armée française qui renforce la grandeur de cette dernière et accentue l’effet de supériorité.

 

166.       Georges Lemmen, La plage d’Heist lemmen_plage

 

Je me promenais dans les galeries du musée d’Orsay, quand tout à coup…
«  Oh ! Voilà un tableau étonnant ! Quelles couleurs !…Une vue paradisiaque ! Mais qui a donc pu peindre une telle œuvre ? »
Je baissais mon regard en dessous du tableau. C’était écrit : « Georges Lemmen, La plage d’Heist, 1891-1892 »
Je restai cinq minutes à contempler cette œuvre…
Puis, reprenant mes esprits, j’allai voir dans quelle partie du musée je me trouvais. J’étais dans la galerie des peintres belges. C’est alors qu’une idée me traversa la tête :
«  Il faut absolument que je trouve des renseignements sur ce « Georges Lemmen ». Je vais trouver une personne qui va pouvoir me documenter ! »
Alors je partis à la recherche de quelqu’un qui puisse m’aider…Enfin, je trouvais… Mais, à mon grand désespoir, la personne n’en savait pas beaucoup. Elle me dit qu’il s’agissait d’un peintre bruxellois né en 1865 et mort en 1916. Il fut peintre, mais aussi architecte et décorateur, et, en 1890, il s’est converti aux pratiques néo-impressionnistes et tout en me donnant ces quelques informations, nous retournâmes auprès du tableau. La personne me dit que ce tableau appliquait les techniques du pointillisme. Puis, elle fut appelée par un de ses collègues et partit.
Je restais là, debout, à contempler ce magnifique tableau. Je me répétais sans cesse :
«  La plage d’Heist, quelle merveille de la nature ! »
La peintre a tellement bien représenté cette mer calme qui se retire pendant un somptueux coucher de soleil. Mais cette peinture m’intrigue…elle m’attire, elle a l’air si mystérieuse… ces couleurs paradisiaques, ces nuages aux formes étranges…et il y a cette opposition entre les couleurs. Les couleurs foncées qui sont utilisées pour la plage donnent une impression de tristesse de la vie terrestre et elles sont opposées aux couleurs vives et variées représentant la mer, l’horizon, les nuages, le ciel…donnant cette sensation de joie, d’espoir. J’avais le drôle de sentiment de me reconnaître à travers ce tableau, car, ma vie, sur terre est bien triste et lugubre. Je n’y ai vécu que très peu de moments heureux. Toute mon enfance, je me suis senti délaissé parce que j’étais différent des autres et mes parents n’étaient jamais là pour moi, ils étais toujours occupés ailleurs, puis, mon mariage, le seul moment où je fus heureux et cela n’a pas duré longtemps, puisque ma merveilleuse
  femme est décédée quatre moi plus tard alors qu’elle était enceinte…Je me suis alors senti totalement perdu. Le seul réconfort que j’ai trouvé, ça a été en me promenant au bord de la mer, en Bretagne, là où l’air est différent, là où on oublie nos problèmes. C’est le plus bel endroit « de la terre ». La mer est, pour moi, un paradis. Alors la plage, la seule chose « terrestre » de ce tableau qui est représentée en couleurs foncées, et, la mer et l’horizon qui sont peints en couleurs vives et variées… Cela correspond un peu à ma vie. De plus, la technique utilisée, celle du pointillisme, donne un effet de flou et ça se rapporte bien à moi, car, je crois que je n’est jamais compris ma vie, et, quand je me posais des questions à ce sujet, les réponses que je trouvais ne me convenaient pas car elles étaient assez vagues. L’auteur de ce tableau était sans doute comme moi ! Il a rendu immortel l’endroit qu’il préférait en montrant que sa vie sur Terre avait été triste et que la m
 er était pour lui une échappatoire, une évasion, un monde meilleur, alors, pour mettre une liaison entre ces deux mondes, il a peint, au centre du tableau, un petit voilier, un bateau de plaisance, échoué…pour passer de la Terre à la Mer, de la tristesse à la joie, du désespoir à l’espoir, à l’avenir. Quelle peinture magnifique ! C’est spectaculaire ! J’ai enfin trouvé le tableau que je cherchais…

 

167.       La Méridienne, de Van Gogh ORSAY23


Je n’en peux plus, je n’ai plus d’inspiration. Je ne cesse de peindre et de repeindre les mêmes paysages que je vois de ma fenêtre. Je rencontre très peu de personnes et donc peu de visages. Comment puis-je peindre de jolis portraits dans ces conditions ? Les médecins et les infirmières sont très gentils avec moi, et il est vrai que je me sens beaucoup mieux maintenant qu’auparavant, mais je suis comme un lion en cage. Je regrette tant les promenades en campagne que je faisais sous le soleil du midi. Comment vivre dans une cellule après avoir connu les doux paysages de Provence ? Je suis si nostalgique de ce temps. Je ne peux pas oublier l’odeur du blé fraîchement coupé, la sensation du soleil de midi sur ma peau, le chant des cigales, et surtout, le plaisir de planter son chevalet où bon me semble, et peindre, peindre des paysages, des paysans. J’aime peindre des paysans, j’envie leur vie simple, harmonieuse et régulière. En apparence, rien de plus simple que de peindre des
 paysans, des chiffonniers et d’autres ouvriers, mais rien, aucun sujet, dans l’art de peindre, n’est aussi difficile que ces personnages ordinaires.
Je me souviens d’un après-midi ensoleillé juste après mon arrivée à Arles. Je ne connaissais pas encore bien la Provence et tous ces paysages m’impressionnaient. Je voulais me changer les idées et découvrir ce pays qui m’intriguait. J’allai donc visiter les campagnes au dehors de la ville. J’avais pris un petit chemin sinueux qui me mena dans un champ de lavande, de tournesols, puis de coquelicots. Toutes ces couleurs et ces senteurs m’envahissaient. Le chemin s’arrêta brusquement, coupé par un mur. Cela m’intrigua beaucoup, je l’escaladai donc. J’atterris dans un champ de blé fraîchement moissonné. Les tiges de blé craquaient sous mes pieds. Je vis dépasser derrière une meule de foin une chaussure. Je m'en approchai et aperçus deux paysans faisant la sieste à l’ombre de leur récolte. C’était magnifique, un tableau vivant ! Le bleu du ciel et des vêtements des paysans se mariaient merveilleusement bien avec le jaune du champ. Je restai stupéfait un instant, puis je regrettai
 longuement d’avoir oublié mon matériel de peinture. Une fois rentré chez moi, je revins à mes occupations et à mes soucis, et j’oubliai très vite cette journée.
Ce n’est que maintenant que je prends conscience de la beauté de ce que j’ai vu ce jour-là, maintenant que je ne peux plus y retourner. J’aimerais pouvoir peindre ce tableau, mais mes souvenirs sont trop vagues. Cette scène me fait penser à une gravure de Lavielle du tableau de Millet, Les Quatre Heures de la journée. Je pourrais reproduire la gravure de Lavielle en y ajoutant des couleurs, la technique impressionniste que j’ai apprise à Paris, et surtout, mes sentiments. Ce sera comme retourner dans ce champ une deuxième fois, et revivre comme autrefois. J'appellerai ce tableau La Sieste, car c’est un moment paisible de repos. Ou peut-être La Méridienne, c’est un mot plus joli pour dire la même chose. Et pourquoi pas les deux ?

 

 

 

168.       La Méridienne, de Van Gogh ORSAY23

 

C'est une belle journée d'été, alors je me rends dans mon atelier pour peindre, mais je ne sais quel sujet entreprendre. Quand soudain j'aperçois à travers ma fenêtre ce champ, habituellement vide, habité par deux personnages.
Alors je décide de peindre ce paysage.

Je  peins d'abord le ciel, puis les chaumes et les tas de paille. Ensuite, je m’empresse de peindre les deux personnages avant qu'ils ne se réveillent. Je les  laisse blancs car je ne sais pas de quelle couleur les peindre. A côté d'eux, je décide de peindre une paire de chaussures et deux faucilles, pour montrer qu'ils se reposent après de longues heures de travail acharné dans ce champ. Une fois le tableau presque fini, je décide d'habiller le deuxième plan du tableau par une charrette et des bœufs se reposant à côté de celle-ci avant de reprendre leur activité. Une fois le deuxième plan achevé, je reviens sur les deux personnages du premier plan et je décide de les peindre en bleu, pour rappeler le bleu du ciel, mais aussi pour égayer un peu le tableau. J'ai aussi décidé de ne pas leur faire de visage car à travers la fenêtre de mon atelier, je ne les distingue pas. A la suite de cette étape, je pose mon pinceau, je m'éloigne de ma toile, et je me rends compte que ce pays
 age ressemble énormément au tableau peint par mon grand maître : Jean-françois MILLET.

Après plusieurs mois d'observation dans des lieux différents, des conditions différentes, je décide d'intituler cette œuvre "La sieste".

 

169.       Ernest BeneckeFemmes Barabra. Nubie. 1852Papier salé d'après négatif papier. 22 x 16 cm orient3


Nous étions en novembre 1852. Je venais de quitter l’Allemagne où j’exerçais le métier de banquier, pour me consacrer pendant quelque temps, entièrement, à ma passion la photographie. Je me rendis donc dans des pays tels que l’Egypte, le Liban ou encore la Syrie. Ces pays étaient pour moi ceux où se trouvaient les plus belles merveilles du monde, non pas par leur richesse économique car ils sont plus défavorisés que les pays d’Europe que je connais, mais tout simplement par leurs paysages. Le quotidien des personnes vivant dans ces régions m’intriguait tout particulièrement.
Pendant mon voyage, je découvris de nombreuses coutumes et de nombreux paysages qui m’inspirèrent énormément de photographies typiques de ces pays. Je n’oublierai jamais le jour où je pris la photographie d’un homme, que je trouvai bien courageux : il s’était lancé dans une chasse aux crocodiles. Je me souviens aussi du jour où je photographiai un vieux potier dans sa cahute.
Mais un jour, un jour où je décidai d’abandonner mon appareil pour visiter tranquillement un petit village au  Nord de l’Egypte, deux jeunes femmes se dressèrent devant moi. Celle qui se trouvait à ma gauche portait un jeune enfant d’une maigreur que l’on ne voit guère en Allemagne et avait un air mystérieux  s’amplifié par le gris du paysage, alors que la jeune femme de droite était, certes, aussi maigre que l’enfant, mais contrairement à l’autre femme, avait un air plutôt joyeux et paisible, comme si la tâche qu’elle effectuait : porter un récipient assez lourd sur sa tête, n’était pour elle qu’une parcelle de son quotidien qu’elle assumait avec un certain plaisir. Pour moi, ces deux femmes étaient complémentaires. Le paysage ne faisait qu’améliorer la perfection de cette scène. Je savais qu’un tel spectacle ne se représenterait sûrement jamais devant moi. C’est pourquoi, en une fraction de seconde, je sortis mon appareil de mon sac et je pris la plus belle photographie, à
  mes yeux, de mon voyage en Orient.

170.       Alfred Stevens, La lettre de rupture, Stevens_rupture

 

LA LETTRE DE RUPTURE
Un soir, Adèle et son fiancé, Henri, furent invités à dîner chez des amis qui habitaient non loin de chez eux. Ils s’y rendirent avec joie en fiacre. Les deux couples furent heureux de se retrouver et le repas fut animé. Après le dîner, lorsqu’ils furent tous les quatre dans le salon, Adèle remarqua un magnifique tableau où une jeune femme vêtue d’une robe blanche, tenait une lettre à la main. Elle lui sembla désemparée et elle lut en bas à droite le nom d’Alfred Stevens. La soirée toucha à sa fin, Adèle et Henri rentrèrent chez eux. Pendant de nombreux jours, elle ne cessait de penser à cette jeune femme, car au fond d’elle-même, elle était intriguée par cette peinture.
  Depuis quelques temps, la vie devenait monotone et Henri lui semblait fatigué. Ils ne se parlaient presque plus. Un matin, elle reçut une lettre de ses amis chez qui ils avaient été invités à dîner. C’était une invitation à un bal. Adèle fut remplie de joie et se dit que cette soirée rapprocherait peut-être son fiancé d’elle. Chaque jour, elle dessinait des modèles de robes qu’elle aimerait bien porter pour cette soirée, et, après deux semaines de réflexion, elle se confectionna une magnifique robe blanche. Le jour de la soirée approchait à grand pas, mais son fiancé lui paraissait bien malheureux, lui qui d’habitude, adorait sortir.
Lorsque le jour de la soirée fut enfin arrivé, elle se réveilla par un magnifique matin ensoleillé. Elle était heureuse et se voyait déjà en train de danser avec Henri, tous les deux au milieu de la salle, regardés par tous les invités. Le temps passait vite et son fiancé rentra plus tard que prévu. Elle l’attendait depuis longtemps. Elle était toute prête, splendide dans sa robe blanche, mais Henri la regarda à peine et s’habilla en silence. Elle était déçue et ils partirent sans dire un mot. Ils se rendirent dans un magnifique hôtel particulier très accueillant. Adèle pensait qu’elle allait bien s’amuser. Mais, après une heure environ, elle se rendit compte que son fiancé avait l’air de s’ennuyer, mais en fait, il était en train de regarder une autre jeune femme encore plus belle qu’Adèle et était en train de tomber sous le charme. Il l’invita alors à danser et tous les deux devinrent amoureux. Pendant ce temps, Adèle était occupée à danser et ne faisait plus attention à s
 on fiancé. Vers le milieu de la soirée, elle fut fatiguée et chercha son futur mari mais elle ne le trouva pas. Elle se dit qu’il était peut-être allé prendre l’air. Alors elle monta à l’étage car elle avait envie de se reposer un moment. Elle visita un peu le premier étage et ouvrit la porte d’une magnifique chambre bleue qui lui semblait à la fois triste et gaie. C’est alors qu’un serviteur lui apporta un message de son fiancé. Il avait écrit que pendant cette soirée, il avait fait la connaissance d’une charmante jeune femme dont il était vraiment amoureux. Il avait ajouté plus bas qu’il était parti avec elle.
Lorsqu’elle finit de lire le message, elle n’arrivait plus à respirer, elle était désemparée. Les jambes, elle fut obligée de s’appuyer contre la porte et étouffant, elle faillit s’évanouir. Elle se souvient soudain du tableau qui était son amie : la jeune fille à la robe blanche dans une chambre bleue avec une lettre de rupture à la main.

171.         Edouard Detaille (1848-1912) Le Rêve ORSAY18


Cela fait une semaine que je suis à Paris, j’ai déjà visité le Louvre, les Champs Elysées et la Tour Eiffel. Aujourd’hui je suis au musée d’Orsay. Renoir, Monet, Millet tous sont ici. J’ai fini d’admirer « L’absinthe » de Renoir quand je vois ce tableau en face, c’est le plus extraordinaire que je n’ai jamais vu.
Il est divisé en deux parties. Dans la première moitié du tableau, du bas vers le haut, c’est un champ où dorment des milliers de soldats tous collés les uns aux autres. Il y a même un chien endormi à côté d’eux. J’aperçois aussi un petit feu presque éteint au loin entre les soldats, je suppose qu’il est resté allumé pendant toute la nuit étant la seule source de lumière pour les soldats.
A côté du groupe de soldats par terre, il y a une rangée de structures triangulaires, comme des armatures de luttes, les armes de la défaite. Je vois aussi quelques épées par terre, ce qui peut signifier qu’ils n’attendent plus une nouvelle attaque, que la guerre est finie  en les défavorisant.
Dans la deuxième moitié du tableau il y a seulement le ciel, le lever du soleil, c’est un ciel incroyable plein de couleurs, du blanc, du violet, du blanc, du rose, du bleu, et du jaune. Le jour naît. Il naît avec le rêve des soldats, on les voit, toute une armée marchant vers une nouvelle guerre où cette fois ils ne seront pas vaincus.

172.       Félicien Rops, Dimanche à Bougival rops_bougival


      Je venais de me réveiller et depuis quelques jours je pensais à Léontine et Aurélie, deux amies couturières que j’aimais beaucoup car, à chaque fois que j’avais besoin de quelque chose, elles m’aidaient.
Un jour, alors que j’étais en voyage, elles s’aperçurent que des voleurs essayaient d’entrer par effraction chez moi, et elles appelèrent aussitôt les gendarmes. Elles m’avaient à plusieurs reprises sauvé de situations fâcheuses, et c’est pourquoi je décidai de les peindre pour qu’elles restent à jamais dans mes pensées.
Je me rappelai donc les dimanches où elles allaient sur les bords de la Seine pour se baigner et nager un peu. Alors, ce matin-là je décidai de les peindre. Je devais m’inspirer et, après un instant, apparut ma première tache, mais que pourrait bien être cette tache ? Cela ne me dérangea pas et je continuai mon tableau. Premièrement je voulais une peinture pleine de légèreté donc je décidai d’utiliser des couleurs sensibles comme le bleu, le vert et le blanc. Après quelques minutes, ma première tache, située à gauche, devint un homme, presque prêt pour aller à la pêche à la pêche. A ses côtés, je dessinai plusieurs arbres et plusieurs pierres au bord de la Seine. A droite, je représentai une barque et derrière un petit village qui attirait mon attention chaque fois que je visitais la Seine. Après cela je devais me rappeler les belles figures de Léontine et d’Aurélie. Donc je poursuivis en dessinant en premier la figure de Léontine. Je me l’imaginai debout, au bord de la Sein
 e observant la végétation, car elle aimait beaucoup les arbres et les fleurs. Puis je passai à Aurélie, je décidai de la peindre assise sur une pierre parlant avec Léontine. Les deux figures se trouvaient au milieu de mon tableau. Après cela je continuai à mettre les détails et à définir le décor. J’avais presque fini, il me restait seulement le ciel.
Une fois achevée, je constatai que vraiment cette peinture me rappelait mes bonnes amies Léontine et Aurélie. Donc je décidai de mettre ce tableau à côté de moi, pour les regarder tous les matins.
  

