Concours "des mots pour voir"
session 2004
Textes en français langue maternelle
catégorie A (de 14 à 16 ans et demi)
DEUXIEME SERIE
De
114 à 210 Textes reçus avant le 13/ 3 /04
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114. Germain Eblé,sans titre, septembre 1932 Papier au gélatino bromure d’argent Eble
La photographie
La petite Françoise jeta un regard désespéré vers la fenêtre : la pluie ne s’arrêtera
donc jamais ? Elle ne pourra pas jouer dans le jardin de son grand-père. Que
pourrait bien faire une fillette de dix ans par ce jeudi de février 1962 ? Mais
évidemment le grenier ! C’est l’endroit idéal ! Elle monta le plus vite
possible l’escalier et poussa la lourde porte. Elle vit des meubles anciens qui
ressemblaient à ceux de son livre d’histoire mais ils étaient recouverts de
poussière. Elle aperçut trois cartons et décida de commencer son exploration
par-là. Elle tira le premier et éternua. Un nuage gris avait suivi ce
déplacement. A l’intérieur elle trouva des albums photos. Elle reconnut sa
mère, son père, ses oncles et tantes, ses grands-parents et même ses
arrière-grands-parents. Elle inspecta ainsi les trois cartons et s’amusa follement
au jeu des ressemblances. Et puis elle trouva au fond du dernier carton, sous
le dernier album une photographie dont elle ne connaissait pas le s
personnages. Une photo, de famille dont les membres avaient une expression de
gravité. Intriguée, elle l’emporta et descendit.
Elle trouva son grand-père endormi dans le fauteuil. Elle l’aimait bien, il
était gentil : il lui donnait plein de bonbons et avait même accepté de la
garder tous les jeudis. Pourtant elle n’était pas toujours sage. Elle savait
qu’il ne fallait pas interrompre sa sieste mais la curiosité était trop forte :
« Grand-père Germain, grand-père Germain » hurla Françoise en le secouant de
toutes ses forces. Il ouvrit les yeux et commença à la sermonner. Elle
l’interrompit et dit de sa voix enfantine : « C’est qui, sur la photo ? » Elle
observait son grand-père avec des yeux avides de savoir et elle vit qu’il
n’était plus fâché. Son regard pétillait et il la prit sur ses genoux.
« Là, tu vois ma chérie, c’est Emile. Nous étions dans le même bataillon lors
de la première guerre mondiale en 1914. Il était de la Somme, comme moi, de
Doullens précisément. Ce n’est pas très loin d’ici, je te montrerai si tu veux.
Nous avons été au front ensemble, combattu les boches ensemble, dormi dans la
boue parmi les rats ensemble. Des choses comme celles-là ça ne s’oublie pas,
nous étions les seuls survivants de notre compagnie. Ils sont tous morts soit
sous les obus, soit dans les tranchées, soit des gaz. On était des rescapés.
Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.
Après la guerre en 1918, j’ai repris la boutique de mon père et suis devenu
photographe. Emile, lui est retourné à l’usine Saint Frères de Doullens où il a
rencontré Victorine. Une femme merveilleuse, forte, courageuse. Ils se sont
mariés en 1920, oui c’est ça en juin 1920. Ils étaient heureux avec leurs
enfants, pauvres mais heureux. Emile avait toujours le sourire aux lèvres, même
après une rude et longue journée de travail à l’usine. Un sacré bonhomme.
En 1932, je leur fis le cadeau dont ils rêvaient. Je leur proposai de prendre
une photographie de leur petite famille. Ils n’avaient pas d’argent à consacrer
à ce plaisir superflu et ce fut une très belle surprise. Je me souviendrai
toute ma vie de ce jour. Pour cette grande première, ils sont arrivés en habits
du dimanche. Ils étaient graves. Les enfants n’avaient jamais été aussi calmes
et je crois que c’est le premier et le dernier jour de mon existence où j’ai vu
Emile sérieux.
Regarde ! Voici Robert à la droite de son père. C’était le petit garçon modèle
: sage, poli, intelligent, toujours prêt à rendre service… Sur les genoux
d’Emile c’est Raymonde. Haute comme trois pommes elle n’arrêtait de bouger et
de parler que pour dormir ! Louise, à peine âgée de six mois, n’a pas pleuré
dans les bras de sa mère. A gauche de Victorine c’est le jeune Alfred. L’opposé
de son frère : un petit polisson qui ne ratait jamais l’occasion de faire une
bêtise. Derrière, on voit Marcelle, une jeune fille timide et réservée qui
était l’inverse de ta mère. C’est peut-être pour cela qu’elles s’entendaient si
bien et ne se quittaient pour ainsi dire jamais. Viens enfin Paulette qui avait
deux ans de plus que tu n’as aujourd’hui et qui assumait déjà son rôle de
petite femme de la maison. Tu comprends maintenant ? »
Françoise acquiesça et demanda : « Mais dis grand-père Germain, tu t’es fâché
avec Emile ? Pourquoi ne vient-il jamais te voir ? » Le regard de son
grand-père se voila et il sembla vieillir de dix ans sous l’effet d’une grande
tristesse. « Le lundi 7 août 1944, une vague de bombardiers, anglo-américains a
survolé Doullens. Leur but était de détruire la ligne de chemin de fer pour
ralentir l’approvisionnement des Allemands. Ils bombardèrent toutes les maisons
environnantes. L’alerte donnée, toutes les familles coururent aux abris. Une
bombe tomba près de la cité ouvrière, sur l’entrée d’un abri et y bloqua une
vingtaine de personnes qui moururent étouffées. Emile et sa famille étaient de
ceux-là. »
115. Pierre Petit, Vue de Saint Cloud Papier albuminé Petitstcloud
14 octobre 1870 :
Aujourd’hui j’ai décidé d’aller photographier la ville sous tous ses aspects
pour montrer les atrocités de la guerre. Franck ne voulait pas m’assister de
crainte que les bombardements reprennent.
Cela fait un mois, jour pour jour, que Paris est assiégé par les Prussiens et
ST Cloud en première ligne des armées Allemandes. Hier, le 13 octobre 1870, les
Prussiens ont tout bombardé ; ce jour restera un jour historique.
J’ai pris un sac avec tout mon matériel et je suis parti. Ce n’était pas
évident, entre le pied à transporter, la fragilité de certains matériaux comme
les plaques de verre…mais j’ai continué. Finalement Franck était venu. Nous
n’avons pas eu besoin d’aller loin pour prendre des photos.
A peine sorti, on vit des enfants qui hurlaient en voyant, allongée par terre,
leur mère dans un linceul déjà sali par tout le reste. Je décidais de prendre
cette photo pour illustrer la douleur qu’ils ressentaient et faisaient passer
par leur visage ou leurs cris. Le temps de tout installer, cadrer la photo,
ranger le matériel m’avait déjà pris une bonne heure.
Il y avait aussi des gens qui pleuraient en voyant toute une vie détruite en si
peu de temps. C’était horrible d’assister à tout ça.
Franck et moi avons continué tout en observant en silence cette ville
anarchique. Impossible de dire un mot tellement c’était affreux. Soudain Franck
s’est arrêté et a observé deux immeubles dévastés avec toutes ces affaires
détruites. On pouvait remarquer toute la vaisselle éclatée en mille morceaux
sur le sol, la moitié de la salle de bain était arrachée, tous ces habits qui
traînaient partout. La vie de ces gens là était à découvert, plus aucune chose
à quoi se raccrocher.
Je sus que c’était cette photo qu’il me fallait prendre. Je trouvais que ces
immeubles reflétaient la guerre. C’était le lieu parfait. En faisant un bon
cadrage, on les mettait en gros plan ; en arrière-plan, un bref panorama de la
ville qui montrait que cela ne s’arrêtait pas là, puis sur la gauche cette
lampe intacte. Elle avait échappé aux bombardements et elle était là, pour que
même la nuit, en éclairant les ruines, on se rappelle le malheur de la guerre.
Tout comme cette photo nous le rappellera 10ans après.
Franck a installé la chambre noire sur pied pendant que je contemplais ce
désastre. Je fis la mise au point, pris la photo, et Franck et moi sommes
rentrés avec une photo qui, je le sentais, fera le tour du monde.
116. Théo Rysselberghe L’homme de barre van_rysselberghe_pêcheur
Je suis le pinceau de. Il ne me quitte jamais, il m’emmène partout avec lui. Il
me confie tout ce qu’il a sur le cœur ; je peux ressentir l’énergie qu’il
dégage rien qu’au contact de ses doigts sur moi.
Il avait 23 ans quand il décida de voyager au Maroc, au Proche-Orient…pour se
familiariser dans les techniques d’art des pays différents de sa culture. Il
fut accompagné d’un proche ami : Seurat, que j’aime beaucoup à cause de sa
technique du pointillisme. D’ailleurs c’est grâce à lui que Théo laissa tomber
l’impressionnisme pour le pointillisme qui est un procédé pictural consistant à
juxtaposer sur la toile de minuscules taches de couleurs pures.
Ce jour-là, nous traversions la mer Méditerranée. D’un coup, le vent se mit à
souffler, les vagues à se déchaîner. Seurat prit immédiatement la barre et
combattit la tempête. Il nous ramena à la rive au bout de deux heures.
Je sentais Théo songeur, quelque chose le tourmentait, il était captivé par ce
qu’il voyait. De sa poche, je sentais son cœur prêt à bondir hors de sa
poitrine.
Dès notre arrivée, il prit une toile, de la peinture et bien sûr, moi. J’étais
tout excité à l’idée de me tremper dans la peinture à peine sortie du tube et à
me frotter contre la toile. Mais bien évidemment, comme tout peintre qui se
respecte, il fallait esquisser d’abord le tableau. Je frémissais d’impatience
en voyant le crayon laisser sa marque. Quand ce fut mon tour de toucher la
toile, j’explosai de joie. Théo me prit, me trempa dans la peinture et commença
à me taper contre la toile. Il me tapait, me tapait ; il recréait la tempête.
Il me replongea dans la peinture et non dans la mer, et avec un moment d’hésitation,
il me frappa contre la toile. Après ce geste violent, il s’arrêta net, fixant
le tableau avec passion. Au bout d’un moment, il me reprit et commença à
mélanger des couleurs de plus en plus sombres. Avec celle-ci, il représenta son
ami Seurat combattant la tempête.
Le tableau pratiquement fini, il se rapprocha à au moins cinq centimètres de la
toile et remplit les trous oubliés ou égarés.
Quelques années plus tard, on exposa notre tableau au musée d’Orsay. Ce fut un
grand moment de joie pour nous trois.
117. Théo Rysselberghe L’homme de barre van-rysselberghe-pêcheur
UNE TEMPÊTE EN MER
Théodore Van Rysselberghe était mon ami depuis de longues années. Il aimait
beaucoup les voyages, il partait souvent au Proche-Orient pour acquérir de
nouvelles techniques d’art. En 1885, il était âgé 23 ans ;ce jeune homme aimait
l’aventure et pour son dernier voyage au Maroc, il voulait faire quelque chose
d’ inoubliable. Il avait déjà une idée ! Théo me demanda de l’ accompagner pour
traverser la Mer Méditerranée en bateau à voile !
Alors, on partit un matin très tôt pour arriver au port du Maroc en début
d’après-midi. Malheureusement notre voyage ne se déroula pas comme prévu. La
pluie commençait à tomber et quelques heures plus tard c’était la
tempête, nous étions en pleine mer et elle était déchaînée ; et là Théo me dit
: « prends la barre », c’est alors que je le vis sortir son appareil à
photo et me prit essayant de lutter contre les vagues. Après de longues heures
de galère, nous arrivions enfin à destination. La première chose que fit Théo
en arrivant au part du Maroc : développer les photos. A son retour en France,
il regarder ses photos, elles étaient en noir et blanc mais il se souvenait
très bien des effets de couleurs de la mer. Pour se rappeler toujours de
son dernier voyage il allait peindre une des photos. Son choix était
fait, il allait reproduire celle où je combattais la mer « en colère » .Théo
s’enferma dans son atelier pendant des heures chaque jour.
En 1892, il vint me voir pour me montrer son œuvre terminée. Il me demanda de
lui donner mon avis. Les couleurs et la lumière étaient pures. Il était
beaucoup inspiré par le pointillisme( procédé pictural consistant à juxtaposer
sur la toile de minuscules tâches de couleurs pures). Le moindre détail se
voyait sur le tableau, même un bateau se distinguant à peine sur la
photographie. Sa représentation montrait bien l’expression de l’ombre et des
reflets des vagues. Théo avait 30ans lors de sa représentation et même si les
années étaient passées, il se rappelait très bien de notre traversée
mouvementée ! Après lui avoir donné mon avis, Théodore était sûr de lui, il
allait exposer son tableau. Et peut-être allait il connaître la célèbrité…
118. Photographie de Véronique Vercheval V14
C’est évident et décidé :
C’est la fin. Je ne vois d’ailleurs pas comment cela aurait pu en être
différemment. Je signerai bientôt la fin de tout ce qu’il me reste au monde :
Ma vie. Celle d’un pauvre palestinien qui a perdu sa famille, ses amis, et qui
a perdu ses biens, tous envolés vers le ciel tels des colombes regrettées, et
dont le retour n’est aujourd’hui plus possible.
De si belles colombes, oui, synonymes de paix, de beauté et d’âmes pures, qui
dans notre région ont laissé depuis bien longtemps et peut-être pour
l’éternité, la place à la guerre, la haine des frères de Palestine, aux
conflits permanents et à la laideur de cette marée destructrice. Que sommes
nous ? Que sommes nous devenus ? Nous pauvres hommes broyés, face à toutes ces
décisions, tous ces arrangements et toutes ces guerres entre états ? Rien pour
eux, et pourtant, à notre niveau nous sommes tout.
J’ai à peine vingt-cinq ans, c’est déjà vieux dans ce monde de mort et de
souffrance, et c’est à la fois jeune pour mourir. Mais au point où j’en suis,
choisir la mort devient presque naturel, évident. Je ne suis pas du même avis
que mes frères, qui eux ont choisi de devenir des kamikazes. Je sais la
pauvreté de ces sentiments vengeurs, mais je sais également qu’en face, j’ai
des amis, et aucune haine ne couve dans mon cœur, juste de la fatigue, une
fatigue douloureuse : la guerre est un fléau trop horrible et trop vicieux . Je
préfère m’envoler simplement plutôt que de me laisser prendre à ce jeu qui
consiste à mourir en emportant avec soi des dizaines de pauvres innocents. Je
ne sers à rien sur cette terre ravagée à présent, et peut-être d’ailleurs que
je n’ai jamais servi à rien. Tout du moins, je pensais le contraire et, si vous
pouviez vous imaginer comme c’est dur de passer de presque rien à moins que
rien, vous m’eussiez plus aisément compris.
Je ne sais plus où je suis. Certes, physiquement je me trouve à Jéricho, cette
ville que j’aime et dont je connais chaque recoin, ou plutôt connaissais, car à
présent, après tous ces bombardements, toutes ces destructions volontaires en
représailles aux attentats de mes frères devenus fous, tous ces combats qui
l’ont défigurée, je ne suis plus en mesure de dire que je connais cette ville.
Je marche dans des ruines, qui, à elles seules, représentent la moitié de ma
ville.
Je regarde à mes pieds : J’ai certainement trop honte et trop peur d’affronter
en face cette réalité : cet enfer devenu mon quotidien et celui de tous les
autres gens comme moi, qui doivent être des milliers las, fatigués, vides dans
leur têtes et dans leur cœurs. A présent, ma seule consolation est que cet
enfer bientôt pour moi n’existera plus. Dans ma lente progression, celle d’un
condamné, je vois, mises à part les pierres roussies par le feu et la
poussière, des objets brisés et brûlés qui se trouvent devant moi, étalés çà et
là. Une tête de poupée séparée de son corps attire mon attention et me fait
penser à la jeune fille qui devait jouer avec. Cette dernière a sûrement dû
subir le même sort, ou pire encore. Mais penser cela ne me fait plus de mal :
j’ai déjà été trop tailladé par la peur et la douleur de toutes ces pertes.
Ce matin-là, j’étais au plus profond de mon désespoir, ma décision était prise.
Aujourd’hui est mon jour, mon dernier jour. J’ai, dans la terreur de mes
insomnies, meublée par le passage des chars et des engins de démolition qui
continuent inlassablement leur oeuvre d’anéantissement, trouvé le courage, moi
le couard, le courage d’en finir. C’est sans doute pour cela que ce matin j’ai
une dernière fois levé les yeux devant mon monde, devant le monde. Je ne
l’avais plus fait depuis des années, je vivais les yeux vers le sol, vers la
honte.
Je les ai vues, ce fut fugace. Leur image a traversé mon œil, je ne l’ai pas
retenue puis, après quelques secondes d’absence, elle a claqué contre ma
rétine, mon cerveau, ma conscience.
Un baiser, une accolade de passion si intense, d’amitié, d’amour et peut-être
même d’espoir. Alors tout ne serait pas mort ici ? L’amour aurait-il réussi a
semer une graine qui germe sur les ruines, les pierres et la poussière dans la
sécheresse des cœurs envahis par la haine ? L’espoir serait-il de nouveau de
retour ? Je m’arrêtais net, troublé par ce spectacle qui changera ma vie, et
plus précisément ma mort. Toutes ces questions dont les réponses me semblaient
évidentes, gravées dans mon cœur blessé et mon esprit troublé ; toutes ces
questions qui trouvaient à cet instant une autre solution, qui me paraissait
indubitablement plus vraie. Je me trompais : l’espoir est permanent. C’est l’un
des sentiments les plus indestructibles qui existe au monde. Mais cette image
ne m’a pas fait réfléchir que sur ceci : Ma raison de vivre était littéralement
revenue en voyant ces deux femmes s’étreindre à n’en plus pouvoir, toutes deux
souriantes, heureuses. Ce fut un moment si fort qu’i
l fut même sur le champ immortalisé par une photographe européenne,
apparemment aussi passionnée que moi…
Que dis-je ? Je m’égarais : personne ne pouvait être aussi attiré, absorbé,
impliqué, extasié que moi en cet instant. Je retrouvais le goût de vivre, je
retrouvais l’amour, l’espoir, je redécouvrais mon avenir et mon présent, autant
que j’approchais le passé d’une manière différente. L’amour est résolument plus
fort que la guerre. La preuve, c’est lui qui par la suite m’a permis de vivre
malgré tout, de continuer mes études pour défendre mon peuple de toutes ces
injustices guerrières et peut-être d’en réfréner les dramatiques conséquences.
C’est l’espoir qui m’a donné cette puissance inespérée, qui m’a donné la
possibilité de discuter avec mes frères d’en face de la paix, de l’avenir. Je
dois ma vie entière, ainsi que beaucoup d’autres, à l’amour, à l’espoir, qui
sont les seules armes efficaces avec l’intelligence, pour supporter et changer
les conflits, les guerres.
Alors, si je dois donner une dernière parole, c’est à ces deux femmes qu’elle
s’adressera, et ce serait une ovation, leur ode, à elles seules qui portent en
elles une force impérissable, d’une puissance incontestée, qui vivent à présent
heureuses et ne se soucient plus de la guerre, ou que très peu. A elles qui me
redonnent une autre vie et me tendent un marchepied qui m’a permis de vivre
heureux avec mes frères, et de transformer cet enfer en un véritable paradis de
vérité.
119. Félicien Rops L’Attrapade
C’était un jour durant les vacances d’été, je visitais les
Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles et soudain je vis ce merveilleux
tableau, avec cette femme au premier plan ; elle était habillée sans doute
d’une robe de soirée, rose, elle portait des gants blancs qui lui arrivaient
presque jusqu’aux coudes. Il devait faire chaud ce soir-là, car elle tenait un
éventail et sa robe sublime paraissait assez décolletée. On dirait qu’elle
quittait la soirée ou la salle puisqu’elle était quasiment au milieu des
escaliers, mais une femme l’interpellait certainement, c’est pour cela qu’elle
avait la tête tournée.
Quand j’admirais ce tableau, mon regard ne pouvait plus s’en détacher, j’étais
comme envahie. Ce qui m’avait frappé, au premier coup d’œil, c’était sa robe,
si belle que je m’imaginais la porter ; mais ce n’était qu’un rêve.
Les personnes qui étaient au deuxième plan paraissaient ne pas se préoccuper de
cette jeune femme qui descendait l’escalier de bois, elles continuaient à
s’amuser entre elles.
Lorsque j’ai vu ce tableau, je me suis dit que l’auteur devait aimer cette
femme pour qu’il la peigne ainsi au premier plan, à peu près au milieu du
tableau et quasiment au milieu de l’escalier ; je me suis dit aussi qu’il
aurait tout simplement voulu qu’elle le rejoigne, mais ces questions n’avaient
aucune réponse puisque j’étais la seule à me les poser et personne ne pouvait
me renseigner. Voilà ce que j’avais ressenti quand j’avais découvert ce
merveilleux tableau ; deux choses m’étaient restées en mémoire ; la position et
la tenue de cette femme qui paraissait heureuse, riche mais que personne ne
regardait alors que des milliers d’individus l’avaient admirée depuis qu’elle
était exposée à Bruxelles.
120. Félicien Rops Bougival rops_bougival
Collez votre texte ici :: Proche de Versailles, en bordure
de Seine, Bougival était pour nous un lieu de loisir et de détente. Nous
décidâmes ce dimanche de juillet de louer une barque et de partir à la
recherche d’une petite plage ombragée ou nous pourrions ensemble passer
l’après-midi.
L’endroit nous semblait parfait, à peine la barque fût-elle échouée sur la rive
que Léontine goûtait déjà à la tiédeur de l’eau, mais attendant Aurélie moins
prompte à la baignade craignant les rayons du soleil et la réverbération, elle
me demanda alors de lui déplier l’ombrelle l’ombre de boulots et des
aulnes ne suffisant pas.
Au contact de l’eau sur ces fines chevilles Léontine eut un léger frisson
d’excitation qui de bas en haut parcourut son corps, ceci eut pour seul
effet l’abandon total d’une de ses manche sur son épaule Effet auquel
elle ne fit point attention continuant d’avancer légèrement comme une
femme a l’encontre de son amant dans le lit de la rivière. Aurèlie quand a elle
s’était dévêtu mettant presque à nue son opulente poitrine et son corps aux
formes généreuses .Je la voyait observer sa consoeur.
Léontine et Aurélie Duluc étaient toutes deux couturières cela se
traduisait par l’étonnante élégance de leur toilettes toujours assorties ; et
tous les jours je découvrais avec amertume et passion leur charme et leur
sensualité sous les traits diverses de la beautés des soieries, des chapeaux et
autres accessoires tous ayant pour but de mettre en valeur leur corps de
femme jeune et frais. Sous la pale lumière des couleurs pastelles
du ciel, elles livraient à ma vue de magnifiques corps si différent des autres.
Soudain les éclaboussures des pieds de Léontine me tirèrent de ma rêverie.
Lorsque je m’apprêtais à installer l’ombrelle pour la charmante Aurélie
mes yeux se posèrent sur ces bas d’un rouge vif et intense contrastant
fortement avec la pâleur et la blancheur de sa peau d’enfant ,révélant ainsi la
splendeur de ses jambes aux formes attrayantes .Mon cœur se souleva lorsque
j’aperçu en me relevant la douceur des traits de nuque de Léontine .Bien
qu’elles furent toutes deux couturières je me laissait à penser que ce fut leur
seul point commun .Léontine paraissait plus légère naturelle et pudique .De
noir vêtue et d une élégance parfaite la finesses de son corps ne m’échappait
pas toutes parties intimes étant couvertes et cela n’enlevait point cette force
spectaculaire et mystique qui fait bondir le cœur des hommes. Aurèlie dans un
soupir détournait mon regard.A l’inverse de Léontine elle portait souvent des
toilettes aux couleurs claires alliées à la pureté éclatantes de
ces dessous vermeilles comme si leur caractère tout autant que leur façon de
s’h
abillée fut totalement inverse .Mon esprit se laissait plus
facilement prendre dans les filets de la jeune Aurèlie plus ouverte à mes
yeux ; car je sentait qu’elle voulait dévoiler en chaque instant toujours un
peu plus de l’extravagante beauté de sa chaire .Elle s’était d’ailleurs
assise face à moi tandis que Léontine plus aérienne le regard
charmé par la vision enchanteresse qui s’offrait à elle ; préférant les charmes
d’une vie moins superficielle que sa compagne.
121. Eugène Delacroix Jeune orpheline au cimetière 1824 huile sur toile louvre (4)
Mon orpheline
Par une belle journée d’été, je me promenais comme à mon habitude dans les rues
de Paris. Les rues grouillaient de passants presse, pour la plupart des
aristocrates dont l’emploi du temps ne leur permettait pas de flâner comme moi,
la bise légère effleurant mes cheveux. C’était une journée magnifique, unique,
pourtant je n’arrivais pas à me détendre entièrement. J’avais l’impression
étrange que le monde entier m’épiait. Ce sentiment de frustration était en moi
depuis quelques jours déjà et il semblait bien installé car quoique je fasse il
ne me quittait pas. Je connaissais bien une façon de faire partir ce mal-être,
la peinture. La seule vraie motivation de ma vie. A vingt-quatre ans, j’étais
le chef de l’école romantique et ce jour là, je ne savais que peindre… quand
soudain, je la vis. Tout comme moi, elle errait dans les rues de la capitale.
Je décidai de la suivre. Jamais je n’avais vu pareille beauté, elle était si
pure, si fraîche, si belle ! Elle s’engouffra dans une
ruelle qui nous amena devant l’entrée principale… d’un cimetière. Ma
belle inconnue s’arrêta quelques instants, hésitante, puis s’engagea dans
l’allée. Toujours suivant ma « proie », je la regardais. Presque apeurée elle
cherchait quelque chose ou plutôt quelqu’un. Elle s’arrêta devant une tombe,
s’agenouilla, puis sourit. N’y tenant plus je m’approchai d’elle :
« Pardonnez-moi, mademoiselle ? »
Elle se releva hâtivement et me dévisagea.
« Je suis confus, continuais-je, mais je suis peintre, et je n’ai jamais
vu un plus beau modèle que vous… »
Elle baissa la tête, gênée.
« Et donc, poursuivais-je, j’aimerais énormément que vous posiez pour
moi. »
J’écrivis rapidement mon adresse sur un bout de papier et lui tendis en lui
demandant de me contacter si mon offre l’intéressait. Un peu penaud, je fis
demi-tour la laissant seule dans ce lieu incongru.
Pendant près de trois semaines, j’attendis de ses nouvelles, guettent le
postier toute la journée. Enfin, une lettre d’elle me parvint. Elle acceptait
mon offre et me donnait rendez-vous au cimetière pour le coucher du soleil.
A l’heure dite, je pris mon matériel de peinture et me rendit au
cimetière. Elle était là, devant cette mystérieuse tombe, silencieuse. Quand
elle me vit, aucun mot ne sortit de sa bouche mais l’étonnement se lisait sur
son visage.
J’installai mon matériel et un tabouret sur lequel je lui demandais de
s’asseoir. Elle obéit, prudente.
« Prenez la pose qu’il vous plaît et ne bougez plus. »
Elle tourna alors la tête sur sa gauche, fixant le ciel, la bouche légèrement
entr’ouverte. Une fois de plus, sa beauté me frappa. Ses cheveux châtains
relevés en chignon, sa bouche rosée, sa peau claire et ses yeux bleus, tout en
elle me plaisait.