173.       Xavier Mellery, Les Heures Mellery_LesHeures


            Il n’y a pas longtemps, peut –être il y a une ou deux semaines, je me suis réveillé et préparé pour aller à l’école. Tout s’est passé normalement, et les heures se sont écoulées, l’heure de maths, de français et de physique. Après la sortie, je suis allé visiter ma grand-mère  qui vivait à cinq minutes de l’école.
         Avant de rentrer  chez elle j’ai vu quatre hommes qui descendaient d’un camion quelque chose de forme rectangulaire recouverte d’une grande couverture blanche. Je n’ai pas fait d’attention à cet événement et j’ai continué à marcher droit vers la porte de la maison.
         Quand  je suis rentré dans la grande maison blanche et décorée essentiellement  de tableaux de peintres du 19ème siècle ou avec des objets antiques, il n’y avait personne dans la salle à manger ni dans le grand salon ou à gauche dans le grand corridor. Plus loin j’ai vu ma grand-mère qui attendait impatiemment dans un petit salon où étaient les peintures qu’elle aime le plus.  Elle m’a dit excitée qu’elle attendait sa nouvelle peinture. A ce moment-là les quatre sont rentrés avec la peinture qui était couverte de la couverture blanche. Ils l’ont misse dans un espace réservé sur le mur pour la peinture et sont partis avec les remerciements de ma grand-mère.
         Quand j’ai vu la peinture je suis resté stupéfait sans rien dire. Ma grand-mère m’a interrogé : - « Aimes tu la peinture ? »
     - « Elle est magnifique »
          Je n’avais jamais vu une peinture comme ça. Il y avait 12 femmes  qui se tenaient par la main et faisaient un cercle. Au milieu du cercle il y avait un personnage que je n’avais jamais vu représenté de cette façon  c’était la mort.
          En haut il était écrit « l’éternité et la mort » et au dessus « les heures ». Ce  tableau de allait changer ma vie. En fait l’attraction provoquée par le tableau était peut-être due au mélange d’une chose si pure comme l’éternité avec une chose si noire comme la mort. L’éternité représentée par les 12 femmes,   habillées d’une large robe de couleur rose. Elles étaient toutes de la même taille et avec l même aspect physique. On ne pouvait pas voir les douze femmes car elles étaient en cercle mais on pouvait les compter par les pieds.
         La mort au centre du cercle était représentée par un homme chauve, avec une barbe et avec de grandes ailes noires et dans la main gauche une faucille. Ma grande mère m’a dit que c’était une peinture de Xavier Mellery un peintre belge né à Cahen en 1845 et qui est mort en 1921.
          Quand je regardais attentivement le tableau je pensais à l’éternité et à la mort. L’éternité je la considérais comme quelque  chose de merveilleuse et qui n’avait rien qui pouvait la toucher. Et j’avais une image tout à fait différente de la mort, je la voyais comme une punition. Mais à partir de ce jour j’ai commencé à penser d’une autre façon, je pensais que la mort était une partie de l’éternité, et si la mort n’existait pas  alors l’éternité n’existerait pas. Car si on vivait pour toujours, alors on ne penserait pas  l’éternité de la même façon qu’on le fait maintenant.
           Alors après ce jour j’ai commencé à penser d’une manière tout à fait différente de la mort, d’une manière ou la mort n’était pas une punition mais tout simplement une partie essentielle de la vie.

174.       ORIENT3 Ernest Benecke  Femmes Barabra. Nubie. 1852 Papier salé d'après négatif papier.ORIENT3

 

La réalité.
C’était le 15 mai 185...., quand je lus une annonce de journal proposant  un concours de photographie qui aurait lieu en Nubie. Le voyage débuterait en juillet et le prix était de 50000 Francs. En plus, la meilleure photo serait publiée dans le journal « Le Monde ».
Je voulais voyager, alors je pensai que je ne perdais rien à essayer. Donc j’allai m’inscrire.
Enfin le jour arriva et je partis avec quatorze hommes. Quelques-uns avaient déjà cherché les paysages ou lieux où ils allaient prendre les photos. Cependant moi, j’allais seulement prendre la photo au moment précis.
Nous arrivâmes et les responsables du concours  nous indiquèrent qu’on avait seulement trois jours pour prendre la photo.   
Alors chacun partit de son côté. Je ne rencontrai aucun lieu, monument ou personne ; comme je passais toujours par le même lieu, une rue sombre avec beaucoup de murs, où je  voyais toujours deux femmes qui marchaient, une avec un enfant et l’autre avec des paniers sur la tête, je pensais que c’était très intéressant d’apprendre la culture et les besoins d’un pays comme la Nubie, mais je décidai de continuer mon chemin.
J’avais déjà pris plusieurs photos de monuments et des paysages, mais rien ne m’inspirait un vrai sentiment de joie ou tristesse et je n’avais pas une réelle interprétation pour les photos ; mais, enfin, le troisième jour, quand je marchais dans cette même rue, je vis à nouveau les deux femmes. Je ressentis de la tristesse et de la peine car elles représentaient  la souffrance de ce pays ; donc je leur demandai si je pouvais les prendre en photo. Elles dirent que oui et s’arrêtèrent. Je les pris en une seconde, et je rejoignis le groupe et nous partîmes.
Une semaine après, j’appris que j’avais gagné le prix pour la meilleure photo réaliste et je ne pouvais cesser de penser à ces deux pauvres femmes, grâce auxquelles j’ai gagnai!    

175.       Antoine Wiertz, L’inhumation précipitée wiertz_inhumation

 

Je me promène dans le cimetière car je veux laisser des fleurs sur le tombeau de mes parents dont je n’oublierai jamais le visage car j’ai peint leur portrait quelques mois avant leur mort.
Ce portrait ira dans la collection de tableaux que je ne vendrai jamais puisque les gens n’aiment pas la manière dont je vois le monde. Il y a seulement une personne qui trouve ma manière de peindre intéressante et mystérieuse, d’un point de vue positif. Je verrai cet homme ce soir puisqu’il m’a demandé de lui montrer la pièce la plus récente de ma collection.
M. Cajens est un homme très riche qui aime tellement ma production qu’il aide à la construction d’un atelier pour que je puisse peindre tranquillement. Mais même si je n’ai pas autant d’argent que lui, il m’invite toujours chez lui pour boire un peu de vin et parler.

Le rendez-vous est fixé à sept heures. Lorsque j’arrive chez lui, on m’offre un peu de vin que j’accepte sans hésiter. M. Cajens et moi commençons à parler puis, au bout d’un moment, je me rends compte que notre thème de conversation fait allusion à la mort, ce qui n’est pas habituel.
M. Cajens commence à me dire, en me servant plus de vin, que la mort est le destin de tous. Il me dit que ce « sommeil éternel », quelques fois, est la conséquence de nos actions et que personne ne peut y échapper.
Je ne comprends pas pourquoi il me dit cela mais au bout de quelques minutes je me sens perdu dans une sorte de nuage où je ne peux rien écouter et à ce moment-là tout devient noir.
Ma difficulté pour respirer me réveille et lorsque je reprends conscience, je me rends compte que je me trouve dans un cercueil. On a essayé de m’enterrer vivant mais pour leur malheur je ne suis pas encore mort. De toutes mes forces j’essaye d’enlever la planche qui est au-dessus et lorsque je sors de cette boîte en bois je sens que je commence à vivre à nouveau.
Je ne réussis pas à partir de cette espèce de cave immédiatement à cause de l’image qui m’apparaît sans cesse de moi-même, essayant de toutes mes forces de sortir pour respirer de l’air frais. Cette image me semble celle d’une autre personne ce qui me choque. Mais ce qui semble le plus affreux est le fait que j’allais être mis dans un espèce de four se trouvant dans cette salle obscure.
Un sursaut me réveille et que vois-je ? Je suis dans mon lit : tout a été un rêve.
Pourquoi ai-je tellement de rêves comme celui-ci ? Si sombres, si mystérieux où quelqu’un meurt à chaque fois ! Il n’y a aucune raison qui explique cela. Quand j’étais petit mon père me disait que je devais arrêter de lire des histoires horrifiantes. Qui aurait su que mon père avait raison même si je ne croyais pas ce qu’il disait ? Qui aurait pensé que dix années plus tard je serais traumatisé par la mort et que je voudrais la représenter sans cesse dans mes peintures ?
Le lendemain matin, je commence à peindre l’image de mon rêve : moi essayant de soulever le couvercle avec mes mains.

 

176.       Jean-François Millet 1814-1875 Le Printemps orsay 19

 

Jean-François Millet se promenait le matin dans la rue Saint-Antoine se dirigeant toujours vers le parc qui se trouvait au bout de cette rue. Mais un jour, en particulier, un homme bien habillé s’approcha de lui pendant qu’il parcourait les allées.
C’était un industriel alsacien, M. Hartman, qui lui avait commandé quatre compositions ayant pour thème les saisons. M. Hartman lui payerait environ 20 F. chaque peinture.
La semaine suivante, il amorça son travail. Il commencerait par le printemps, mais il n’était pas sûr de savoir encore comment symboliser cette saison.
Depuis quelques années, il avait tendance à abandonner les figures des paysans et à laisser de plus en plus de place au paysage. Quelque douze ans auparavant, il avait déjà peint une décoration des Quatre Saisons, mais alors, il s’était inspiré de l’Antiquité, il avait choisi pour le printemps de représenter Daphnis et Chloé.
Il ne voulait plus représenter le printemps à travers deux amoureux purs s’émerveillant des charmes nouveaux de la nature. Il voulait créer un paysage, mais il n’était pas sûr de comment présenter la vie qui renaît et la beauté de cette saison.
Les semaines s’écoulèrent, puis les mois, puis les années. Millet ne trouvait pas un sujet pour peindre. Tout les essais et les peintures qu’il avait faits, il les avait détruits. Il n’était pas satisfait car il ne pouvait pas sentir l’émotion, le sentiment que les peintures transmettent à l’observateur.
Cinq années s’écoulèrent, et un jour, du début du printemps, Millet se trouvait dans la campagne accompagné d’une amie. Ils avaient pris un chemin inconnu cherchent un endroit pour prendre le déjeuner. Au bout de deux heures de marche, ils arrivèrent aux limites d’une forêt.  Et c’est à cet endroit que Millet trouva le paysage parfait pour son tableau.
Un champ avec un chemin de terre devant lui. Les arbres, près de lui, avaient des petites fleurs blanches ressemblant à des flocons de neige qui, peu à peu, tombaient des feuilles vertes, qu’à nouveau, on voyait apparaître après plusieurs mois d’hiver.
 Le ciel était gris, mais dans un coin, le ciel bleu du beau temps et les rayons du soleil semblaient se battre contre les nuages plombés d’orage, pour annoncer l’arrivée du printemps.
Millet était émerveillé devant ce magnifique paysage, et après avoir pris son déjeuner, il repartit chez lui accompagné de son amie. Chaque détail du paysage était gravé dans sa mémoire comme une photo.
Il prit son pinceau et commença à peindre. Les jours s’écoulèrent et quand il crut l’avoir fini, il hésita : quelque chose manquait au tableau. Il avait peint chaque détail, les arbres, les petites maisons  et les fleurs. Mais il n’était pas encore satisfait.
A cet instant, une merveilleuse idée lui vint. Il ne voulait plus peindre les deux amoureux, mais un arc-en-ciel qui symboliserait la beauté de la nature et le début du beau temps. Il ne pouvait pas utiliser les couleurs vives de l’arc-en-ciel, le rouge, le bleu, le violet,…, il devait utiliser une couleur moins vive pour ne pas  rendre cette peinture trop gaie, la rendre plus réelle. Il devait faire le contraste avec les couleurs sombres qu’il avait utilisées pour peindre le ciel, mais à la fois montrer que l’arc-en-ciel symbolisait la victoire du beau temps sur la pluie et la tristesse.
Après avoir essayé plusieurs couleurs, un matin, il se rendit compte que le jaune était la couleur parfaite pour l’arc-en-ciel. Ce n’était pas un jaune vif, mais plutôt marron, pour pouvoir faire le contraste et ne pas déséquilibrer l’union entre l’hiver et le printemps, mais montrer l’arrivée du nouveau temps. Mais c’est grâce à cet élément, si important, malgré l’espace réduit qu’il occupe sur le tableau, que « Le Printemps » est devenu une des œuvres les plus fantastiques de ce peintre.

177.       Les derniers honneurs rendus aux comtes d’Egmont et de Hornes, Louis Gallait, 1851. gallait_egmont

 

          C’était un 5 juin 1568, un matin très froid et noir pour moi. Les comtes d’Egmont et de Hornes, malgré les services qu'ils avaient rendus, allaient être exécutés par sentence du Conseil des troubles (appelé Bloedraad, ou Conseil du sang, par les Néerlandais), comprenant de grands seigneurs néerlandais fidèles et trois conseillers espagnols qui exerçaient en fait un rôle de contrôle. En ce jour, joyeux pour quelques-uns et lamentable pour d’autre, je voulais rendre mes derniers et plus grands honneurs aux deux comtes à cause de cette arrestation illégale de deux grands seigneurs, le 9 septembre 1567, suite à une trahison. Le comte d’Egmont fut un homme de guerre et lutta brillamment lors de la guerre franco-espagnole, où le comte de Hornes s'illustra aussi. Pour moi ils devinrent les symboles de la lutte pour la liberté des Pays-Bas.
          La Grand Place (lieu d’exécution des deux comtes), était déjà remplie, cette injustice avait provoqué une protestation. Je ne voulus rester plus pour voir la tragédie et je rentrai chez moi.
          J’ai eu une idée, exprimer mes tristes sentiments sur un tableau. Je ne voulus pas voulus représenter les deux héros lors de l’exécution, mais couchés tous les deux sur un lit, morts et avec leurs visages exprimant la tranquillité et la paix du repos éternel avec la croix sur le corps et les chandelles autour. Enfin j’ai voulu introduire quelques autres personnes qui auraient aimé les voir une fois de plus avant leur mort tous les deux tranquilles, quelques familiers et quelques amis qui l’auraient vu comme un héros.     

178.         Jacques-Louis David Marat assassiné  louvre (17)


            Le bruit seul du fusain sur le papier, comme le tic-tac d’une pendule qui ne serait plus en cadence, déchirait le silence pesant de cette petite pièce froide et triste. David achevait rapidement son croquis au milieu de la sinistre assistance des proches, peu nombreux, et des quelques amis ayant pu se déplacer. Parmi ces derniers, Danton regardait interdit et grave la pauvre dépouille de Jean Paul Marat. David avait peine à croire ce qu’il voyait. De ce chevalier du peuple, il ne restait là qu’un corps au teint jaune, maladif, à l’allure abattue et fatiguée, et au visage grimaçant, résultat de la douleur de sa vie. Il n’y avait plus qu’un cadavre gisant dans une chambre de bains sale dont l’humidité avait décrépit les murs et fait moisir les bois. Alors, pour s’en persuader, il traça de fines lignes de charbon sur le papier parcheminé d’un vieux calepin dans l’idée d’une œuvre future afin que jamais ce jour tragique ne tombât dans l’oubli.
            Charlotte Corday fut violemment projetée dans une cellule miteuse et glaciale. Son procès pour le meurtre de Marat avait duré moins d’un quart d’heure mais peu lui importait. Elle était comme dans un autre monde et plus rien n’avait de sens à ses yeux. Elle allait mourir, quelle importance ? elle l’avait tué, voilà qui avait un réel poids, elle l’avait tué et il avait payé pour...pour...pour tous ses crimes... Elle ne s’en soucia plus, préférant repenser à ce jeune homme dont elle avait croisé le regard au procès. Ses yeux l’avaient transpercée comme s’il avait voulu voir à l’intérieur d’elle afin de percevoir le secret de son âme. Elle avait ressenti une haine dans ce regard, puis peu à peu, ses yeux s’étaient adoucis, et l’homme avait adopté un air de dépit, comme désolé par cette sombre histoire.
               David avait longuement regardé Charlotte Corday. Elle lui  avait parue troublée, désorientée, incohérente, et il ne pouvait se résoudre à admettre qu’elle ait pu trouver la force d’assassiner Marat. Pourtant David avait vaincu Goliath et Charlotte Corday était venue à bout de Marat. C’était trop invraisemblable, cette pauvre fille ressemblait plus à un pantin désarticulé qu’a une meurtrière et était loin de posséder la ruse du David biblique. Oui, un pantin, cela expliquait tout, Charlotte Corday n’avait que ce funeste but et ce dernier une fois atteint, elle n’avait tout simplement plus rien, tout s’écroulait, tout s’arrétait, il n’y avait pas de suite à l’histoire. Voilà pourquoi elle pouvait bien mourir et voilà pourquoi elle n’était plus qu’une petite créature chétive.
En un sens, elle avait détruit Marat et s’était détruite elle-même. Toute cette histoire n’était qu’une vaste destruction contre laquelle on ne pouvait rien.
              Une heure plus tard, Charlotte fut emmenée et on la fit monter sur une Charrette avec dix personnes dont le sort terrible avait étiré les visages, leur avait donné une mine livide, blafarde. L’odeur de la mort accompagnait chacun de leurs mouvements et leurs corps ballottaient au rythme de la charrette comme s’il étaient déjà morts et vidés de leur esprit.
               David, lui, s’était rendu sur la place de la Révolution où il rejoignit les membres éminents du club révolutionnaire, tous installés au premières loges pour assister à l’éxécution. Enfin, Charlotte Corday arriva. Le bourreau lui demanda  d’un ton machinal et poli de bien vouloir se défaire de son écharpe et de la chaînette qui pendait à son cou, puis on lui attacha les mains et on l’installa sur la planche. Le bourreau ajusta le collier pour lui maintenir la tête après lui avoir demandé du même ton froid si elle avait une dernière volonté, mais tout ce qu’elle pouvait vouloir, elle l’avait déjà eu. Comme elle n’exprimait aucun souhait, Il actionna le ressort et la lame amorça lentement sa descente. Alors Charlotte se souvint ...
Elle revit cet homme dont elle était amoureuse, il était Girondin. Chassé injustement du parlement par les Montagnards conduits par Marat, cet extrémiste fou qui avait accusé les Girondins d’être anti-révolutionnaires parce qu’ils ne pensaient pas comme lui. A cause de lui, son amant fut obligé de se cacher et quand il était arrivé à Caen où elle en était tombée amoureuse , il ne pouvait lui offrir même une vie de misère. Alors il lui fit promettre de tuer l’homme qui était la cause de tous leurs malheurs, sans compter le déshonneur infligé. Elle le croyait, elle l’aimait tellement, elle aurait fait n’importe quoi pour lui. Puis il avait dû partir. Déchirée, elle avait pris le peu d’argent qui lui restait, et s’était embarquée dans la diligence pour Paris. Là bas elle avait appris l’adresse de Marat et acheté un couteau . Elle s’était fait introduire auprès de lui, sous prétexte de lui donner les noms des proscrits girondins qu’elle connaissait et qui se trouvaient encore en
 France. Ainsi, alors qu’il travaillait dans son bain afin de soulager un peu les insupportables démangeaisons provoquées  par le terrible eczéma auquel il était sujet, elle lui avait dicté un par un les noms de ses amis et l’avait frappé au moment où elle lui annonçait celui de son amant. Elle avait sorti le couteau de son petit sac, l’avait levé puis abaissé violemment.
 Elle revit le couteau entrer dans la chair. A ce moment, la lame en biseau achevait sa course et la morsure glacée de son fil trancha le cou blanc et fin de Charlotte avec un coup immonde et sourd. David eut un sursaut accompagné d’une petite inspiration : le destin venait de s’accomplir, inévitable...
              “N’ayant pu me corrompre ils m’ont assassiné”, tels furent les mots que David inscrivit sur la toile achevée. Prenant deux pas de recul, il contempla son œuvre et revit ce funèbre jour alors que cette toile n’était  encore que quelques traces de fusain sur un calepin de fortune. Il avait fait ce croquis sous les yeux vides de celui qu’il glorifiait. Maintenant, Marat serait immortel dans cette toile et on ne l’oublierait pas. David sortit pour se rendre au couvent des Cordeliers afin de saluer, avant de rendre l’oeuvre publique, la petite pierre sur laquelle était gravé :”Ici repose Marat, l’ami du peuple assassiné par les ennemis du peuple le 13 juillet 1793”...`

179.       Photographie de Jean-Michel Fauquet Fauq(0)


Au cous d’une promenade sur ce site “imageimaginaire” , dans la galerie des photographies , il en est une qui m’a marqué plus que d’autre par sa simplicité , son mystére . Je me pose certaines questions et c’est pourquoi je tiens à vous en faire part .
En ce qui me concerne, je perçois à travers cette image quelque chose de froid , mais j’ai quand même quelques doutes , sur le contexte exact de cette scène .
Comme première solution, j’opterais pour “ une tempéte au TEXAS “. Pourquoi le TEXAS ? Jean-Michel Fauquet a pris cette photographie pour nous faire réflechir .
Nous pouvons remarquer que la photo est dépouillée. Justement, le décor est trés important pour une photographie. Le ciel est noir comme de l’ancre, des poteaux électriques soufflés par le vent, un panneau de signilisation qui ne demande qu’à s’écrouler , pas la moindre personne à l’horizon . Des plaines qui s’étendent à perte de vue avec une seule route pour les traverser . Voilà pourquoi j’ai choisi “ une tempête au TEXAS ” comme première solution.
Une idée aussi sombre que celle ci, peut être “ la fin du monde ” . Ce paysage est froid, l’herbe qui est au premièr plan a jauni sous l’effet de la chaleur à moin que ce ne soit une immense forêt qui se trouvait à cet endroit est qui nous a quitté en un instant.
Enfin, j’ai donné mes idées , et je pense que ce serait intéressant de connaître cette vraie histoire .

 

 

180.       Detaille"Le rêve", ORSAY 18

 

 "Le rêve", un titre très attirant, à vrai dire. Il éveille la curiosité par sa brièveté et fait appel à une expérience psychologique connue de tous.

Deux bonnes raisons pour poser le regard sur cette œuvre, une toile aux dimensions impressionnantes. A première vue, le spectateur est saisi par la beauté d'un ciel aux teintes tantôt rosées et vaporeuses, tantôt d'un bleu grisé, éclairé par les lueurs pastel d'un soleil levant.

Cet ensemble confère à la partie haute du tableau une douceur, une légèreté qui offrent un contraste saisissant avec le bas de la peinture, lourd, sombre, et immobile.
En effet, après l'exaltante contemplation d'une aurore magnifique, le détail de la partie basse nous rappelle à une réalité toute autre. Des soldats dorment à même le sol sur un futur champ de bataille, aux côtés de leurs fusils rangés en faisceaux s'étendant jusqu'à l'horizon.

Dans ce tableau immense, on distingue les détails d'une scène réaliste ; jusqu'au chien couché à la tête de son maître. A quoi ces hommes rêvent-ils ? Un second regard, plus attentif, au ciel qui les surplombe nous révèle l'objet de leurs songes. Surgissant dans une nuée, une envolée évanescente de silhouettes et de drapeaux triomphants dévoile un espoir de victoire porté par le souvenir des batailles héroïques de la Grande Armée napoléonienne. Cette zone de mouvement occupe le tiers supérieur de la peinture, à l'opposé du caractère statique de la troupe endormie.
Exposée au salon de 1888, cette œuvre, très remarquée, suscita jusqu'en 1914 des réactions pour le moins opposées, mais jamais indifférentes ; le sentiment patriotique qu'elle pouvait engendrer fut alors exploité pour la propagande, afin d'inciter les hommes à s'enrôler dans l'armée française avec la volonté de défendre leur pays, et le désir de vaincre.

 

181.       Millet Le printemps ORSAY19

 

Une saison mémorable ;
C’était l’un de ces matins de Mai, que vous connaissez si bien.
Ces matins où le soleil effleure peu à peu avec une infinie douceur vos paupières afin de vous sortir de votre nuit, de votre torpeur, de vos rêves et de vous présenter avec un éblouissant sourire la découverte d’un jour nouveau jour.
On est déçu de  devoir se séparer de ses utopies. J’avais rêvé d’océan, d’aventure et d’amour.
Pris par cette sensation de renouveau je décidai de sortir de ma couche, de me vêtir et profiter de ce moment de solitude pour me promener à mon aise en cette merveilleuse journée, dans les lieux voisins.
Je pensais que mes migraines et vertiges s’estomperaient  avec l’air imprégné des parfums des nouvelles fleurs de ce mois de printemps.
Je sortis de ma demeure avec calme et l’esprit libre. Je pris la direction des champs où travaillaient sans relâche les paysans si chers à mes yeux.
Je devais marcher depuis plus d’une heure, je ne sais, m’enfonçant dans mes pensées au fur et à mesure que j’avançais. Je décidai de m’arrêter, de mettre de côté mes profondes réflexions et de m’interroger sur l’endroit où je me trouvais à présent.
Le paysage jusqu’à présent le même s’éclaircit et me permit de voir clairement ce qui se trouvait là, juste en face de moi.
C’était la même sensation que de voir apparaître se future épouse à son mariage…un prince voyant arriver sa dame qu’il aime tant déjà.
C’était l’image la plus féerique et sans conteste la plus précieuse que je pus voir jusqu’à présent dans ce monde insensible…
C’était un jardin, un jardin emplit de fleurs d’une multitude de couleurs et de diverses lumières, mon arc-en-ciel présent sur ce ciel merveilleux.
Une symétrie parfaite de l’angle où je me trouvais. Il y avait peu d’arbres, certes, mais ceux-ci étaient pourtant si présents.
Les larmes me vinrent et tout mes sens furent en éveil en un instant : des odeurs suaves, sucrées, mélanges de toute sortes de fleurs, qui viennent de venir au monde et s’empressent déjà de mettre en valeur leurs plus beaux atours afin d’être la plus belle d’entre toutes.
Celles-ci avec leurs pétales à tons blanc, jaune, orange, rouge, vert, bleu et même osant le noir, étaient réparties avec harmonie. Une vraie merveille !
Le bruit délicat d’une légère brise dans les feuillages parcourait mon visage.
L’air était délicieux. J’avais l’impression qu’il aurait pu se mettre à pleuvoir d’une minute à l’autre.
Le petit chemin caillouteux au centre me donnait l’impression de m’inviter à en voir plus, à pénétrer dans ce monde fantastique, étonnant et fabuleux. Une porte qui donne sur un tout autre univers où règnent calme, splendeur, magie, envoûtement, rêve, envie et passion.
Comme cette forêt au fond, éclairée comme un cadeau des dieux par ce somptueux soleil qui m’avait mené jusqu’ici.
Il y avait même de la perfection dans les notes répétées par les oiseaux.
Je pouvais rester là, devant cette magnificence, cet idéal, durant toute ma vie, à m’émerveiller de chaque détail qui composait cette situation.
Majestueux !
Frappé par l’image d’un environnement représentant si bien l’idéal  d’une nature dans toute sa splendeur, je décidais de la mémoriser, de la graver à tout jamais dans ma mémoire, de la reproduire sur l’une de mes toiles afin de faire profiter, de partager avec tous ce petit morceau de paradis si proche de nous malgré tout ce que l’on croit.

182.       Mellery  Les Heures mellery_heures


Les heures qui n’est autre qu’un tableau de Xavier Meillery représente des femmes qui paraissent danser autour d’un homme avec de très grandes ailes sombres. Ces femmes se comptent au nombre de 12 en référence à la mythologie romaine aux heures, se sont les filles de Cronos, elles sont l’incarnation même des heures de la journée ou de la nuit. Cet homme se retrouve comme pris au piège.
   Un contraste est bien présent, celui-ci joue sur les couleurs sombres  qui présentent probablement la mort et sur les couleurs vives avec lesquelles les jeunes femmes sont revêtues qui pourraient représenter l’éternité. Il est possible qu’au travers de se tableau Xavier Meillery ait souhaité nous faire ressentir, du moins nous aider à percevoir  la puissance  qu’illustre l’éternité. Représentée par un nombre important de femmes face à la mort qui est seule entourée de toutes celles-ci. Si on observe ces femmes on s’aperçoit qu’un lien les unit autrement dit, elles se donnent toutes la main, se tiennent par les épaules ou bien encore par la taille. Peut entre se liguent t’elles contre la mort, qui se trouve en situation d’infériorité.
   On le reconnaît à l’aide de cette grande faux qui a enlevé une grande quantité de vie, des heures perdues…..
Mais comme l’on sait : « L’UNION fait la force »

 

183.       Léonard de Vinci Caricature d'un homme en buste plume Louvre (32)

 

 A première vue vous vous dites que cette image n’est rien d’autre qu’une banale caricature d’un homme laid et âgé.
  Vous vous trompez car cette caricature de Leonard de Vinci exprime la laideur tout en gardant une certaine beauté avec les traits qui sont grossis volontairement et les s aillantes du visage fortement exagérées.
  Léonard de Vinci exprime cette laideur par cette exagération de la taille du nez et de la lèvre inférieure du personnage. Il exprime aussi la vieillesse et la pauvreté de l’homme en lui donnant une infinité de rides par des traits fins et en dessinant des habits fripés ainsi qu’un simple chapeau.
  Mais il existe une sensibilité définie par son regard qui est mis en valeur par l’extrême précision du détaille graphique de son œil.
  On constate que toutes ces caractéristiques physiques sont mises en avant par Leonard de Vinci en ayant volontairement insisté sur les traits qui les définissent. Lorsque l’on s’intéresse à ces quatre parties saillantes du visage on oubli le reste du corps qui devient complètement secondaire et presque banal.  

 

184.       Caricature d'un homme en buste Louvre (32)

 

Discrètement, j’entre dans l’atelier de mon meilleur ami,  Léonard de Vinci.
Pourquoi ???
Têtu comme une mule, il refuse de me montrer mon portrait  qu’il a réalisé…
Sans bruit, je me dirige vers l’établi.
Encore 3 mètres…2…1…
« !!?!! »
…Quoi ???
-Un si gros et long nez ???
-Des lèvres si épaisses ???
-Des oreilles si détachées ???
-Des cernes si profonds ???
-Autant de mentons ???
Mes défauts physiques sont-ils si apparents ???
Le doute commence à m’envahir…
Sans me soucier du fracas, je fouille de fond en comble l’atelier :
Aucun signe de miroir !!!
Mais que faire ??? 
Un léger soupir de désespoir détourna mon regard en direction de la fenêtre.
 Au travers, la solution…
Il me faut absolument sortir de cet endroit de malheur.
Quelques grandes enjambées, et brusquement, je m’arrête.
En face de moi, un petit étang…
Un simple regard vers le bas, j’observe avec attention mon reflet…
Ouf !!! Ce portrait n’était autre qu’une caricature…
Sacré Léonard !!!

 

185.       Photographie publiée dans la collection "Achives de Wallonie" Les hommes en usine © Véronique Vercheval V1

 

Dès que notre regard se pose sur cette image, on observe le cadre qui est sombre, les murs d’acier découpés de tout petits trous, le plafond bas, et cette grille, fermant cette cage, arrêtant l’observateur. Cette prison, on la devine au cœur d’une machine, véritable monstre de fer et de feu. L’atmosphère ici est étouffante de chaleur, et l’usine, semblable à un enfer cliquetant et grondant, symbole du travail dur et acharné, où l’homme n’est qu’une particule, véritable fourmi dans cette gueule sombre et puissante, où la machine a pris le pas le pas sur l’Homme.
L’homme… le voilà justement ici, un grand sourire aux lèvres, appuyé joyeusement sur la grille, cette porte des enfers. Son sourire éclate comme une fleur au soleil en cette prison. Leurs visages sont gais, leurs attitudes tranquilles et dynamiques, leurs habits clairs contrastent fortement avec l’ambiance sombre et glauque du ventre de l’usine, de même que leur joie contraste avec l’idée de travail, presque de bagne rattachée à l’usine. Pourtant il fait chaud, et pour preuve il a relevé ses manches, pourtant il fait sombre, car il porte une lumière à son front… Mais malgré tout cela, ils sont heureux. Cette lampe portée au front de l’un des hommes est comme eux tous : une lumière dans ce trou sombre et maléfique.
Tout ceci a contribué, dès le premier regard, de même qu’après une observation plus minutieuse, à me frapper. Plus précisément, cette image m’a non seulement frappée mais également m’a étonnée, abasourdie, exaltée, et m’a fait passer un long frisson dans le ventre tant le jeu des contrastes et l’idée de cette photographie m’ont touchée.