J’étalais alors sur ma palette toute une gamme de couleurs.
Tous les jours je retrouvais ma belle princesse et tous les jours je la
peignais sans qu’elle ne me dise un mot. Cela dura treize jours. Et le
treizième jour, enfin, sa voix douce s’éleva dans l’air :
« Toute ma vie j’ai cherché mes parents, car je suis orpheline. J’ai
toujours voulu savoir pourquoi ils m’avaient abandonnée. C’est tout simplement
parce qu’ils…, elle marque une pause, parce qu’ils sont morts lorsque j’avais
sept mois »
Elle pointa du doigt la tombe, celle de ses parents.
Ce récit, pourtant sans aucune trace d’émotion dans la voix de mon
orpheline, me bouleversa.
Après ces treize jours, je ne revis jamais mon orpheline, mais chaque jour je
me rendis sur la tombe de ses parents…
122. Delacroix Jeune orpheline au cimetière louvre (4)
Enfin mes yeux parvinrent à se détacher du tableau qui me faisait face,
et je pu alors découvrir l’identité de l’extraordinaire personne qui lui avait
donné naissance. Eugène Delacroix. Peintre du XIXe siècle, du mouvement
romantique. Bien sûr, cet artiste ne m’était pas inconnu mais bien que l’on
m’ait appris qu’il faisait partie des plus grands, j’ignorais cependant que je
serais un jour touchée à ce point par l’une de ses créations. De nouveau je me
mis à contempler intensément le tableau, si bien que malgré tous les visiteurs
du Louvre qui déambulaient de part et d’autre, parlaient et observaient autour
de moi, j’avais l’impression d’être seule. Aucun mot ne pourrait décrire
l’émotion que je ressentais, tellement cette sensation m’était étrangère. Admirative
je fus, et admirative je reste.
La cause principale de l’attirance que j’ai eu pour ce tableau ? L’émotion que
j’ai ressenti dans les traits du visage si fins et délicats ainsi que les yeux
si doux mais à la fois remplis de désespoir de la « jeune orpheline au
cimetière » comme l’indiquait le titre de l’œuvre. L’expression de son visage
tourmenté par le malheur que représente la perte d’une personne qui nous est
chère montre l’intense douleur qui l’envahie. Fascinée par son regard qui se
dirige vers le ciel, je perçois en lui une sorte d’appel au secours, de
détresse, comme si elle cherchait à parler à Dieu en implorant son aide afin de
trouver du réconfort ou une explication qui pourrait apaiser ses souffrances.
Je comprends alors que Eugène Delacroix à peint non seulement une femme d’une
rare beauté, mais il a aussi mis en avant une évidente force expressive. En
observant attentivement la toile, moi-même, encore novice en la matière, je
devine une excellente méthode de travail employée par l’artiste. En effet, si
je suis tant ébahie par les yeux de la jeune fille, c’est parce qu’il l’a voulu
; la femme est en premier plan et donc le sujet principal de l’œuvre. Son
chemisier blanc ressort au milieu des couleurs ternes du cimetière et de sa
robe. Les détails sont surtout accentués à partir de son buste et la lumière
inonde son visage dont l’expression est principalement concentrée dans le
regard. En deuxième plan, j’observe une perspective franche avec un ciel qui
apporte toute la lumière qui circule sur le visage de la pauvre orpheline. Le
ciel est bleu, blanc et jaune. Ses nuages dont les mouvements par des méthodes
de couleur et probablement de perspective qu’utilise l’artiste, av
ec, dirais-je, beaucoup de talent nous amène à regarder le visage. Ils sont
délayés et tirés en sens divers et cela me donne une impression de légèreté et
apaise la tension du sujet.
C’est en fait toute cette précision qui me plait dans cette peinture. En la
regardant, on remarque un travail minutieux réalisé avec la passion de l’art.
Je sus plus tard que l’artiste a peint cette œuvre fascinante de façon
indépendante, sans que l’on lui ai commandé, car autrefois les peintres
peignaient la plupart du temps des sujets choisis par d’autres. L’œuvre est
donc née d’une inspiration totalement personnelle de l’auteur, ce qui accroît
son charme.
Voilà donc comment, grâce à un extraordinaire peint tel que Eugène
Delacroix, une œuvre qui représente tout ce qui a de plus triste et contraire a
la vie (le cimetière : présence de la mort) devient une image merveilleuse qui
peut nous donner tant d’émotions tout en nous faisant apprécier l’art
davantage.
123. Peinture de Thierry-Loïc Boussard série sur New-York BO-NY2
J’ai découvert cette
image comme une vision dans un rêve imaginaire, très futuriste pourtant il
paraissait bien réel. On aurait dit un reflet un peu trouble de notre monde.
Voyez-vous ces immeubles? Si surélevés que leurs toits viennent presque
chatouiller les étoiles cachées par la nuit ténébreuse .Les angles de leurs
façades trace leur route rectiligne jusqu’aux cieux. Rien que ces quelques
lignes expriment l’autorité urbaine de ces édifices surprenants. Cette
incroyable verticalité traduite à la fois leur airs presque humains et hautains
car ils dominent tout mais aussi leur immobilité. Cet effet statique
aussi rendu par leur parallélisme donne à ces gratte-ciel des allures de héros.
Tout dans leur construction est carré sérieux et organisé. Même les milliers de
petites fenêtres sont de forme cubique. Malheureusement les pessimistes
penseront aux grilles de prison, aux barreaux des cachots à cause des petits
carrés qui se dessinent sur ces tours. Heureusement les optimistes verront le
symbole d’une ouverture de la vitre scintillante qui invite le soleil à renter.
Ces fenêtres qui ouvrent des milliers de portes sur le soleil, les oiseaux, le
s nuages, ou la vie .Sur tout un petit monde silencieux, calme,
mais pourtant si lumineux et si dynamique .Ces différentes petites touches de
couleur rendent un effet lumineux ou paisible selon les teintes utilisées. Le
bleu, le noir qui sont normalement des couleurs obscures, sombres, mauvaises
sont employées ici pour alléger, adoucir toute une atmosphère. Chut ! Tout le
monde dort au pays des rêves, les immeubles sont les gardiens, ils protégent
ceux qui les habitent. Le blanc ou les couleurs plus claires... Attention en ce
moment c’est la fête, les repas entre amis, les soupers en famille.
Imaginez...Les couverts, la chaleur humaine. Leurs murs renferment toutes les
odeurs ? Toutes les humeurs, toutes les paroles de ce qu’ils abritent. Respect,
partage, jovialité ! Les édifices sont toujours là, placides regardant au loin.
L’organisation du tableau rend leur orientation ou plutôt leur directions
similaires .Ils ont quasiment tous la même arrête visible. On peut imaginer
qu’ils ne sont pas seulement identiques par leurs fonctions mais aussi
par leurs structures. Il faut remarquer que le ciel presque noir par l’absence
de la lumière offre un curieux contraste avec le petit bleu clair t imide qui
réside entre les grandes colonnes, désignant encore une fois la protection la
clairvoyance et le calme de ces hôtes vraiment indispensable dans cette vie
imaginaire...
124.
Alfred Stevens, La lettre de rupture stevens_rupture
Marie habitait à Paris, où elle se rendit à l’exposition du
peintre belge, Alfred Stevens. Elle n’avait entendu que des louanges de ce
peintre surtout par son compagnon Paul, lui-même écrivain et très lié à Alfred
Stevens.
Ce peintre naturaliste introduisait parfois une note sentimentale dans ses
tableaux. Il donnait une image de la femme du monde au Second Empire. Marie,
très attirée par la peinture se rendit donc à l’exposition. Elle regardait les
tableaux du peintre avec beaucoup d’admiration et d’attention, mais elle en
remarqua un qui était posé à part, car il n’avait pas été achevé, rien n’était
représenté dessus, Marie essaya d’y deviner la suite et se dit qu’elle
reviendrait le voir quand il serait terminé. Elle resta longtemps devant ce
tableau vide se demandant où et comment le peintre trouvait l’inspiration pour
peindre tous ces tableaux.
Puis Marie continua sa visite et quand elle eut terminé elle rentra chez elle
pour préparer le dîner pour son compagnon Paul. D’ailleurs, la relation entre
eux ne se passait pas très bien ces derniers temps, alors Marie faisait pour
que tout aille pour le mieux. Paul revint le soir et elle lui parla de
l’exposition de son ami Alfred Stevens, les deux hommes étaient très liés, ils
passaient beaucoup de temps ensemble et étaient une source d’inspiration l’un
pour l’autre. Marie raconta sa journée à Paul. Lui, parlait peu, il
communiquait à travers l’écriture.
Le repas fini, ils allèrent se coucher. De mois en mois, la relation de Paul et
Marie devenait difficile. Marie sentait Paul s’éloigner d’elle petit à petit.
Quant à elle, elle se sentait nauséeuse ces derniers temps, elle se sentait
grossir. Marie se demanda si elle n’était pas enceinte. Sans parler à Paul,
elle alla voir le médecin pour avoir la confirmation, en effet elle était bien
enceinte. Marie s’en réjouit. Il fallait absolument qu’elle le dise à Paul,
peut-être que cela allait les rapprocher, pensa-t-elle. Elle attendit trois
jours afin de déterminer la manière avec laquelle elle lui annoncerait, puis
elle se décida, ce soir elle lui dirait.
Elle prépara un dîner avec soin et amour, depuis qu’elle savait qu’elle était
enceinte, la joie était réapparue dans sa vie. Marie appréhendait quand même la
réaction de Paul, elle était anxieuse, ils n’avaient jamais parler d’avoir un
enfant. Dès qu’il arriva elle lui dit qu’elle était enceinte. La réaction de
Paul ne fut pas celle qu’elle attendait, mais Marie ne fut pas trop mécontente
non plus. Paul répondit simplement à Marie qu’il était heureux, et lui demanda
de lui servir à manger. Elle s’exécuta malgré sa déception. Pendant le dîner
ils n’en parlèrent point. Paul dit à Marie qu’il irait chez Alfred, comme
d’habitude, le lendemain. A la fin du repas, il se leva, et alla embrasser
Marie sur le front et lui dit : « Prends bien soin de toi ». Elle lui rétorqua
« Mais tu vas le faire à ma place ». Il ne répondit rien. Il lui dit juste
d’aller se coucher et lui allait rester écrire un peu. Marie s’en dire un mot y
alla.
Le lendemain Marie se leva, c’était une journée pluvieuse et grise. Paul était
déjà parti. Elle prépara son petit-déjeuner et trouva sur la table de la
cuisine une lettre, elle était de Paul, car quand il partait tôt le matin il
lui laissait des petits mots doux. Elle fut quand même surprise car cela
faisait longtemps qu’il ne l’avait plus fait. Elle ouvrit la lettre, la lut et
commença à être prise de vertiges, Paul lui annonçait qu’il ne reviendrait
plus. A la lecture de ces mots, Marie se sentit étourdie, elle dut s’asseoir,
elle tenait son ventre rond, elle regardait dans le vide et se demandait
comment elle allait faire seule avec son enfant.
Pendant le mois suivant, elle espérait que Paul revienne mais elle n’eut aucune
nouvelle de lui. Elle repensa un après-midi au tableau vide d’Alfred Stevens.
Avait-il trouvé l’inspiration ? Elle décida d’aller voir ce qu’il en était.
Marie arriva à la galerie et aperçu le tableau, elle y vit une femme qui était
enceinte, d’une main elle tenait son ventre et de l’autre elle tenait une
lettre. Cette femme avait l’air triste, elle regardait dans le vide. Marie se
reconnut à travers cette femme, quand Paul l’avait quittée. Marie regarda une
dernière fois le tableau, puis se retournant pour s’en aller elle vit Paul
derrière elle qui la regardait.
S’en même le regarder elle passa à côté de lui et partit. Elle avait réalisé à
travers le tableau le mal qu’il lui avait fait. Ce fut la dernière fois qu’elle
le vit.
125.
OLYMPIA Edouard Manet ORSAY 9
J’étais musicien et mon ami Edouard était peintre, je
l’avais convaincu de quitter Paris, il aimait naviguer et nous avions
l’occasion de nous embarquer pour les Antilles. La vie était plutôt monotone
sur ce bateau qui nous conduisait en Guadeloupe mais nous devions faire escale
à Rio et nous rêvions tous les deux de cette escale.
Nous avons débarqué à Rio un soir d’orage en plein carnaval. J’entraînai tout
de suite mon ami dans les rues de la ville.
Sur le même trottoir que nous marchait une jeune noire habillée jusqu’au
cou à l’air timide avec un bouquet de fleurs à la main. Cela nous intrigua,
nous la suivîmes et nous arrivâmes assez rapidement devant une vieille bâtisse
coloniale. Un air de musique planait. La façade était sombre, nous
entrâmes ne sachant pas où cela allait nous conduire. A notre surprise, la
jeune femme au bouquet se retourna et nous fit signe d’attendre pendant qu’elle
ouvrait une pièce très sombre. Et puis ce fut le choc. Une femme se tenait là,
nue, sur un lit. La moiteur de la nuit et la stupeur nous firent suffoquer.
Curieusement la musique n’était pas brésilienne, c’était celle d’une guitare
espagnole sombre et mélancolique. La femme nue battait du pied de temps à autre
et tâtait la fleur qu’elle s’était mise sur l’oreille par coquetterie. La jeune
noire en apportait d’autres ; il nous a semblé qu’elle était la servante.
Lorsque la femme s’aperçut de notre présence elle mit la main sur son sexe, se
retourna et prit un air hautain. Dans la pièce il n’y eut plus un souffle
d’air. Nous retenions aussi notre respiration. La servante ne savait plus quoi
faire de son bouquet et la femme alanguie s’exprima enfin, elle parlait un
espagnol distingué. La belle installa confortablement ses coussins et tira ses
draps de soie, puis nous dit de nous asseoir par terre.
L’orage gronda plus fort, je vis Edouard qui examinait attentivement cette
chambre étrangement sombre et cette curieuse princesse bien trop blanche pour
ce Brésil. Je le vis s’agiter un peu plus lorsque la servante posa finalement
les fleurs sur la poitrine de la femme et remis doucement les draps sur son
corps. Enfin, elle nous fit signe de sortir…
Lorsque nous nous sommes retrouvés dans la rue, l’émotion était si vive que
nous ne sentions pas la pluie. Moi j’entendais encore la musique tandis
qu’Edouard me rappelait l’étrange beauté de ce décor en noir et blanc et la
fascination que lui inspirait cette femme.
Le lendemain nous sommes retournés devant la bâtisse et nous avons aperçu la
jeune noire qui sortait. Edouard s’est approché d’elle et lui a demandé si la
femme était toujours dans la même chambre qu’hier. Elle répondit qu’elle était
partie ce matin de bonne heure.
Des années plus tard, en 1863, Edouard vint me rejoindre au Salon des refusés
devant mon Déjeuner sur l’herbe. Il fut tout de suite saisi par la toile. “
Cette femme, cette femme… ” l’entendis-je murmurer. Et les souvenirs
s’imposèrent également à moi, le regard espiègle de Victorine, sa nudité, cette
pâleur…
“ Peins-la pour moi, supplia-t-il, je compte sur toi pour me souvenir de tous
les détails, j’ai tellement hâte de la retrouver ! ”
Un nu ! Bien sûr, j’allais peindre un nu, rompre avec l’académisme d’une beauté
parfaite et idéalisée, transfigurer Victorine en une nouvelle Vénus, restituer
l’atmosphère de cette étrange nuit de carnaval… Je n’en étais pas à mon premier
scandale…
Edouard me pressa le bras, et me glissa sur le ton de la confidence : “ je connais
son nom, elle s’appelle Olympia ”.
126. Georges de La Tour La Madeleine à la veilleuse Louvre(27)
Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Pourquoi j’ai peint cette
femme ? Le sais-je bien moi-même ? Je l’ai peint, elle et puis d’autres,
simplement parce que je ressentais quelque chose en la voyant. Un sentiment
étrange que je ne saurai définir correctement mais sur lequel j’aimais
m’attarder. Il me procurait une impression d’apaisement comme l’on n’a pas
souvent l’occasion de rencontrer. Pourtant, l’ambiance de ce lieu ne s’y
prêtait pas. C’était un endroit terriblement austère où la seule source de lumière
était une veilleuse qui laissait apercevoir un instrument de pénitence, un
crucifix et des livres de prières ; sans parler du crâne qu’elle tenait sur ses
genoux. Ca peut paraître très paradoxale mais c’est pourtant vrai. Je pense que
ce que j’éprouvais se dégageait de la femme. Elle semblait avoir atteint un
degré de sérénité extrême après avoir traversé une longue période de doutes et
de tentations.
Une fin d’ après midi d’hiver où la nuit commençait à tout plonger dans une
obscurité épaisse, je me suis décidé à affronter le froid pour retourner voir
cette femme. Mais cette fois, j’avais apporter avec moi tout mon matériel de
peinture. Je comptais l’immortaliser dans ce lieu étrange où elle allait passer
le restant de sa vie. Par la même occasion je voulais étaler sur ce tableau les
couleurs de mes sentiments afin que le monde puisse peut être ressentir ce qui
se passait en moi à la vue de cette scène. Personne ne s’opposa à son exécution
lorsque je suis arrivé sur place. Il faut dire que le seul homme qui était
chargé de surveiller et qui aurait pu se mettre au travers de mon chemin ne
comprenait pas vraiment mon intérêt pour cette pénitente. Il me laissa
accomplir mon projet en pensant certainement que j’étais à moitié fou.
Evidemment, peu m’importait ce qu’il pouvait penser, du moment que je pouvais
réaliser ce qui me tenait à cœur. Ce ne fut pas non plus la principa
le intéressée qui m’en empêcha, elle ne parlait pas et ne me regardait
pas non plus. C’était en fait comme si j’avais toujours fais partie du décor.
L’obscurité percée seulement par une petite flamme m’offrait une luminosité qui
convenait totalement à l’idée que je me faisais de la peinture. Cela rendait
tout à fait hommage à mon plus grand exemple qui n’est autre que Le Caravage.
J’étais très absorbé par mon travail. Je voulais tout faire apparaître dans ce
tableau, n’omettre aucun détail de ce qui s’offrait à mes yeux et à mon âme et
être à la fin le plus près possible de la perfection. Rien ne pouvait me
perturber, j’étais littéralement envoûté. J’avais l’impression à force de
contempler cette scène que je n’existais plus vraiment, seul mon esprit
semblait encore m’appartenir. J’étais dans une sorte d’extase m’unissant à la
divinité. Ce jour là, je ressentis justement en cette femme quelque chose
d’encore plus profond que lorsque je l’avais vu la première fois. Elle
m’apparut comme étant complètement dans un autre monde. Ce n’est qu’en
regardant mon œuvre quelques jours plus tard que quelque chose s’imposa en
moi, j’
en fus alors complètement certain : elle se trouvait au moment où je la
peignais dans la dernière étape du chemin de purification spirituelle qui la
guidait vers la sainteté. Une joie intense m’enivra en pensant qu’elle pourrait
sous cette forme rentrer dans ma tête et s’expliquer toute la confusion des
sentiments qui y régnait afin peut-être de m’aider à comprendre
moi-même.
127. Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquet ORSAY3
J’avais quitté la province et je venais d’emménager dans mon nouvel appartement qui se trouvait dans le centre de Paris. Il était assez propre et clair. La lumière du soleil entrait directement par la porte fenêtre de la salle à manger. Les murs étaient propres tandis que le parquet était abîmé par les nombreux pas qu’il avait dû subir, j’ai donc décidé de suite d’appeler les deux fils de M.Thessandier avec leur bon ami Mathieu dont j’avais appris il y a quelques années de cela qu’ils avaient eux-mêmes créé leur entreprise de menuiserie. Le lendemain à la première heure ils se sont mis au travail. Jamais je n’aurais cru peindre des hommes en plein travail mais après avoir observer leur délicatesse et leur précision, j’ai pris mon fusain et une toile puis j’ai commencé à faire un croquis tout en continuant de prendre le temps d’observer leur savoir-faire. J’étais persuadé que ce rabotage donnerait un résultat parfait, cette pièce allait resplendir après cela. Tout en leur parlant je commençai à peindre leur torses nus musclés, je faisais entrer la douce lumière de la porte fenêtre donnant sur la rue principale. Le soleil se levait, nous étions seulement au petit matin, je peignais également avec précision les copeaux de bois laissés par le rabotage. A aucun moment, un des trois hommes ne manifestait sa fatigue. Je peignis Pierre et son frère en train de parler. Cela me semblait important. Je laissai ma toile à ce stade pour les laisser travailler sans avoir à supporter mon regard fixe. Puis je me retirai à l’atelier pour affiner minutieusement mon travail. Quand j’eus fini, Mathieu rangeait leurs outils tandis que Pierre et son frère nettoyaient la pièce. Je leur ai proposé de rester dîner et ils ont accepté.
128. Le RÊVE d'Edouard Detaille ORSAY18
Je n’étais pas très âgé lorsque je commençai la peinture. C’était mon rêve
d’être un grand peintre célèbre mais, en raison du manque d’argent, j’étais
peintre en bâtiment et je rénovais d’anciennes façades de maisons. Je gagnais
quand même assez bien ma vie et en rentrant chez moi le soir après le travail,
je peignais des portraits ou des paysages que je revendais au marché pour
quelques pièces de monnaie. Un jour, je reçus une lettre de l’armée. J’étais
appelé pour aller combattre à Sedan. Je devais me rendre obligatoirement à
Sedan pour le 20 janvier 1870 sous peine d’amende. Ce jour arrivait à grands
pas. Je pris le train pour m’y rendre et je rencontrai un ancien ami qui était
aussi passionné par la peinture.
« Comment vas-tu Gilbert ? » lui dis-je, très content de le revoir.
« Edouard !!!, mais que fais-tu ici ? » répondit Gilbert.
« J’ai été appelé malheureusement pour partir à la guerre de Sedan. »
« Eh bien, je crois que nous sommes deux ! »
On ne s’était pas vu depuis un an. Nous avions énormément de choses à nous
raconter durant ce voyage. Arrivés à Sedan, nous devions nous rendre à une base
militaire la plus proche pour aller chercher nos habits militaires et nos
fusils à baïonnettes. Le sergent chef prit nos noms et nous communiqua ses
ordres. Gilbert et moi étions dans le même régiment d’infanterie. Nous devions
garder avec une soixantaine d’hommes, une zone pouvant être assiégée par
l’ennemi. Cette bataille fit de nombreux morts et se termina en 1871. Elle ne
dura qu’une année. Après la guerre, j’avais invité Gilbert à passer quelques
jours dans mon appartement pour immortaliser ces trois cent soixante jours. Je
voulais faire un tableau comme je n’en avais jamais fait auparavant. J’avais
préparé une toile d’une hauteur de trois mètres et d’une longueur de quatre
mètres. Cette toile attendait ses couleurs.
« A Sedan, j’ai fait un rêve. » dis-je à Gilbert.
« Et lequel ? » répondit Gilbert.
« Des soldats triomphants avec leurs fusils à la main ! »
Je pris le plus gros pinceau que j’avais et je fis un ciel qui coupait le
tableau en deux parties symétrique. Ce ciel était bleu, avec des reflets roses
et avec d’énormes nuages. A l’horizon, se levait un soleil couleur pastel.
Gilbert approcha de la toile et vit que les nuages que je peignais
représentaient des soldats triomphants avec leurs fusils à la main et leurs
drapeaux. Ce ciel était magnifique. Je voulais raconter le rêve dans ce
tableau. Le rêve que j’avais fait lorsque je dormais à même le sol, sur le
champ de bataille aux côtés de mes compagnons. Je continuai de peindre et
représentai une soixantaine d’hommes qui dormaient. Ses soldats se situaient en
bas à gauche de la toile. Je représentais une aurore, symbole d’espoir et où
l’espoir serait la victoire. Malgré ces silhouettes nostalgiques dans le ciel,
je voulais qu’il soit réaliste. Le soleil qui se levait jeta ses rayons sur les
corps inertes des soldats. Il y avait beaucoup de couleurs sombres dans la
partie
basse du tableau. J’utilisais beaucoup de noir, de brun et de beige. Ces
couleurs étaient parfois mélangées à d’autres. Des armes étaient au côté des
soldats. Ces armes étaient alignées. Cela formait une sorte de barricade. Ces
fusils étaient tous dans le même sens puisqu’ils avaient la baïonnette vers le
haut. Ce tableau fut terminé quatre semaines après l’avoir commencé.
« Le tableau commence à prendre forme. » murmurais-je tout doucement.
« Oui !!! » répondit Gilbert stupéfait par ce chef d’œuvre.
129. Eugène Delacroix Scènes des massacres de Scio Louvre (5)
Eugène Delacroix était un homme qui avait deux passions
majeures dans la vie : la peinture et la Grèce.
Eugène essayait de vivre de sa peinture mais il n’avait plus d’inspiration et
sa situation était de plus en plus misérable, il désespérait et était au bord
du suicide lorsqu’il reçut cette lettre d’un vieil ami d’enfance nommé Soulier
:
« Mon cher ami
J’espère que ta santé est bonne et que tu vas bien.
Te sachant très attaché à la Grèce je voulais à tout prix te parler de ce que
j’ai vu sur l’île de Scio lors de mon voyage là-bas pour mes études sur les
temples grecs et l’archéologie. La Grèce, comme tu le sais, souhaite son indépendance.
En attaquant Ali Le Rebelle, le sultan Mohamed d’Egypte a provoqué un guerre
sanglante entre les Turcs et les Grecs. Je me suis donc retrouvé au cœur de ce
massacre, je dis bien un massacre. Si tu avais vu le ciel sombre rempli de la
fumée âcre des maisons incendiées, il semblait que le soleil allait disparaître
à jamais comme l’espoir et le bonheur dans ce si beau pays.
Mais ce qui m’a le plus désolé, ce sont ces pauvres victimes par milliers , les
visages accablés, sans aucune défense devant l’ennemi impitoyable.
Les Turcs montés sur des chevaux et armés, les uns de sabres, les autres de
fusil montraient une cruauté féroce envers les paysans grecs.
Je les ai vu, ces corps entassés, dépouillés, presque nus, par centaines,
prisonniers des turcs ; ils les repoussaient à coup de fusil, les écrasaient
sous les sabots de leurs chevaux. Le regard de tous ces malheureux ne reflétait
que l’horreur et le désespoir.
Les Turcs ont vraiment été sans pitié, et je n’ai échappé à ce massacre que
parce que j’étais français. J’ai vite rejoint Athènes en bateau, ici aussi les
nouvelles sont terribles : ils ont tué des milliers de Grecs et saccagé des
centaines de villages.
Je te charge d’informer nos camarades du comité de soutien de ces terribles
nouvelles.
En espérant te revoir dés mon retour à Paris et t’apporter de meilleures
nouvelles.
Amicalement Soulier ».
Quand Eugène a reçu cette lettre, il en fut profondément bouleversé et décida
de répondre immédiatement à son ami.
« Mon cher ami,
Ta lettre m’a profondément bouleversé et l’idée que la Turquie massacre ce cher
pays que j’aime tant, me révolte. C’est pourquoi j’ai pris la décision de
dénoncer la cruauté des turcs en exposant une toile montrant les massacres de
Scio selon ta description très précise ; je n’aurai aucun mal à imaginer ce que
la population grecque a dû subir. J’espère que tu viendras à Paris au salon de
1824 voir ce tableau et soutenir la juste cause des Grecs . A bientôt
très cher Soulier. »
Eugène se mit donc au travail dans son atelier sombre et afin de mieux rendre
l’effet saisissant du drame il décida de réaliser une toile aussi grande que le
malheur des grecs
Un an plus tard Eugène expose cette grande toile au Salon de 1824 . Ce qui lui
donne notoriété et succès. Il apprend six ans plus tard dans un immense bonheur
que la Grèce a enfin obtenu son indépendance.
130. Canaletto L’Entrée du Grand canal et l’église de la Salute Italie (7)
Sur cette peinture de Canaletto on voit le grand canal,
c’est donc une peinture d’aspect tranquille, mais c’est faux. En effet peut de
personnes savent que cette toile reflète un grand drame. Car le couple que l’on
aperçoit sur le tableau est au centre de cette tragédie. Ce drame a d’ailleurs
marqué la fin de l’inspiration du peintre c’est pour cela qu’il était critiqué
pour ces répétions. Je vais vous raconter cette histoire :
Canaletto aimait une femme, il voulait l’épouser mais elle refusait ses avances
il ne sut jamais pourquoi. Jusqu’au jour ou il la vit à cet endroit précis en
train de dire au revoir à son mari car celui-ci partait en voyage d’affaire en
France. Lorsque l’homme amoureux vit cette scène il fut profondément blessé et
peiné, il avait pendant un moment l’impression que ce n’était qu’un ami de sa
douce, puis il posa son regard sur l’enfant et se rendit compte que c’était
malheureusement vrai. Pendant toutes ces semaines il avait été l’amant d’une
femme mariée a un riche commerçant.
Lors de sa dernière rencontre il essaya de persuader la femme de ses rêves de
fuir son mari car il ne supportai pas l’idée pas de la partager avec un autre.
Cette dernière fut outrée et partit non sans le gifler. Elle voulait se venger
aussi, lorsque son mari revint après plusieurs mois et, qu’il voulut faire un
tableau en souvenir de leurs années passées ensemble elle lui recommanda son
ami le peintre.
Son mari se déplaça jusqu’à son atelier et lui expliqua ce qui devait figurer
sur la toile. Ce dernier respecta la commande mais décida de peindre un bossu
que l’on peut apercevoir en arrière plan. Ce personnage à l’aspect repoussant
le symbolisait. Il était ici pour le venger et faire en sorte que jamais celle
qui était sa douce n’oublie qu’elle l’avait fait souffrir. Et qu’à chaque fois
qu’elle poserait ses yeux sur la toile elle repense au fait qu’elle était
infidèle.
Le peintre avait eu ça vengeance mais à quel prix ? Son inspiration était à
présent comme une rivière asséchée
131. Jean-Antoine Watteau Le Faux pas LOUVRE (38)
Je lui avais bien expliqué que c’était une mauvaise idée,
qu’il fallait qu’elle soit prête, qu’il devait être patient mais il me répétait
sans cesse qu’il n’avait pas besoin de mes conseils et qu’il savait
pertinemment ce qu’il faisait. C’est sans doute son jeune âge qui, à ce
moment-là, le rendait trop naïf pour comprendre ces choses-là et pour penser
que ça lui arriverait.
Ce jour-là, j’avais été parcouru toute la matinée par un sentiment d’angoisse,
sachant ce qui allait se passer si mon frère mettait à exécution son plan.
Quand j’y repense, j’aurais dû m’en ficher pas mal , après tout c’était son
problème et ce genre de chose arrivait souvent , mais je n’y arrivais pas.
Etant son aîné, je me sentais responsable de lui et je voulais qu’il comprenne
que ça ne mènerait à rien et qu’il fallait renoncer à agir de la sorte.
Peu avant l’heure du rendez-vous, je me faufilas hors de chez moi, attelai un
cheval et je me rendis à l’endroit où allait être commis l’irréparable. Plein
de questions me traversaient l’esprit. ‘A quoi pensait-il ?’ ‘Pourquoi ne
voulait-il pas attendre ?’ ‘Comment allait-elle réagir ?’ ‘Et lui comment
allait-il agir ?’
J’essayais de ne pas trop me focaliser là-dessus et de trouver un endroit où
j’étais sûr de pouvoir les observer mais sans être vu. J’avais choisi un petit
buisson se trouvant juste en face de la petite clairière que mon frère avait
choisie. Je n’attendis pas longtemps avant de les voir arriver. J’entendais la
calèche approcher avant de les voir descendre en riant de tout leur cœur. Ils
semblaient joyeux mais toute cette bonne humeur ne m’enchantait guère sachant
ce qui se préparait. Mon frère poussa quelques branches pour qu’elle puisse
atteindre la clairière sans difficultés. Je restais là, respirant à peine pour
ne pas dévoiler ma présence. Je l’observais et il me parut apercevoir quelqu’un
d’autre que le garçon que j’avais vu grandir pendant 16ans. Il n’était plus
vraiment un enfant mais n’était pas non plus un adulte. Son regard était celui
de quelqu’un qui attendait impatiemment quelque chose et qui aurait tout fait
pour l’obtenir. Je continuais à observer depuis ma cac
hette. Ils souriaient, rigolaient, semblaient vraiment heureux. La jeune
fille posa son long manteau rouge sur le sol aidée par mon frère, en qui, à ce
moment-là, je ne reconnaissais rien. Elle continua son geste mais en voulant
s’installer, elle trébucha et tomba en arrière, s’étalant de tout son long. Et
là, pour la première fois mon frère commit l’ultime faux pas. Je le vis se
jeter sur elle, tel un animal se jetant sur sa proie. J’aurais voulu sortir de
ma cachette, crier, intervenir pour empêcher ce qu’il tentait de faire mais
quelque chose me l’empêchait. Après tout il avait besoin de comprendre et moi
il ne m’écoutait pas alors peut-être que comme ça, il se résignerait à
accepter.
Il a voulu l’embrasser ou quelque chose de la sorte mais elle le repoussa, le
gifla et cria. Il se figea alors sur place, arrêta son geste d’un mouvement de
surprise et avait la tête de celui qui ne comprend pas, qui n’assimile pas. Il
continuait à la regarder, à la fixer, cherchant dans son regard une
explication, cherchant un signe mais rien ne se produisit. Alors il baissa les
yeux un peu gêné et laissa échapper un fin soupir. Elle le regarda, lui
relevant la tête et lui dit calmement et posément : ‘‘ Qu’attendais-tu en
m’invitant ici ? Pourquoi avoir fait cela ?’’
Il ne trouvait rien à répondre et la seule chose qui s’échappa de ses dents
serrées, ce fut : ‘‘ je ne sais pas ’’ Ils continuèrent à se regarder pendant
quelques instants quand soudain, elle éclata d’un rire tranchant, me perçant
presque les tympans et faisant de fait rire mon frère. Je n’ai jamais compris
pourquoi elle avait réagi comme cela mais je sais que jamais plus mon frère ne
fit ce geste déplacé. Ce soir-là ils rentrèrent tous deux main dans la main se
souriant et s’embrassant dès qu’ils en avaient envie. Je fus surpris mais
heureux de voir que mon petit frère avait compris et était devenu un homme. Et
c’est en ce jour que je peignis ce tableau. Il représentait le ‘‘faux pas’’
dans les deux sens du terme : celui de la jeune fille et celui de mon frère …
je fus fier et heureux de la fin de ce récit et j’espère qu’il convaincra
beaucoup de jeunes gens de réfléchir aux conséquence de leurs actes.
132. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre (24)
Mes pensées
Rien de surprenant quand on vous dit que nous, les corbeaux, sommes
depuis des siècles, sinon des années-lumières, considérés comme un symbole de
la mort, de l’horreur et du dégoût! Pour certains, nous sommes des pigeons,
pour d’autres, auteurs d’un coup de téléphone anonyme, nous, oiseaux ruraux au
plumage noir comme un ciel orageux et au bec aussi destructeur qu’un char
avec des yeux meurtriers, nous sommes la terreur des hommes. C’est en nous, nos
ancêtres en particulier, boutons du paysage que nous nous sommes retrouvés dans
des coins obscurs…ce qui accentue notre renom. Pourtant nous ne sommes pas ce
que vous croyez. Nous sommes catalogués comme cela mais c’est un préjudice ! Ah
! Ces satanés humains nous ont aspergés de critiques. Pour eux, dès que quelque
chose ou quelqu’un ne les enchante pas, c’est « buiten » ! Sauf s’il a du
pognon ! En un mot, ce sont des demeurés ! C’est comme cela qu’à notre tour,
nous avons étiqueté tous les humains, sans exception. Mais…
Depuis des générations, nous n’avons plus accueilli dans notre bicoque,
surnommée la dernière demeure, un seul être humain sous quelconque forme. Peu
importe, car ils sont des demeurés ! A l’abrie des regards vicieux, nous avons
pris l’habitude de nous laisser bercer par ce mouvement naturel d’une masse
d’air qui se déplace suivant une direction déterminée, appelée vent, avec cette
perspective somptueuse de l’île d’Arkona, plus connu sous le nom de Rügen,
situé dans l’Empire Prussien, flottant sur la mer Baltique, et de croasser en
paix en se perchant sur une branche d’un arbre mal formé, usé par le temps mais
toujours vivant. C’est alors que nous avons aperçu une chose.
Cette chose, c’était un humain. Du moins, c’est ce qu’on supposait car
personne n’était tombé sur ces spécimens vu que nous sommes bannis de leur
société. D’après ce que nous avons entendu, ils marchent sur deux pieds, ne
portent pas plume mais une fourrure colorée de plusieurs teintes différentes
selon les espèces et certains laissent pousser des poils au niveau du menton et
de la tête. Nous racontons aussi qu’ils n’ont pas de bec. A première vue, la
chose était un humain. Curieusement, moi, corbeau perché sur mon arbre, ne
sentais pas un danger mais un sentiment de compassion envers cette chose.
Ce sentiment m’a donné du courage pour m’approcher de lui. Non pas pour
le chasser mais pour le comprendre, pour le découvrir, pour le dénuder. Son
regard vide si triste, si fragile et si mort a oblitéré cette haine qui nous
envahissait dès que la pensée de l’homme meublait nos petits cerveaux. L’homme
guettait l’horizon comme si, au loin, se trouvait un autre homme qui le
cherchait. J’ai suivi son regard … rien … hormis cet arbre mort et cette mer
qui semble s’étendre jusqu’au bout du monde…
Rien, à part une bande de corbeaux tumultueuse, intriguée par l’homme,
tournoyant autour de celui-ci qui s’installe paisiblement en s’extasiant devant
ce spectacle qui s’offre à sa vue. Cet humain avait en sa possession une toile
incolore et une boîte d’un noir poli mais garni de couleurs arc-en-ciel. Sans
changer de cadence, il ouvre sa boîte qui la tient scrupuleusement, sort de là,
un fragment de fusain. Ensuite, il le dépose soigneusement contre la toile et
commence à bouger sa main. Surpris par ces gestes, nous sommes restés suspendus
dans ce ciel, si pur, si limpide et si paradisiaque.
On croyait l’homme inébranlable car il restait coulé sur sa toile durant
des heures. Même notre croassement ne le dérangeait guère ! Par contre nous
étions perturbés à cause de sa présence. Ce n’est pas à notre habitude
d’accueillir des spécimens autres que de la même farine. C’est alors que nous
étions accablés de son existence qu’il remballe ces ustensiles pour mettre les
voiles. Déçus et satisfaits de son départ, nous avons examiné ce qui pouvait
attirer cet homme ici. Nous avons remarqué qu’il avait laissé un aliment
étrange. Cela ressemblait à des grains de céréale en poudre grillés.
Précautionneusement nous avons avalé une miette. Puis deux. Nous avons englouti
ces miettes. C’était un goût bien plus agréable que les vers qui envahissent
notre terrain et que nous sommes obligés d’ingurgiter. Mais la toile que
l’homme décorait m’intriguait plus que la nourriture. Qu’est-ce que c’était ?
Les heures passent. La lumière se lève et se recouche aussitôt. Les
bateaux naviguaient sur la mer, la pluie s’abattait mais l’homme ne revenait
point. C’est cette impression de désarroi qui me surprend. La haine avait
disparu. L’envie avait apparu. L’envie de le revoir absolument. Ce n'était peut
être pas lui que nous attendions. C’était peut-être la toile. C’est là que j’ai
ressenti une sensation tordue entre amour et haine. Entre le jour et la nuit.
Entre ami et ennemi. Entre blanc et noir. Le désir de mélanger le positif et le
négatif. L’enthousiasme de retrouvaille avec l’homme. La déception de
l’incompréhension entre êtres vivants.
C’est en méditant sur mon sort que je l’ai repéré. Certes de loin, mais
j’étais sûr de moi. C’était la première et malheureusement ma dernière fois que
j’étais heureux de voir un homme. C’était aussi la dernière fois que j’ai
pensé.
133. Jacques-Louis David Marat assassiné louvre (17)
Je ne peux plus garder ce lourd poids pour moi-même : vous croyez tous que
c’est Charlotte Corday qui a tué Marat, détrompez-vous ! C’est sa servante qui
a commis cet acte.
J’ai tout vu par la fenêtre de ma maison car je suis le voisin de
Marat.Vous vous demandez sûrement pourquoi j’observe les gens par la fenêtre ?
C’est tout simplement parce que je suis vieux de 82ans et tout ce que je peux
faire à cet âge, c’est rester dans mon fauteuil en face de ma fenêtre, c’est ma
seule occupation. Pour en revenir à ma confession, Marat était un révolutionnaire.
En effet, il adorait contredire les politiciens et diffuser ses idées dans son
journal L’ami du peuple que je recevais d’ailleurs tous les matins. Il
avait autant d’admirateurs que d’ennemis.
Tous les jours, c’était le même rituel : il rentrait chez lui, prenait une
tasse de café pour ensuite aller prendre un bain, que d’ailleurs je trouvais
assez long car c’est là sans doute qu’il trouvait l’inspiration pour la
composition de son journal. Sa servante, Emilie, était sa seule compagnie
dans cette immense maison. Certains soirs, ils dînaient ensemble et
avaient l’air de s’amuser … Jour après jour, le comportement de Marat
vis-à-vis de la servante commençait à changer. Quand il rentrait, il ne
prenait même plus la peine de parler avec elle. Quand ils se parlaient,
leur conversation tournait tout de suite en dispute. Un jour, quand Marat
rentra, Emilie l’attendait avec une tasse de café qu’elle lui tendit d’un air
furieux. Lorsqu’elle prit la peine de lui dire quelques mots, Marat,
énervé, lui lança la tasse de café à la figure et s’en alla préparer son bain …
Je n’ai jamais compris la cause de cette dispute car d’ici, je ne peux que voir
et non pas entendre.
Cette relation tendue dura encore un bout de temps et je me demandais
pourquoi la servante ne démissionnait pas. Sûrement qu’elle n’avait pas
le choix.
Un certain matin de juillet 1793, une jeune femme bourgeoise assez jolie,
Charlotte Corday, voulut voir Marat. Elle échangea quelques mots avec la
servante et repartit sans voir que cette dernière lui avait volé son
couteau. Pendant toute la journée, je vis Emilie faire des allées et
venues dans cette immense maison, tenant son couteau dans la main.
Dans la soirée, Charlotte revint et la servante l’accueillit
chaleureusement. Elle lui offrit un verre et peu de temps après la
première gorgée, Charlotte s’évanouit. Emilie traîna le corps de la
pauvre femme jusqu’au sous-sol. Quelques heures plus tard, Marat rentra
et comme d’habitude alla dans la salle de bain. Le couteau dans la main,
la servante s’y précipita et tua Marat. Elle avait tout planifié.
La meurtrière alla chercher Charlotte toujours inconsciente et la laissa
allongée dans la salle de bain aux côtés du corps sans vie. Elle prit
soin de ne pas laisser de traces et sortit. Lorsque la jeune bourgeoise
reprit conscience, elle paniqua en voyant Marat assassiné. Celle-ci tenta
de prendre la fuite, mais les gardes de la ville débarquèrent et
l’arrêtèrent. Quelques minutes après cet accident, Jacques-Louis David,
un peintre très connu en ville, rentra dans la maison de Marat. Il entra
dans la salle de bain et commença à peindre la scène macabre qui s’était
présentée à lui. Peu de temps après, Jacques-Louis David eut un
très grand succès grâce à cette œuvre qu’il intitula tout simplement Marat
assassiné. Voilà le récit de ce que j’ai vu.
Charlotte Corday fut condamnée pour un crime qu’elle n’a pas commis et moi, je
ne cesserai jamais de me sentir responsable de la mort de cette pauvre femme.
134. Photographie publiée dans la collection "Achives de Wallonie" Les hommes en usine © Véronique Vercheval V1
La dixième personne entra dans l’ascenseur où nous étions
entassés comme des bêtes, serré les uns contre les autres, puis la grille se
ferma.
L’ascenseur commença à descendre dans les profondeurs du sol de Wallonie. Les
derniers rayons de soleil passaient par les orifices circulaires des parois
latérales de notre cage et venaient s’écraser contre nos visages, encore propres,
mais déjà usés par les années. Nous avons dépassé la quarantaine comme la
plupart des autres mineurs de Belgique et d’Europe. Dans quelques temps, ce
seront les lampes électriques, accrochées à nos casques de sécurité en
plastique noircis à le poussière de charbon, qui prendront le relais.
Nous étions heureux d’aller au fond du trou où nos pères et grands-pères sont
descendus il y quelques années, afin de gagner de l’argent pour faire vivre la
famille.
Nous avons, pour une grande majorité d’entre nous, choisit ce métier parce que
dans la région, il n’y avait pas beaucoup de possibilités et parce qu’il était
ouvert à tous les hommes sans distinctions d’origine. Dans notre groupe, il y a
trois personnes dont les racines sont de l’autre côté de la mer Méditerranée.
Les premières fois qu’un jeune mineur descend dans la mine, il tremble de peur,
et après quelques descentes, la peur diminue, mais ne disparaît jamais. Même le
mineur le plus expérimenté craint d’aller dans les entailles de la Terre. Celui
qui n’a pas peur n’est pas un Homme mais une machine à extraire le minerai. Les
sourires dessinés sur nos visages ne la traduisent pas, mais nous craignons
tous que notre Mère Nature soit capricieuse et q’un effondrement, qu’une
inondation de galerie, ou encore qu’un coup de grisou nous retire la vie pour
toujours. Aujourd’hui, les morts dans les mines se comptent par centaines,
voire même par milliers et aucuns de nous n’a envie d’ajouter son nom à cette
liste macabre.
Alors pour être décontractés et garder notre sérénité au fond des galeries et
ainsi ne pas penser aux éventuelles catastrophes, que nous redoutons tous, nous
avons une recette : il faut que dès que nous entrons dans l’ascenseur, nous ne
pensions plus aux malheurs qui pourraient nous arriver ; mais à la chance qu’on
a d’être les derniers Hommes à fouiller cette mine, d’être les derniers à en
extraire quelque chose.
Mais le sentiment le plus profond que nous ressentons et qui apparaît sur nos
lèvres est un sentiment de fierté. Nous sommes fiers de terminer le travail
commencé il y a plus de cent ans par nos ancêtres. Quand la dernière extraction
aura lieu, et dès qu’elle sera remontée, nous ressentirons une joie immense.
C’est peut-être cette joie qui se dessine sur nos lèvres et nos visages, mais
nous savons que ce n’est pas aujourd’hui qu’on fermera la mine pour “stock
épuiser” car il nous en reste pour au moins cinq ans.
Maintenant il est temps d’aller remuer le sol à la recherche de charbon.
135. Antoine Wiertz, L’inhumation précipitée, inhumation_précipitée
Alors que j’étais encore enfant, je me rendis avec mon père chez
l’un de ses amis pour un repas. A peine étions nous arrives sur le seuil de la
porte que celle-ci s’ouvrit laissant place à cet homme, très frêle avec un
regard perçant, de petits yeux globuleux et un moustache blanche assez épaisse
qui moussait sur ses lèvres, cachant ainsi les quelques dents qui lui
restaient.
Cet homme me faisait très peur, mais je savais qu’il avait eu un fils qui avait
disparu il y a peu de temps et donc j’avais de la peine pour lui. L’individu
serra la main de mon père ainsi que la mienne, me broyant tous les doigts.
Le repas commença, mais comme je n’avais pas faim, l’homme alluma la télévision
dans la pièce d’à côté. Mais ce dernier n’ayant pas les chaînes pour enfant, je
décidai d’explorer la maison de l’ami de mon père, afin de passer le temps.
Au fond d’un long couloir, il y avait cette vieille porte en bois, intrigante,
que je poussai. Là, de longs escaliers interminables et obscure descendaient au
sous-sol, il faisait frais, je descendis les marches lentement et un fois en bas,
je m’aperçus qu’il s’agissait de la cave à vins car de nombreuses bouteilles y
étaient entreposées.
Il y avait là, sur le sol, deux caisses en bois assez imposantes marquées d’une
croix sur le couvercle, j’étais hypnotisé par ces deux coffres se chevauchant.
Je décidai alors d’en ouvrir une d’entre elles. A peine eus-je le temps de la
saisir qu’un homme vêtu d’une toge blanche en sortit, le visage meurtri par la
souffrance qu’il avait du endurer à sortir de cette caisse tout seul, il
semblait être là depuis des mois car l’odeur qui s’en dégageait était
répugnante. En voulant l’aider a sortir, j’aperçus sur son bras une gourmette
sur laquelle il était inscrit « JULIEN ».Enfin, je compris qu’il s’agissait du
fils de l’ami de mon père …
136. Canaletto Le Pont du Rialto Italie (8)
Un jour d’Octobre 2003, devant une vitrine de tableaux, mon
regard s’arrêta, figé sur une toile. La magasin, n’ouvrant qu’à 14heures, je
suis donc revenue plus tard. Je suis entrée dans cette grande boutique et j’ai
regardé les tableaux . Rapidement, je dois le reconnaître car je n’avais qu’une
envie c’était de revoir ma toile. J’ai une grande passion pour ces tableaux.
L’art est pour moi la plus belle chose faite pas l’homme. Chaque individu peut
ainsi s’exprimer, que se soit par la peinture, la sculpture ou l’architecture…
Je revis ce tableau, il était grand, très grand. Il faisait 119X154 cm, et se
trouvait sur le mur central du magasin. Je m’approchai et vis cette somptueuse
toile. Une œuvre de Giovanni Antonio Canal, plus connu sous le pseudonyme de
Canaletto. Cet homme est un célèbre peintre et graveur du XVII et XVIII siècle
. il avait tellement aimé sa ville Venise qu’il a peint plusieurs endroits : «
Le Canal des Mendiants » et la Place Saint Marc » vers 1753, ainsi que le
« Pont du Rialto » vers 1726. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il sera
connu, et nommé Ambassadeur de France à Venise. Le Comte de Gregy en 1726 lui
apportera d’être le préféré des touristes et des collectionneurs anglais.
D’ailleurs, aujourd’hui encore, les collections royales d’Angleterre possèdent
des peintures et des dessins de Canaletto.
Sur cette toile, on y trouvait au premier plan de l’eau, le Grand Canal, sui
traverse toute la ville avec plusieurs bateaux appelés « gondoles ». En arrière
plan, on distingue des constructions, sans doute des habitations, ainsi qu’un
joli pont de pierre : « Le pont du Rialto ».
Celui-ci est mis en valeur par un contraste de lumière, et de plus il est placé
au centre de l’œuvre.
Soudain je sens la peinture vivre en moi. Je m’imaginais cette œuvre vraie, car
durant plusieurs vacances d’été, ma famille est moi étions partis visiter
l’ Italie. Nous avions séjourné à Venise, et bien entendu, j’avais traversé ce
pont. Car ce joli pont de pierre sépare le quartier Saint Marco du quartier
Saint Polo.
Venise fut une magnifique étape dans mes vacances.
L’eau qui entoure cette ville fait que les gens sont obligés de se déplacer en
bateaux, imaginez des tonnes de marchandises transportées sur l’eau.
Je revois aussi nos « ballades » dans ces petites ruelles que le soleil
n’éclairait que par petites parties.
Il faisait bon découvrir la ville à pieds tranquillement de rue en rue. Les
couleurs du tableau me rappelaient toutes ces différence de tons que l’on
découvrait au travers des rues. Lorsque l’on arrivait près d’un pont, le jaune
clair du soleil se reflétait sur le bleu de l’eau et le reflet des maisons
apportaient des nuances magnifiques.
Les gens dessiné sur leurs gondoles avaient toujours un sourire au coins des
lèvres, de la joie à partager. Imaginez que vous vous promenez le long
des maisons en essayant de vous décrire leur ville. Je dis « essayer » car leur
Français n’était pas parfait. Mais en même temps, cela nous faisait beaucoup
rire de les entendre et eux aussi de nous voir si heureux.
Du lever du soleil au coucher du soir, à Venise les gens paraissent heureux. Il
doit faire bon de vivre dans cette jolie ville. Ce tableau me rappelle tant de souvenirs,
je revois les terrasses des maisons sur chaque toit. Puisque les rues étaient
étroites, les habitants installaient leurs tables ainsi que leurs chaises
longues sur leur toit. Leur linge séchait, étendu sur un fil entre deux rues,
ainsi la ville paraissait très colorée. Lorsque la nuit tombait, les habitants
et les touristes s’habillaient avec leurs plus beaux vêtements pour se promener
et se retrouver.
Chaque soir, une ambiance de fête était présente.
Lorsque enfin mon regard se détacha du tableau, la nuit commençait
doucement à tomber, je venais de passer un magnifique moment, tant de souvenirs
étaient revenus juste sur un regard porté sur une toile.
Voilà pourquoi j’adore l’art, une toile vous projette dans le passé, vous
rappelle des souvenirs, une sculpture vous laisse découvrir tout un monde, on
regarde et on se laisse transporter, notre imagination nous permet ainsi de
vivre de superbes moments.
137. L’ANGELUS de Millet ORSAY13
Je ne pensais à rien. A cette heure je devais prier, supplier Dieu. Mon mari
devait
sûrement demander un enfant ou peut-être une meilleure année pour l’agriculture
mais moi je ne pensais pas. Je pensais peut-être à la mort ou à la maladie. Qui
sait ?
Peut-être que demain la peste nous envahira ou une tempête ravagera notre
champs.
Regardez-nous ! Nos habits sont pauvres et nos outils sont usés. La terre
commence à
sécher et la mauvaise herbe pousse. Je la sens, elle arrive. La mort va bientôt
m’envahir. Il ne faut pas que je le montre. Prendre sur moi, c’est ça prendre
sur moi !
Mon mari est un homme qui a le cœur sur la main et qui adore sa femme ? Si je
viens
à mourir, il n’aurait pas peur de se tuer. La prière va devoir s’arréter
d’un moment à
l’autre. Il va falloir reprendre le travail, faire semblant d’être heureux et
faire comme
si tout allait bien. De toute façon personne ne fait attention à nous je ne
parle pas que
de mon mari et de moi mais de tous les travailleurs dans notre situation. Le courage
est le seul espoir et la seule chance pour nous en sortir alors si je devais
demander
qu’une seule chance à Dieu se serait de nous donner assez de courage chaque
jour
pour ne pas désespérer.