 

186.       Félicien Rops, La tentation de Saint-Antoine, rops_tentation

 

Je l’aime. Je l’aime tellement. Comment est-ce arrivé ? Comment ai-je pu abandonner mon amour pour vous dans une relation si superficielle, si charnelle ? Je ne m’en souviens plus. D’où lui vient ce pouvoir ? Ce pouvoir maléfique ? Elle est si belle : grande, avec une taille et un port de déesse, sa peau est blanche, ses joues roses, ses seins étonnamment ronds et ses hanches contrastent élégamment avec sa taille si fine. Elle possède la bouche la plus sensuelle qu’il m’ait été donné de voir : rouge cerise, parfaitement définie et pulpeuse a souhait. Ô mon Dieu que dis-je ? Aidez-moi, je Vous en prie ; je ne contrôle plus rien ; arrachez-moi à la toile de désir qu’elle a tissé autour de moi, telle une araignée encerclant sa proie. Guidez-moi à travers son âme  afin d’en déloger le diable qui sommeille. Seule mon adoration pour Vous pourrait me détacher de son emprise. Cette femme est un ange ou un démon, peut-être les deux. Elle a ouvert en moi des p ortes qui jusqu’alors étaient fermées : le linceul qui me lie à Vous me parait dérisoire. Je la désire tellement. Mon attirance pour elle est ô combien supérieure à ma quête du ¨Paradis. Je préfère m’abandonner à ce péché plutôt que d’espérer le repos éternel à Vos côtés. Je n’ai plus rien à perdre. Je ne peux plus revenir en arrière. Mais que m’arrive t-il ? Comment puis-je blasphémer de la sorte ? Voyez-Vous la violence de mes sentiments pour cette créature de l’Enfer ? Vous rendez-Vous compte du niveau d’abjection qu’elle m’inspire ? Je la hais de toutes mes forces. Tout en elle me répugne et la perfection de ses formes m’ôte toute volonté. Il en émane une passion si intense que j’en ai le souffle coupé. Je suis comme envoûté. Je l’aime comme personne au monde n’a aimé : d’un amour insensé et furieux, si violent que je m’étonne qu’il ne fasse pas éclater mon cœur. Cet amour s’est indestructiblement enraciné ; je ne songe même pas à essayer de l’arracher tant je sens que c  ’est là chose impossible. Cette femme s’est complètement emparée de moi : je ne vis plus en moi, mais dans elle et par elle. Néanmoins, je suis conscient de l’horreur de ma situation : les aspects funèbres et terribles de l’état que j’embrasse se révèlent clairement à moi. Je voudrais m’extraire de cette prison dorée qu’elle a construite mais la volonté me manque. Donnez-moi la force de résister. Je suis assailli de désirs et de fantasmes si terribles qu’il m’est impossible de Vous les dévoiler sans commettre un crime irréparable. Je Vous demande d’avance pardon pour toutes les pensées immorales que j’ai pu avoir dans des instants de faiblesse, mais devant cet être, je suis réduit à l’état de pantin : je ne suis que le jouet d’une illusion singulière et diabolique. Je Vous en supplie, aidez-moi à chasser l’esprit malin qui s’est sournoisement glissé en moi, tuez-moi s’il le faut mais sortez-moi des griffes de ce monstre sans pitié. Je tente d’exprimer au mieux mes sentiments  sur cette toile lors du peu d’instants de lucidité qu’il me reste, afin que Vous saisissiez la puissance du pouvoir dont elle use contre ma volonté. La tentation de m’abandonner aux ordres muets qu’elle me dicte est absolument incontrôlable. Mais pourquoi moi ? Serait-ce mon destin ? J’en doute fort. Comprenez : ma vie aurait été vouée à une totale chasteté, à un détournement complet de mes yeux de toute beauté non céleste et surtout à ne pas aimer, si seulement Satan n’avait pas mis son arme la plus fatale en travers de ma route : la Femme. Mais pas n’importe quelle femme, non, la plus tentatrice et la plus attrayante de toutes. Malgré les nombreux sacrifices que j’ai pu accomplir pour Vous dans le passé j’ai le sentiment que cette fois-ci rien ne pourra délier son destin du mien, c’est pourquoi ce témoignage écrit et cette peinture seront les souvenirs de mon calvaire car seule la mort peut me libérer de cette Enfer et m’apporter la paix. Je privilégie la lâcheté plutôt que de me battre contre l’invincible et j’espère vraiment que le Pardon universel me sera accordé. Adieu.        

 

187.       Edgar Degas (1834-1917) La famille Bellelli ORSAY 17

 

Nous sommes en 1857, la révolution industrielle avait fini d’être à son apogée, Baudelaire venait de faire paraître son recueil « Les Fleurs du mal » ; la science faisait des découvertes extraordinaires et la famille Bellelli était regroupée dans le salon de leur maison qui se trouvait à Paris. La pièce était vaste, bien éclairée par des fenêtres à doubles battants, la décoration était digne d’une maison de nobles : avec des tableaux de célèbres peintres réalistes comme Courbet ou Manet accrochés au mur,de la tapisserie venue d’Autriche offert par Mme de Langeais,la mère de Mme Bellelli ,de la vaisselle de porcelaine exportée de Chine dans un vaisselier de bois de chêne. A coté de ce vaisselier, il y avait une cheminée de marbre sur laquelle, un miroir, un chandelier étaient posés et deux photos :l’une représentant Mme de Langeais,une femme svelte et élégante,aux yeux noisettes,un nez fin et déterminé,aux pommettes fardées et aux lèvres bien dessinées. Cette femme s’est mariée à un riche fonctionnaire britannique Mr Wyatt, cet homme au caractère imposant se faisait respecter par sa femme et ses trois filles,dont Mme Bellelli, Mme de Langeais était à présent la responsable de l’entreprise de son feu mari. Femme fidèle et vertueuse, elle ne s’était jamais remariée. L’autre photo représentait le père de Mr Bellelli, Antonio Giuseppe Bellelli, un  homme beau et au fort caractère mais qui savait être juste. Il avait fait partie des  carbonaris pour tenter de libérer son pays,l’Italie,de l’emprise coloniale.Mr Bellelli avait fui son pays de peur des réprimandes et avait émigré en France.Il est arrivé à Marseille puis a effectué un voyage Marseille-Paris. Ses débuts à Paris ont été difficiles mais il a réussi à trouver du travail en tant que cuisinier dans un restaurant Avec de la pratique,Mr Bellelli progressait et est devenu chef-cuisinier,puis plus tard ,responsable du restaurant.Il s’est marié,ensuite,avec une belle Française Mlle de Vernet malgré les réticences de la famille de celle-ci.Le restaurant du couple s’appelle : « Chez les Bellelli ».Ce couple eut aussi deux fils Pierino et Patrick dont l’un,Pierino,est mort lors d’un accident de « chemin de fer ».Il était cheminot , et un jour il s’est malencontreusement percuté contre un autre train qui n’avait pas pris la bonne direction,les deux trains étaient donc sur la même rail. Au milieu de ces deux photos,un TSF grisonnait des informations que Mr Bellelli (fils)écoutait.Il était installé sur son fauteuil en face de la cheminée en prenant des notes car les informations portaient sur la Bourse.Patrick Bellelli était un riche  banquier de chez WF Banks.Il était très perfectionniste dans son travail et très ambi- tieux,avec ces qualités il a très vite réussi sur le plan professionnel,provoquant une très grande fierté chez ses parents issus d’un milieu modeste et aussi parce-qu’il était  alors leur seul fils. Mr Bellelli avait hérité de la beauté de son père et de la sensibilité de sa mère, il pouvait être timide et discret mais franc et direct quand il le fallait.Il avait des cheveux bruns et des yeux verts.La couleur émeraude de ses yeux ,on pouvait la distinguer seulement quand il enlevait ses lunettes sinon on pouvait la confondre avec un gris foncé à cause du reflet des verres.Il  avait,aussi,un visage carré,un petit nez et des  lèvres épaisses. Mr Bellelli était donc sur son fauteuil et avait fini de prendre des notes, n’osant regardé sa femme,il baissait les yeux sur ses papiers.Sa femme,avec son regard austère regardait par la fenêtre,passer les carrioles et les diligences entre les rues. Il faisait un temps doux et frais dehors et le soleil faisait timidement son apparition. Mme Bellelli était française avec des origines anglaises héritées de son père Mr Wyatt. Elle eut une enfance mouvementée car son père étant un riche fonctionnaire devait beaucoup voyager.Elle a visité de beaux pays comme l’Italie ou la Russie avec sa mère et ses deux sœurs Germaine et Alicia,puisque son père devait  travailler et n’avait pas le temps pour un itinéraire touristique. Hélène de Langeais, de son nom de jeune fille,s’est mariée à Patrick Bellelli et ils eurent deux belles filles Marie et Madeleine. Madeleine qui avait sur son épaule la main de sa mère pendant que cette dernière regardait dehors,avec les même yeux noisettes de sa mère dont le même doux visage aux lèvres bien dessinées et au nez fin(pareil à sa mère)était éclairé par la lumière du soleil,qui s’était maintenant levé. Marie, la petite dernière, regardait aussi par la fenêtre et avait, elle aussi, hérité des traits de sa grand-mère . Madeleine, l’aînée, au contraire ressemblait à son père. En cette petite histoire nous avons reconstitué l’arbre généalogique des Bellelli, qui sont rassemblés dans leur salon pour une réunion de famille.  Nous sommes en 1857, la révolution industrielle avait fini d’être à son apogée, Baudelaire venait de faire paraître son recueil « Les Fleurs du mal » ; la science faisait des découvertes extraordinaires et la famille Bellelli était regroupée dans le salon de leur maison qui se trouvait à Paris. La pièce était vaste, bien éclairée par des fenêtres à doubles battants, la décoration était digne d’une maison de nobles : avec des tableaux de célèbres peintres réalistes comme Courbet ou Manet accrochés au mur,de la tapisserie venue d’Autriche offert par Mme de Langeais,la mère de Mme Bellelli ,de la vaisselle de porcelaine exportée de Chine dans un vaisselier de bois de chêne. A coté de ce vaisselier, il y avait une cheminée de marbre sur laquelle, un miroir, un chandelier étaient posés et deux photos :l’une représentant Mme de Langeais,une femme svelte et élégante,aux yeux noisettes,un nez fin et déterminé,aux pommettes fardées et aux lèvres bien dessinées. Cette femme s’est mariée à un riche fonctionnaire britannique Mr Wyatt, cet homme au caractère imposant se faisait respecter par sa femme et ses trois filles,dont Mme Bellelli, Mme de Langeais était à présent la responsable de l’entreprise de son feu mari. Femme fidèle et vertueuse, elle ne s’était jamais remariée. L’autre photo représentait le père de Mr Bellelli, Antonio Giuseppe Bellelli, un  homme beau et au fort caractère mais qui savait être juste. Il avait fait partie des  carbonaris pour tenter de libérer son pays,l’Italie,de l’emprise coloniale.Mr Bellelli avait fui son pays de peur des réprimandes et avait émigré en France.Il est arrivé à Marseille puis a effectué un voyage Marseille-Paris. Ses débuts à Paris ont été difficiles mais il a réussi à trouver du travail en tant que cuisinier dans un restaurant Avec de la pratique,Mr Bellelli progressait et est devenu chef-cuisinier,puis plus tard ,responsable du restaurant.Il s’est marié,ensuite,avec une belle Française Mlle de Vernet malgré les réticences de la famille de celle-ci.Le restaurant du couple s’appelle : « Chez les Bellelli ».Ce couple eut aussi deux fils Pierino et Patrick dont l’un,Pierino,est mort lors d’un accident de « chemin de fer ».Il était cheminot , et un jour il s’est malencontreusement percuté contre un autre train qui n’avait pas pris la bonne direction,les deux trains étaient donc sur la même rail. Au milieu de ces deux photos,un TSF grisonnait des informations que Mr Bellelli (fils)écoutait.Il était installé sur son fauteuil en face de la cheminée en prenant des notes car les informations portaient sur la Bourse.Patrick Bellelli était un riche  banquier de chez WF Banks.Il était très perfectionniste dans son travail et très ambi- tieux,avec ces qualités il a très vite réussi sur le plan professionnel,provoquant une très grande fierté chez ses parents issus d’un milieu modeste et aussi parce-qu’il était  alors leur seul fils. Mr Bellelli avait hérité de la beauté de son père et de la sensibilité de sa mère, il pouvait être timide et discret mais franc et direct quand il le fallait.Il avait des cheveux bruns et des yeux verts.La couleur émeraude de ses yeux ,on pouvait la distinguer seulement quand il enlevait ses lunettes sinon on pouvait la confondre avec un gris foncé à cause du reflet des verres.Il  avait,aussi,un visage carré,un petit nez et des  lèvres épaisses. Mr Bellelli était donc sur son fauteuil et avait fini de prendre des notes, n’osant regardé sa femme,il baissait les yeux sur ses papiers.Sa femme,avec son regard austère regardait par la fenêtre,passer les carrioles et les diligences entre les rues. Il faisait un temps doux et frais dehors et le soleil faisait timidement son apparition. Mme Bellelli était française avec des origines anglaises héritées de son père Mr Wyatt. Elle eut une enfance mouvementée car son père étant un riche fonctionnaire devait beaucoup voyager.Elle a visité de beaux pays comme l’Italie ou la Russie avec sa mère et ses deux sœurs Germaine et Alicia,puisque son père devait  travailler et n’avait pas le temps pour un itinéraire touristique. Hélène de Langeais, de son nom de jeune fille,s’est mariée à Patrick Bellelli et ils eurent deux belles filles Marie et Madeleine. Madeleine qui avait sur son épaule la main de sa mère pendant que cette dernière regardait dehors,avec les même yeux noisettes de sa mère dont le même doux visage aux lèvres bien dessinées et au nez fin(pareil à sa mère)était éclairé par la lumière du soleil,qui s’était maintenant levé. Marie, la petite dernière, regardait aussi par la fenêtre et avait, elle aussi, hérité des traits de sa grand-mère . Madeleine, l’aînée, au contraire ressemblait à son père. En cette petite histoire nous avons reconstitué l’arbre généalogique des Bellelli, qui sont rassemblés dans leur salon pour une réunion de famille.

 

188.       Germain Eblé, sans titre, septembre 1932 Papier au gélatino bromure d’argent EBLE

 

Septembre 1932, chez les Levallois,Germain Eblé photographe, immortalise l'instant:"Catherine asseyez vous là,et vous gens,ici. François mettez vous près de votre père,Jean prenez Justine sur vous et vous Catherine la petite dernière.Mes demoiselles,Marie et Félicité,vous allez vous placer debout entre vos parents. Rapprochez-vous,s'il vous plai^t,c'est un cliché de famille! Charles rapprochez vous de votre mère,allez jeune homme dépechons,j'ai d'autres familles à visiter.voilà,quelle belle famille,ne bougez plus,attention!"pffffffffff
Septembre 1902,dans une famille orléanaise, un enfant d'un an fait ses premiers pas,un enfant ayant pour prénom Jean.
Jean Levallois et le dernier des six enfant d'une famille modeste.En effet, son père, est lutier et gagne sa vie comme il peut.Sophie, sa mère , ne travaille pas ,elle
élève ses si enfants du mieux qu'elle peut,leur inculquant le respet de soi et des autres. Petit Jean ne manque de rien, il aime sa famille et sa famille l'aime en retour.Il va à l'école avec ses dex frères et ses trois soeurs, qu'il aime particulièrement. Très bon grimaud ,mais très prolixe, voulant toujours apprendre,d'ailleurs son père lui montre très tot cômment tailler le bois.Il est doué, et à la fin de l'année 1913 à douze ans, semblant en faore quinze,brun ,grand, avec des yeux profonds et gris,Jean devient apprenti. Un jour,alors qu'il fabriquait son premier violon, un bruit strident se fit entendre, venat de nulle part.Son père surgit dans la pièce principale de l'atelier,l'air inquiet, et commnça à lui parler doucement:"Ecoute Jean lui dit-il, écoute cette sirène,tu sais ce qu'elle signifie?" jea répondi non, de la tête.
"Cela signifie que je vais devoir partir, ainsi que Cyril et Nicolas. C'est la guerre mon fils!lui dit-il d'un ai attristé"
Jean lui répondit que lui  aussi voulait y aller;mais ayant treize ans il ne pouvait pas se rendre à la mort avec les hommes de sa famille et puis il fallait quelqu'un pour veiller sur sa mère et ses soeurs .Ses frères et son pères partis à la guerre, Jean resta le seul hommes de la maison. Avant de partir son père lui avait donné plusieurs consels pour faire fonctionner l'atelier. Il travaillait sans relâche et avec tout son amour, poursuivant le travail de son père comme s'il allait revenir  d'une seconde à l'autre. Et voulant que son père en rentrant du champ de bataille le voie en train de travailler, il ne s'arrêttait pas. Pourtant un jour il s'arrêta, car sa soeur Christine était là ,les yeux pleins de larmes, et une lettre à la main. Cette lettre  avait été ouverte  par sa mère et maintenant c'était à lui de la lire. Mais il n'en eut pas besoin , il comprit  en voyant sa soeur.
Son pére était était mort au front. Il ne lui avait pas dit au revoir, il avait toujours pensé qu'il reviendrait et que tout irai bien, mais en dix minutes il grandit et naïf il n'était plus. Puis à la fi de la guerre, en 1919, ses frères rentrèrent, alors qu'il était parti à une exposition sur les plus beaux violons à Paris. Là-bas, il rencontra une jeune fille de dix sept ans, issue de la bourgeoisie,Catherine Decyre. Il n'y avait presque rien à dire sur son enfance, à part qu'elle avait perdue sa mère à l'âge de 4 ans, cette dernière était décédée d'un coma diabétique en 1907.Son père ne povant pas s'occuper d'elle , devant déjà s'occuper de ses trois grands frères, il dut inscrire Catherine dans un pensionnat de jeunes filles. Catherine y avait passé toute sa scolarité,la-bas elle y avait appris toutes sortes de choses,mais ce qu'lle préférait c'était la musique. Ils avaient déjà un point deux points en commun:ils avaient perdu un parent;et vivaient pour la musique! Elle
 aimait sa voix rassurante, ses yeux profonds et son sourire lumineux. Lui,aimait ses longs cheveux blonds, sa taille fine, ses yeux bleus , son intelligence et son rire joyeux. Ils étaient amoureux. Elle aussi habitait à Orléans, ils purent se voir souvent, il venait la chercher après ses cours de violons, ses frères étant revenus il n'avait plus besoin de travailler jour et nuit quoi que l'économie fut au plus bas. Cela allait faire deux ans qu'ils se frenquétaient, alors un jour sans en parler à Catherine, il alla voir son père et lui demanda la main de sa fille. Ce dernier réfléchit pendant cinq longs mois,où il surveilla les deux amoureux. Il n'avait pas jamais vu sa fille si heureuse, il accepta de donner la  de sa fille à Jean Levallois,alors âgé de 20 ans, mê^me s'il avait éspérer un meilleur parti pour Catherine. Ils se marièrent au début de l'année 1922,lors d'un jour ensolellé.C' à la Cathédrale Saint Croix que Catherine devint madame Levallois. Ils emménagèrent dans une maison toute neuve, cadeau du père de Catherine. Quelques mois plus tard, Catherine dona naisance à une petite fille ,qu'ils apellèrentMarie,très beau bébé aux yeux noisettes et aux cheveux foncés. Penant ce temps Jean avait agrandi l'atelier de son père et continuait le travail qu'il avait commencé,ses frères aussi maintenant travaillaient avec lui.Cyril était devenu comptable  de la société "Levallois Luthier" , pendant que Nicolas s'occupait de l'expotation vers les autres  villes de France. Jean ne roulait pas sur l'or mais ses affaires marchaient bien pendant ce temps Catherine s'occupait de Marie, de la maison,et de temps à autre donnait des cours particuliers de violons. Puis en 1924, naquit Félicité, à l' inverse de Marie, elle avait les yeux bleus et les cheveux blonds vénitien. Jean était heureux car il aimait son métier, sa femme et ses trois enfants. Oui, ses trois enfants, car Catherine aviat donné naissance en 1925 au premier garçon de la famille, un petit François, ressemblant énormémént à sa grande soeur Marie âgée de 3 ans. Cette dernière eut encore un frère en 1927,Charles,un garçons aux yeux bleus et verts et aux cheveux blonds et bouclés,et une soeur en 1929, Justine, un beau bébé aux cheveux blonds et aux yeux noisettes, un parfait mélange entre son père et sa mère. En 1931 Jean ouvrit une boutique à Paris.A Orléans Catherin s'occupait de Marie;Félicité, Charles et Justine et pour l'aider Sophie, la mère de Jean était venue chez sa brue. Catherine ne pouvait pas rester seule car elle attendait encore un nouvel évènement. Fevrier1932, alors que le monde allait très mal, la bourse de New York avait chutée, tout allait au mieux chez les Levallois. Jean avait été prévoyant et n'aviat rien perdu, de plus il venait d'être père pour la sixième fois. Catherine,sa merveilleuse fmme qu'il aimait comme au premier jour,venait de lui donner une jolie petite fille,Anne.
Après la perte de son père, Jean à trente ans était un homme comblé, il avait une femme , six enfants plus beaux les uns que les autres, mais il était aussi connu dans tout Orléans et puis il avait une famille qui après la pluie voyait le beau temps, et un peu grâce à lui. Alors pourqui ne pas prendre de photographie de cette belle époque avec toute sa petite famille, surtout que dans six ans arrivera peut-être un autre drame. 1939, la seconde Guerre Mondiale, jean partira peut-être au fron, et Frabçois aura 13ans, comme 17 ans auparavant. Ceal vous rappelle t-il quelque chose? Mais ne pensons pas au futur, et qui sait peut-être tout se passera bien, mais pour l'instant retons où nous sommes. Pffffffff
Septembre 132, chez les Levallois.
"Voilà,parfait!Le cliché esdans la boîte magique je vous l'apporte dans une semaine à l'atelier. Je vous souhaite un joyeux anniversair, à 30 ans vous avez accompli beaucoup de choses, vous êtes un modèle pour nos jeunes!Bon, je vous quitte, aurevoir Catherine, aurevoir les enfants, aurevoir Jean et à dans une semaine."

 

189.       Série les demandeurs d’asile © Véronique Vercheval  V10

 

Cette photographie, je l’ai découverte le soir de Noël, chez moi, dans un livre que j’avais reçu à cette occasion, rempli de photos de la même photographe. Sur la photographie, prise de face afin que l’on puisse voir les deux personnes, une femme blanche et une petite fille noire, discuter ; nous pouvons voir en arrière plan des arbres fleuris qui nous indiquent qu’elle a été prise en été(ou à une période chaude de l’année tout du moins)et qui donnent un air paisible à la photo. La petite fille est en fauteuil roulant et ma première réaction a été de me demander comment elle s’était retrouvée dans cet état là. J’ai alors supposé qu‘elle avait subi la guerre dans son pays et que c’était pour cela qu’elle était paralysée. En regardant la femme sur la photographie j’ai eu le sentiment qu’elle voulait rassurer la petite fille. En effet, le regard qu’elle porte sur celle-ci est un regard protecteur, tendre et souriant. Ma deuxième réaction a été de penser
  que cette enfant, qui avait sans doute souffert de la guerre et de son état, venait dans un pays européen pour se faire soigner et que cette femme symbolisait l’aide qu’elle avait en Europe, la personne sur qui elle pouvait s’appuyer. Cette photographie m’a beaucoup émue par l’histoire que l’on suppose derrière, par la vie de l’enfant que l’on voit à travers cette image. Elle a également suscité une profonde inspiration en moi pour cette petite fille qui ne paraît pas très âgée mais qui a déjà une vie difficile (elle a peut-être été blessée lors d’une guerre dans son pays, elle est sans doute orpheline ou même très malade) et qui essaie de vivre malgré tout cela, malgré tout ce qu’elle a vécu. J’ai aimé cette photographie car elle montre une personne, quelle qu’elle soit, qui a souffert de la vie et qui a trouvé refuge auprès d’un organisme, d’un pays et auprès d’une personne qu’elle ne connaît pas mais en qui elle a confiance. Cette photographie est pour moi symbolique car
  elle représente l’accueil d’une petite fille noire par une femme blanche. Elle représente l’acceptation d’une demande d’asile faite par une enfant envers une femme, envers un peuple, envers un pays libre. En regardant cette photographie, j’ai le sentiment que la petite fille a enfin trouvé la paix, qu’elle va continuer sa vie paisiblement, entourée de gens confiants et non de soldats et de bombes. Cette photographie me donne l’impression que cette petite fille, assise auprès de cette femme chez qui elle a trouvé la stabilité, la paix, va prendre la vie "du bon côté", qu’elle va recommencer à sourire, à rire, qu’elle va recommencer à vivre. Cette petite fille m’a beaucoup plu car elle m’a prouvé que quoi que la vie nous fasse subir, on peut toujours avoir du courage, qu’il faut et que l’on peut avancer dans la vie malgré les épreuves que l’on vit et qu’il faut les accepter et "aller de l’avant". Cette photographie m’a plu car elle montre vraiment ce que la vie peut faire et
 ce que l’homme peut faire pour surmonter ce qu’elle place autour de nous et sur notre route. Cette photographie m’a émue, touchée et surtout beaucoup appris.

 

190.       Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Partage du royaume de Clotaire Ier entre ses quatre fils fouq-bnf2


Collez votre texte ici :: Aujourd’hui, je découvre ce tableau qui m’évoque différentes idées. Tout d’abord, ce que j’ai remarqué, ce qui ressort le plus, est le château situé à l’arrière plan, contrairement à l’ordinaire où est généralement repéré le premier plan, avant les autres plans. Ce château domine l’image, ce qui peut amener à penser que le château domine également l’espace qu’il occupe. Il a des couleurs peu communes comme le toit qui est bleu et sa couleur qui est en général triste pareil à celle de la pierre, elle est ici rose, par conséquent il me rappelle un conte de fée. Celui de la Belle au Bois dormant. Ce château peut donc évoquer des idées positives comme négatives. Les idées positives suggérées sont le symbole de la royauté car ce sont souvent les personnes aisées comme les rois qui y logent, le symbole du bonheur parce que la fin du conte de la Belle au Bois dormant est heureuse, après un baiser de son prince charmant, elle se réveillait et ils vécurent to
 us deux heureux. Les idées négatives suggérées sont le symbole du chagrin pareil à la Belle au Bois dormant qui ne se réveille pas, par conséquent également le malheur.
J’observe des personnes, elles se trouvent dans ce château car elles sont repérées à travers les fenêtres de celui-ci, elles ne sont pas très nettes mais leurs vêtements sont de la même couleur que ceux des soldats. J’en déduis que ces personnes peuvent être des soldats. Il y en a énormément, c’est pour cela que je ne devine pas si ces personnes se trouvent dans ce château pour le plaisir (une fête donnée par le roi) ou pour une contrainte ( sortir des individus qui gênent le roi).
Ensuite je peux remarquer une petite rivière autour de ce château, où est reflété le château. La couleur de cette petite rivière est un bleu qui est le même que celui du ciel. Elle me fait penser à une douve ; c’était un fossé rempli d’eau, qui était une protection supplémentaire contre les ennemis. Il y a donc une opposition entre cette douve qui produit des inquiétudes face aux combats et, cette eau claire sur le tableau qui montre plutôt une sorte de divertissement, de plaisir, de bonheur car il y a des cygnes. Ceux-ci produisent aussi un effet de contraste, mis à part le bonheur grâce à leur beauté, ils mettent en évidence le symbole du mal parce qu’ils protègent leur enfant et pour cela font quelquefois du mal aux humains. Cette douve est entourée d’une plaine, celle-ci m’interpelle car elle est à la fois l’endroit la plus proche de nous (premier plan) et l’endroit le plus éloigné que je devine à l’arrière plan.
Devant ces cygnes, au premier plan, sur la plaine, se trouvent une tente et des soldats. Cela rappelle la guerre et donc la mort, la tristesse, le malheur. Mais la couleur de cette tente est violette et la couleur des équipements des soldats est jaune foncé ou marron clair ( couleurs tristes et sombres).
Puis si j’observe les détails de ce premier plan, je vois derrière cette tente des autres tentes qui sont, elles, de couleurs plus vives, plus joyeuses, par exemple le rouge de la seconde tente ou le jaune de la troisième. Et sur le château comme sur chacune des tentes, je constate qu’il se trouve des drapeaux bleus avec  à chaque fois trois symboles. Pour moi ces symboles sont des fleurs de lys, emblèmes de la France sous le gouvernement de Louis IX. En résumé, je remarque, à travers ce tableau, trois parties qui ont un point commun : le malheur. Le château me rappelle le suspens de savoir si  la belle au bois dormant va se réveiller. Les douves me montrent qu’il y a un risque de combat donc il peut mettre en évidence la crainte. Et enfin les soldats me rappellent la guerre. Alors qu’il  existe des oppositions car les soldats n’évoque que le malheur tandis que le château peut révéler le bonheur, signe de royauté ou encore la fin heureuse de la belle au bois dormant. Et les d
 ouves sont avec une eau claire, il y a donc un contraste par rapport à la réalité, en général les eaux sont sales. Et ces cygnes qui peuvent eux aussi symboliser à la fois le bien grâce à leur couleur, leur prestance, leur protection ou, au contraire le mal avec leur caractère souvent trop possessif et donc trop de protection.

 

191.       Parmesan, portrait de jeune homme, Italie(12)


Mon histoire,
Bonjour mesdames, bonjour messieurs, je m’appelle Henri ou plus précisément Henriette, prénom de baptême, que bien peu de personnes connaissent.  J’ai 17 ans, nous sommes en 1539, et l’envie m’a pris de raconter mon histoire peu banale, par ce beau jour d’été car, aujourd’hui, un peintre italien prénommé Francesco Maria Mazzola, dit Le Parmesan, un ami de la famille m’a immortalisé.  Je ne sais plus quand je l’ai rencontré, je me souviens seulement que c’était un jour d’été, il faisait bon, lorsque je l’ai vu pour la première fois il travaillait sur une toile magnifique.  Francesco, je l’idolâtre et l’envie pour ce qu’il a vécu.  Il est né à Parme,  la ville de mes vacances.  C’est dans cette ville que je passe tous mes étés, c’est là aussi que j’ai rencontré ma femme et c’est à cet endroit qu’il m’a dessiné dans mes appartements.  Lorsqu’il est arrivé j’étais assis dans mon fauteuil, et rêvassait.  Il est entré dans la pièce et m’a salué puis, lentement, il a installé ses af
 faires en commençant par la pose de son chevalet.  Ensuite, pendant la demie d’une heure, il a préparé les pinceaux, les couleurs et les tons.  Il possédait des dizaines de pinceaux de tailles différentes, des nouveaux et des plus anciens, mais il n’en sortit que trois pour moi.  Il ouvrit une sorte de besace et en ôta une palette neuve.  Il commença à mélanger les couleurs et les tons, une fois qu’il eut obtenu ce qu’il désirait, il se leva et m’expliqua comment me positionner face à lui.  Je portais ma tenue du dimanche.  Il retourna derrière son chevalet et m’observa quelques instants,  je devais rester immobile, ce fut difficile je l’avoue, lui peignait dynamiquement. Je pu apercevoir qu’il utilisait le plus fins des trois pinceaux pour commencer et qu’il termina, après avoir utilisé les deux autres, avec celui-ci.  Enfin, il finit après cinq heures de travail.  Il est resté pour manger avec nous et nous a raconté un petit bout de sa vie; on peut dire après l’avoir écout
 é que ses œuvres sont des repères pour lui.  Avant moi, il avait travaillé à la décoration intérieure d’églises et de palais.  Ce matin, il était en pause, il travaille actuellement dans l’église Santa Maria della Steccata, et a donc accepté de réaliser mon portrait.  La plus célèbre des personnes pour qui il ait travaillé n’est autre que le pape Clément VII vers 1524 lors de son voyage à Rome.  Il est aussi allé à Bologne, ces deux villes sont, paraît-il, magnifiques et j’aimerais m’y rendre.  De plus, il est un des premiers Italiens à expérimenter un tracé graphique vivace et nerveux dont j’aimerais qu’il m’enseigne la technique. 
Cependant mon portrait ne me plait pas en tous points car je ne me trouve pas assez viril, ce doit être ma nature féminine qui ressort, je suis une femme!  Une femme, mais pour le monde extérieur je suis un homme marié qui étudie l’art!  En réalité trois personnes savent que mon sexe n’est pas celui d’un homme.  Chaque mois mon cycle menstruel me rappelle la douleur d’être une femme.  Lorsque mes parents m’ont marié, il y a deux ans, avec Maria Victorio Fontanellata, Maria ne savait rien de mon secret.  Lors de nos noces, nous n’avons fait que parler et elle m’a embrassé.  Durant le premier mois, le soir, elle tentait de me déshabiller, ce que je ne pouvais faire devant elle, elle me parlait quotidiennement de son souhait d’avoir des enfants.  Un soir de novembre, elle s’était absentée, je me suis dénudé et elle est entrée.  Sur le coup, elle a ri aux éclats mais, après un court instant, elle s’est figée, a réfléchi et puis elle a murmuré d’un voix douce et fluette: «Tu es un
 e femme, je suis une femme, nous sommes mariées et je t’aime.  Je comprends pourquoi tant de rejet, tant de mépris, si peu d’affection et si peu d’amour… »
Puis elle m’a demandé qui, mis à part elle, le savait. Seuls mes parents savaient. Ce soir-là, aucun son ne sortit de sa bouche ni de la mienne.  Était-elle choquée?  Éprouvait-elle du dégoût envers moi?  Je ne savais pas.  Elle se leva à l’aube et quitta notre maison de bonne heure, elle ne revint qu’à la tombée de la nuit et me demanda si je l’aimais, ma réponse fut « oui ».  Sans attendre une seconde elle m’embrassa et me dit: « Si nous avons ainsi vécu notre amour, continuons, aimons nous en secret, en tant que mari et femme pour notre entourage comme nous le faisions auparavant ».
Je suis la femme d’Henri, je viens d’hériter de ce document et je vais vous raconter la fin de l’histoire.
Pendant l’été 1540, nous nous sommes rendus en France, car je rêvais de découvrir Paris, la ville natale de mon mari, lors de ce voyage nous avons aussi fait un détour par Rome à l’aller, à la plus grande joie d’Henri.  Durant notre séjour, nous avons recueilli un enfant qu’un fermier de basse campagne avait trouvé abandonné à l’orée du bois.  Malheureusement, Henri ne connut l’enfant que dix ans car il y a maintenant cinq jours qu’il est décédé d’un cancer du sein. Pour éviter
la découverte du secret, aucun médecin ne l’a ausculté, seul le prêtre l’a béni.  Sur sa tombe est inscrit: Henri, Henriette De La Motte aimant Maria Victorio Fontanellata, parent de Victoria De La Motte-Fontanellata lieu de naissance: Paris e morta al Parma. 1522-1549...
Il n’a jamais pu devenir artiste comme il le désirait, et son ami et artiste Le Parmesan est mort sans même avoir pu finir la décoration intérieure de l’église Santa Maria della Steccata, en 1540 à l’âge de 37 ans. 
« Dix ans de plus que moi », avait-il murmuré dans ses derniers souffles.