138. La Sieste ou la Méridienne de Vincent Van Gogh ORSAY23
J’étais dans le champ de blé avec ma femme sous un soleil brûlant d’août. Nous étions en train de travailler. Nous avions déjà moissonné à l’aide de faucilles les trois-quarts du champ. La sueur coulait le long de nos joues creuses et nous sentions la douleur envahir notre corps. Mes mains étaient presqu’en sang. En continuant de charger la charrette de paille, le bœuf commençait à s énerver sous l’extrême chaleur de cette journée d’août sous des rayons ardents du soleil. Ma femme et moi étions effarés en voyant notre fils et sa fiancée, un couple de moissonneurs, interrompre leur journée par une sieste à l’ombre d’une meule, alors que nous, on travaillait depuis l’aube sans interruption. Donc nous décidions de les réveiller pour qu’ils puissent nous aider pour finir cette dure journée de labeur.
139. La sieste ou la Méridienne Vincent Van Gogh ORSAY23
Je me rappellerai longtemps de ce moment unique. Une
dure journée de labeur venait
de s'écouler et je décidai de m'allonger afin de me reposer. Peu
de temps après, alors que j'étais
assoupis, je fus rejoins par mon collègue, lui aussi embauché
pour ces moissons si fatigantes.
Le soleil me caressait gentiment
le visage et m'empêchait d'ouvrir
correctement les yeux.
Mon camarade vint s'allonger à mes côtés en soupirant. Au loin, on pouvait
apercevoir les autres
moissonneurs, toujours occupés à charger les bottes de paille fraîchement
pressées sur la charrette,
tirée par un cheval suant. Bientôt,
la voix de mon patron me tira de ma sieste et je
profitai de
ce dernier instant de tranquillité avant de retourner à ma tâche si pénible.
140. L’angélus de Millet Orsay 13
J’étais là,
Mais ils ne me voyaient pas.
Dans le calme mystérieux
D’un soir peureux,
Je regardais ces deux personnages
Qui avaient l’air naïfs et sages.
Alors que le soleil commençait à se coucher,
Ils ont tous deux arrêté de travailler.
Ces deux personnages me semblaient familiers
Car je les retrouve deux fois par jour à prier,
A prier pour quelqu’un
A prier pour quelqu’un,
Qui les a laissé,
Et qu’ils ont peur d’oublier.
Moi, qui les observaient prier,
J’imaginais leurs pensées.
Moi, qu’ils ont peur d’oublier,
J’imaginais leurs pensées.
La souffrance l’a envahi,
Et l’a emporté très loin de notre vie.
Elle nous a laissés seuls sur cette terre
Pendant qu’elle tombait en poussière.
Tous deux ont peur que le temps passe
Et que mon visage s’efface.
141. Gustave Caillebotte. Les raboteurs de parquets ORSAY3
Ce tableau a été peint en 1875 par Gustave Caillebotte. Il représente trois
hommes à demi nu rabottants le parquet d’une pièce d’appartement. Les
couleurs sombres, dans les tons gris, le marron exprime une certaine tristesse,
voir de la monotonie se dégageant des personnages. Il y a une seule source de
lumière située au milieu du tableau qui est une fenêtre traversée par les
rayons du soleil se reflétant dans les dalles du parquet non rabotées. On ne
voit pas le regard des personnages du tableau, il est donc impossible de
connaître ce qu’ils ressentent. Gustave Caillebotte a sûrement transmis les
sentiments qu’il ressentait en peignant ce tableau.
142. Manet Olympia Orsay9
LE TABLEAU
Alors que je marchais dans la rue, j’aperçus un tableau de Manet. Il
représentait une femme allongée sur des draps de soie en train de se faire
servir par une servante noire qui tenait dans ces mains un bouquet de fleur.
Cette femme avait un regard sombre et semblait triste. Je me souvenais que quand
j’étais petite ma grand-mère me racontait souvent cette histoire, lorsque nous
étions près du feu.
C’était l’histoire d’une jeune femme qui avait toujours vécu dans l’obscurité.
Toute la journée elle était allongée dans des draps de soie et se faisait servir.
Jusqu’au soir où, un chat noir sortie de la pénombre et se glissa doucement
jusqu'à l’oreille de la femme alors qu’elle dormait et lui chuchota ces
quelques mots :
« Durant toute ta vie, tu ne t’ai fait que des ennemis et tu as été maudite
aujourd’hui reviens à la vie ! »
À ces mots, la jeune femme ce réveilla, et pour la première fois depuis fort
longtemps elle se leva. Jamais elle ne revit le chat.
Jamais je ne connus la fin de ce mystérieux récit, d’après ma grand-mère
l’histoire s’arrêtait là. Je me souviens à présent d’où elle la tirait : ce
tableau que je voyais devant moi était celui qui ce trouvait au dessus de la
cheminée auprès duquel nous étions assises. À présent ce tableau se trouve au
dessus de ma cheminée.
143. L’atelier du peintre de Gustave Courbet. ORSAY4
Je me trouvais parmi toutes ces grandes
personnes, réunis dans une pièce sombre éclairée seulement par une petite
fenêtre. Pendant un temps qui me paru fort long, j’avais fouiller les moindre
recoins de cette pièce dans l’espoir de trouver quelque chose à faire. J’étais
tellement occupé à trouver un jouet que je n’avais même pas remarqué ce grand
tableau au milieu de la pièce. Je m’étais approché tout doucement car j’étais
impressionné par sa taille. Quand je me suis trouvé assez près à mon goût, je
ma suis rendu compte que je ne pouvait plus bouger, tellement surpris par ce
que je voyais. Je me voyais, dans un coin du tableau en train d’admirer une
fleur. Après quelques minutes de réflexion, je m’étais aperçu que le monsieur
qui peignait la toile s’était inspiré de moi à travers les gestes que je venais
de faire juste avant. En effet, c’est comme si le peintre avait su que j’allais
rester planté devant le tableau. Et là, je me voyais dans la même posture à la
différenc
e que j’étais en train d’admirer une fleur au lieu du tableau. Pendant
tout le temps que je fut dans cette pièce, je suis resté bouche bée devant le
toile et il a fallu que mon père me porte pour que je m’en aille : C’est parce
que j’étais tellement ému à l’idée que le peintre s’était imprégné de mon image
pour son tableau que je ne pouvais plus bouger.
144. Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquetsORSAY3
«Les raboteurs de parquets» a été peint par Gustave
Caillebotte. J’ai remarqué que le tableau est assez neutre du côté des
expressions des personnages, ils ont la tête baissée et on ne peut pas
distinguer leurs traits de leurs visages. Cependant on a l’impression qu’ils
sont en train de parler entre eux. On peut aussi distinguer qu’il y a une
source de lumière, elle vient d’une porte-fenêtre venant de derrière les
raboteurs. La lumière reflète sur le parquet. Les couleurs du tableau sont assez
sombres.
Je trouve qu’il y a une certaine monotonie, les couleurs bleuâtres et ternes
fait que la pièce est renfermée cependant il y a une certaine liberté avec la
fenêtre ouverte.
145. Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquet ORSAY3
Les raboteurs de parquet dont l’auteur
est Gustave Caillebotte (Paris 1848, Gennevilliers 1894) peintre français et
ami des impressionnistes. Cette peinture est essentiellement sombre et monotone
mais une fenêtre apporte un brin de clarté dans cette pièce sombre. Nous sommes
dans une ambiance sobre. Les morceaux de bois sont également sombres dans le
fond de la pièce. Cette peinture démontre ce que ressentait le peintre à ce
moment. Cette peinture a été faîte en 1875 et elle est exposée au musée
d’Orsay.
146. L'Angelus de Millet ORSAY 13
Ils étaient là tous les deux, dans ce vaste champ et je les
regardais simplement. Moi qui venais de la ville je n'avais encore jamais vu
cela, c'était magnifique. Dans la beauté du quotidien; le soleil les éclairait
d'une lumière chaude comme si les cloches de l'église retentissaient jusqu'au
ciel. J'étais là depuis deux minutes à les observer et je ne m'en lassais pas.
Le calme de cette rase campagne n'était en rien à mes yeux une source d'ennui
mais le théatre d'un fait si exceptionnel et parfait qu'il en paraissait divin.
J'étais en admiration devant eux. Ils étaient pauvrement vêtus mais la richesse
de leurs âmes resplendissaient au grand jour tel la nouvelle aurore. Ils
avaient tout arrêter pour se consacrer à l'Angelus, a cette prière de tous les
jours. L'homme avait posé sa fourche tandis que la femme posait sa brouette.
Cette cloche devenait l'horloge commune des chrétiens et leurs vies trempaient
dans l'eau bénite.
147. Paul Sérusier (1864-1927) Le Talisman Orsay20
Paul Sérusier que j’ai côtoyé durant
l’été 1888 à Pont-Aven suivit mes conseils et en à rapporter une vue du bois
d’amour, « le Talisman ». Après la création du tableau, le groupe des nabis se
forma de Sérusier, Bonard, Vuillard, Ranson, Ibels, Verkade et Maurice Denis et
le Talisman devenu leur « Talisman ». Après mon départ, Sérusier abandonna
Pont-Aven, il séjourna en Bretagne puis s’installa à Châteauneuf-du-Faou. Je
tenu à Sérusier les propos suivants : « Comment voyez-vous ces arbres ?
Ils sont jaunes. Eh bien mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez
la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon ».
L’observation du tableau permet de retrouver certains éléments du paysage
représentée : le bois, en haut à gauche, le chemin transversale, la rangée de
hêtres au bord de la rivière, et le moulin, au fond sur la droite chacun de ces
éléments est une tache de couleur.
148. Paul Sérusier (1864-1927) Le Talisman Orsay20
Première approche, insignifiant, indifférent. Des formes,
des couleurs : le flou, l’incohérence, l’abstrait. Les sentiments ? En profond
sommeil, presque la naissance de regrets face à un si mauvais choix. Puis,
l’obligation de recherches forçant l’intérêt, c’est la lumière : la prise de
conscience du sens. Enfin la vision de ce « Paysage au Bois d’Amour ». Sa
rangée de hêtres, son chemin, son moulin, son bois et sa rivière dans laquelle
se reflète tout cet environnement. Cette toile me semble alors être des plus
claires : chaque forme colorée représente un élément de ce paysage, quoi de
plus logique au fond… Les couleurs s’entremêlent dans les premiers regards et
se démêlent dans ceux qui ont trouvé l’explication. Le tableau et son titre qui
me paraissaient étrangers au premier abord m’apparaissent désormais tels des
frères siamois. L’un ne peut aller sans l’autre pour une entière compréhension
de l’œuvre.
Les préjugés du premier
contact passés, c’est finalement la victoire d’un sentiment certain de
sympathie pour cette œuvre aux couleurs si vives et aux formes, en réalité, si
clairement apposées.
149. Edouard Manet 1832-1885 Olympia ORSAY9
Collez votre texte ici :: J'avance,doucement, on ne m'entends pas, j'atténue le
moindre bruit que je fais, je saute, doucement sur le bord du lit désormais
vide. Vous me voyez ? Je suis le chat, le petit chat noir que tout le monde
cherche mais que personne ne trouve. Je suis si petit et si sombre que je me
fonds dans le décor créé de toutes pièces par cet homme, cet artiste de la
palette.
Il était venu pour la première fois voir ma maîtresse, il y a près de trois
mois; il avait amené avec lui une gerbe de fleurs enveloppée d'un papier blanc
neige, derrière lui, il tenait une toile encore vierge de toute peinture, ainsi
que des couleurs, un arc-en-ciel de couleurs. La première chose qu'il fit en
arrivant fut d'étudier ma compagne: je n'aimais pas son regard, il l'étudiait
comme si elle n'existait pas puis il la regardait d'un air si tendre que j'en
étais jaloux. Après tout, elle était à moi. Puis il m'a vu et a dit à mon amie
qu'il me trouvait bien à son goût et qu'il me voulait absolument sur son
tableau, j'en fus flatté mais je déchanterais vite. Enfin ce fus l'heure,
Firmine notre servante arriva pour me donner me pâtée puis salua le Monsieur.
C'est alors que le peintre lui tendit le bouquet et s'exclama que celà était
fantastique: il la voulait aussi pour sa toile. Depuis ce jour, l'homme revint
tous les jours pour que nous posions. Un jour ma maîtresse, pu
is Firmine, enfin moi. C'était terrible il voulait que je ne bougeais
pas, mais mon amie me disait que je devais rester immmobile si je voulais
devenir célèbre. Mais moi, je ne veux que manger ! Puis vint le jour de
l'exposition de cette toile qui était restée plus de trois mois dans notre
salon. Lorsque je vis le tableau je fus déçu, je n'avais qu'une toute petite
place, qu'importe ! Tous parlaient de moi. Mais à ce moment, je me rendis
compte qu'on se moquait de ma chère amie et celle-ci se sentait devenir pâle.
Nous retournâmes donc chez nous, là, elle se coucha dans son lit, là même où
elle avait posé pour ce peintre, enfin elle s'endormit. Mais elle ne se
réveilla pas. Je suis maintenant seul, Firmine continue de m'amener ma
nourriture mais elle se fait vieille. Qui m'amènera ma pâtée après elle
?
150. Série Palestine © Véronique Vercheval V14
« Extrait du journal de Véronique VERCHEVAL »
Le 1 Mai 2002 : « my diary* », aujourd’hui je suis chez moi car c’est la
fête du travail, ici, en France. Je regarde attentivement les « news » devant
mon téléviseur. Sur toutes les chaînes, ils exposent la guerre en Palestine.
Soudain, mon portable sonne. C’est mon
patron.
Je travaille pour le magazine « VOYELLE » depuis 1979 en tant que journaliste
sur la « condition des femmes ». Il veut que je me rende sur les lieux pour
faire le point de la situation. Tout d’abord je refuse : j’ai promis à David,
mon époux, de ne plus partir à l’étranger. J’en ai pourtant terriblement envie.
Après une longue discussion, il m’autorise à partir faire ce reportage. Il est
tellement compréhensif… Je rappelle mon patron pour lui dire que j’avais
changé d’avis ! Je pars !!!
Le 4 Mai : Je suis dans l’avion à destination de la Palestine. Je t’avoue que
j’ai un petit peu peur de prendre l’avion… j’essaie de ne pas y penser,
j’essaie d’imaginer le pourquoi de cette guerre de religion. Je lis dans un
magazine qu’on la surnomme l’Intifada ou « la guerre des pierres ».
Certainement que les Israéliens ont beaucoup plus d’armements que les
Palestiniens ! Ils font avec ce qu’ils ont sous la main, c'est-à-dire des
pierres… J’ai appris qu’Israël était un nouveau pays fondé sur le territoire de
la Palestine. Depuis plus de 50 ans, les Palestiniens luttent pour avoir une
patrie. La création de leur Etat est toujours en débat. Les gens s’efforcent de
vivre normalement et veulent croire en l’avenir en termes de liberté !
A la descente de l’avion, nous sommes encadrés par une vingtaine de militaires
qui assurent notre sécurité. Après plusieurs contrôles d’identité, une escorte
m’accompagne à mon hôtel. Dix minutes plus tard, une sirène retentit : alerte
aérienne. Tous les clients de l’hôtel descendent rapidement dans la cave pour
se mettre à l’abri. Pour cette fois, rien de grave ! Mais le bruit incessant
des avions me perturbe et m’empêche de dormir. Nous avons tous la peur au
ventre…
Le 5 Mai : J’attends la fin du couvre-feu pour sortir dans les rues, ce
couvre-feu que tout le monde redoute tant et qui est levé tous les 4 jours
pendant 4h ! Je profite de ce moment pour prendre mon appareil photo, que
j’emmène partout avec moi, et pour sortir dans la rue piétonne. Je ne cherchais
ni le scoop, ni l’image extraordinaire préférant rendre compte de la vie
quotidienne. Bien sûr, le pays est bouleversé par la guerre. La destruction est
partout. Le quartier nord a subi un bombardement très dur. Les destructions
sont effroyables, des rues entières sont en ruine et il faudra encore beaucoup
de temps pour dégager les gens ensevelis. Les hôpitaux sont pleins à craquer.
On entend parler d’enfants qui cherchent le corps de leurs parents dans les
ruines fumantes. J’en ai des frissons… Je poursuis mon chemin tout en regardant
des impacts de balles sur les façades des maisons. Quand tout à fait par
hasard, je retrouve Iman Aoun, la directrice du célèbre théâtre « Ashtar »
. Nous nous étions rencontrées lors d’un casting théâtral en France, car
nous avons la même passion. Je voulais la prendre en photo pour avoir un
souvenir quand j’entendis des hurlements derrière nous. C’était sa belle-sœur,
Aïda. Elles ne se sont pas vues depuis une éternité. Elles étaient très
heureuses de se revoir, dans leurs yeux brillait une étincelle. J’en avais moi
même la larme à l’œil. Nous étions devant leur école primaire, à Beit Jala
(près de Bethléem), où elles ont passé les plus beaux moments de leur enfance :
Je devrais dire ce monticule de pierres car les bombes de cette horrible guerre
l’ont détruite. J’ai voulu immortaliser ce moment-là par une photo : l’émotion
était si forte, si intense. Au-delà des ruines, il y a toujours des hommes, des
femmes et des enfants qui essaient de survivre… Le soir même, je commence à
rédiger mon reportage sur mon ordinateur portable.
Le 12 Mai : Retour en France, je visionne et j’analyse mes photos ; ces photos
qui ne devraient pas exister. Au premier plan, le regard et le sourire de ces
deux jeunes femmes, Iman et Aida, enlacées, devant la tristesse de ces ruines,
m’amène à penser que l’AMOUR est plus fort que la HAINE des hommes. Au fond,
elles doivent être malheureuses de vivre cette guerre et pourtant paraissent si
heureuses. Je suppose que même dans des moments de grande tristesse et de grand
malheur on peut toujours trouver un petit moment de bonheur ! Si fugace
soit-il.
Iman Aoun et Aïda nous donnent une belle leçon de vie.
…/…
151. Edgar Degas Dans un café ou L'Absinthe ORSAY14
Le regard dans le vague, assise à la terrasse de ce café populaire, j'essayais
d'oublier, sans peine grâce à ce verre d'absinthe, tout le mal qui
m'envahissait à mesure que le temps s'écoumait. Mes pensées étaient noyées dans
le bruit que produisait à ma gauche le groupe de peintres impresssionnistes
empestant l'alcool et le tabac; ils avaient une conversation animée au sujet du
salon qui s'approchait à grands pas. plus loin, des modèles éclataient de rire
en s'affalant sur les hommes assis près d'elles. Dans un coin de la terrasse se
trouvaient des artistes révolutionnaires criant haut et fort leurs convictions.
Toute cette agitation semblait plaire particulièrement à un homme qui
écrivait, assis à une table, plus loin à droite. il examinait avec une telle
attention les personnages de cette scène que je ne pouvais m'empêcher de penser
qu'il s'en inspirait pour noircir ses feuilles de papier. Moi, je me trouvais
au milieu de tous ces gens pleins de
vie, avachie sur moi-même avec la seule envie de boire ce verre d'alccol.
A côté de moi était assis un homme pour lequel je
posais régulièrement. Il connaissait mon corps par coeur, il disait que sans
lui ses tableaux seraient vides d'expression, pourtant il me traitai avec
indiffèrence totale comme un vulgaire objet qu'on place et qu'on déplace selon
la lumière.
Voilà ce que ma vie était devenue: une succession de
tableaux de mon corps qui ne suscitaient de l'intérêt que pour les petits
bourgeois voulant se faire croire qu'ils s'intéressent à l'art. Au début je ne
plaisais à vivre ainsi car il s'agissait d'un moyen facile pour gagner
suffisament d'argent. Mais à présent, à chaque fois que l'on peignait mon
image, c'était un bout de mon être que l'on effaçait avec ma dignité.
Paradoxalement, je detestait autant que j'enviais ces
artistes. En effet, j'aurais tellement aimé comme eux avoir la satisfaction de
savoir faire quelque chose mais surtout de savoir créer de la vie à travers des
mots ou de la peinture.
Mais lorsque je suis avec eux je me sens inutile. Je
croyais à ma liberté. Maintenant je suis prisonnière de leurs pinceaux et je ne
vis qu'à travers leurs tableaux. A chaque fois que je me déshabille je me sens
humiliée par leur regard sans considération. Je n'ai plus de raison de vivre,
seule l'absinthe me permet de supporter ma vie et surtout d'oublier ce que je
suis.
152. La Méridienne, Vincent Van Gogh ORSAY23
La Méridienne fut peinte lors du séjour de Vincent à Saint Rémy de Provence
alors qu'il était interné dans un asile.
L'ignorance du monde artistique l'avait fait sombrer dans la folie. Son travail
n'était pas apprécié à sa juste valeur; Les Vignes Rouges est le seul tableau à
avoir trouvé preneur lors de son vivant, mais atteint de crises psychiques à
répétition, il fréquenta à de nombreuses reprises l'asile de Saint Rémy de
Provence.
Un après-midi d'été, dans un susaut de créativité, il se posa dans une
clairière avec ses pinceaux et son chevalet afin de reprendre une oeuvre de
Millet intitulée La sieste, et qui fut peinte en 1866. Il avait une grande
admiration pour cet artiste. Il avait décidé de reprendre cette toile pour sa
simplicité et parce que le thème abordé était l'un de ses favoris : les paysans.
J'aimais le regarder peindre des heures durant à l'air pur et paisible de la
campagne, loin du bruit stressant de la ville, surtout lors d'une période de
transitions et de transformations pour la France.
En effet, on célébrait le centenaire de la révolution française, on était sous
la troisième république, et de nombreuses découvertes scientifiques et
médicales faisaient leur apparition. L'industrie elle aussi avait beaucoup
évoluée surtout depuis la révolution industrielle connue par la France au dix-neuvième
siècle.
Pour en revenir à la peinture, je dirais que ce n'était que lors de ses crises
de folie, que Vincent peignait le mieux, ce qui donnait aux tableaux qu'il
faisait, une petite touche particulière mais que j'appréciais, là ce n'est pas
l'avis du marchand d'art que j'exprime, mais celui du frère, et qui est pour
Vincent le plus important.
153. Claude Gellée, dit Le Lorrain Port de mer, effet de brume louvre 54
Lundi 23 Février 1646
Mon journal
Ma femme est partie car on s’est disputé, elle est allée chez sa mère, je me
sens seul, très seul. L’esprit embrumé, je m’étais réfugié dans mon atelier
vers onze heures, il faisait noir, froid. J’allumais ma lampe à pétrole comme
une flamme au fond de mon cœur. J’arrivais à sentir la chaleur qui se répandait
en moi et la lumière découvrait mes outils de travail un part un. J’avais déjà
une petite idée de ce que j’allais peindre, mon voyage à Naple m’avait ouvert
sur d’autres architecture et un port de mer qui était un motif de Tassi et qui
me tenait beaucoup à cœur me semblaient être une bonne base pour mon tableau.
Cependant, il fallait que j’introduise un élément réel à mon œuvre.
Malheureusement il se faisait tard et je sentais la fatigue qui m’envahissait
donc, j’allait au lit en me disant que la nuit me porterait conseil.
Mardi 24Février 1646
Cher journal
Ma femme n’est toujours pas revenue. La vie me paraît bien difficile sans elle
donc j’ai passé toute la journée dans mon atelier à peindre mon tableau.
J’avais trouvé mon élément réel qui était le forum mais aussi l’élément qui
étonnerait une vie, une histoire à mon tableau. C’était, le départ d’Ulysse, il
fallait que je dépasse les limites du classicisme par le réalisme de cette scène
où on pourrait voir les bateaux s’en allant du port au soleil levant. Il
fallait qu’on ressente ma tristesse à travers cette peinture et un effet
atmosphérique comme la brume me semblait être le meilleur pour retranscrire ma
peine.
Lundi 30 Février 1646
Cher journal
Ma femme est enfin revenue, je suis très heureux et j’ai enfin terminé mon
tableau, je lui ai trouvé un titre ; je l’appellerai Port de Mer, effet de
brume.
154. La Méridienne, Vincent Van Gogh ORSAY23
Par une éblouissante matinée,
Ils s’en étaient allés,
Abattre leur besogne,
Leurs coiffures sur la tête,
Le symbole des classes paysannes et ouvrières à la main.
La chaleur étouffante du soleil,
Incitait l’ondoiement du foin ;
Puis, l’obscurité, la confusion de leurs traits.
Tout près, de la détente et du repos,
Un milieu d’autant moins agressif,
Où la tonalité est davantage diffuse et apaisante,
Où les nuances nous caressent la vue et nous relaxe l’esprit.
Ces instants suivant les labeurs,
Annonçant la fatigue et pressant la sieste,
Donne recours à l’euphorie et à la délivrance.
Cette situation intouchable,
Isole leur sérénité et laisse place à la paix la plus complète.
155. Gustave Caillebotte LES RABOTEURS DE PARQUET ORSAY3
Mon nom est Robert. J'exerce la profession de raboteur de parquet. Les gens
désireux d'avoir mon aide m'appelle par courrier et j'arrive à leur domicile
pour raboter. Ainsi, je vais d'habitats en habitats et gagner un petit peu
d'argent, juste assez pour nourrir ma femme et mes deux enfants, tous deux à la
petite école.
Aujourd'hui,j'en suis à la première heure de travail de la matinée, je rabote
le parquet d'une vaste salle, chez monsieur Martin, habitant de la rue de
Vaugirard, une avenue synpathique de Paris.
Il est onze heure. J'ai beaucoup de chance, le bar auquel je me rend
quotidiennement tous les midis, "Le Petit Leon", se trouve
juste en face : je le perçois par le balcon noir aux motifs irréguliers qui se
trouve derrière moi.
L'un des confrères avec lequel je travaille a ammené sa propre bouteille et la
partage avec nous.
Il fait une chaleur torride et le travail nous inflige des courbatures. Je
serais bien aller de suite boire de ou trois Whiskys au "Petit
Leon" mais le salon dans lequel je travaille doit être prêt à onzes heures
et demi pour son aménagement.
Ah...Vivement midi. Cet après-midi, j'aurrai un temps libre, je pourrai goûter
à la joie d'une longue balade au bord de la seine, à écouter le vent taper sur
les voiles des bateaux de pêche.
156. Série Palestine © Véronique Vercheval V14
Collez votre texte ici :: Dans les rues les gens marchent à travers les gravats
des maisons, là où, il n’y a pas longtemps, ils vivaient avec toute leur
famille .Mais ils ont du fuir et se réfugier dans des camps, ils ont été
séparés de leur famille dans le tumulte général entre les passages des tanks ou
des militaires en armes. Et le couvre-feu n’arrange rien à leur recherche de
ces personnes. C’est le cas d’une de mes amies Iman Aoun que j’ai connue dans
une des compagnies théâtrales où j’ai travaillé car elle est elle-même
directrice du théâtre Ashar prés de Bethléem.
Venu de Paris pour faire un article sur la condition de la femme dans la guerre
pour le magazine où je travaillais, Voyelle, je décidais de la suivre dans ces
recherches pour retrouver sa famille et aussi dans sa détermination pour aider
les enfants à oublier l’horreur de cette guerre à travers des ateliers de
danse, de théâtre ou de musique.
Le 5 mai, je suivais Iman Aoun depuis trois jours quand elle eut enfin des
nouvelles de sa belle-sœur : elles s’étaient données rendez-vous le
lendemain dans leur ancien village durant le couvre-feu qui s’effectuait tous
les quatre jours pendant quatre heures.
Nous sommes parties Iman Aoun et moi jusque dans ce petit village où elles
avaient grandi toutes les deux, mais malgré cela, Iman mit du temps pour
retrouver sa maison, ou plutôt ce qui en restait… « les ruines se
ressemblent toutes »
Iman s’approcha du seul mur qui avait résisté aux bombardements et le caressa
d’un geste lent comme pour apprécier ce moment de retrouvaille.
Et après ces quelques jours où j’ai vu toute l’horreur et le désespoir de cette
guerre, après m’être réveillée plusieurs fois en ayant cru que tout cela
n’était qu’un cauchemar, je voyais enfin un moment de bonheur .
Voulant immortaliser ce moment je plaçais mon appareil photo sur son trépied,
dos au soleil, placé de façon à voir la maison de Iman, j’enlève le cache, je
faisais le point et là, tout se passe en un éclair : des cris, des larmes,
enfin les retrouvailles.
Tout cela n’est qu’une suite de contradictions : le désespoir de la guerre et
le bonheur de ces deux femmes, le blanc des ruines « souvenir d’un bonheur
lointain » et le sombre « bonheur nouveau », et ces femmes qui ne forment qu’un
bloc solide, inséparable devant la fragilité de la vie.
Texte et photo :Véronique Vercheval
5 mai 2002
157. Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4
Cet été lors de mes vacances à Paris j’ai visité un musée.
Mon regard fut tout de suite attiré par une peinture colorée avec beaucoup de
personnages et un décor qui intègre bien la scène principale. Ce tableau se
nomme « Charlemagne à la bataille ». Il a été peint par Jean Fouquet entre
mille quatre cent vingt et mille quatre cent quatre vingt. L’enlumineur, ici,
devenu peintre a fait usage de la perspective dans son tableau, celle-ci
débouche sur un horizon bleu azur, qui est caractéristique de la perspective
atmosphérique. Au centre , une scène de bataille ou deux armées en rang serré,
a droite celle de Charlemagne montés sur des chevaux caparaçonnés brandit
l’étendard de France. A gauche l’ennemi fait face sur des chevaux nus.
L’affrontement a été volontairement déporté vers la droite pour, a mon avis
dévoilé l’armée dominante.
Au premier plan, Charlemagne reconnaissable à sa couronne, a son écu armorié, à
la house bleu azur fleurdelisée de son cheval et a son armure dorée désarçonne
un adversaire en lui transperçant la gorge de sa lance. Ce tableau est vraiment
magnifique. Je trouve que l’art du peintre s’exprime dans le maniement
exceptionnel du pinceau. Je me suis mis à imaginer les soldats de Charlemagne
au moment de l’affrontement : « nous étions là , en rang serrée au pied d’une
colline, les ennemis arrivaient à cent mètre devant nous. Nous avons lancer le
combat et l’armé adverse fut de même, le choc fut violent, il y eu des
blessées, des morts mais je sentait que nous dominions. Au loin j’ai vu
l’horizon bleuté ». Je me rappelais soudain que j’étais dans au musée et non
dans un champ de bataille sous les ordres de Charlemagne. Ce tableau était
tellement magnifique que je me suis laissé emporté par mes émotions sans m’en
rendre compte. J’ ai décidé de continuer ma visite pour revenir sur ce
tableau plus tard. Un peu plus loin j’ai trouvé un tableau de Paolo Uccello «
La bataille de San Romano » me rappelant l’art de la guerre comme chez le
peintre précédent avec sa célèbre représentation de « Charlemagne a la bataille
»
158. Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4
Jean Fouquet est connu pour être un peintre réaliste imprégné des idées de la
Renaissance . Il a représenté l’ empereur Charlemagne à la façon de son époque,
le XV siècle, ce qui montre beaucoup d’anachronismes ; les étriers qui ne
seront connus qu’au XIII siècle ; les armures à plaques inexistantes au X
siècle, époque de Charlemagne ; la fleur de lys qui n’est pas l’emblème des
rois de France ; la tactique et la stratégie sont aussi celle de son époque :
la charge de cavalerie lourde.
Bref, tous ces éléments nous incitent à penser à une transposition dans le
temps. On peut donc considérer que Fouquet voit en Charles VII, le roi
contemporain, le nouveau Charlemagne.
L’ennemi est très difficile à identifier : est-ce un ennemi de Charlemagne ou
celui de Charles VII. La réponse est sûre, il s’agit de l’ennemi héréditaire de
Charles VII, L’Anglais. Là aussi le parallèle est troublant. En effet au
VIII-IXème siècle, Charlemagne est en très bons termes avec le roi
d’Angleterre.
Le blason, dans le tableau, de Charlemagne, un aigle mêlé à une fleur de lys,
est dans la réalité celui de Charles VII. Le nom du roi « Charlemagne »
signifie en latin « Charles le grand », Fouquet voit Charles VII comme un
grand roi, il lui donne le titre de « grand ». Tout semble indiquer une
personnification du roi en un héros mythique, en l’occurrence Charlemagne.
La technique de peinture italienne est présente dans le tableau. La
perspective, dans ses débuts, fait son apparition. Les lignes convergent en
formant les vagues successives de chevaliers vers le point de fuite. On sent
que la vague française avance par rapport à celle de son adversaire sous
l’impulsion du roi.
La peinture utilisée rend l’ensemble du tableau très coloré. Trois teintes
ressortent ; l’or, utilisé pour peindre les armures des chevaliers, fait
ressortir leurs actions ; le bleu, couleur de la royauté, que porte le roi, et
le ciel ; le vert des champs et de la nature. Les proportions sont respectées
entre les chevaliers et leurs montures.
On remarque des points communs entre les chevaux d’une même vague.
La stature du cheval à l‘arrière de celui du roi est calquée sur la monture de
celui-ci, les pattes antérieures et la tête étant placées dans la même
disposition. Plus en arrière, un troisième cheval présente cette posture. Un
seul détail dissocie les trois chevaux ; les oreilles, sur le cheval du roi
celle-ci sont inclinées en arrière, sur les deux autres chevaux, elles imitent
les cornes des taureaux. Cela prouve les balbutiements des techniques de
peinture réaliste de profil et de trois-quarts face.
A cause de ces divergences temporelles et du thème principal du tableau qui
représente Charles VII comme le nouveau Charlemagne, on peut rapprocher l’œuvre
picturale d’une forme subtile d’historiographie officielle par l’image. Les
rois de France de la fin du Moyen-âge soignaient déjà leur image ! !
159. ThéodoreVan Rysselberghe, L’homme de barre van-rysselberghe-pêcheur
En parcourant un ouvrage de reproductions de la fin du
XIXème siècle, mon œil fut attiré par cette peinture de Théodore Van
Rysselberghe. Peut-être par la scène représentée d’un pêcheur sur son bateau ;
peut-être par la monotonie des couleurs qui restent dans les tons bleus ; ou
peut-être même par l’ensemble des deux réunis.
En effet, l’homme sur son voilier m’a intrigué car de nos jours, les pêcheurs
vont en mer avec des bateaux soit à moteur pour la plupart, soit à rames pour
une minorité. De plus son embarcation me rappelle mon passé, lorsque dans le
cadre du collège, en éducation physique et sportive, nous pratiquions
l’optimiste qui ressemble étrangement au voilier du tableau en plus petite
taille. Le navire passant à l’horizon m’a aussi surpris car maintenant même les
bateaux de transports sont à moteur. Les paquebots avancent grâce à une hélice
alors que celui du tableau se déplace avec l’aide du vent qui s’engouffre dans
les voiles.
A mon avis, l’homme de barre a l’habitude de pêcher en mer car la taille des
vagues me fait penser à une tempête ou dans tous les cas a une mer très agitée.
L’écume montre que les vagues claquent en retombant ce qui veut dire qu’elles
arrivent violemment contre la coque du bateau ; donc il faut que le matelot le
maîtrise à la perfection. S’il oriente mal la voile, ou qu’il ne passe pas les
vagues perpendiculairement, il a le risque de se retourner, de casser son
embarcation … De plus on remarque qu’il est dans son élément car ses vêtements
et son chapeau sont imperméables et sont bien adaptés pour la mer.
On peut supposer que le tableau est contemporain de Van Rysselberghe, lui-même
étant belge, on présume que l’homme pêche en mer du Nord. Il y a donc de fortes
chances que ses prises soient principalement constituées de harengs et de
morues.
La tension des cordes nous renseigne sur la force du vent (arrière) qui
s’exerce sur la voile. On peut donc en déduire que la houle est forte car la
voile est très gonflée et les cordes sont tendues.
Le navire s’éloignant au large n’est pas un petit bateau de pêche comme celui
du premier plan mais plutôt un navire exportant de la marchandise vers des
destinations lointaines.
Comme je l’indiquais dans l’introduction, la monotonie des couleurs m’a «
frappé ». Le peintre a choisi de constituer son œuvre seulement de couleurs
froides. Tous les éléments sont en bleu plus ou moins foncé à part la barre où
est fixée la voile du bateau qui est en jaune, ce qui casse le rythme du bateau
et qui attire légèrement l’attention. Le blanc apparaît beaucoup sur la voile
et dans l’eau pour l’écume. Ce que j’ai aperçu en premier sur la peinture est
le matelot car il est habillé, d’un bleu plus éclatant, moins pâle.
La scène représentée et les couleurs vont effectivement ensemble. Il est tout à
fait normal que le tableau d’un pêcheur en mer par un ciel couvert, soit dans
les tons bleus. Je conseille donc aux personnes qui visiteront le musée d’Orsay
de s’arrêter devant l’œuvre de Théodore Van Rysselberghe et de l’admire
attentivement.
160. Série Palestine © Véronique Vercheval V14
Interview de Véronique Vercheval et de sa directrice:
Le reporter « -Qu’est ce qui vous a fait choisir Véronique Vercheval pour cette
expédition ?
Directrice du journal Voyelles -Véronique a longuement travaillé sa manière de
prendre les photos pour que le résultat sur papier soit expressif de manière
égale à un commentaire, voir mieux.
De même, les reportages qu’elle a faits sur les transporteurs routiers et la
condition des femmes sont directement basés sur ce procédé. C’est pour ça que
je l’ai choisie. Qui croirait qu’en Palestine, un reporteur aurait le temps de
prendre à la fois des photos et en même temps, de prendre des notes pour
éclaircir le contexte de la photo. Personne ! C’est tout simplement surhumain !
Donc, comme Véronique a ce don de prendre des photos qui parlent d’elles-mêmes,
je lui ai réservé ce reportage. Ça aurait été impensable de lui faire manquer
une telle occasion.
Rep.-Véronique était-elle de votre avis lorsqu vous lui avez annoncé ceci
?
Directrice -Véronique est rarement contente de son travail. Pour elle, ce
voyage que je luis proposais était un compliment pour tout ce qu’elle avait
fait pour le magazine auparavant. Je pense que c’est un peut normal :
Lorsqu’elle est sur le « terrain », elle ne peut pas tout faire rentrer dans
son objectif. Mais lorsque nous regardons ses photos, ça ne se voit pas !
Véronique ne voulait pas de ce reportage. Puis, ses collègues de travail l’on
convaincue petit à petit d’y aller. C’est lorsqu’elle a appris qu’elle aurait
de fortes chances de rencontrer des artistes de théâtre qu’elle n’a plus
hésité. Elle a toujours adoré le théâtre.
Rep.-C’est vrai ce qu’avance votre directrice ? Vous avez dans un premier temps
refusé ce voyage ?
Véronique Vercheval -Oui, c’est vrai. Au début, je ne voyais pas les choses de
cette manière; je me disais qu’ils ne racontaient que des histoires au bureau.
Puis je me suis rendu compte que je n’avais aucun argument valable pour refuser
une telle chance. Alors, je me suis lancée et j’ai oublié les autres problèmes.
Rep.-Que pensez vous du reportage que vous avez effectué en Palestine ?
V.V. -Mes images de Palestine relèvent plutôt du « carnet de route » que du
reportage au sens classique du terme. Etre photographe, en l’occurrence, c’est
rencontrer les gens, tenter de le connaître, témoigner de leur vie. Je n’ai
cherché ni le « scoop » ni l’image extraordinaire préférant rendre compte de la
vie quotidienne. On ne parle pas suffisamment de la vie de tous les jours.
Au-delà des ruines, il y a toujours des hommes, des femmes, des enfants. Bien
sûr, le pays est bouleversé par la guerre. La destruction est partout, maisons
privées, institutions, infrastructures civiles, champs d’oliviers ou d’oranges
arrachés. Mais les palestiniens continuent malgré tout de parler de la
résidence, de la nécessité de faire vivre la culture palestinienne, de
l’impossibilité de rester créatif, de l’urgence de travailler avec les enfants
malgré et surtout à cause de l’occupation. Ils parlent aussi de la difficulté
de se projeter dans l’avenir. Pourtant, les gens s’efforcent de vivre
normalement et veulent croire en l’avenir en terme de liberté.
Rep.-Quelles relations entreteniez-vous au cours de votre voyage ?
V.V. -Nous étions très proches. Les palestiniens n’ont pas vu des personnes de
confiance depuis très longtemps. Ils m’on amenée dans leurs champs, dans leurs
villes. J’ai découvert leurs universités, leurs théâtres, leurs cafés, leurs
marchés. Et aussi leurs check points, leurs camps de réfugiés. Ils m’ont montré
ce que faisait un bombardement. Leurs couvre feux aussi. Ce sont des choses que
l’on ne peut pas se représenter sans les voir.
Rep.- Y-à t-il quelque chose que vous n’avez pas compris durant votre voyage,
quelque chose qui vous paraît sur-humain dans ce pays ?
V.V. -Je me suis souvent demandé comment faisaient-ils en Palestine pour
continuer à vivre sans travail, sans revenus. Comment est-il possible d’être
peintre, musicien, comédien, et de le rester ? Je suis admirative devant la
détermination de ces artistes qui sont « entrés en résistance ». En réalité,
ils ne considèrent plus la créativité de la même manière : leur préoccupation
première est la sauvegarde des enfants, à travers des ateliers de danse, de
théâtre, de musique. Une de ces actions que mène le théâtre d’Ashtar m’a
bouleversée. Cela se passe dans une école secondaire, dans une classe de
filles. Après quelques exercices, les comédiens les incitent à parler, à
extérioriser leurs peurs. Il est arrivé à beaucoup de ces adolescents de se
trouver en présence de tanks, ou face à des militaires en armes, et parfois en
joue. Cela reste un véritable traumatisme. Pour eux comme pour moi.
Rep.-Vous avez fait partie du projet « 100 artistes en Palestine » qui
maintient un activité culturelle en Palestine. Quelle en a été l’influence sur
votre travail ?
V.V. -Tout d’abord, j’ai pu rencontré des organisateurs, des palestiniens, des
musiciens, des peintres et même une directrice d’un théâtre. Je pense que c’est
ce qui m’a permis de rentrer directement en contact avec les palestiniens.
Ensuite, j’ai pu photographier des moments symboliques de leur vie. C’est le
cas du cliché d’Iman Aoum, directrice dont je viens de parler et de sa belle
sœur.
Ce projet m’a motivée pour faire bouger les choses, expliquer aux occidentaux
ce qui se passe là-bas ; je veux leur montrer ce qui se passe en Palestine pour
qu’il n’y restent plus indifférents.
Rep.-Votre carnet de route est composé d’une centaine de photos qui évoquent
des sensations fortes. Mais si vous deviez en garder une seule ; laquelle
choisiriez-vous ?
V.V. -Je choisirais probablement le cliché où Iman et Aïda se retrouvent dans
une rue de Beit Jala complètement démolie. La photo est très contrastée : des
ruines sur tout l’arrière plan et au milieu, deux personnes qui oublient
totalement le désastre qui les entourent, tellement elles sont heureuses de se
retrouver après plusieurs mois de séparation.
J’ai réussi à prendre une scène rare, mais qui libère tellement d’émotion que
je choisirais probablement de la garder constamment avec moi, comme témoin de
la vie en Palestine. »
161. Canaletto Le Pont du Rialto italie(8)
La première fois que j’ai vu Le Pont Du Rialto, une œuvre de Canaletto, c’était
lors de la visite du musée du Louvre à Paris. Ce tableau m’a tout de suite
captivé.
Même si il n’est pas au centre du tableau, le Pont Du Rialto il captive et
attire le regard : il est un point de rencontre entre l’eau et le ciel d’une
part, et la rive gauche et la rive droite du canal d’autre part.
En restant là à le regarder, j’ai la sensation que les gondoliers sont vivants,
ils font leurs affaires. L’air paraît pur, vif. Ils se séparent au niveau du
Pont Du Rialto et l’air va s’engouffrer et continuer son trajet le long du canal.
En plus de cette fraîcheur, des rayons de soleil illuminent le canal et
adoucissent la fraîcheur matinale.
Je remarque aussi une opposition entre les deux rives : l’une est abritée par
des maisons l’autre non. Le tableau représente exactement la ville de Venise,
Ses habitants ses gondoliers, son Grand canal, son architecture et
sa vie.
Il se crée, grâce à une composition parfaite, un équilibre des formes et
une harmonie des couleurs.
162. Gustave Caillebotte LES RABOTEURS DE PARQUET ORSAY3
J’étais là, en plein mois d’avril, à m’occuper de son
appartement. Certes j’aimais cet endroit, mais je n’aimais pas que cela ici.
Mon employeur, Gustave Caillebotte, était un homme impressionnant. Pas beau au
sens propre du terme, mais il possédait cette beauté intérieure que peu, très
peu d’hommes, ont. Il n’avait tout de même pas un physique ingrat, mais on ne
pouvait pas vraiment le définir . Et j’étais là, moi, sa servante, en train de
cirer cet immense parquet, que j’ai de nombreuses fois eu en horreur. A chaque
fois que ma besogne (la pire de toutes) était finie, je me relevais de ce
parquet et de ces immenses lames de bois qui n’en finissaient pas, et je
sentais mon dos se briser au fur et à mesure que je me redressais. Bien sûr, je
ne me plains pas, car sans cet homme, Dieu seul sait où je me trouverais, mais
certainement pas dans cet appartement où se détendait, si peu, cet homme. La
première fois que je l’ai vu, j’ai senti tout mon être se
mettre à frémir. J’étais alors sous l’emprise de deux forces
exceptionnelles et contradictoires. La peur brûlait mon flanc gauche à m’en
faire tomber au sol, tandis que l’admiration et le désir se mêlaient au creux
de mon esprit.
Au début, quand je travaillais pour lui depuis peu de temps, il était froid,
distant, et même légèrement hautain. Mais au fur et à mesure des mois, il me
laissait entrevoir sa vraie personnalité : sa gentillesse, sa délicatesse, sa
douceur, et bien plus encore. Il avait changé, comme si se n’était plus la même
personne. Lorsque je parlais de lui à mes trois frères, ils devenaient
méchants, et même odieux, en me disant d’arrêter de parler de lui de cette
manière, que nous n’étions pas du même monde, et qu’il ne me servait à rien de
croire qu’il pourrait m’aimer un jour. M’aimer ? Moi, l’aimer ? Non, je ne
l’aimais pas, je lui vouais un culte, une adoration… oui je l’aimais, mais
pourquoi l’avouer ! Je savais en moi que ce sentiment ne pouvait être
réciproque, et que ce n’étais que dans mes rêves que je pouvais imaginer une
toute autre réalité.
Malgré moi, je refoulais ce sentiment dans mon cœur, ne laissant rien paraître.
Puis un jour, tandis que l’été approchait, ma besogne passée, je suis allée le
voir, afin de lui dire que le parquet gondolait sérieusement, et qu’il serait
peut être bon de le faire raboter. En effet, cette année 1875, avait été très
humide. C’est alors qu’il me demanda si mes frères pourraient accomplir ce
travail, en ajoutant qu’il les paierait bien, et qu’il voulait connaître les
hommes avec qui je partageais ma vie.
En rentrant chez moi, mes frères parurent comme fâchés et vexés par cette
proposition, mais ils acceptèrent, car le travail se faisait de plus en plus
rare pour eux. Qu’elle ne fut pas notre surprise en arrivant le lendemain.
Caillebotte nous attendait, plein d’une immense joie que je ne pouvais décrire.
Il contempla mes frères sans un mot, puis ceux ci se mirent au travail. Alors
qu’ils étaient en pleine besogne, Caillebotte les observait, et moi j’observais
cet impressionniste de génie. C’est alors que je vis une étrange lueur dans ses
yeux. Il se précipita dans son atelier et en sortit tour à tour un chevalet,
une immense toile, et toutes sortes de peintures et de pinceaux. Il se mit
devant mes frères et commença à poser différentes touches sur la toile. Peu à
peu, on pouvait voir se dessiner le plancher, qui occupait une majorité de
l’espace, et permettait au regard de s’accrocher au personnage central, le plus
imposant de mes frères. On pouvait voir se dessiner petit à
petit tous les détails : les copeaux de bois, la balustrade de la porte
fenêtre, les outils de mes aînés… Et plus son œuvre avançait, plus il semblait
s ‘épanouir, son visage se transformait, se déridait, devenait tendre et
passionné.
Si je reviens encore dans cet appartement aujourd’hui, c’est le cœur lourd. Mon
amour est mort en cette année 1894, et je n’ai jamais trouvé le courage de lui
avouer l’ardeur de mes sentiments à son égard.
Ses funérailles étaient merveilleuses. Beaucoup de ses amis peintres étaient
là, à le pleurer, ainsi que son frère, qui lui ressemblait tant. Je sais qu’ils
ont projet de faire voir au monde ce talent pur, en exposant sa toile, un peu
la mienne aussi, qui représente la plus belle partie de ma vie, et que j’ai
nommé, à sa demande, simplement, les « raboteurs de parquet ».
163. Jean-François Millet 1814-1875 Le Printemps ORSAY19
MON PRINTEMPS
C’était un de ces tous petits matins de grasse matinée de l’hiver parisien,
doux et sombres. Le ciel était noir, tirant un peu sur le gris, à cause de
lourds nuages chargés d’un présage de neige. Je m’étais éveillée très tôt,
comme d’habitude, oppressée par un pesant sentiment de solitude et de
monotonie. Depuis que j’étais venue faire mes études d’Histoire de l’Art ici, à
Paris, dans la capitale des Arts, les dimanches de relâche étaient devenus ma
hantise ; je n’avais pas envie de me retrouver seule à seule face au défilement
de mes idées. Comme j’aurais voulu que l’on m’en libère, de ses idées
horribles, de ma vie horrible !
Luttant contre le désir irrésistible de paresser au lit comme tous les
Parisiens - activité si propice à la naissance de pensées plus ou moins
morbides ou déprimantes… - je me dressai résolument, mais le choc du plafond
pentu qui épousait la forme du toit contre mon front suffit à éteindre mes
ardeurs. Je restai un moment inerte sur mon lit, avant de me secouer et de
ramper vers la salle de bain pour prendre une douche froide.
Quelques minutes plus tard, j’étais en bas de mon immeuble, sur le pavé de
Paris, seule, dans la nuit, suçotant de la crème à tartiner bon marché étalée
sur un petit beurre. Je commençai à remonter ma rue, et le bruit de mes talons
sur l’asphalte sonnait d’une façon quelque peu effrayante… Je marchai ainsi
jusqu’à la station de bus la plus proche. Le ciel était sombre et nuageux. Mais
soudain, un rayon de lune se faufila entre les brumes célestes et éclaira
violemment d’une lumière diaphane et fantomatique la rue totalement vide. Je
frissonnai. C’était une froide nuit douce à la Sonate au Clair de Lune.
Une fois montée dans le bus, je remarquai une petite vieille qui se traînait
dans le froid, sur le trottoir, et une étrange peur de la vieillesse infirme et
débile me prit… Le trajet pour le VIIème arrondissement fut long, bien que les
rues se révélassent désertes sous la lumière naissante. Ce fut donc sous un
petit jour gris et sale que j’atterris sur le parvis du Musée d’Orsay, devant
la haute façade, un peu grisâtre dans les brumes matinales.
Je n’avais trouvé que cela pour oublier mon inactivité, me perdre dans le
dédale des couloirs de ce musée, me noyer, m’engloutir sous la masse des
œuvres, pour me donner un semblant de libération, une impression, une utopie,
un rêve... Et c’est ce que je fis. Enfin j’essayai de m’oublier, de me libérer
de moi-même. J’errai pendant plusieurs heures, contemplant pensivement les
tableaux impressionnistes, mais je n’avais pas réellement l’esprit à cela. Je
ne saurais dire de quoi j’étais exactement préoccupée, mais il m’était
impossible de fixer longtemps mes pensées sur quelque chose de précis. Bientôt,
un violent jour laiteux s’engouffrait par les hautes fenêtres, indiquant que la
journée avançait. Je décidai donc de déjeuner et me dirigeai vers la cafétéria,
où je traînai une bonne heure à observer la caissière se limer les ongles
derrière le comptoir.
Puis je continuai mon errance. J’arrivai enfin dans une petite salle, tout au
bout du musée. Il y faisait un peu sombre, et je ne vis d’abord rien. Puis ce
fut comme une apparition, une profusion de lumière, un aveuglement. Je
m’approchai, captivée, intriguée, et je crus me trouver devant une fenêtre qui
donnait sur un autre monde, comme une Alice face à un étrange passage pour un
Pays des Merveilles. Une bouffée de ce bonheur inexplicable, que je n’avais
jamais ressenti, tout chargé d’allégresse, était monté depuis mon cœur jusqu’à
ma gorge, et je haletais un peu en détaillant cette œuvre toute pleine des
couleurs tendres du printemps.
C’était une charmante huile sur toile de Millet, un peintre ancré dans le
XIXème siècle, dont j’avais déjà entendu parler pour ses représentations
puissantes du labeur paysan ; mais là, il s’agissait d’une de ses dernières
œuvres, Le Printemps, un tableau pastoral d’assez grande dimension, s’intégrant
dans la série des 4 saisons, un paysage printanier de la nature en fête,
quelque chose d’un peu absurde et idyllique à la fois. Tout était plein de
lumière, chargé de petits scintillements dorés.
Ce tableau lumineux s’ouvrait sur un chemin de campagne, sablé, doré, un peu
herbeux, si familier que j’aurais cru y être et m’y promener moi-même. La
beauté du printemps sautait aux yeux, comme vue depuis la sortie d’une forêt
noire, celle de l’hiver, pour se retrouver sur une clairière tendre, promesse
de renouveau.
Dès mon premier regard, j’avais cru sentir venir à moi l’odeur douce et fraîche
de l’herbe mouillée après un orage, il m’avait semblé percevoir le chant des
oiseaux heureux qui piaillaient dans les arbres…
Le chemin, bordé d’une herbe rase d’un beau vert délicat, allait ainsi tout
droit jusqu’au fond du tableau, parsemé de poétiques fleurs blanches. La
prairie qu’il traversait avait une teinte pourpre un peu étrange et inquiétante
- roussie ou ombreuse ? je restai indécise.
On percevait quelques arbres qui ressemblaient à des fantômes de lumière. Le
premier, sur la gauche du chemin, un peu penché, comme harassé, au feuillage
vert tendre qui s’élargissait et se densifiait vers le bas, était tout chargé
et tartiné de couches de fleurs, des perles de soleil, des gouttelettes dorées.
Elles paraissaient si douces et veloutées, comme de jeunes chatons
attendrissants, chargés d’un duvet clair et ébouriffé. L’ombre froide de
l’arbuste formait un long cercle vert sombre sur l’herbe encore humide, encore
palpitante et papillotante d’une pluie récente.
De l’autre côté du chemin se dressait un arbre sombre, également penché, mais
dans l’autre sens par une sorte d’effet de symétrie, ce qui lui donnait une
allure à la fois grotesque et majestueuse. Il était plongé dans l’ombre et seul
un doux rayon de soleil ornait fugitivement la base de son tronc d’une
guirlande d’or. Sa ramure s’échappait par touffes rebelles et effilées.