 

192.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre(24)

 

La mort, quel mot si profond, si obscur. Il  paraît que ce mot arrive jusqu’au fond de la moelle et dit « c’est fini pour toi ».  Les corbeaux sont les auxiliaires de la mort. Ils  la représentent sur  Terre et ils sont là. Où  est la mort il y a des corbeaux et  on n’y peut rien.
C’était le printemps je me baladais au bord de la mer Baltique quand des milliers de corbeaux, je dis bien des milliers  se sont précipités vers un arbre, un seul arbre mort. Il semblait qu’ils formaient l’arbre. Toute la mort représentée dans un arbre formé par des corbeaux. Puis au fond, comme au fond de moi, j’ai vue une clarté, c’était la mer. Comme la lumière au fond du tunnel. Cet espoir d’être entouré par le noir, la mort ; et,  voir la mer,  le grand bleu, clair et joyeux.
Mais l’objet central, cet arbre, plus mort que le mot, me faisait frissonner. Tous ces corbeaux toutes ces bêtes qui se reposaient sur l’arbre. C’est un sentiment que je n’oublie toujours pas, mais par contre impossible à raconter. C’est pour quoi j’ai décidé de le peindre dès mon retour.  Pour arriver à le peindre, cela m’a pris un peu près trois ans, trois ans de travail puis enfin je suis arrivé et j’ai été récompensé.
C’est difficile de se rappeler de ce jour mais le contraste de cette image est impossible d’effacer de ma tête, obscur sur clair comme si avant de recevoir du bien on reçoit du mal. C’est comme dire que dans la vie, après beaucoup de travail, il y a toujours une récompense.
Quand j’ai vu cette scène, j’ai apprécié ce qu’est la vie, car la vie est aujourd’hui.

 

193.       Jean-François Millet Le Printemps  Orsay19


Ma passion fut toujours l’art. Avec mes peintures précédentes L’Angélus et Les Glaneuses, je infiltrai vraiment dans le monde de la peinture. Ainsi, j’avais exécuté une décoration des Quatre Saisons.
En 1868, M. Hartman, un industriel alsacien vint à ma rencontre, ébloui par mes peintures totalement réalistes. Il me commanda alors quatre compositions ornementales ayant pour thème les saisons. J’étais indubitablement surpris d’avoir été choisi, bien que je n’avais fait qu’une représentation des saisons. Alors, avec quelque chose de frais, je m’isolai pendant cinq ans, à la recherche de ma première saison : le printemps.
Je choisis pour cette œuvre de représenter Daphnis et Chloé, deux nymphes de la mythologie antique grecque. Elles peuplent toute la nature (campagne, bois, eaux) dont elles sont les esprits. Belles jeunes femmes, élégantes et séduisantes. Elles symbolisent aussi, les jeunes et tout leur tempérament. A part cela, j’essayai d’utiliser les couleurs de l’arc-en-ciel pour peindre la nature en laissant l’arc-en-ciel représenté dans des tons plus neutres. 
Mon ciel est majoritairement couvert de nuages noirs et la tonalité de cette œuvre est sombre. Cela me permettait de montrer qu’au printemps il pleut, et que symboliquement c’est à l’adolescence que la vie devient plus difficile.
Ainsi, on pouvait voir un bout de ciel bleu qui rayonnait sur un arbre, un chemin et sur une maison couverte de feuilles. Le chemin vers le succès de la vie. 
Je voulus représenter qu’au milieu de problèmes de la jeunesse, on trouve toujours une sortie vers une vie moins mauvaise.
Peindre quelque chose que la nature ne sera jamais capable d’atteindre : un ciel bleu et noir en même temps.
Après l’avoir fini, je restai ébloui par mon aisance à la représentation du printemps.

 

194.       Image de Jean-Fouquet peintre et chroniqueur (AJ1).


 Tout d’abord, ce tableau illustrant la guerre du moyen âge, nous montre un moment d’une des batailles opposant des centaines d’ hommeset aussi l’illustration par le peintre du Châtiment de Coré.Nous observons que dans ce tableau se trouve plusieurs plans que l’on peut bien distinguer : _ au premier plan on voit des hommes qui se battent, au dessous d’un muret, qui est de la même hauteur qu’eux. Nous portons plus notre regard sur deux personnages particuliers, deux chevaux blancs. Ceux-ci représentent les seules couleurs vives du premier plan.        _au second plan nous observons un groupe des personnes mortes, en amas, puis à leur côté, des croyants en train de prier. Autour d’eux il y a un espace et nous pouvons hypothéquer que ceux-ci représentent les personnages principaux de la peinture; constitués de couleurs sombres. _à l’arrière plan se trouvent des personnages qui ne sont pas en train de combattre mais ceux-ci laissent un espace entre les “deux camps”. Au-dessus d’eux, un personnage curieux, sûrement un dieu, qui leur donne bénédiction; ce personnage est essentiellement constitué de couleur flanchantes telles que le orange ou le jaune clair. Nous pouvons également couper le tableau en deux, horizontalement, à la moitié du tableau, pour pouvoir distinguer deux sortes de couleurs de peintures: en haut se trouvent les couleurs vives et en bas ont distingue des couleurs morte, sombres donc non attirantes. Ceci peut signifier que le peintre voulait insister sur un fait en attirant l’oeil à l’endroit qu’il voulait. La couleur la plus représentée est le vert, dont il y a différentes panels, vient ensuite le bleu ciel, qui se trouve au fond, à l’arrière-plan. On remarque la présence de formes géométriques telles que la lieu où se trouvent les croyants. Il est mis en évidence par une seule couleur que l’on ne retrouve pas sur le reste du tableau, le gris clair. Celui-ci n’est pas attirant, mais fait que ce lieu représenté ne passe pas inaperçu. A part ceci, nous observons que le reste du tableau a des formes naturalistes, car les formes imitent la nature et ne sont pas géométriques. Le peintre oppose donc ces deux formes. Dans ce tableau, le point de vue adopté par le peintre est intérieur car on peut constater qu’il est plus haut que les autres personnages, mais il est placé ou sur une l’autre côté de la colline, regardant dans la tranchée en-dessous les hommes combattre. Ceci nous donne le panorama, la profondeur du tableau, et peut nous immerger  directement dans le contexte. Le peintre s’est représenter comme faisant parti de cette bataille, en sécurité puisque l’on ne voit personne avec lui. Le lieu où se déroule le combat est réaliste, comme si le peintre veut faire une illustration de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a vu. Nous sommes plongés directement dans l’ambiance présente, ambiance de guerre, nous pouvons même nous imaginer à leur place. Ceci nous est montré par le surnombre de personnages présents, cette ambiance nous transporte rapidement. Enfin, cette peinture nous donne une impression d’immersion dans ce que le peintre nous plonge, ce qui est l’effet recherché par celui-ci, en opposant formes, contrastes,couleurs et organisation.

 

195.         © Véronique Vercheval v14

 

Ma première photo
Ce jour-là je me réveillai à sept heures, c ´était mon anniversaire, ma mère et ma tante rentrèrent dans ma chambre et ma mère me donna une petite boite. J´ouvris la boite rapidement  et je trouvai un appareil photo. Je pensai  que c´était le plus beau jour de ma courte existence.
Ma mère et moi  nous partîmes  à  neuf heures, ma tante resta à la maison, on avait jusqu´a  une heure de l´ après-midi avant que le couvre-feu ne recommence pendant quatre interminables jours.
J´emmenai mon appareil pour prendre ma  première photo,  photo qui devait être très  spéciale, mais je n´ arrivai pas à trouver un bon sujet.
Une heure après j´essayai  d´ écouter à la  radio d´un magasin  une nouvelle, mais je ne pouvais pas à cause du bruit causé par le luth et le cithare d´un groupe de danse de rue avec lequel  ma mère dansait sans préoccupation. Quand je pus enfin entendre quelque chose on annonçait que notre quartier près de Bethléem avait été bombardé.
Je dus interrompe la danse  de ma mère pour lui dire cette horrible nouvelle. Elle me regarda d´un air étrange, essaya de me  dire quelque chose mais je ne pouvais pas comprendre ce que les sons étranges et les larmes voulaient me dire. Après quelques instants  ma mère se calma et me rappela  que  ma tante était  chez nous,  je me sentis vraiment effrayé. On commença à courir, je n´avais jamais couru aussi rapidement .On arriva et notre maison était complètement détruite, dehors assise,  sur  les restes de notre maison,   ma tante nous regardait. Un énorme  sourire  envahit les visages des deux sœurs, elles s´embrassèrent   et je décidai de prendre la première photo avec mon appareil.
Je fis rapidement ¨click¨, je les regardai et je me sentis orgueilleux d´avoir capturé cette seconde aussi belle  sur le papier photographique de ma première photo.

 

196.       Canaletto L’Entrée du Grand canal et l’église de la Salute Italie(7)


Collez votre texte ici :: La voie de notre guide, une voie relativement aiguë, s'évanouissait à mesure que je m'éloignais. Je me trouvais à présent dans l'aile Denon du première étage. Des peintures espagnoles et italiennes du XVIIe et XVIIIe siècle y étaient exposées. Je les regardais; ou plutôt je les voyais puisqu' aucune d'elle ne retenait vraiment mon attention. Je m'arrêtais tout de même. Alors que j'observais une œuvre de Canaletto, une impression étrange s'empara de moi. La perspective de son tableau, comme une fenêtre sur le reste du monde, éveillait un sentiment de suprématie. Elle évoquait une liberté infinie. Les nuages, les lignes des monuments, les rayons du soleil, tout convergeait vers ce point de fuite. Comme aspiré dans le vide, je voulais voir encore plus loin que l'horizon déterminée par le peintre.
L'eau ,autre élément, où de nombreuses gondoles évoluaient, était d'une réalité remarquable . Au premier plan, l'aviron du gondolier agitait l'eau de remous, tandis qu'au second plan, l'eau paraissait lisse, calme, en  véritable miroir aux  nuances de vert bleuté. Le balai des gondoles innombrables, animait le rio. Le Grand Canal vivait. Il vivait de l'histoire de chaque personnage , dans leur quotidien,  et on pouvait même deviner les paroles qu'ils échangeaient. Même si, comme un moment volé, ils restaient figés sur la toile, je m'attendais à ce qu'ils bougent à nouveau.
 La magie avait réellement opéré, je sentais la présence imposante de l'église de la Salute derrière moi, les rayons du soleil me réchauffaient et j'entendais les clapotis de l'eau.

 

197.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre (24)

 

Je me promenais en forêt, et de toutes part se dressaient devant moi des arbres majestueux. Pins, chênes, sapins, ils défiaient le temps, mourant l’hiver et animé d’une nouvelle vie au printemps. Le jour commençait à décliner, l’air se teintait de mille coloris enchanteurs, le vent soufflait tendrement offrant à mes sens avides de sensations, le doux parfum de la nature. Et, c’est dans cet état de semi-rêve que m’apparut cette vision qui devait hanter mes pensées et mon âme. Au bout du chemin, éloigné de tout, entouré de ronces et d’orties, un arbre dépouillé de ses attraits se dessinait dans la pureté du ciel. Emu par tant de simplicité et de clarté, j’imprégnais mes yeux et mon cœur de cette beauté sublime, grandiose, qui était la sienne. Bouleversé jusqu’aux tréfonds de mon être, je rentrais chez moi, conservant comme un trésor ce cadeau divin.
Seul, devant ma toile vide, je laissais mes mains exprimer mes sentiments. Dans mon esprit, une image se formait, l’arbre sans parure, trônait au milieu d’autres morts, sans vie. Il était survolé par une nuée de corbeaux, tandis qu’au loin se profilait la silhouette imposante d’un rocher. C’est ainsi que commencèrent de nouveaux rendez-vous avec le divin, avec l’espoir et l’attente de l’humanité que j’assimilais à cette toile. Et c’est moi tout entier, pas seulement mes mains qui la composèrent de mille attentions.
Le ciel restait un point clé de mes toiles, ses couleurs chatoyantes devaient captiver, surprendre, et mettre un peu de féerie dans ses sombres lieux. C’était comme le regard de dieu, d’une pureté, d’une splendeur que seuls pouvaient entrevoir les amateurs de la beauté spirituelle. C’est ainsi qu’après des mois de méditation et de peinture que je pus enfin ressentir mon œuvre achevée. Ressentir un peu de ce vide qui de moi, passait dans ma toile. Mais voilà, c’était ce vide qui était sublime, et qui touchait tous les êtres. Cette beauté sans ornement superflu éclairée par l’esprit divin et la lumière de la pensée.
Alors s’acheva cette nouvelle aventure. Et en observant avec amour cette nature, je m’interrogeais sur les multiples sens que les amateurs d’art lui donnerait. Seraient t-ils tant différents de la beauté parfaite des éléments naturels, de l’espoir et de la beauté que signifiait cette vie ?  Peu importe après tout ! quelque soit le sens qu’aura mon « arbre aux corbeaux », il ne manquera pas de toucher les esprits et les cœurs de tous ceux qui le regarderont. C’est en cela que la nature est parfaite.

 

198.       Photographie de Constance Griffon du Bellay (10)


J’ai toujours préféré les photographies en noir et blanc à celles en couleur. Tout d’abord parce-que je trouve que le noir et blanc fait ressortir le charme de la photo , puis parce-qu’elle suscite une nostalgie. Une atmosphère de vacances et de relaxation  s’en dégage, comme sur les vieilles photos fanées de nos grands-parents qui nous rappellent un temps où la technologie n’était pas aussi avancée.
Cette photographie a particulièrement suscité mon attention par les reflets du soleil sur les boules de pétanque, puis par l’ombre portée sur le sol. En regardant plus minutieusement, j’ai remarqué le reflet de plusieurs joueurs sur les boules. Les boules sont un assemblage de deux demi-sphères  égales séparées par un trait creusé tout autour : C’est cette ligne d’assemblage qui délimite la partie claire et la partie sombre de la boule. Au dernier plan on remarque le passage d’un cycliste. Cela crée un double contraste entre les boules et le cycliste, non seulement par la différence de clarté, mais aussi par l’effet de perspective flagrant :La photo ayant été prise au ras du sol, les boules  apparaissent beaucoup plus grosses et imposantes que le vélo. Ces objets normalement de petite taille auxquels on ne prête pas particulièrement attention habituellement , sont largement mis en valeur par la photographie.
La photographe Constance Griffon du Bellay a su immortaliser quelques uns de ces petits détails agréables d’une vie paisible dans une photographie prise sous un angle d’une très grande originalité.