Parsemés avec fragilité et délicatesse sur le bout de ses branches brunes, des
boutons floraux, tous purs et immaculés, semblaient prêts à s’envoler comme
d’allègres papillons blancs. Cet arbuste projetait sur l’herbe sombre une ombre
éparse et désordonnée qui avait une apparence dégingandée et fantomatique…
Un peu plus loin, la prairie s’éclaircissait et prenait une couleur vert
tendre. Il y avait, là encore, un arbre, noir sous la lumière magique d’un
rayon de soleil fugitif entre deux averses, comme désespéré avec ses branches
tombantes. Il était flanqué de longues taches de lumière qui coulaient le long
du feuillage.
Derrière lui, une clôture de bois blanc s’allongeait et délimitait une sorte de
verger où s’éparpillaient quelques arbres au feuillage jeune et tendre qui se
confondaient vaguement, par des contours troubles, avec l’arrière-plan
forestier. C’était une brumeuse forêt d’arbres irréels - des peupliers
sûrement, dressés sur la toile de fond du ciel, dont le feuillage clair et
lumineux ondulait. Sa silhouette rappelait un long temple à colonnades. A
l’extrémité gauche du bois, la ramure supérieure des arbres se gonflait,
enflait, bouffait dans le vent et s’apparentait ainsi à une étrange coupole, ou
même à la fière proue d’un navire fendant les flots tumultueux des airs.
Vers la gauche, une large maison avec de longues ailes, au toit de tuiles
brunes, était blottie avec une certaine poésie dans un taillis épais devant
lequel se fondaient une paire d’arbustes, tels une grappe de raisins blancs.
C’était tout près du toit de cette maison que s’appuyait confusément un
arc-en-ciel, fauve et doré, qui ressortait sur une brume verte d’arbres
lointains. L’arc-en-ciel miroitait sur le ciel violacé, chargé de nuages
d’orage. Une pâle réplique, un vague reflet du mince rayon de lumière
décomposée s’oubliait dans un coin du tableau. Les nuages, d’un noir purpurin,
menaçants, étaient parsemés de traces plus claires qui ressemblaient à des
voiles, pendues sur la voûte céleste et claquant dans le vent du printemps
encore froid, plein de l’hiver. Dans un coin, rongé par ces nuées monstrueuses,
on voyait un éclaircissement d’azur, tirant sur un blanc lumineux, semé de
traînées immaculées qui évoquaient avec poésie la promesse du printemps.
J’avais été époustouflée par ce tableau, je ne pouvais le quitter des yeux. J’en
avais été assaillie, hypnotisée. C’était un foisonnement de couleurs extrêmes,
de blanc et de clarté, de vert et de pourpre, de reflets, de scintillements,
d’ombres… Je m’oubliais à en observer les moindres détails, tous les recoins,
toutes les taches de lumière ou de verdure, à analyser la courbe des coups de
pinceaux clairs et légers, sûrs et tendres, lyriques et si précis. Ce mouvement
souple faisait ressortir violemment les émotions du peintre : cette toile
respirait une suffocation joyeuse de l’auteur devant cette beauté, un
enthousiasme enfantin, rêveur et poétique, une volonté de plonger dans l’âme du
paysage, une curiosité pour la lumière, pour les souples formes du printemps
naissant et la nouveauté des jeunes pousses. Mais surtout, émanait le désir de
rendre, le désir de voir, le désir de sentir, de goûter et d’immortaliser… Le
peintre avait, avec délicatesse, savamment révélé et illust
ré sa sensibilité face à cette nature, d’une grâce et d’une beauté
raffinées, qui surgissait brutalement mais avec un certain charme de ce tableau
simple et modeste.
Il évoquait avec tant de précision, de puissance, de magie et de poésie la
nature en fête, la nature qui se pare pour les beautés et les joies simples et
douces du printemps ! Il était si plein de lumière ! Ce paysage enfermé dans un
cadre, c’était l’immortalisation d’un calme éphémère entre deux tempêtes, la
lutte du printemps contre l’hiver : c’était comme une fenêtre sur un monde
idyllique, dénué de mal, tout de poésie et de simplicité. On aurait voulu y
sauter, on aurait voulu s’oublier dans l’herbe humide et odorante, à regarder
le ciel se couvrir pudiquement de mauve, à regarder cette lumière étrange venue
de nulle part scintiller, éclairer, éveiller la nature, en développer les
moindres beautés cachées comme cette petite fleur anonyme blottie dans le
feuillage dru d’un arbre quelconque…
C’était une symphonie de couleurs et de lumière, c’était la symphonie du
printemps, une profusion puissante de beautés simples et poétiques au milieu
desquelles on percevait la douce musique magique d’un petit air saisonnier,
bucolique, champêtre : du silence froid de la toile surgissaient les chants des
oiseaux, des odorantes fleurs épanouies, des arbres, du vent frais dans les
jeunes herbes ondulantes… Cette prairie, ce chemin doré, ce ciel sombre, cette
forêt étrange, cette lumière dépeignaient avec un réalisme poignant et une
harmonie irréelle toutes les grâces de la création, toute la simplicité
magnifique d’un jardin originel : c’était merveilleux, c’était le paradis…
Je ne sais pas combien de temps je suis restée à le fixer, à le tâter, à
l’admirer. J’avais glissé au pied du mur, et, à genoux, je passais un doigt
émerveillé sur la peinture à l’huile encore toute scintillante, qui éclairait
la pièce sombre des lumières, des couleurs de fête du printemps. J’avais tout
oublié, je ne savais même plus qui j’étais. J’étais une de ces étoiles blanches
qui mouchetaient la ramure des arbres, j’étais ce scintillement humide mais
éphémère dans l’herbe, j’étais ce rayon de lumière qui ornait le tronc de cet
arbre dont j’étais une des aspérités de l’écorce, j’étais une des gouttelettes
qui composaient l’arc-en-ciel, j’étais toutes ces poussières de peinture,
j’étais toute la peinture : ce tableau, j’en étais une partie, ce tableau,
c’était moi, c’était à l’intérieur de moi, il me semblait que j’en étais
pleine, que j’en rayonnais.
Je suis finalement sortie du musée, sans trop savoir où j’allais, plongée et
perdue dans un autre monde bien loin, bien haut, comme une somnambule…
Le réveil avait sonné, brutalement. Il me tira d’un rêve, un rêve magnifique :
un tableau, le tableau que j’aurais voulu peindre, si je l’avais pu. Je me
cognai au plafond, brusquement, mais je replongeai tout de suite dans ce monde
qui m’emplissait, un monde invisible, incroyable, un monde de lumière et de
merveilles. Sous la douche, j’ai fini par m’éveiller, et j’ai senti quelque
chose au fond de moi : il fallait que j’y aille, au musée. C’était lundi,
j’avais cours, mais qu’importait ! Il fallait que je le voie enfin, ce tableau
qui toujours avait hanté mes rêves, qui s’était enfin présenté à moi, dans
toute sa splendeur, dans toute sa réalité.
Je suis entrée dans le musée en courant, je ne réfléchissais pas à où j’allais,
je le savais, c’était dans mon cœur, dans ma tête. Je ne sais pas comment c’est
possible… Et puis je me suis trouvée devant lui, face à face. C’était vraiment
mon printemps : il rayonnait, encore plus splendide et merveilleux que dans mes
rêves. Je me suis jetée à ses pieds, je pleurais, des larmes de bonheur :
j’étais libérée…
164. photographie de Constance Griffon Du Bellay constance (o)
ANDROGYNE
Un corps. (l’environnement extérieur, plutôt véniel, importe peu : seule
l’anatomie concentre)
Epanché sur le sol glabre, esseulé. Placé dans sa placidité.
La position passablement extravertie… Peut-être la recherche d’une espèce
d’exhibition. Gracieuse de contenance. Dans sa forme la plus pure, opiniâtre…Ou
alors une demande. Concrète.
Personnelle la demande, à l’origine…
Enfin, l’incitation. Moins tangible…
Mais possibilité.
Le corps…
Il est gracile. Voyant feint. Quand même légèrement désabusé, en glissement…
L’attente, seule effrontée dans la pose. Versée de crainte leste. Une pose qui
engendre une certaine sensualité. Vaguement implicite d’ailleurs… Toute proche
d’une attitude parfaitement à l’encontre des appâts en étalage, car elle
s’avère d’une pudibonderie réelle. Mais à quel niveau, cependant… Car l’on perçoit
les attraits modestes mais plaisants. Puis, il y a la pudeur dans la chevelure.
Indécise. Dissimule les traits, délicat morceau constant de chair versatile…
Probablement attrayant le visage. Ce visage. Tordu de paradoxes : fragile mais
d’une ardeur éclatante. Ressentir…
Imperméable aux accents hétérogènes des regards. Dans ce cas, ils doivent être
incongrus. Ils sont incongrus. Forcément. Omettre le doute. Des sales regards
insidieux retournés en dégoût. Pauvre perversité des médisants. Insipides. Qui
croient en leur raison : la probité de l’apparence. Alors, le visage se
protège, s’insurge et par là même s’entrave. Pourquoi ? Raison ?
L’aspect du corps…
Et là soudain, le rapport trouble. Voir ce charme ambigu, il semble… Evocateur
d’une in conformité qui ne se veut en aucun cas éculée, comme son propre
antonyme… Tout simplement l’unité inhérente des opposés. ANDROGYNE. Oui…
Un peu une nature des genres. L’impudence tranquille qui transparaît dans
l’allure. Perplexité de l’être, délicieuse…Le corps. La plasticité des sexes.
Il en est imbibé… Tout est subtile dans l’allusion. Rien que des bribes. Les
seins à la platitude émouvante, taille souple, (principes féminins) dégagement
de l’être perceptible face à la conformité du portrait… Une attitude de teenage
prise de doux travestissement. Et par là, la touchante puérilité de cette
morphologie.
Il y a l’emploi de l’innocente corrélation. Du Masculin/Féminin. De l’être qui
s’étudie dans une langueur commandée, un corps à la limite de l’apathie.
Seulement à côté, la crainte du rejet qui sans doute se concrétise. Petit
ostracisme. Souvent inexorable… La faute à une plèbe majoritairement inculte.
Inamovible.
Puis plus loin. Reculer pour parfaire l’impression. L’adolescente… D’elle, une
occupation sagace de l’espace. Et la non-couleur, sorte d’éther diffus, qui
entretient avec elle une relation inextricable. Une carnation parfaite, tendre
de froideur, qui laisse libre cours aux émois… Divers. Provocation de
sensations fulgurantes. Et pourtant, rien qu’une saisie à l’intimité voilée
d’euphémisme. Résultat d’une évidence, connivence avec une beauté taciturne… Un
corps.
Juste un corps.
L’image d’une audace modérée, magnifiée…
165. Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Charlemagne à la bataille fouq.bnf4
Lorsque je l’ai vu, ce tableau était à mes yeux une de ces œuvres
qui décrivent si bien et si parfaitement les guerres médiévales. C’est lors de
la guerre de cent ans, quand Français et Anglais s’affrontaient pour la
conquête de territoires, que cette scène a eu lieu. Cette bataille se déroule
dans la plaine, près de deux châteaux forts. Les deux armées se font face, les
cavaliers en position de charge. Les lances sont peu à peu baissées au fur et à
mesure que l’ennemi approche. On peut constater très distinctement le rapport
de force inégal entre les deux armées, tant l’image est axée vers l’armée
française, qui charge et me renvoie une sensation de puissance. Les armées
anglaises se brisent dans les boucliers adverses tandis que celles du pays à la
fleur de lys percent et tuent. Je fixe alors mon regard sur le chevalier du
premier plan : il attaque sans peur les Anglais, vêtu d’une armure d’or et
d’une couronne. Son cheval est lui aussi très descr
iptif avec son habit marqué de fleurs de lys et avance majestueusement
avec sur lui l’homme représentant la France : le roi. Il diffuse parmi
l’ensemble de son armée, une force extraordinaire qui le rend à ma vue
invincible. Il guide alors ses compagnons vers le seul but du combat, la
victoire. C’est lui qui verse le premier sang sur la plaine et fait déjà
freiner l’armée anglaise dans sa progression. On peut dès lors imaginer la
suite de l’action, tant le roi de France montre de magnificence. Je remarque
aussi les cadavres qui reposent sur la pelouse verte de la plaine. L’un a été
touché au ventre d’une flèche tandis que l’autre se fait piétiner par la
cavalerie française ce qui laisse croire que la bataille avait déjà commencer
avant ce moment. Le cavalier le plus visible après le roi est celui qui se
situe juste à l’arrière de lui lors de la charge. Habillé de la même manière
que son supérieur, il suit ce dernier et se prépare à attaquer. Pour le décor
de la scène, Jean F
ouquet a voulu faire dans la simplicité : en décrivant un ciel bleu et
les deux châteaux qui ont une architecture assez simple. Dans ce tableau
représentatif, l’auteur a voulu orienter le regard en positionnant le point de
vue de l’armée française qui renforce la grandeur de cette dernière et accentue
l’effet de supériorité.
166. Georges Lemmen, La plage d’Heist lemmen_plage
Je me promenais dans les galeries du musée d’Orsay, quand
tout à coup…
« Oh ! Voilà un tableau étonnant ! Quelles couleurs !…Une vue
paradisiaque ! Mais qui a donc pu peindre une telle œuvre ? »
Je baissais mon regard en dessous du tableau. C’était écrit : « Georges Lemmen,
La plage d’Heist, 1891-1892 »
Je restai cinq minutes à contempler cette œuvre…
Puis, reprenant mes esprits, j’allai voir dans quelle partie du musée je me
trouvais. J’étais dans la galerie des peintres belges. C’est alors qu’une idée
me traversa la tête :
« Il faut absolument que je trouve des renseignements sur ce « Georges
Lemmen ». Je vais trouver une personne qui va pouvoir me documenter ! »
Alors je partis à la recherche de quelqu’un qui puisse m’aider…Enfin, je
trouvais… Mais, à mon grand désespoir, la personne n’en savait pas beaucoup.
Elle me dit qu’il s’agissait d’un peintre bruxellois né en 1865 et mort en
1916. Il fut peintre, mais aussi architecte et décorateur, et, en 1890, il
s’est converti aux pratiques néo-impressionnistes et tout en me donnant ces
quelques informations, nous retournâmes auprès du tableau. La personne me dit
que ce tableau appliquait les techniques du pointillisme. Puis, elle fut
appelée par un de ses collègues et partit.
Je restais là, debout, à contempler ce magnifique tableau. Je me répétais sans
cesse :
« La plage d’Heist, quelle merveille de la nature ! »
La peintre a tellement bien représenté cette mer calme qui se retire pendant un
somptueux coucher de soleil. Mais cette peinture m’intrigue…elle m’attire, elle
a l’air si mystérieuse… ces couleurs paradisiaques, ces nuages aux formes
étranges…et il y a cette opposition entre les couleurs. Les couleurs foncées
qui sont utilisées pour la plage donnent une impression de tristesse de la vie
terrestre et elles sont opposées aux couleurs vives et variées représentant la
mer, l’horizon, les nuages, le ciel…donnant cette sensation de joie, d’espoir.
J’avais le drôle de sentiment de me reconnaître à travers ce tableau, car, ma
vie, sur terre est bien triste et lugubre. Je n’y ai vécu que très peu de
moments heureux. Toute mon enfance, je me suis senti délaissé parce que j’étais
différent des autres et mes parents n’étaient jamais là pour moi, ils étais
toujours occupés ailleurs, puis, mon mariage, le seul moment où je fus heureux
et cela n’a pas duré longtemps, puisque ma merveilleuse
femme est décédée quatre moi plus tard alors qu’elle était enceinte…Je
me suis alors senti totalement perdu. Le seul réconfort que j’ai trouvé, ça a
été en me promenant au bord de la mer, en Bretagne, là où l’air est différent,
là où on oublie nos problèmes. C’est le plus bel endroit « de la terre ». La
mer est, pour moi, un paradis. Alors la plage, la seule chose « terrestre » de
ce tableau qui est représentée en couleurs foncées, et, la mer et l’horizon qui
sont peints en couleurs vives et variées… Cela correspond un peu à ma vie. De
plus, la technique utilisée, celle du pointillisme, donne un effet de flou et
ça se rapporte bien à moi, car, je crois que je n’est jamais compris ma vie,
et, quand je me posais des questions à ce sujet, les réponses que je trouvais
ne me convenaient pas car elles étaient assez vagues. L’auteur de ce tableau
était sans doute comme moi ! Il a rendu immortel l’endroit qu’il préférait en
montrant que sa vie sur Terre avait été triste et que la m
er était pour lui une échappatoire, une évasion, un monde meilleur,
alors, pour mettre une liaison entre ces deux mondes, il a peint, au centre du
tableau, un petit voilier, un bateau de plaisance, échoué…pour passer de la
Terre à la Mer, de la tristesse à la joie, du désespoir à l’espoir, à l’avenir.
Quelle peinture magnifique ! C’est spectaculaire ! J’ai enfin trouvé le tableau
que je cherchais…
167. La Méridienne, de Van Gogh ORSAY23
Je n’en peux plus, je n’ai plus d’inspiration. Je ne cesse de peindre et de
repeindre les mêmes paysages que je vois de ma fenêtre. Je rencontre très peu
de personnes et donc peu de visages. Comment puis-je peindre de jolis portraits
dans ces conditions ? Les médecins et les infirmières sont très gentils avec
moi, et il est vrai que je me sens beaucoup mieux maintenant qu’auparavant,
mais je suis comme un lion en cage. Je regrette tant les promenades en campagne
que je faisais sous le soleil du midi. Comment vivre dans une cellule après
avoir connu les doux paysages de Provence ? Je suis si nostalgique de ce temps.
Je ne peux pas oublier l’odeur du blé fraîchement coupé, la sensation du soleil
de midi sur ma peau, le chant des cigales, et surtout, le plaisir de planter
son chevalet où bon me semble, et peindre, peindre des paysages, des paysans.
J’aime peindre des paysans, j’envie leur vie simple, harmonieuse et régulière.
En apparence, rien de plus simple que de peindre des
paysans, des chiffonniers et d’autres ouvriers, mais rien, aucun sujet,
dans l’art de peindre, n’est aussi difficile que ces personnages ordinaires.
Je me souviens d’un après-midi ensoleillé juste après mon arrivée à Arles. Je
ne connaissais pas encore bien la Provence et tous ces paysages
m’impressionnaient. Je voulais me changer les idées et découvrir ce pays qui
m’intriguait. J’allai donc visiter les campagnes au dehors de la ville. J’avais
pris un petit chemin sinueux qui me mena dans un champ de lavande, de
tournesols, puis de coquelicots. Toutes ces couleurs et ces senteurs
m’envahissaient. Le chemin s’arrêta brusquement, coupé par un mur. Cela
m’intrigua beaucoup, je l’escaladai donc. J’atterris dans un champ de blé
fraîchement moissonné. Les tiges de blé craquaient sous mes pieds. Je vis
dépasser derrière une meule de foin une chaussure. Je m'en approchai et aperçus
deux paysans faisant la sieste à l’ombre de leur récolte. C’était magnifique,
un tableau vivant ! Le bleu du ciel et des vêtements des paysans se mariaient
merveilleusement bien avec le jaune du champ. Je restai stupéfait un instant,
puis je regrettai
longuement d’avoir oublié mon matériel de peinture. Une fois rentré chez
moi, je revins à mes occupations et à mes soucis, et j’oubliai très vite cette
journée.
Ce n’est que maintenant que je prends conscience de la beauté de ce que j’ai vu
ce jour-là, maintenant que je ne peux plus y retourner. J’aimerais pouvoir
peindre ce tableau, mais mes souvenirs sont trop vagues. Cette scène me fait
penser à une gravure de Lavielle du tableau de Millet, Les Quatre Heures de la
journée. Je pourrais reproduire la gravure de Lavielle en y ajoutant des
couleurs, la technique impressionniste que j’ai apprise à Paris, et surtout,
mes sentiments. Ce sera comme retourner dans ce champ une deuxième fois, et
revivre comme autrefois. J'appellerai ce tableau La Sieste, car c’est un moment
paisible de repos. Ou peut-être La Méridienne, c’est un mot plus joli pour dire
la même chose. Et pourquoi pas les deux ?
168. La Méridienne, de Van Gogh ORSAY23
C'est une belle journée d'été, alors je me rends dans mon
atelier pour peindre, mais je ne sais quel sujet entreprendre. Quand soudain
j'aperçois à travers ma fenêtre ce champ, habituellement vide, habité par deux
personnages.
Alors je décide de peindre ce paysage.
Je peins d'abord le ciel, puis les chaumes et les tas de paille. Ensuite,
je m’empresse de peindre les deux personnages avant qu'ils ne se réveillent. Je
les laisse blancs car je ne sais pas de quelle couleur les peindre. A
côté d'eux, je décide de peindre une paire de chaussures et deux faucilles,
pour montrer qu'ils se reposent après de longues heures de travail acharné dans
ce champ. Une fois le tableau presque fini, je décide d'habiller le deuxième
plan du tableau par une charrette et des bœufs se reposant à côté de celle-ci
avant de reprendre leur activité. Une fois le deuxième plan achevé, je reviens
sur les deux personnages du premier plan et je décide de les peindre en bleu,
pour rappeler le bleu du ciel, mais aussi pour égayer un peu le tableau. J'ai
aussi décidé de ne pas leur faire de visage car à travers la fenêtre de mon
atelier, je ne les distingue pas. A la suite de cette étape, je pose mon
pinceau, je m'éloigne de ma toile, et je me rends compte que ce pays
age ressemble énormément au tableau peint par mon grand maître :
Jean-françois MILLET.
Après plusieurs mois d'observation dans des lieux différents, des conditions
différentes, je décide d'intituler cette œuvre "La sieste".
169. Ernest BeneckeFemmes Barabra. Nubie. 1852Papier salé d'après négatif papier. 22 x 16 cm orient3
Nous étions en novembre 1852. Je venais de quitter l’Allemagne où j’exerçais le
métier de banquier, pour me consacrer pendant quelque temps, entièrement, à ma
passion la photographie. Je me rendis donc dans des pays tels que l’Egypte, le
Liban ou encore la Syrie. Ces pays étaient pour moi ceux où se trouvaient les
plus belles merveilles du monde, non pas par leur richesse économique car ils
sont plus défavorisés que les pays d’Europe que je connais, mais tout
simplement par leurs paysages. Le quotidien des personnes vivant dans ces
régions m’intriguait tout particulièrement.
Pendant mon voyage, je découvris de nombreuses coutumes et de nombreux paysages
qui m’inspirèrent énormément de photographies typiques de ces pays. Je
n’oublierai jamais le jour où je pris la photographie d’un homme, que je
trouvai bien courageux : il s’était lancé dans une chasse aux crocodiles. Je me
souviens aussi du jour où je photographiai un vieux potier dans sa cahute.
Mais un jour, un jour où je décidai d’abandonner mon appareil pour visiter
tranquillement un petit village au Nord de l’Egypte, deux jeunes femmes
se dressèrent devant moi. Celle qui se trouvait à ma gauche portait un jeune
enfant d’une maigreur que l’on ne voit guère en Allemagne et avait un air mystérieux
s’amplifié par le gris du paysage, alors que la jeune femme de droite était,
certes, aussi maigre que l’enfant, mais contrairement à l’autre femme, avait un
air plutôt joyeux et paisible, comme si la tâche qu’elle effectuait : porter un
récipient assez lourd sur sa tête, n’était pour elle qu’une parcelle de son
quotidien qu’elle assumait avec un certain plaisir. Pour moi, ces deux femmes
étaient complémentaires. Le paysage ne faisait qu’améliorer la perfection de
cette scène. Je savais qu’un tel spectacle ne se représenterait sûrement jamais
devant moi. C’est pourquoi, en une fraction de seconde, je sortis mon appareil
de mon sac et je pris la plus belle photographie, à
mes yeux, de mon voyage en Orient.
170. Alfred Stevens, La lettre de rupture, Stevens_rupture
LA LETTRE DE RUPTURE
Un soir, Adèle et son fiancé, Henri, furent invités à dîner chez des amis qui
habitaient non loin de chez eux. Ils s’y rendirent avec joie en fiacre. Les
deux couples furent heureux de se retrouver et le repas fut animé. Après le
dîner, lorsqu’ils furent tous les quatre dans le salon, Adèle remarqua un
magnifique tableau où une jeune femme vêtue d’une robe blanche, tenait une
lettre à la main. Elle lui sembla désemparée et elle lut en bas à droite le nom
d’Alfred Stevens. La soirée toucha à sa fin, Adèle et Henri rentrèrent chez
eux. Pendant de nombreux jours, elle ne cessait de penser à cette jeune femme,
car au fond d’elle-même, elle était intriguée par cette peinture.
Depuis quelques temps, la vie devenait monotone et Henri lui semblait
fatigué. Ils ne se parlaient presque plus. Un matin, elle reçut une lettre de
ses amis chez qui ils avaient été invités à dîner. C’était une invitation à un
bal. Adèle fut remplie de joie et se dit que cette soirée rapprocherait
peut-être son fiancé d’elle. Chaque jour, elle dessinait des modèles de robes
qu’elle aimerait bien porter pour cette soirée, et, après deux semaines de
réflexion, elle se confectionna une magnifique robe blanche. Le jour de la
soirée approchait à grand pas, mais son fiancé lui paraissait bien malheureux,
lui qui d’habitude, adorait sortir.
Lorsque le jour de la soirée fut enfin arrivé, elle se réveilla par un
magnifique matin ensoleillé. Elle était heureuse et se voyait déjà en train de
danser avec Henri, tous les deux au milieu de la salle, regardés par tous les
invités. Le temps passait vite et son fiancé rentra plus tard que prévu. Elle
l’attendait depuis longtemps. Elle était toute prête, splendide dans sa robe
blanche, mais Henri la regarda à peine et s’habilla en silence. Elle était
déçue et ils partirent sans dire un mot. Ils se rendirent dans un magnifique
hôtel particulier très accueillant. Adèle pensait qu’elle allait bien s’amuser.
Mais, après une heure environ, elle se rendit compte que son fiancé avait l’air
de s’ennuyer, mais en fait, il était en train de regarder une autre jeune femme
encore plus belle qu’Adèle et était en train de tomber sous le charme. Il
l’invita alors à danser et tous les deux devinrent amoureux. Pendant ce temps,
Adèle était occupée à danser et ne faisait plus attention à s
on fiancé. Vers le milieu de la soirée, elle fut fatiguée et chercha son
futur mari mais elle ne le trouva pas. Elle se dit qu’il était peut-être allé
prendre l’air. Alors elle monta à l’étage car elle avait envie de se reposer un
moment. Elle visita un peu le premier étage et ouvrit la porte d’une magnifique
chambre bleue qui lui semblait à la fois triste et gaie. C’est alors qu’un
serviteur lui apporta un message de son fiancé. Il avait écrit que pendant
cette soirée, il avait fait la connaissance d’une charmante jeune femme dont il
était vraiment amoureux. Il avait ajouté plus bas qu’il était parti avec elle.
Lorsqu’elle finit de lire le message, elle n’arrivait plus à respirer, elle
était désemparée. Les jambes, elle fut obligée de s’appuyer contre la porte et
étouffant, elle faillit s’évanouir. Elle se souvient soudain du tableau qui
était son amie : la jeune fille à la robe blanche dans une chambre bleue avec
une lettre de rupture à la main.
171. Edouard Detaille (1848-1912) Le Rêve ORSAY18
Cela fait une semaine que je suis à Paris, j’ai déjà visité le Louvre, les
Champs Elysées et la Tour Eiffel. Aujourd’hui je suis au musée d’Orsay. Renoir,
Monet, Millet tous sont ici. J’ai fini d’admirer « L’absinthe » de Renoir quand
je vois ce tableau en face, c’est le plus extraordinaire que je n’ai jamais vu.
Il est divisé en deux parties. Dans la première moitié du tableau, du bas vers
le haut, c’est un champ où dorment des milliers de soldats tous collés les uns
aux autres. Il y a même un chien endormi à côté d’eux. J’aperçois aussi un
petit feu presque éteint au loin entre les soldats, je suppose qu’il est resté
allumé pendant toute la nuit étant la seule source de lumière pour les soldats.
A côté du groupe de soldats par terre, il y a une rangée de structures
triangulaires, comme des armatures de luttes, les armes de la défaite. Je vois
aussi quelques épées par terre, ce qui peut signifier qu’ils n’attendent plus
une nouvelle attaque, que la guerre est finie en les défavorisant.
Dans la deuxième moitié du tableau il y a seulement le ciel, le lever du
soleil, c’est un ciel incroyable plein de couleurs, du blanc, du violet, du
blanc, du rose, du bleu, et du jaune. Le jour naît. Il naît avec le rêve des
soldats, on les voit, toute une armée marchant vers une nouvelle guerre où
cette fois ils ne seront pas vaincus.
172. Félicien Rops, Dimanche à Bougival rops_bougival
Je venais de me réveiller et depuis quelques
jours je pensais à Léontine et Aurélie, deux amies couturières que j’aimais
beaucoup car, à chaque fois que j’avais besoin de quelque chose, elles
m’aidaient.
Un jour, alors que j’étais en voyage, elles s’aperçurent que des voleurs
essayaient d’entrer par effraction chez moi, et elles appelèrent aussitôt les
gendarmes. Elles m’avaient à plusieurs reprises sauvé de situations fâcheuses,
et c’est pourquoi je décidai de les peindre pour qu’elles restent à jamais dans
mes pensées.
Je me rappelai donc les dimanches où elles allaient sur les bords de la Seine
pour se baigner et nager un peu. Alors, ce matin-là je décidai de les peindre.
Je devais m’inspirer et, après un instant, apparut ma première tache, mais que
pourrait bien être cette tache ? Cela ne me dérangea pas et je continuai mon
tableau. Premièrement je voulais une peinture pleine de légèreté donc je
décidai d’utiliser des couleurs sensibles comme le bleu, le vert et le blanc.
Après quelques minutes, ma première tache, située à gauche, devint un homme,
presque prêt pour aller à la pêche à la pêche. A ses côtés, je dessinai
plusieurs arbres et plusieurs pierres au bord de la Seine. A droite, je
représentai une barque et derrière un petit village qui attirait mon attention
chaque fois que je visitais la Seine. Après cela je devais me rappeler les
belles figures de Léontine et d’Aurélie. Donc je poursuivis en dessinant en
premier la figure de Léontine. Je me l’imaginai debout, au bord de la Sein
e observant la végétation, car elle aimait beaucoup les arbres et les
fleurs. Puis je passai à Aurélie, je décidai de la peindre assise sur une
pierre parlant avec Léontine. Les deux figures se trouvaient au milieu de mon
tableau. Après cela je continuai à mettre les détails et à définir le décor.
J’avais presque fini, il me restait seulement le ciel.
Une fois achevée, je constatai que vraiment cette peinture me rappelait mes
bonnes amies Léontine et Aurélie. Donc je décidai de mettre ce tableau à côté
de moi, pour les regarder tous les matins.
173. Xavier Mellery, Les Heures Mellery_LesHeures
Il n’y a pas
longtemps, peut –être il y a une ou deux semaines, je me suis réveillé et
préparé pour aller à l’école. Tout s’est passé normalement, et les heures se
sont écoulées, l’heure de maths, de français et de physique. Après la sortie,
je suis allé visiter ma grand-mère qui vivait à cinq minutes de l’école.
Avant de rentrer chez
elle j’ai vu quatre hommes qui descendaient d’un camion quelque chose de forme
rectangulaire recouverte d’une grande couverture blanche. Je n’ai pas fait
d’attention à cet événement et j’ai continué à marcher droit vers la porte de
la maison.
Quand je suis rentré
dans la grande maison blanche et décorée essentiellement de tableaux de
peintres du 19ème siècle ou avec des objets antiques, il n’y avait personne
dans la salle à manger ni dans le grand salon ou à gauche dans le grand
corridor. Plus loin j’ai vu ma grand-mère qui attendait impatiemment dans un
petit salon où étaient les peintures qu’elle aime le plus. Elle m’a dit
excitée qu’elle attendait sa nouvelle peinture. A ce moment-là les quatre sont
rentrés avec la peinture qui était couverte de la couverture blanche. Ils l’ont
misse dans un espace réservé sur le mur pour la peinture et sont partis avec
les remerciements de ma grand-mère.
Quand j’ai vu la peinture je
suis resté stupéfait sans rien dire. Ma grand-mère m’a interrogé : - « Aimes tu
la peinture ? »
- « Elle est magnifique »
Je n’avais jamais vu une
peinture comme ça. Il y avait 12 femmes qui se tenaient par la main et
faisaient un cercle. Au milieu du cercle il y avait un personnage que je
n’avais jamais vu représenté de cette façon c’était la mort.
En haut il était écrit «
l’éternité et la mort » et au dessus « les heures ». Ce tableau de allait
changer ma vie. En fait l’attraction provoquée par le tableau était peut-être
due au mélange d’une chose si pure comme l’éternité avec une chose si noire
comme la mort. L’éternité représentée par les 12 femmes, habillées
d’une large robe de couleur rose. Elles étaient toutes de la même taille et
avec l même aspect physique. On ne pouvait pas voir les douze femmes car elles
étaient en cercle mais on pouvait les compter par les pieds.
La mort au centre du cercle
était représentée par un homme chauve, avec une barbe et avec de grandes ailes
noires et dans la main gauche une faucille. Ma grande mère m’a dit que c’était
une peinture de Xavier Mellery un peintre belge né à Cahen en 1845 et qui est
mort en 1921.
Quand je regardais
attentivement le tableau je pensais à l’éternité et à la mort. L’éternité je la
considérais comme quelque chose de merveilleuse et qui n’avait rien qui
pouvait la toucher. Et j’avais une image tout à fait différente de la mort, je
la voyais comme une punition. Mais à partir de ce jour j’ai commencé à penser
d’une autre façon, je pensais que la mort était une partie de l’éternité, et si
la mort n’existait pas alors l’éternité n’existerait pas. Car si on
vivait pour toujours, alors on ne penserait pas l’éternité de la même
façon qu’on le fait maintenant.
Alors après ce
jour j’ai commencé à penser d’une manière tout à fait différente de la mort,
d’une manière ou la mort n’était pas une punition mais tout simplement une
partie essentielle de la vie.
174. ORIENT3 Ernest Benecke Femmes Barabra. Nubie. 1852 Papier salé d'après négatif papier.ORIENT3
La réalité.
C’était le 15 mai 185...., quand je lus une annonce de journal proposant
un concours de photographie qui aurait lieu en Nubie. Le voyage débuterait en
juillet et le prix était de 50000 Francs. En plus, la meilleure photo serait
publiée dans le journal « Le Monde ».
Je voulais voyager, alors je pensai que je ne perdais rien à essayer. Donc
j’allai m’inscrire.
Enfin le jour arriva et je partis avec quatorze hommes. Quelques-uns avaient
déjà cherché les paysages ou lieux où ils allaient prendre les photos.
Cependant moi, j’allais seulement prendre la photo au moment précis.
Nous arrivâmes et les responsables du concours nous indiquèrent qu’on
avait seulement trois jours pour prendre la photo.
Alors chacun partit de son côté. Je ne rencontrai aucun lieu, monument ou
personne ; comme je passais toujours par le même lieu, une rue sombre avec
beaucoup de murs, où je voyais toujours deux femmes qui marchaient, une
avec un enfant et l’autre avec des paniers sur la tête, je pensais que c’était
très intéressant d’apprendre la culture et les besoins d’un pays comme la
Nubie, mais je décidai de continuer mon chemin.
J’avais déjà pris plusieurs photos de monuments et des paysages, mais rien ne
m’inspirait un vrai sentiment de joie ou tristesse et je n’avais pas une réelle
interprétation pour les photos ; mais, enfin, le troisième jour, quand je
marchais dans cette même rue, je vis à nouveau les deux femmes. Je ressentis de
la tristesse et de la peine car elles représentaient la souffrance de ce
pays ; donc je leur demandai si je pouvais les prendre en photo. Elles dirent
que oui et s’arrêtèrent. Je les pris en une seconde, et je rejoignis le groupe
et nous partîmes.
Une semaine après, j’appris que j’avais gagné le prix pour la meilleure photo réaliste
et je ne pouvais cesser de penser à ces deux pauvres femmes, grâce auxquelles
j’ai gagnai!
175. Antoine Wiertz, L’inhumation précipitée wiertz_inhumation
Je me promène dans le cimetière car je veux laisser des
fleurs sur le tombeau de mes parents dont je n’oublierai jamais le visage car
j’ai peint leur portrait quelques mois avant leur mort.
Ce portrait ira dans la collection de tableaux que je ne vendrai jamais puisque
les gens n’aiment pas la manière dont je vois le monde. Il y a seulement une
personne qui trouve ma manière de peindre intéressante et mystérieuse, d’un
point de vue positif. Je verrai cet homme ce soir puisqu’il m’a demandé de lui
montrer la pièce la plus récente de ma collection.
M. Cajens est un homme très riche qui aime tellement ma production qu’il aide à
la construction d’un atelier pour que je puisse peindre tranquillement. Mais
même si je n’ai pas autant d’argent que lui, il m’invite toujours chez lui pour
boire un peu de vin et parler.
Le rendez-vous est fixé à sept heures. Lorsque j’arrive chez lui, on m’offre un
peu de vin que j’accepte sans hésiter. M. Cajens et moi commençons à parler
puis, au bout d’un moment, je me rends compte que notre thème de conversation
fait allusion à la mort, ce qui n’est pas habituel.
M. Cajens commence à me dire, en me servant plus de vin, que la mort est le
destin de tous. Il me dit que ce « sommeil éternel », quelques fois, est la
conséquence de nos actions et que personne ne peut y échapper.
Je ne comprends pas pourquoi il me dit cela mais au bout de quelques minutes je
me sens perdu dans une sorte de nuage où je ne peux rien écouter et à ce
moment-là tout devient noir.
Ma difficulté pour respirer me réveille et lorsque je reprends conscience, je
me rends compte que je me trouve dans un cercueil. On a essayé de m’enterrer
vivant mais pour leur malheur je ne suis pas encore mort. De toutes mes forces
j’essaye d’enlever la planche qui est au-dessus et lorsque je sors de cette
boîte en bois je sens que je commence à vivre à nouveau.
Je ne réussis pas à partir de cette espèce de cave immédiatement à cause de
l’image qui m’apparaît sans cesse de moi-même, essayant de toutes mes forces de
sortir pour respirer de l’air frais. Cette image me semble celle d’une autre
personne ce qui me choque. Mais ce qui semble le plus affreux est le fait que
j’allais être mis dans un espèce de four se trouvant dans cette salle obscure.
Un sursaut me réveille et que vois-je ? Je suis dans mon lit : tout a été un
rêve.
Pourquoi ai-je tellement de rêves comme celui-ci ? Si sombres, si mystérieux où
quelqu’un meurt à chaque fois ! Il n’y a aucune raison qui explique cela. Quand
j’étais petit mon père me disait que je devais arrêter de lire des histoires
horrifiantes. Qui aurait su que mon père avait raison même si je ne croyais pas
ce qu’il disait ? Qui aurait pensé que dix années plus tard je serais
traumatisé par la mort et que je voudrais la représenter sans cesse dans mes peintures
?
Le lendemain matin, je commence à peindre l’image de mon rêve : moi essayant de
soulever le couvercle avec mes mains.
176. Jean-François Millet 1814-1875 Le Printemps orsay 19
Jean-François Millet se promenait le matin dans la rue
Saint-Antoine se dirigeant toujours vers le parc qui se trouvait au bout de
cette rue. Mais un jour, en particulier, un homme bien habillé s’approcha de
lui pendant qu’il parcourait les allées.
C’était un industriel alsacien, M. Hartman, qui lui avait commandé quatre
compositions ayant pour thème les saisons. M. Hartman lui payerait environ 20
F. chaque peinture.
La semaine suivante, il amorça son travail. Il commencerait par le printemps,
mais il n’était pas sûr de savoir encore comment symboliser cette saison.
Depuis quelques années, il avait tendance à abandonner les figures des paysans
et à laisser de plus en plus de place au paysage. Quelque douze ans auparavant,
il avait déjà peint une décoration des Quatre Saisons, mais alors, il s’était
inspiré de l’Antiquité, il avait choisi pour le printemps de représenter
Daphnis et Chloé.
Il ne voulait plus représenter le printemps à travers deux amoureux purs
s’émerveillant des charmes nouveaux de la nature. Il voulait créer un paysage,
mais il n’était pas sûr de comment présenter la vie qui renaît et la beauté de
cette saison.
Les semaines s’écoulèrent, puis les mois, puis les années. Millet ne trouvait
pas un sujet pour peindre. Tout les essais et les peintures qu’il avait faits,
il les avait détruits. Il n’était pas satisfait car il ne pouvait pas sentir
l’émotion, le sentiment que les peintures transmettent à l’observateur.
Cinq années s’écoulèrent, et un jour, du début du printemps, Millet se trouvait
dans la campagne accompagné d’une amie. Ils avaient pris un chemin inconnu
cherchent un endroit pour prendre le déjeuner. Au bout de deux heures de
marche, ils arrivèrent aux limites d’une forêt. Et c’est à cet endroit
que Millet trouva le paysage parfait pour son tableau.
Un champ avec un chemin de terre devant lui. Les arbres, près de lui, avaient
des petites fleurs blanches ressemblant à des flocons de neige qui, peu à peu,
tombaient des feuilles vertes, qu’à nouveau, on voyait apparaître après
plusieurs mois d’hiver.
Le ciel était gris, mais dans un coin, le ciel bleu du beau temps et les
rayons du soleil semblaient se battre contre les nuages plombés d’orage, pour
annoncer l’arrivée du printemps.
Millet était émerveillé devant ce magnifique paysage, et après avoir pris son
déjeuner, il repartit chez lui accompagné de son amie. Chaque détail du paysage
était gravé dans sa mémoire comme une photo.
Il prit son pinceau et commença à peindre. Les jours s’écoulèrent et quand il
crut l’avoir fini, il hésita : quelque chose manquait au tableau. Il avait
peint chaque détail, les arbres, les petites maisons et les fleurs. Mais
il n’était pas encore satisfait.
A cet instant, une merveilleuse idée lui vint. Il ne voulait plus peindre les
deux amoureux, mais un arc-en-ciel qui symboliserait la beauté de la nature et
le début du beau temps. Il ne pouvait pas utiliser les couleurs vives de
l’arc-en-ciel, le rouge, le bleu, le violet,…, il devait utiliser une couleur moins
vive pour ne pas rendre cette peinture trop gaie, la rendre plus réelle.
Il devait faire le contraste avec les couleurs sombres qu’il avait utilisées
pour peindre le ciel, mais à la fois montrer que l’arc-en-ciel symbolisait la
victoire du beau temps sur la pluie et la tristesse.
Après avoir essayé plusieurs couleurs, un matin, il se rendit compte que le
jaune était la couleur parfaite pour l’arc-en-ciel. Ce n’était pas un jaune
vif, mais plutôt marron, pour pouvoir faire le contraste et ne pas déséquilibrer
l’union entre l’hiver et le printemps, mais montrer l’arrivée du nouveau temps.
Mais c’est grâce à cet élément, si important, malgré l’espace réduit qu’il
occupe sur le tableau, que « Le Printemps » est devenu une des œuvres les plus
fantastiques de ce peintre.
177. Les derniers honneurs rendus aux comtes d’Egmont et de Hornes, Louis Gallait, 1851. gallait_egmont
C’était un 5 juin 1568, un matin très froid et noir pour moi. Les comtes
d’Egmont et de Hornes, malgré les services qu'ils avaient rendus, allaient être
exécutés par sentence du Conseil des troubles (appelé Bloedraad, ou Conseil du
sang, par les Néerlandais), comprenant de grands seigneurs néerlandais fidèles
et trois conseillers espagnols qui exerçaient en fait un rôle de contrôle. En
ce jour, joyeux pour quelques-uns et lamentable pour d’autre, je voulais rendre
mes derniers et plus grands honneurs aux deux comtes à cause de cette
arrestation illégale de deux grands seigneurs, le 9 septembre 1567, suite à une
trahison. Le comte d’Egmont fut un homme de guerre et lutta brillamment lors de
la guerre franco-espagnole, où le comte de Hornes s'illustra aussi. Pour moi
ils devinrent les symboles de la lutte pour la liberté des Pays-Bas.
La Grand Place (lieu
d’exécution des deux comtes), était déjà remplie, cette injustice avait
provoqué une protestation. Je ne voulus rester plus pour voir la tragédie et je
rentrai chez moi.
J’ai eu une idée,
exprimer mes tristes sentiments sur un tableau. Je ne voulus pas voulus
représenter les deux héros lors de l’exécution, mais couchés tous les deux sur
un lit, morts et avec leurs visages exprimant la tranquillité et la paix du
repos éternel avec la croix sur le corps et les chandelles autour. Enfin j’ai
voulu introduire quelques autres personnes qui auraient aimé les voir une fois
de plus avant leur mort tous les deux tranquilles, quelques familiers et
quelques amis qui l’auraient vu comme un héros.
178. Jacques-Louis David Marat assassiné louvre (17)
Le bruit
seul du fusain sur le papier, comme le tic-tac d’une pendule qui ne serait plus
en cadence, déchirait le silence pesant de cette petite pièce froide et triste.
David achevait rapidement son croquis au milieu de la sinistre assistance des
proches, peu nombreux, et des quelques amis ayant pu se déplacer. Parmi ces
derniers, Danton regardait interdit et grave la pauvre dépouille de Jean Paul
Marat. David avait peine à croire ce qu’il voyait. De ce chevalier du peuple,
il ne restait là qu’un corps au teint jaune, maladif, à l’allure abattue et fatiguée,
et au visage grimaçant, résultat de la douleur de sa vie. Il n’y avait plus
qu’un cadavre gisant dans une chambre de bains sale dont l’humidité avait
décrépit les murs et fait moisir les bois. Alors, pour s’en persuader, il traça
de fines lignes de charbon sur le papier parcheminé d’un vieux calepin dans
l’idée d’une œuvre future afin que jamais ce jour tragique ne tombât dans
l’oubli.
Charlotte
Corday fut violemment projetée dans une cellule miteuse et glaciale. Son procès
pour le meurtre de Marat avait duré moins d’un quart d’heure mais peu lui
importait. Elle était comme dans un autre monde et plus rien n’avait de sens à
ses yeux. Elle allait mourir, quelle importance ? elle l’avait tué, voilà qui
avait un réel poids, elle l’avait tué et il avait payé pour...pour...pour tous
ses crimes... Elle ne s’en soucia plus, préférant repenser à ce jeune homme
dont elle avait croisé le regard au procès. Ses yeux l’avaient transpercée
comme s’il avait voulu voir à l’intérieur d’elle afin de percevoir le secret de
son âme. Elle avait ressenti une haine dans ce regard, puis peu à peu, ses yeux
s’étaient adoucis, et l’homme avait adopté un air de dépit, comme désolé par
cette sombre histoire.
David avait longuement regardé Charlotte Corday. Elle lui avait parue
troublée, désorientée, incohérente, et il ne pouvait se résoudre à admettre
qu’elle ait pu trouver la force d’assassiner Marat. Pourtant David avait vaincu
Goliath et Charlotte Corday était venue à bout de Marat. C’était trop invraisemblable,
cette pauvre fille ressemblait plus à un pantin désarticulé qu’a une meurtrière
et était loin de posséder la ruse du David biblique. Oui, un pantin, cela
expliquait tout, Charlotte Corday n’avait que ce funeste but et ce dernier une
fois atteint, elle n’avait tout simplement plus rien, tout s’écroulait, tout
s’arrétait, il n’y avait pas de suite à l’histoire. Voilà pourquoi elle pouvait
bien mourir et voilà pourquoi elle n’était plus qu’une petite créature chétive.
En un sens, elle avait détruit Marat et s’était détruite elle-même. Toute cette
histoire n’était qu’une vaste destruction contre laquelle on ne pouvait rien.
Une heure plus tard, Charlotte fut emmenée et on la fit monter sur une
Charrette avec dix personnes dont le sort terrible avait étiré les visages,
leur avait donné une mine livide, blafarde. L’odeur de la mort accompagnait
chacun de leurs mouvements et leurs corps ballottaient au rythme de la
charrette comme s’il étaient déjà morts et vidés de leur esprit.
David, lui, s’était rendu sur la place de la Révolution où il rejoignit les
membres éminents du club révolutionnaire, tous installés au premières loges
pour assister à l’éxécution. Enfin, Charlotte Corday arriva. Le bourreau lui
demanda d’un ton machinal et poli de bien vouloir se défaire de son
écharpe et de la chaînette qui pendait à son cou, puis on lui attacha les mains
et on l’installa sur la planche. Le bourreau ajusta le collier pour lui
maintenir la tête après lui avoir demandé du même ton froid si elle avait une
dernière volonté, mais tout ce qu’elle pouvait vouloir, elle l’avait déjà eu.
Comme elle n’exprimait aucun souhait, Il actionna le ressort et la lame amorça
lentement sa descente. Alors Charlotte se souvint ...
Elle revit cet homme dont elle était amoureuse, il était Girondin. Chassé
injustement du parlement par les Montagnards conduits par Marat, cet extrémiste
fou qui avait accusé les Girondins d’être anti-révolutionnaires parce qu’ils ne
pensaient pas comme lui. A cause de lui, son amant fut obligé de se cacher et
quand il était arrivé à Caen où elle en était tombée amoureuse , il ne pouvait
lui offrir même une vie de misère. Alors il lui fit promettre de tuer l’homme
qui était la cause de tous leurs malheurs, sans compter le déshonneur infligé.
Elle le croyait, elle l’aimait tellement, elle aurait fait n’importe quoi pour
lui. Puis il avait dû partir. Déchirée, elle avait pris le peu d’argent qui lui
restait, et s’était embarquée dans la diligence pour Paris. Là bas elle avait
appris l’adresse de Marat et acheté un couteau . Elle s’était fait introduire
auprès de lui, sous prétexte de lui donner les noms des proscrits girondins
qu’elle connaissait et qui se trouvaient encore en
France. Ainsi, alors qu’il travaillait dans son bain afin de soulager un
peu les insupportables démangeaisons provoquées par le terrible eczéma
auquel il était sujet, elle lui avait dicté un par un les noms de ses amis et
l’avait frappé au moment où elle lui annonçait celui de son amant. Elle avait
sorti le couteau de son petit sac, l’avait levé puis abaissé violemment.
Elle revit le couteau entrer dans la chair. A ce moment, la lame en
biseau achevait sa course et la morsure glacée de son fil trancha le cou blanc
et fin de Charlotte avec un coup immonde et sourd. David eut un sursaut
accompagné d’une petite inspiration : le destin venait de s’accomplir,
inévitable...
“N’ayant pu me corrompre ils m’ont assassiné”, tels furent les mots que David
inscrivit sur la toile achevée. Prenant deux pas de recul, il contempla son
œuvre et revit ce funèbre jour alors que cette toile n’était encore que
quelques traces de fusain sur un calepin de fortune. Il avait fait ce croquis
sous les yeux vides de celui qu’il glorifiait. Maintenant, Marat serait immortel
dans cette toile et on ne l’oublierait pas. David sortit pour se rendre au
couvent des Cordeliers afin de saluer, avant de rendre l’oeuvre publique, la
petite pierre sur laquelle était gravé :”Ici repose Marat, l’ami du peuple
assassiné par les ennemis du peuple le 13 juillet 1793”...`
179. Photographie de Jean-Michel Fauquet Fauq(0)
Au cous d’une promenade sur ce site “imageimaginaire” , dans la galerie des
photographies , il en est une qui m’a marqué plus que d’autre par sa simplicité
, son mystére . Je me pose certaines questions et c’est pourquoi je tiens à
vous en faire part .
En ce qui me concerne, je perçois à travers cette image quelque chose de froid
, mais j’ai quand même quelques doutes , sur le contexte exact de cette scène .
Comme première solution, j’opterais pour “ une tempéte au TEXAS “. Pourquoi le
TEXAS ? Jean-Michel Fauquet a pris cette photographie pour nous faire réflechir
.
Nous pouvons remarquer que la photo est dépouillée. Justement, le décor est
trés important pour une photographie. Le ciel est noir comme de l’ancre, des
poteaux électriques soufflés par le vent, un panneau de signilisation qui ne
demande qu’à s’écrouler , pas la moindre personne à l’horizon . Des plaines qui
s’étendent à perte de vue avec une seule route pour les traverser . Voilà
pourquoi j’ai choisi “ une tempête au TEXAS ” comme première solution.
Une idée aussi sombre que celle ci, peut être “ la fin du monde ” . Ce paysage
est froid, l’herbe qui est au premièr plan a jauni sous l’effet de la chaleur à
moin que ce ne soit une immense forêt qui se trouvait à cet endroit est qui
nous a quitté en un instant.
Enfin, j’ai donné mes idées , et je pense que ce serait intéressant de
connaître cette vraie histoire .
180. Detaille"Le rêve", ORSAY 18
"Le rêve",
un titre très attirant, à vrai dire. Il éveille la curiosité par sa brièveté et
fait appel à une expérience psychologique connue de tous.
Deux bonnes raisons pour poser le regard sur cette œuvre, une toile aux
dimensions impressionnantes. A première vue, le spectateur est saisi par la
beauté d'un ciel aux teintes tantôt rosées et vaporeuses, tantôt d'un bleu
grisé, éclairé par les lueurs pastel d'un soleil levant.
Cet ensemble confère à la partie haute du tableau une douceur, une légèreté qui
offrent un contraste saisissant avec le bas de la peinture, lourd, sombre, et
immobile.
En effet, après l'exaltante contemplation d'une aurore magnifique, le détail de
la partie basse nous rappelle à une réalité toute autre. Des soldats dorment à
même le sol sur un futur champ de bataille, aux côtés de leurs fusils rangés en
faisceaux s'étendant jusqu'à l'horizon.
Dans ce tableau immense, on distingue les détails d'une scène réaliste ;
jusqu'au chien couché à la tête de son maître. A quoi ces hommes rêvent-ils ?
Un second regard, plus attentif, au ciel qui les surplombe nous révèle l'objet
de leurs songes. Surgissant dans une nuée, une envolée évanescente de
silhouettes et de drapeaux triomphants dévoile un espoir de victoire porté par
le souvenir des batailles héroïques de la Grande Armée napoléonienne. Cette
zone de mouvement occupe le tiers supérieur de la peinture, à l'opposé du
caractère statique de la troupe endormie.