 

199.       Photographie de Jean – Michel  Fauquet Fauq 5


    Parmi les différentes photographies que j ai eu l occasion de regarder mon choix été difficile car toutes a leur manière exprimaient la beauté sous différentes formes.
    Mais celle  qui a le plus attiré mon regard s ‘ intitule « Au Jour Consumé » Elle m a en effet semblé plus original que les autres
    Son coté mystérieux transparaît à travers une  atmosphère brumeuse ce qui provoque un effet de trouble sur l ensemble de la photographie. A cause de ce brouillard l arrière- plan de l image est composé d une échelle  de gris créant des formes diffuses
    Le seul endroit ou des formes précises  apparaissent est le coté gauche de l image. Trois choses peuvent ce voir plus ou moins  clairement : la  rive gauche d un lac, un arbre, et une barque.
    Ce qui nous pouvons nommer la rive est une tache un peu plus foncée que le reste ayant la forme d une plage escarpée cependant ses contours se perdant  dans la brume.
L arbre légèrement  courbé occupe toute la largeur de l image. Peut être est-ce l'hiver,  peut être est il mort ?
En tout cas il n a pas de feuilles il domine la tache grise d en bas que l on suppose être un lac.
     La barque est déjà à moitié envahie par l’eau. Elle n' est définie que par des contours obscurs comme si elle était entrain de sombrer. Le reste de l’image se perd dans la brume.
      Il est intéressant de voir qu un bord  noir entour l’image.
Cet encadré provoque une sensation de nuit et rappelle également le titre «  Au Jour Consumé «  en effet  on a l impression  que le bord noir va envahir toute la photo comme le feu quand  il  détruit peu à peu une pellicule.
     Le mystère de cette image apparaît à travers le flou, le manque de repère exact et précis de l'arrière plan qui contraste avec l'étrange netteté du premier plan.
     Il y a également une distance entre l image et la personne qui  la regarde à cause de la bordure noire, on a l impression de voir une image qui appartient à une époque indéterminée.
     Une image qui a déjà subi le passage du temps cette idée est contenue dans le titre.
Le fait que l arbre n soit pas de feuilles et que la barque soit à moitié coulée indique la fuite du temps. Tout semble abandonné consumé figé et la bordure noire ajoute à cette sensation  que le seul mouvement de celle ci est sa lente destruction. On peut suppose que l auteur a utilisé le noir pour jouer avec cette lente disparition.
      Cependant ce flou et cette fixité  amènent une sorte d' apaisement  angoissant.
Au fond tout ce fou rassure mais inquiète également  car on ignore ce qui se cache derrière le brouillard.
   Reste-t- il quelque chose de vivant sur cette photo?

 

200.       Vincent Van Gogh 1853-1890 La Méridienne ou La Sieste Orsay 23

 

 C'est l'été; le ciel, qui n'est troublé par aucun nuages ni oiseaux, est bleu. Il doit faire très chaud. Deux personnes, un homme et une femme, qui se situent au premier plan, sont allongées dans le foin, comme s'il s'agissait d'un lit très confortable. Ils ont sûrement beaucoup travaillé car on aperçoit deux faucilles à coté d'eux. Ces personnes couchées ont leur visage couvert à l'aide de leur chapeau pour se protéger de la luminosité intense. Au loin, une femme et un homme ramènent le foin dans une charrette tirée par un bœuf.
Les couleurs de cette peinture ont très bien été choisies. Le jaune pur permet de bien imaginer la chaleur de la belle saison. Vincent Van Gogh a donné un effet d'ondulation par l'intermédiaire de virgules, de petites touches pour rendre plus réaliste le merveilleux paysage. Il ignore les motifs académiques pour s'abandonner à "la sincérité du sentiment de la nature".
Les bleus célestes puis durs, épousant le jaune, tissent aussi les couleurs de l'été méridional, la force du soleil, l'infini du ciel.
Je trouve que la couleur jaune-très bien choisi pour dessiner une certaine chaleur-dominent trop nettement le tableau et je regrette qu'on ne voit pas correctement le visage des personnages ( le soleil ne les éclaircie pas assez);mais les couleurs et les touches nous amènent à croire qu'il a du mouvement, même pendant l'heure de la sieste.

 

201.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux(1822) Louvre(24)


Ce tableau, de Caspar-David Friedrich (1774-1840) peintre allemand, présente un arbre sans feuilles entouré de corbeaux et d’autres débris d’arbres. Le ton orangé du ciel est une couleur chaude évoquant une certaine chaleur. Caspar-David Friedrich décrit ici un sentiment de « spleen » mal du siècle, mal de vivre étant donné que c’est un artiste romantique. Le vert claire de cette colline est un brin d’espoir parmi ces débris, ce cimetière des arbres, triste et sinistre. Cet arbre reste isolé du monde car même les corbeaux s’en vont vers un nouvel horizon. Cette colline (ou ce qui semble l’être) demeure écartée de toutes formes de vie. Le ton rose-violet à gauche de la colline verte évoque tout de même le mystère de l’horizon et d’un monde lointain. Le ton bleuté dans le ciel pourrait évoquer le calme et la tranquillité dans lequel les corbeaux s’envolent librement. En fait, ici, le titre « l’Arbre aux corbeaux » désigne cet arbre, que l’on imagine quelques instants auparavant
  recouvert de corbeaux.
Mais l’envol de ces corbeaux pourrait signifier la liberté de l’arbre étant donné que évoquent le malheur, la mort et la tristesse.
Bien que le tableau fasse ressentir la tristesse, il évoque paradoxalement une certaine douceur due aux couleurs chaudes. Les courbes de l’arbre sont plutôt brisées ce qui en fait un arbre âge, rempli de sagesse. Par hypothèse, les corbeaux ont pu s’envoler car l’arbre est mort.
On peut ainsi dire que le tableau de Caspar-David Friedrich est une œuvre typiquement romantique. Il a surtout réalisé des tableaux représentant des paysages évoquant ainsi son amour de la nature qui était l’un des thèmes du mouvement romantique.

 

202.       Uccello la bataille de San Romano italie (23)

 

    C’est une photographie de Erich LESSING. Elle nous montre la bataille de San Romano vers 1435 peinte par Uccello.

                    Cette bataille était l’affrontement entre le Royaume  de San Romano et une très ancienne Seigneurie du Nord de l’Italie. Tous les grades de guerriers y furent impliqués. Des soldats de guerre, des Seigneurs, des Rois et même les paysans se lancèrent dans la bataille. Ils étaient plusieurs milliers. Ils se battaient avec de l’élégance ; de belles épées argentées, de très beaux uniformes et des chevaux comme montures sauf  pour ceux qui les avaient perdus.
                     Ces deux adversaires étaient rivaux depuis plusieurs décennies. Chaque victoire d’un des deux groupes servait à montrer à toute l’Italie la puissance de son camp. Les journaux en parlaient partout. C’était comme gagner le respect de tous les Royaumes et des Seigneuries de l’Italie, et peut-être même une reconnaissance mondiale. Tous les guerriers  victorieux faisaient la fête pendant plusieurs jours, alors que les perdants se préparaient pour la prochaine bataille. Ils préparaient leurs armes : lances, épées, casques boucliers et armures ; mais il fallait également soigner les animaux récupérables.
                      Ces différentes batailles avaient lieu à peu près tous les six mois. Naturellement, plusieurs guerriers mourraient dans ces conflits réguliers. Lors des affrontements, les guerriers se combattaient en de nombreux tas selon leurs classes sociales. Ils étaient entourés de flaques de sang et ils piétinaient les hommes mis à terre. Le nombre de morts était important, mais seul les victorieux intéressaient les journaux et les médias.
                       Ces batailles entre les rivaux du Royaume de San Romano et la Seigneurie du Nord de l’Italie durèrent jusqu’en 1642 ; plus de 200 ans, car c’était une des premières batailles de ces deux camps ; malgré une très ancienne rivalité.
                       D’après les connaissances de Uccello, plus de victoires furent remportées par la Seigneurie du Nord de l’Italie grâce à leur ancienneté disait Uccello.
Ce tableau montrait une des rares victoires du Royaume de San Romano.

 

203.       Jean François Millet : L ‘ Angélus.  orsay 13

 

Ce fut  il y a quelques temps déjà, alors que je visitais Paris, que je fis halte avec ma famille au musée d’Orsay. Mon regard fut attiré par un tableau de  Jean François Millet : L ‘ Angélus. 
Tout de suite, ce tableau a attiré mon regard, d’abord à cause de son nom, L’Angélus, cette prière qui rythme la vie rurale deux fois par jour  au son des cloches qui avertissent les paysans. Et ce son de cloche qui si souvent dans mon enfance a retenti dans mon village et qui avait un sens mystérieux pour moi jusqu’au jour ou l’on m’expliqua en quoi c’était utile ce beau son qui la vie chez mes grand parents.
Je décidai alors de prendre en photos cette œuvre afin ensuite de l’accrocher au dessus de mon bureau.
Je me senti tout d’abord attiré par les champs qui s’étendaient a perte de vue.
Et tendis que je travaillais 0 mon bureau a l’heure de l’Angélus, je me voyais m’ amusé dans les champs avec mes amis à contempler la magnifique Eglise que l’on apercevait à l’horizon.
Mais les années passants, le son des cloches commença un peu à s’estomper au profit de la solennité de cette œuvre, qui montre un couple qui se retrouve dans l’immobilité qui accompagne l’Angélus. La femme a posé son panier, l’homme a abandonné sa brouette et a planté sa fourche. L’immensité du paysage crépusculaire et grand ciel mélancolique ajoutent je trouve un côté romantique.
Pour ma part, je trouve que la majesté de cette œuvre révèle les qualité de dessinateur de Millet, qui, s’alliant a une gamme de couleurs brillantes, forme une œuvre ou un profond sentiment de recueillement transparaît.  

 

204.       Vincent Van Gogh 1853-1890 La Méridienne ou La Sieste Orsay 23

 

Cela doit être l’été car le ciel est bleu, il semble faire chaud. Au premier plan il y a deux personnages qui se reposent dans le foin, ils ont dû travailler dur car on voit les faucilles à côté d’eux, il y a un homme et une femme. A l’arrière plan on aperçoit une charrette tirée par un bœuf pour ramener le foin.
Dans ce tableau il n’y a que deux couleurs en majorité:  le jaune, qui prend une grande place, représente le foin, l’été, la chaleur ; le bleu représente le ciel. Pour peindre ce ciel Van Gogh a dû prendre son pinceau et faire du pointillisme, pour le foin il a fait des petites virgules, sûrement pour représenter des brindilles. Dans beaucoup de ses tableaux on remarque cette touche si caractéristique du peintre. Cette manière de peindre et les couleurs choisies donne un certain mouvement au tableau, bien que ça soit la sieste, il rend le tableau vivant.
Ce qui m’a plus dans cette toile, ce sont les personnages qui se reposent, ça m’a fait penser aux vacances,  on travaille et après on se repose : « après l’effort, le réconfort ». Van Gogh a réussi avec seulement deux couleurs à faire un chef d’œuvre. J’aime beaucoup la façon de peindre de Van Gogh, par petites touches pour le rendre plus réaliste, comme si il voulait qu’on se mette à la place des personnages.

 

205.       Jean-Baptiste Siméon Chardin Un chimiste dans son laboratoire Louvre 19

 

Nous étions en 1735, l’année de mes quarante ans .Je me lassais de mon travail de menuisier. Je rêvais d’autres choses, d’un autre métier, plus passionnant, et j’avais mon idée : Chimiste !
     Ce métier m’intéressait, me fascinait .Quelles méthodes employait-il ? Avec quoi travaillait-il ? Je voulais faire comme eux ; découvrir de moi même ces phénomènes que peu de personnes comprennent, travailler à leurs façons, dans un vrai laboratoire, être connu, reconnu de tous et surtout quitter ma vie difficile de menuisier .Mais il me fallait un modèle ;un tableau !!Je me suis alors mis à chercher un portrait de chimiste en plein travail, dans son laboratoire .Il fallait un événement pour que je puisse me lancer vers cette nouvelle vocation.
     Un jour, alors que je commençais à désespérer de ne jamais en trouver un, je suis tombé sur ce tableau : »Un chimiste dans son laboratoire » dans lequel j’ai eu l’impression de me voir .Je me trouvais dans la maison de Chardin, jeune peintre français, où étaient exposées ses dernières œuvres .Ce tableau était le dernier peint par Chardin, il avait tout juste un an .Il était grand et large et on pouvait y voir non-seulement le chimiste en plein travail, mais aussi son laboratoire :tout ce que cherchais !Je pus enfin me faire une idée de ce métier que j’avais toujours rêvé de faut se mais que je n’ai pu exercer faute d’argent .Ce chimiste était bien habillé, consultait un très bel ouvrage, se tenait « attablé » à son bureau et semblait passionné par son travail .Ce tableau a été réalisé à l’huile c’est pour cela que les détails ressortaient :sa plume trempait dans l’encre preuve qu’il avait récemment écrit .Peut-être une nouvelle découverte ?Derrière lui je voyais des réci
 pients, des rouleaux de papier ; ses instruments, tout ce que je voulais voir ! Je ressortis de cette galerie en ne pensant qu’a une chose :me fabriquer mon laboratoire à moi, pour faire mes découvertes et m’habiller à la façon d’un grand chimiste pour être reconnu dans la rue.
     Pas loin d’ici, je savais qu’il y avait une échoppe de vêtements assez bourgeois .Je m’y rendis. A mon grand bonheur je vis en présentoir le même chapeau que dans le tableau. Le chapeau du chimiste idéal !Hélas, en voyant le prix, j’ai vite déchanté !Après un calcul rapide, je conclu qu’il me fallait un an de salaire de menuisier pour me le payer !Un an de travail rien que pour ce chapeau !Ce que je croyais voir comme une réalité repartit vite en fumée. Un an me disais-je, un an sans manger, un an sans pouvoir nourrir ma famille. Ce n’était pas possible.
     En une demi-journée, je suis passé du grand chimiste reconnu de tous au petit menuisier oublié dans son atelier. Pourtant en regardant ce tableau, je me voyais comme dans un miroir, mon visage à la place du sien, je me croyais faire des découvertes !Mais non !Je resterai sans doute toute ma vie menuisier à rêver d’un autre métier… !

206.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux(1822) Louvre(24)

 

Alors que le professeur de français de mon lycée avait entendu parler de ce concours, il nous emmena à la salle informatique du lycée pour y participer. Je me suis facilement inscrit et alors que je pensais à mes problèmes, je suis tombé sur ce tableau. Il m’a étonnamment surpris car si je savais dessiner et que j’avais un pinceau sous la main, j’aurais certainement peint le même tableau.
J’ai vu ce tableau en fin de trimestre et j’étais abattu car je me rendais compte que j’avais chuté d’assez haut dans certaines matières alors, j’avais le moral bas en pensant à toutes les scènes et les reproches que ma famille allait me faire. A ce moment là je me sentais comme cet arbre, mes camarades étaient comme ces corbeaux qui vivent pendant un moment avec l’arbre mais qui lorsque les temps difficiles s’approchent, partent vers un horizon nouveau et laisse l’arbre là, seul, au milieu d’une immense nature.
Ensuite, j’ai remarqué le ciel, ce magnifique ciel qui illumine la toile par sa lumière. Etant dans une série scientifique, je me suis rappelé que  c’est la lumière qui ^permet aux plantes et notamment à cet arbre de continuer à vivre. C’est là où je me suis rendu compte que je me trompais car je croyais cet arbre mort alors que je venais de remarquer, sur ses branches, de jeunes feuilles comme s’il venait de renaître. Alors, j’ai cherché la biographie du peintre pour trouver d’où lui venait cette inspiration qui convenait tellement avec ma personnalité et j’ai remarqué qu’il avait vécu dans sa jeunesse le même événement que moi. Un évènement qui crée un vide terrible dans mon cœur mais qui était multiplié chez David car moi le décès de ma mère m’a beaucoup perturbé mais , en plus de sa maman, il avait aussi perdu ses sœurs et son frère. Après avoir découvert cela, j’ai compris que son esprit, ébranlé par ses évènements, cherchait, après avoir frôlé la mort à renaître et ne
 s’accrochait plus qu’à un fil : cette douce lumière qui représente la beauté de la vie et qui est plus forte que ces branches mortes, dans l’ombre au bas de l’arbre qui représentent la vilaine mort qui est là et qui attend l’opportunité de nous saisir pour nous enlever à ceux qui nous aime.
Lorsque j’ai compris cela, j’ai sondé ma vie, fait le point et me suis demandé : « Qu’est ce que je fais là ? Comment suis-je arriver là ? Comment puis-je faire pour, comme cet arbre, me rattraper et « renaître » avec de nouvelles bases ? » J’en ai déduit qu’il fallait que je persévère et que je fasse tout pour résister aux temps rudes, en levant les yeux, de temps à autre, vers la lumière.

 

207.       Xavier Mellery, Chute des dernières feuilles d’automne mellery_automne

 

Pendant les dernières vacances d’été, avec ma famille, nous nous sommes rendus en Belgique, plus précisément à Bruxelles. Après avoir contemplé le très célèbre Parlement Européen ainsi que le siège de l’OTAN, nous avons visité la cathédrale Saint Michel, fameux monument gothique. Enfin, nous avons découvert quelques uns des nombreux musées se situant dans la capitale. Nous sommes allés, entre autres, aux Musées  royaux des Beaux-Arts, site incontournable dans la découverte de Bruxelles. Je me promenais dans les allées, regardant attentivement les tableaux et les sculptures. Tous constituaient à mes yeux de véritables et magnifiques œuvres d’art. Cependant, une seule attira vraiment mon attention. Il s’agissait d’un tableau de Xavier Mellery, peintre d’allégories symboliste belge, La chute des dernières feuilles d’automne. Cette peinture m’a parue différente de toutes les autres : elle mêle bonheur et tristesse, vie et mort, lumière et obscurité. U
 ne pure merveille !
   Cette œuvre représente des feuilles tombant d’un arbre en automne. Au premier plan, nous pouvons apercevoir ces feuilles, elles sont au nombre de trois. En réalité, il ne s’agit pas de véritables feuilles, mais de femmes représentées sous cette forme. Nous sommes ainsi en présence d’une personnification. Celle-ci se manifeste, de la part du peintre, par la manière dont sont peintes les robes portées par les femmes. En effet, ces vêtements présentent des nervures identiques à celles présentent sur les feuilles. De plus, elles sont plutôt froissées et très sombres puisqu’elles arborent une couleur allant du gris au marron_rouge très foncé, presque noir. Tout cela est également caractéristique d’une feuille en fin d’automne. Les trois « personnages » constituent l’élément essentiel de l’œuvre, c’est pour cela qu’ils sont représentés au premier plan. Toutefois, les autres « objets » présents ont aussi de l’importance. Au second plan, nous pouvons distinguer la présence d’une b
 ranche d’arbre. Son rôle est capital puisqu’elle permet la compréhension de  l’image. En effet, comme nous l’indique le titre de l’œuvre, les feuilles d’automne tombent, il était donc nécessaire, pour que cela soit compréhensible pour les observateurs potentiels du tableau, que le peintre introduise un arbre ou au moins une branche d’arbre. Nous notons également la présence d’une forêt, cela nous permet de bien nous situer dans le lieu où l’œuvre a été constituée, c'est-à-dire dans les bois, au milieu d’une multitude d’arbres. Ceci n’est pas un détail, cela met en évidence que ce que cherche à montrer le peintre n’est pas spécifique à un seul et unique arbre, mais qu’il en est de même pour beaucoup d’autres. Il s’agit donc d’une vérité universelle. Enfin, il y a une grande toile d’araignée placée au milieu du tableau, juste derrière les trois femmes. Pour finir, le troisième plan n’est composé que par le fond du tableau. Ce fond est monochrome, il est d’une couleur un peu be
 ige. Il contribue à mettre une touche de lumière dans le tableau, il s’agit de la seule source de lumière observable. Cela contraste assez fortement  avec la couleur très sombre de tous les autres éléments de l’œuvre. Ce choix de couleur pour le fond permet la mise en valeur du reste du tableau, de le faire ressortir. Le peintre a choisi de nous présenter son œuvre de face, de manière à ce que l’on puisse en distinguer nettement les différents éléments la constituant.
   J’admire beaucoup cette œuvre. Il y a de nombreuse raison à cela. Pour les mettre en évidence, je vais vous décrire les sentiments que j’ai ressentis en apercevant ce tableau pour la première fois et surtout la manière dont je l’ai interprété. Il ne s’agit cependant que d’une interprétation  personnelle. A mes yeux, il y a tout d’abord  un contraste dominant  et dirigeant le tableau : la vie s’oppose à la mort ! En effet, les feuilles tombent de l’arbre, nous pouvons en déduire qu’il s’agit d’une représentation de la fin de l’automne, presque du début de l’hiver. C’est pour cela que je pense que l’œuvre exprime la mort, mort de la végétation dans la froideur de l’automne. Cela peut également expliquer le fait que le peintre n’a pas mis de lumière dans les éléments constituant le tableau .Grâce  à la personnification, j’ai pu conclure que nos vies sont en fait comparées a celle de feuilles. Cela met en valeur notre fragilité. J’ai beaucoup apprécié cela car le peintre nous
 ouvre les yeux sur la réalité de nos vies. C'est-à-dire que nous sommes fait pour mourir .Nous sommes aussi petits et fragiles dans l’univers que des feuilles sur la Terre. Le peintre nous entraîne ainsi dans des réflexions métaphysiques à travers sa peinture. Il nous amène donc à réfléchir sur la réalité présente, je n’avais jamais ressenti une telle impression auparavant en regardant un tableau et j’ai trouvé cela extrêmement intéressant d’avoir la possibilité de réfléchir sur ma vie a travers une image. Tout cela est accentué par le fait qu’une des femmes se raccroche à  la toile d’araignée avec sa main droite .La toile d’araignée représente selon moi, par sa forme, le tourbillon de la vie. Cette femme se raccroche donc à la vie, mais cela est inutile. Une toile d’araignée est fragile, les fils vont casser ; c'est-à-dire que sa vie va se « rompre ». Nous avons là encore une image de la fragilité de nos vies. La troisième femme est au dessus des deux autres. Elle est encor
 e attachée à l’arbre par l’un de ses doigts. Son regard fixe attentivement les deux autres femmes, ce qui l’attend. Il s’agit là encore d’une image illustrant le fait que la mort concerne tout le monde. Nous avons donc une image de la mort, mais elle n’est pas excessivement brutale puisque le peintre l’adoucit en représentant la notion d’entraide dans la mort. Nous pouvons voir cela puisque deux des trois femmes se tiennent dans leurs bras. Cela met en évidence un soutient moral et physique dans la mort. Le peintre nous amène encore une fois à réfléchir puisqu’il représente l’entraide entre les hommes dans le besoin. Cela a énormément d’importance pour moi car ce fait est de plus en plus absent dans nos vies actuelles. En effet, les hommes sont de plus en plus égoïstes et ne viennent pas toujours spontanément au secours des plus faibles. Ce fait me semble essentiel à améliorer. J’ai beaucoup apprécié d’être entraînée à réfléchir sur ma conduite dans ma vie de tous les jours.
  Je trouve cela remarquable et je considère le peintre plutôt courageux d’oser exprimer de telles opinions, certes indirectement, mais cependant d’une manière nette et précise. Ce qui m’a donc le plus plu dans cette œuvre est d’avoir l’opportunité de réfléchir sur mes habitudes et ainsi de me remettre en question. Peut-être que si une majorité d’hommes s’interrogeaient en regardant des peintures comme celle-ci, le monde serait meilleur et plus juste !

 

 

208.       Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux (1822) Louvre (24)

 

Le soleil commence à se coucher, c’est le moment idéal. Je m’installe à une distance certaine afin de rassembler sur ma toile tous les éléments de ce magnifique paysage. Au centre de tout, un arbre. Un arbre mort, s’imposant par son envergure au dessus de multiples souches et brindilles. Il prend racine dans un tumulus qui, d’après mes connaissances, date de l’époque des Huns. De là où je me suis installé, il est formé par des branches épaisses et fragiles, telles des bras énormes asséchés par le temps et ses caprices. Les multiples mains de ces bras tiennent une feuille par-ci, une autre feuille par là, caractérisant une idée de la mort. Sa couleur me paraît très sombre mais lorsque je me déplace, il prend tout de suite une couleurs orangée dédiée au soleil, et rendant ainsi à cet arbre, toute sa splendeur !
Ce tableau, je tiens à le réussir de la plus belle manière possible ! Je désirerais obtenir sur ma toile, un paysage qui caractérise parfaitement la mort. Mais ce paysage est incomplet. Je cherche donc l’élément manquant pendant que je commence mon travail. Tout à coup, j’entend un bruit qui perce le silence, un bruit d’oiseau. Je me redresse et voit arriver du lointain, une volée de corbeaux, formant des taches noires dans le ciel magnifique du crépuscule. Voici donc mon élément ! Enfin ! Certains commencent à former un cercle autour de l’arbre, d’autres se posent sur une branche, faisant tomber quelques fois une feuille. Quel paysage, un arbre mort, un tumulus renfermant la sépulture du héros du peuple Huns, des corbeaux, j’ai ici, tout ce dont j’ai besoin pour bien réussir ma toile. Néanmoins je vais y ajouter une touche d’espoir, en rendant le lointain, baigné de lumière, comme un symbole de la vie éternelle, tout comme la présence de ce belle cité d’Arkona, et les falais
 es crayeuses de Rügen, me rappelant ma tendre enfance. Il faut conserver en soi cette pureté d’enfant car une véritable œuvre d’art ne peut sortir que d’une âme pure. Cette toile va donc exprimer la quintessence de ce qui symbolise la vie et la mort en opposition, la mort étant dans ce magnifique spectacle, supérieure à la vie. Voilà ce qu’au font de moi j’espérais ! Je fixe le paysage de manière très attentionnée, et le replace sur ma toile. Etant resté longtemps ébahis par la splendeur de ce que j’ai devant les yeux, je ne peux travailler suffisamment longtemps à cause du soleil qui se couche. Je décide de rentrer alors. Après avoir rangé mon matériel et avoir pris la direction de ma demeure, je vois toujours cet arbre devant moi, et les corbeaux qui tournent autour, je me vois hypnotisé par la beauté de ce paysage. La nuit, j’en rêve et le matin, je suis impatient de pourvoir de nouveau le contempler et de le peindre.
Finalement, le soir arrive, et je m’en vais continuer mon œuvre. Une fois installé, je regarde devant moi, longtemps. Ce n’est seulement que quelques minutes plus tard que les corbeaux arrivent. J’ai remarqué qu’il sont moins nombreux que le jour précédent, tout comme le nombre de feuilles sur les branches, mais qu’importe ! Le paysage est comme une personne à qui j’aurais demandé de poser : il est très expressif. Cependant, il subsiste une grande différence, c’est que le personnage, on peut le commander, alors que la nature, on ne peut pas. Pour avoir une  œuvre parfaite, il faut aimer la nature et accepter le fait qu’on ne puisse la diriger. De toute manière, même si la nature se rebelle, le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il a en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui. Aucune œuvre n’est le fruit d’une retranscription d’image, il y a toujours une part de soi. Deux artistes peindraient le même paysage mais leur œuvres ne seraient pas pareilles. Après cett
 e réflexion, je reviens sur mon œuvre et la continue. Chaque soir à la même heure je reviens à cet endroit. Toujours le même spectacle à contempler, à admirer les mêmes éléments. Toujours la présence de ces corbeaux et de ce soleil couchant. Toujours la même ville au loin et les mêmes sentiments que le jour précédent. Toujours pareil jusqu’au moment où l’œuvre s’achève.
Elle est magnifique ! En la regardant, j’ai les mêmes sentiment que sur le terrain, les mêmes émotions ! De temps à autre, il m’arrive de retourner voir cet arbre. Plus les jours passent, plus il se voit dépourvu de ses feuilles. Les corbeaux quant à eux sont toujours présents. Il sont associés à cet arbre.
Cette œuvre n’est pas une simple représentation d’un paysage, et je tiens à ce qu’on l’interprète comme une réflexion sur la mort, qui domine ici. Elle sera montrée au grand public.
Honnêtement, pour moi, cette œuvre aura été plus qu’un simple tableau, elle m’aurais aussi montré la beauté de la nature, même quand elle caractérise la mort. Je me souviendrais de cet arbre jusqu’à la fin de mes jours, je me souviendrais de ces corbeaux, de ce ciel et de ce soleil. Comment oublier un tel paysage, si expressif, si magnifique et sinistre à la fois ? Comment ?! A chaque fois que je vois un corbeau près de ma fenêtre, ou un arbre dépouillé dans une cour, je revois immédiatement ce paysage magnifique ! C’est une scène reposante qui nous inspire la paix par la mort. Je me sens reposé donc, chaque fois que je me rend en ce lieu, presque à chaque crépuscule. Quelques fois, le vent souffle et le bruit des branches qui se frôlent entre elles, me berce. Cela montre l’expression du calme. C’est cela même ! Cette scène est la représentation même du repos, de la mort. L’arbre aux corbeaux est synonyme de repos éternel.

209.       Jacques-Louis David Marat assassiné Louvre(17)

 

Samedi dernier, dans la soirée, nous sommes allés dîner chez un ami de mon père, M.Richter. On nous installa dans un très beau salon puis on nous apporta des amuse-gueule pendant que M.Richter et mon père conversaient. Quelques minutes plus tard, M.Richter nous proposa de passer à table ; bonne fille éduqué que je suis, je demandai à ce que l’on me conduise aux toilettes afin de me laver les mains. Et c’est en me dirigeant vers ce couloir que je tombée en extase devant la reproduction d’un tableau assez particulier portant le titre de : « Marat assassiné » de Jean-Louis David, exposé au musée du Louvre.
En effet au lycée, notre professeur d’histoire nous avait évoqué le personnage de Marat dans l’histoire de la révolution française. Après m’être aperçu qu’il s’agissait  de la peinture  de Marat assassiné, en regardant la petite indication au bas du tableau, mon attention a été tout de suite captivée. Ainsi, je me mis à la découvrir petit à petit de façon détaillé, c’est à dire élément par élément.
Le titre du tableau « Marat assassiné » ne semble pas cadrer avec la réalité qui s’y trouve présentée. En effet, l’homme n’est pas peint comme si on voulait restituer le théâtre du crime, mais disposé comme doit-être celui devant qui il convient de s’incliner. Les indices de l’assassinat, tels que le couteau au manche rougi, la blessure fatale au thorax, l’eau dans le bain …, sont plongés dans l’obscurité ; la lumière met en évidence la tête inclinée de Marat et ses bras, puis son matériel de travail. Aucun indice ne permet de déceler un quelconque signe de violence, rien dans les accessoires n’indique un effort de résistance aux coups portés : pas d’eau renversée, en tout est en ordre De plus, le visage de Marat sur lequel se dessinent ses yeux mis-clos et sa bouche entrouverte, n’exprime aucune douleur.
En un mot, Marat n’est pas affalé dans quelque sanglant désordre destiné à susciter colère ou pitié, mais semble se reposer.
L’image de Marat présente un corps sain, musclé et en bon état. Il paraît presque immaculé cependant avec pour seul marque la cicatrice provoquée par le coup de poignard porté sur la clavicule. L’ œuvre est brossé de telle manière que le personnage lisse et fortement modelé par l’éclairage, s’enlève sur un fond obscurci pour qu’éclate toute la blancheur du turban. Ainsi nimbé de ce linge ajoutant aux sentiments du visage, il rappelle une mise au tombeau. Et le drap le long duquel pend le bras se transforme en suaire.
Erigée de la sorte, le scène se dispose à rester gravée dans ma mémoire. Mais pourquoi ce souci ?
Le décor pourtant réduit au minimum, sont fermement établi avec une baignoire et une caisse ; on constate même que la plupart des lignes sont horizontales. Cependant, ces accessoire conservent au tableau une fonction de propagande, de « publiciste ». D’une part, la plume à encre située prés de l’encrier, est à la verticale de l’autre plume que Marat tient au main. D’autre part, au niveau de la main droite, l’opposition entre la plume ( arme intellectuelle) et le couteau ( arme blanche) énonce la vérité : Marat était un martyr de la révolution. Il est mort pour une cause souvent juste pour ses droits. De plus, c’est quelqu’un qui pour avoir donné sa vie, gagne du public un certain respect et une certaine reconnaissance.
La position de Marat, la tête inclinée et les bras pendants s’apparentent à la mort du Christ. La plaie sous la clavicule est un élément qui fait penser à la scène du Christ après la crucification. Marat et le Christ sont deux martyrs dont la mort constitue un sacrifice nécessaire pour le salut de l’humanité.

L’image ne suscite en moi ni pitié ni révolte mais plutôt une considération envers le personnage mais surtout envers le peintre : au lieu de réaliser une peinture qui met l’accent sur le caractère ignoble du crime, a réalisé une peinture qui donne une « une grande dimension » à Marat.  

210.       Eugène Delacroix Jeune orpheline au cimetière Louvre (4)

 

 Il devait s’être écoulé sept heures depuis notre départ de Paris. Géricault, qui devait m’accompagner jusqu’à Marseille, me fit savoir qu’il avait faim et que les secousses du vieux carrosse que nous avions loué place du Trocadéro commençaient par l’agacer. Nous descendîmes donc à la première auberge qui se présenta pour nous restaurer.
Repus, il nous parut préférable de ne reprendre la route que le lendemain à cause du soleil du sud qui nous assommait littéralement. Mon ami partit faire une sieste et je décidai d’aller seul en promenade, comme il me plaisait tant. Dans ce pays, non loin des terres où j’avais passé mon enfance, je me sentais bien. Les couleurs, les bruits, la chaleur, tout en cette campagne me rappelait mes années d’innocence.
Je passais près d’un petit cimetière comme celui où devaient reposer mes parents, quand j’entendis des sanglots qui m’intriguèrent. Là, en haut d’une petite colline, se tenait une jeune fille, les yeux brillants de larmes. Son doux regard était tourné vers une tombe de granit. L’expression qui marquait son visage me rappelait mon propre désespoir à la mort de ma mère. Je décidai d’aller lui parler. Sans jamais détacher les yeux de la pierre, elle me conta son malheur. Son père était mort en Russie dans la grande campagne de Napoléon. Sa mère, atteinte d’un mal peu connu, venait de décéder faute de soins. Puis elle se tut. Ne sachant quoi dire et épris d’un vif sentiment de compassion, je pris une feuille vierge pliée dans ma poche et un fusain pour dessiner cette expression de désespoir que je connaissais bien.
Quand la nuit fut venue, nous étions encore assis tous deux dans l’herbe sèche et jaune du midi. Elle fit un geste pour se lever. C’est à ce moment-là que je lui proposai de venir avec moi à l’auberge où nous attendait Géricault, dans le but de finir mes croquis d’elle le lendemain avant de repartir.