Exposée au salon de 1888, cette œuvre, très remarquée, suscita jusqu'en 1914
des réactions pour le moins opposées, mais jamais indifférentes ; le sentiment
patriotique qu'elle pouvait engendrer fut alors exploité pour la propagande,
afin d'inciter les hommes à s'enrôler dans l'armée française avec la volonté de
défendre leur pays, et le désir de vaincre.
181. Millet Le printemps ORSAY19
Une saison mémorable ;
C’était l’un de ces matins de Mai, que vous connaissez si bien.
Ces matins où le soleil effleure peu à peu avec une infinie douceur vos
paupières afin de vous sortir de votre nuit, de votre torpeur, de vos rêves et
de vous présenter avec un éblouissant sourire la découverte d’un jour nouveau
jour.
On est déçu de devoir se séparer de ses utopies. J’avais rêvé d’océan,
d’aventure et d’amour.
Pris par cette sensation de renouveau je décidai de sortir de ma couche, de me
vêtir et profiter de ce moment de solitude pour me promener à mon aise en cette
merveilleuse journée, dans les lieux voisins.
Je pensais que mes migraines et vertiges s’estomperaient avec l’air
imprégné des parfums des nouvelles fleurs de ce mois de printemps.
Je sortis de ma demeure avec calme et l’esprit libre. Je pris la direction des
champs où travaillaient sans relâche les paysans si chers à mes yeux.
Je devais marcher depuis plus d’une heure, je ne sais, m’enfonçant dans mes
pensées au fur et à mesure que j’avançais. Je décidai de m’arrêter, de mettre
de côté mes profondes réflexions et de m’interroger sur l’endroit où je me
trouvais à présent.
Le paysage jusqu’à présent le même s’éclaircit et me permit de voir clairement
ce qui se trouvait là, juste en face de moi.
C’était la même sensation que de voir apparaître se future épouse à son
mariage…un prince voyant arriver sa dame qu’il aime tant déjà.
C’était l’image la plus féerique et sans conteste la plus précieuse que je pus
voir jusqu’à présent dans ce monde insensible…
C’était un jardin, un jardin emplit de fleurs d’une multitude de couleurs et de
diverses lumières, mon arc-en-ciel présent sur ce ciel merveilleux.
Une symétrie parfaite de l’angle où je me trouvais. Il y avait peu d’arbres,
certes, mais ceux-ci étaient pourtant si présents.
Les larmes me vinrent et tout mes sens furent en éveil en un instant : des
odeurs suaves, sucrées, mélanges de toute sortes de fleurs, qui viennent de
venir au monde et s’empressent déjà de mettre en valeur leurs plus beaux atours
afin d’être la plus belle d’entre toutes.
Celles-ci avec leurs pétales à tons blanc, jaune, orange, rouge, vert, bleu et
même osant le noir, étaient réparties avec harmonie. Une vraie merveille !
Le bruit délicat d’une légère brise dans les feuillages parcourait mon visage.
L’air était délicieux. J’avais l’impression qu’il aurait pu se mettre à
pleuvoir d’une minute à l’autre.
Le petit chemin caillouteux au centre me donnait l’impression de m’inviter à en
voir plus, à pénétrer dans ce monde fantastique, étonnant et fabuleux. Une
porte qui donne sur un tout autre univers où règnent calme, splendeur, magie,
envoûtement, rêve, envie et passion.
Comme cette forêt au fond, éclairée comme un cadeau des dieux par ce somptueux
soleil qui m’avait mené jusqu’ici.
Il y avait même de la perfection dans les notes répétées par les oiseaux.
Je pouvais rester là, devant cette magnificence, cet idéal, durant toute ma
vie, à m’émerveiller de chaque détail qui composait cette situation.
Majestueux !
Frappé par l’image d’un environnement représentant si bien l’idéal d’une
nature dans toute sa splendeur, je décidais de la mémoriser, de la graver à
tout jamais dans ma mémoire, de la reproduire sur l’une de mes toiles afin de
faire profiter, de partager avec tous ce petit morceau de paradis si proche de
nous malgré tout ce que l’on croit.
182. Mellery Les Heures mellery_heures
Les heures qui n’est autre qu’un tableau de Xavier Meillery représente des
femmes qui paraissent danser autour d’un homme avec de très grandes ailes
sombres. Ces femmes se comptent au nombre de 12 en référence à la mythologie
romaine aux heures, se sont les filles de Cronos, elles sont l’incarnation même
des heures de la journée ou de la nuit. Cet homme se retrouve comme pris au
piège.
Un contraste est bien présent, celui-ci joue sur les couleurs
sombres qui présentent probablement la mort et sur les couleurs vives
avec lesquelles les jeunes femmes sont revêtues qui pourraient représenter
l’éternité. Il est possible qu’au travers de se tableau Xavier Meillery ait
souhaité nous faire ressentir, du moins nous aider à percevoir la
puissance qu’illustre l’éternité. Représentée par un nombre important de
femmes face à la mort qui est seule entourée de toutes celles-ci. Si on observe
ces femmes on s’aperçoit qu’un lien les unit autrement dit, elles se donnent
toutes la main, se tiennent par les épaules ou bien encore par la taille. Peut
entre se liguent t’elles contre la mort, qui se trouve en situation
d’infériorité.
On le reconnaît à l’aide de cette grande faux qui a enlevé une
grande quantité de vie, des heures perdues…..
Mais comme l’on sait : « L’UNION fait la force »
183. Léonard de Vinci Caricature d'un homme en buste plume Louvre (32)
A première vue vous
vous dites que cette image n’est rien d’autre qu’une banale caricature d’un
homme laid et âgé.
Vous vous trompez car cette caricature de Leonard de Vinci exprime la
laideur tout en gardant une certaine beauté avec les traits qui sont grossis
volontairement et les s aillantes du visage fortement exagérées.
Léonard de Vinci exprime cette laideur par cette exagération de la taille
du nez et de la lèvre inférieure du personnage. Il exprime aussi la vieillesse
et la pauvreté de l’homme en lui donnant une infinité de rides par des traits
fins et en dessinant des habits fripés ainsi qu’un simple chapeau.
Mais il existe une sensibilité définie par son regard qui est mis en
valeur par l’extrême précision du détaille graphique de son œil.
On constate que toutes ces caractéristiques physiques sont mises en
avant par Leonard de Vinci en ayant volontairement insisté sur les traits qui les
définissent. Lorsque l’on s’intéresse à ces quatre parties saillantes du visage
on oubli le reste du corps qui devient complètement secondaire et presque
banal.
184. Caricature d'un homme en buste Louvre (32)
Discrètement, j’entre dans l’atelier de mon meilleur
ami, Léonard de Vinci.
Pourquoi ???
Têtu comme une mule, il refuse de me montrer mon portrait qu’il a
réalisé…
Sans bruit, je me dirige vers l’établi.
Encore 3 mètres…2…1…
« !!?!! »
…Quoi ???
-Un si gros et long nez ???
-Des lèvres si épaisses ???
-Des oreilles si détachées ???
-Des cernes si profonds ???
-Autant de mentons ???
Mes défauts physiques sont-ils si apparents ???
Le doute commence à m’envahir…
Sans me soucier du fracas, je fouille de fond en comble l’atelier :
Aucun signe de miroir !!!
Mais que faire ???
Un léger soupir de désespoir détourna mon regard en direction de la fenêtre.
Au travers, la solution…
Il me faut absolument sortir de cet endroit de malheur.
Quelques grandes enjambées, et brusquement, je m’arrête.
En face de moi, un petit étang…
Un simple regard vers le bas, j’observe avec attention mon reflet…
Ouf !!! Ce portrait n’était autre qu’une caricature…
Sacré Léonard !!!
185. Photographie publiée dans la collection "Achives de Wallonie" Les hommes en usine © Véronique Vercheval V1
Dès que notre regard se pose sur cette image, on observe le
cadre qui est sombre, les murs d’acier découpés de tout petits trous, le
plafond bas, et cette grille, fermant cette cage, arrêtant l’observateur. Cette
prison, on la devine au cœur d’une machine, véritable monstre de fer et de feu.
L’atmosphère ici est étouffante de chaleur, et l’usine, semblable à un enfer
cliquetant et grondant, symbole du travail dur et acharné, où l’homme n’est
qu’une particule, véritable fourmi dans cette gueule sombre et puissante, où la
machine a pris le pas le pas sur l’Homme.
L’homme… le voilà justement ici, un grand sourire aux lèvres, appuyé
joyeusement sur la grille, cette porte des enfers. Son sourire éclate comme une
fleur au soleil en cette prison. Leurs visages sont gais, leurs attitudes
tranquilles et dynamiques, leurs habits clairs contrastent fortement avec
l’ambiance sombre et glauque du ventre de l’usine, de même que leur joie
contraste avec l’idée de travail, presque de bagne rattachée à l’usine.
Pourtant il fait chaud, et pour preuve il a relevé ses manches, pourtant il
fait sombre, car il porte une lumière à son front… Mais malgré tout cela, ils
sont heureux. Cette lampe portée au front de l’un des hommes est comme eux tous
: une lumière dans ce trou sombre et maléfique.
Tout ceci a contribué, dès le premier regard, de même qu’après une observation
plus minutieuse, à me frapper. Plus précisément, cette image m’a non seulement
frappée mais également m’a étonnée, abasourdie, exaltée, et m’a fait passer un
long frisson dans le ventre tant le jeu des contrastes et l’idée de cette
photographie m’ont touchée.
186. Félicien Rops, La tentation de Saint-Antoine, rops_tentation
Je l’aime. Je l’aime tellement. Comment est-ce arrivé ? Comment ai-je pu abandonner mon amour pour vous dans une relation si superficielle, si charnelle ? Je ne m’en souviens plus. D’où lui vient ce pouvoir ? Ce pouvoir maléfique ? Elle est si belle : grande, avec une taille et un port de déesse, sa peau est blanche, ses joues roses, ses seins étonnamment ronds et ses hanches contrastent élégamment avec sa taille si fine. Elle possède la bouche la plus sensuelle qu’il m’ait été donné de voir : rouge cerise, parfaitement définie et pulpeuse a souhait. Ô mon Dieu que dis-je ? Aidez-moi, je Vous en prie ; je ne contrôle plus rien ; arrachez-moi à la toile de désir qu’elle a tissé autour de moi, telle une araignée encerclant sa proie. Guidez-moi à travers son âme afin d’en déloger le diable qui sommeille. Seule mon adoration pour Vous pourrait me détacher de son emprise. Cette femme est un ange ou un démon, peut-être les deux. Elle a ouvert en moi des p ortes qui jusqu’alors étaient fermées : le linceul qui me lie à Vous me parait dérisoire. Je la désire tellement. Mon attirance pour elle est ô combien supérieure à ma quête du ¨Paradis. Je préfère m’abandonner à ce péché plutôt que d’espérer le repos éternel à Vos côtés. Je n’ai plus rien à perdre. Je ne peux plus revenir en arrière. Mais que m’arrive t-il ? Comment puis-je blasphémer de la sorte ? Voyez-Vous la violence de mes sentiments pour cette créature de l’Enfer ? Vous rendez-Vous compte du niveau d’abjection qu’elle m’inspire ? Je la hais de toutes mes forces. Tout en elle me répugne et la perfection de ses formes m’ôte toute volonté. Il en émane une passion si intense que j’en ai le souffle coupé. Je suis comme envoûté. Je l’aime comme personne au monde n’a aimé : d’un amour insensé et furieux, si violent que je m’étonne qu’il ne fasse pas éclater mon cœur. Cet amour s’est indestructiblement enraciné ; je ne songe même pas à essayer de l’arracher tant je sens que c ’est là chose impossible. Cette femme s’est complètement emparée de moi : je ne vis plus en moi, mais dans elle et par elle. Néanmoins, je suis conscient de l’horreur de ma situation : les aspects funèbres et terribles de l’état que j’embrasse se révèlent clairement à moi. Je voudrais m’extraire de cette prison dorée qu’elle a construite mais la volonté me manque. Donnez-moi la force de résister. Je suis assailli de désirs et de fantasmes si terribles qu’il m’est impossible de Vous les dévoiler sans commettre un crime irréparable. Je Vous demande d’avance pardon pour toutes les pensées immorales que j’ai pu avoir dans des instants de faiblesse, mais devant cet être, je suis réduit à l’état de pantin : je ne suis que le jouet d’une illusion singulière et diabolique. Je Vous en supplie, aidez-moi à chasser l’esprit malin qui s’est sournoisement glissé en moi, tuez-moi s’il le faut mais sortez-moi des griffes de ce monstre sans pitié. Je tente d’exprimer au mieux mes sentiments sur cette toile lors du peu d’instants de lucidité qu’il me reste, afin que Vous saisissiez la puissance du pouvoir dont elle use contre ma volonté. La tentation de m’abandonner aux ordres muets qu’elle me dicte est absolument incontrôlable. Mais pourquoi moi ? Serait-ce mon destin ? J’en doute fort. Comprenez : ma vie aurait été vouée à une totale chasteté, à un détournement complet de mes yeux de toute beauté non céleste et surtout à ne pas aimer, si seulement Satan n’avait pas mis son arme la plus fatale en travers de ma route : la Femme. Mais pas n’importe quelle femme, non, la plus tentatrice et la plus attrayante de toutes. Malgré les nombreux sacrifices que j’ai pu accomplir pour Vous dans le passé j’ai le sentiment que cette fois-ci rien ne pourra délier son destin du mien, c’est pourquoi ce témoignage écrit et cette peinture seront les souvenirs de mon calvaire car seule la mort peut me libérer de cette Enfer et m’apporter la paix. Je privilégie la lâcheté plutôt que de me battre contre l’invincible et j’espère vraiment que le Pardon universel me sera accordé. Adieu.
187. Edgar Degas (1834-1917) La famille Bellelli ORSAY 17
Nous sommes en 1857, la révolution industrielle avait fini d’être à son apogée, Baudelaire venait de faire paraître son recueil « Les Fleurs du mal » ; la science faisait des découvertes extraordinaires et la famille Bellelli était regroupée dans le salon de leur maison qui se trouvait à Paris. La pièce était vaste, bien éclairée par des fenêtres à doubles battants, la décoration était digne d’une maison de nobles : avec des tableaux de célèbres peintres réalistes comme Courbet ou Manet accrochés au mur,de la tapisserie venue d’Autriche offert par Mme de Langeais,la mère de Mme Bellelli ,de la vaisselle de porcelaine exportée de Chine dans un vaisselier de bois de chêne. A coté de ce vaisselier, il y avait une cheminée de marbre sur laquelle, un miroir, un chandelier étaient posés et deux photos :l’une représentant Mme de Langeais,une femme svelte et élégante,aux yeux noisettes,un nez fin et déterminé,aux pommettes fardées et aux lèvres bien dessinées. Cette femme s’est mariée à un riche fonctionnaire britannique Mr Wyatt, cet homme au caractère imposant se faisait respecter par sa femme et ses trois filles,dont Mme Bellelli, Mme de Langeais était à présent la responsable de l’entreprise de son feu mari. Femme fidèle et vertueuse, elle ne s’était jamais remariée. L’autre photo représentait le père de Mr Bellelli, Antonio Giuseppe Bellelli, un homme beau et au fort caractère mais qui savait être juste. Il avait fait partie des carbonaris pour tenter de libérer son pays,l’Italie,de l’emprise coloniale.Mr Bellelli avait fui son pays de peur des réprimandes et avait émigré en France.Il est arrivé à Marseille puis a effectué un voyage Marseille-Paris. Ses débuts à Paris ont été difficiles mais il a réussi à trouver du travail en tant que cuisinier dans un restaurant Avec de la pratique,Mr Bellelli progressait et est devenu chef-cuisinier,puis plus tard ,responsable du restaurant.Il s’est marié,ensuite,avec une belle Française Mlle de Vernet malgré les réticences de la famille de celle-ci.Le restaurant du couple s’appelle : « Chez les Bellelli ».Ce couple eut aussi deux fils Pierino et Patrick dont l’un,Pierino,est mort lors d’un accident de « chemin de fer ».Il était cheminot , et un jour il s’est malencontreusement percuté contre un autre train qui n’avait pas pris la bonne direction,les deux trains étaient donc sur la même rail. Au milieu de ces deux photos,un TSF grisonnait des informations que Mr Bellelli (fils)écoutait.Il était installé sur son fauteuil en face de la cheminée en prenant des notes car les informations portaient sur la Bourse.Patrick Bellelli était un riche banquier de chez WF Banks.Il était très perfectionniste dans son travail et très ambi- tieux,avec ces qualités il a très vite réussi sur le plan professionnel,provoquant une très grande fierté chez ses parents issus d’un milieu modeste et aussi parce-qu’il était alors leur seul fils. Mr Bellelli avait hérité de la beauté de son père et de la sensibilité de sa mère, il pouvait être timide et discret mais franc et direct quand il le fallait.Il avait des cheveux bruns et des yeux verts.La couleur émeraude de ses yeux ,on pouvait la distinguer seulement quand il enlevait ses lunettes sinon on pouvait la confondre avec un gris foncé à cause du reflet des verres.Il avait,aussi,un visage carré,un petit nez et des lèvres épaisses. Mr Bellelli était donc sur son fauteuil et avait fini de prendre des notes, n’osant regardé sa femme,il baissait les yeux sur ses papiers.Sa femme,avec son regard austère regardait par la fenêtre,passer les carrioles et les diligences entre les rues. Il faisait un temps doux et frais dehors et le soleil faisait timidement son apparition. Mme Bellelli était française avec des origines anglaises héritées de son père Mr Wyatt. Elle eut une enfance mouvementée car son père étant un riche fonctionnaire devait beaucoup voyager.Elle a visité de beaux pays comme l’Italie ou la Russie avec sa mère et ses deux sœurs Germaine et Alicia,puisque son père devait travailler et n’avait pas le temps pour un itinéraire touristique. Hélène de Langeais, de son nom de jeune fille,s’est mariée à Patrick Bellelli et ils eurent deux belles filles Marie et Madeleine. Madeleine qui avait sur son épaule la main de sa mère pendant que cette dernière regardait dehors,avec les même yeux noisettes de sa mère dont le même doux visage aux lèvres bien dessinées et au nez fin(pareil à sa mère)était éclairé par la lumière du soleil,qui s’était maintenant levé. Marie, la petite dernière, regardait aussi par la fenêtre et avait, elle aussi, hérité des traits de sa grand-mère . Madeleine, l’aînée, au contraire ressemblait à son père. En cette petite histoire nous avons reconstitué l’arbre généalogique des Bellelli, qui sont rassemblés dans leur salon pour une réunion de famille. Nous sommes en 1857, la révolution industrielle avait fini d’être à son apogée, Baudelaire venait de faire paraître son recueil « Les Fleurs du mal » ; la science faisait des découvertes extraordinaires et la famille Bellelli était regroupée dans le salon de leur maison qui se trouvait à Paris. La pièce était vaste, bien éclairée par des fenêtres à doubles battants, la décoration était digne d’une maison de nobles : avec des tableaux de célèbres peintres réalistes comme Courbet ou Manet accrochés au mur,de la tapisserie venue d’Autriche offert par Mme de Langeais,la mère de Mme Bellelli ,de la vaisselle de porcelaine exportée de Chine dans un vaisselier de bois de chêne. A coté de ce vaisselier, il y avait une cheminée de marbre sur laquelle, un miroir, un chandelier étaient posés et deux photos :l’une représentant Mme de Langeais,une femme svelte et élégante,aux yeux noisettes,un nez fin et déterminé,aux pommettes fardées et aux lèvres bien dessinées. Cette femme s’est mariée à un riche fonctionnaire britannique Mr Wyatt, cet homme au caractère imposant se faisait respecter par sa femme et ses trois filles,dont Mme Bellelli, Mme de Langeais était à présent la responsable de l’entreprise de son feu mari. Femme fidèle et vertueuse, elle ne s’était jamais remariée. L’autre photo représentait le père de Mr Bellelli, Antonio Giuseppe Bellelli, un homme beau et au fort caractère mais qui savait être juste. Il avait fait partie des carbonaris pour tenter de libérer son pays,l’Italie,de l’emprise coloniale.Mr Bellelli avait fui son pays de peur des réprimandes et avait émigré en France.Il est arrivé à Marseille puis a effectué un voyage Marseille-Paris. Ses débuts à Paris ont été difficiles mais il a réussi à trouver du travail en tant que cuisinier dans un restaurant Avec de la pratique,Mr Bellelli progressait et est devenu chef-cuisinier,puis plus tard ,responsable du restaurant.Il s’est marié,ensuite,avec une belle Française Mlle de Vernet malgré les réticences de la famille de celle-ci.Le restaurant du couple s’appelle : « Chez les Bellelli ».Ce couple eut aussi deux fils Pierino et Patrick dont l’un,Pierino,est mort lors d’un accident de « chemin de fer ».Il était cheminot , et un jour il s’est malencontreusement percuté contre un autre train qui n’avait pas pris la bonne direction,les deux trains étaient donc sur la même rail. Au milieu de ces deux photos,un TSF grisonnait des informations que Mr Bellelli (fils)écoutait.Il était installé sur son fauteuil en face de la cheminée en prenant des notes car les informations portaient sur la Bourse.Patrick Bellelli était un riche banquier de chez WF Banks.Il était très perfectionniste dans son travail et très ambi- tieux,avec ces qualités il a très vite réussi sur le plan professionnel,provoquant une très grande fierté chez ses parents issus d’un milieu modeste et aussi parce-qu’il était alors leur seul fils. Mr Bellelli avait hérité de la beauté de son père et de la sensibilité de sa mère, il pouvait être timide et discret mais franc et direct quand il le fallait.Il avait des cheveux bruns et des yeux verts.La couleur émeraude de ses yeux ,on pouvait la distinguer seulement quand il enlevait ses lunettes sinon on pouvait la confondre avec un gris foncé à cause du reflet des verres.Il avait,aussi,un visage carré,un petit nez et des lèvres épaisses. Mr Bellelli était donc sur son fauteuil et avait fini de prendre des notes, n’osant regardé sa femme,il baissait les yeux sur ses papiers.Sa femme,avec son regard austère regardait par la fenêtre,passer les carrioles et les diligences entre les rues. Il faisait un temps doux et frais dehors et le soleil faisait timidement son apparition. Mme Bellelli était française avec des origines anglaises héritées de son père Mr Wyatt. Elle eut une enfance mouvementée car son père étant un riche fonctionnaire devait beaucoup voyager.Elle a visité de beaux pays comme l’Italie ou la Russie avec sa mère et ses deux sœurs Germaine et Alicia,puisque son père devait travailler et n’avait pas le temps pour un itinéraire touristique. Hélène de Langeais, de son nom de jeune fille,s’est mariée à Patrick Bellelli et ils eurent deux belles filles Marie et Madeleine. Madeleine qui avait sur son épaule la main de sa mère pendant que cette dernière regardait dehors,avec les même yeux noisettes de sa mère dont le même doux visage aux lèvres bien dessinées et au nez fin(pareil à sa mère)était éclairé par la lumière du soleil,qui s’était maintenant levé. Marie, la petite dernière, regardait aussi par la fenêtre et avait, elle aussi, hérité des traits de sa grand-mère . Madeleine, l’aînée, au contraire ressemblait à son père. En cette petite histoire nous avons reconstitué l’arbre généalogique des Bellelli, qui sont rassemblés dans leur salon pour une réunion de famille.
188. Germain Eblé, sans titre, septembre 1932 Papier au gélatino bromure d’argent EBLE
Septembre 1932, chez les Levallois,Germain Eblé photographe,
immortalise l'instant:"Catherine asseyez vous là,et vous gens,ici. François
mettez vous près de votre père,Jean prenez Justine sur vous et vous Catherine
la petite dernière.Mes demoiselles,Marie et Félicité,vous allez vous placer
debout entre vos parents. Rapprochez-vous,s'il vous plai^t,c'est un cliché de
famille! Charles rapprochez vous de votre mère,allez jeune homme dépechons,j'ai
d'autres familles à visiter.voilà,quelle belle famille,ne bougez
plus,attention!"pffffffffff
Septembre 1902,dans une famille orléanaise, un enfant d'un an fait ses premiers
pas,un enfant ayant pour prénom Jean.
Jean Levallois et le dernier des six enfant d'une famille modeste.En effet, son
père, est lutier et gagne sa vie comme il peut.Sophie, sa mère , ne travaille
pas ,elle
élève ses si enfants du mieux qu'elle peut,leur inculquant le respet de soi et
des autres. Petit Jean ne manque de rien, il aime sa famille et sa famille
l'aime en retour.Il va à l'école avec ses dex frères et ses trois soeurs, qu'il
aime particulièrement. Très bon grimaud ,mais très prolixe, voulant toujours
apprendre,d'ailleurs son père lui montre très tot cômment tailler le bois.Il
est doué, et à la fin de l'année 1913 à douze ans, semblant en faore
quinze,brun ,grand, avec des yeux profonds et gris,Jean devient apprenti. Un
jour,alors qu'il fabriquait son premier violon, un bruit strident se fit
entendre, venat de nulle part.Son père surgit dans la pièce principale de
l'atelier,l'air inquiet, et commnça à lui parler doucement:"Ecoute Jean
lui dit-il, écoute cette sirène,tu sais ce qu'elle signifie?" jea répondi
non, de la tête.
"Cela signifie que je vais devoir partir, ainsi que Cyril et Nicolas.
C'est la guerre mon fils!lui dit-il d'un ai attristé"
Jean lui répondit que lui aussi voulait y aller;mais ayant treize ans il
ne pouvait pas se rendre à la mort avec les hommes de sa famille et puis il
fallait quelqu'un pour veiller sur sa mère et ses soeurs .Ses frères et son
pères partis à la guerre, Jean resta le seul hommes de la maison. Avant de
partir son père lui avait donné plusieurs consels pour faire fonctionner l'atelier.
Il travaillait sans relâche et avec tout son amour, poursuivant le travail de
son père comme s'il allait revenir d'une seconde à l'autre. Et voulant
que son père en rentrant du champ de bataille le voie en train de travailler,
il ne s'arrêttait pas. Pourtant un jour il s'arrêta, car sa soeur Christine
était là ,les yeux pleins de larmes, et une lettre à la main. Cette
lettre avait été ouverte par sa mère et maintenant c'était à lui de
la lire. Mais il n'en eut pas besoin , il comprit en voyant sa soeur.
Son pére était était mort au front. Il ne lui avait pas dit au revoir, il avait
toujours pensé qu'il reviendrait et que tout irai bien, mais en dix minutes il
grandit et naïf il n'était plus. Puis à la fi de la guerre, en 1919, ses frères
rentrèrent, alors qu'il était parti à une exposition sur les plus beaux violons
à Paris. Là-bas, il rencontra une jeune fille de dix sept ans, issue de la
bourgeoisie,Catherine Decyre. Il n'y avait presque rien à dire sur son enfance,
à part qu'elle avait perdue sa mère à l'âge de 4 ans, cette dernière était
décédée d'un coma diabétique en 1907.Son père ne povant pas s'occuper d'elle ,
devant déjà s'occuper de ses trois grands frères, il dut inscrire Catherine
dans un pensionnat de jeunes filles. Catherine y avait passé toute sa
scolarité,la-bas elle y avait appris toutes sortes de choses,mais ce qu'lle
préférait c'était la musique. Ils avaient déjà un point deux points en
commun:ils avaient perdu un parent;et vivaient pour la musique! Elle
aimait sa voix rassurante, ses yeux profonds et son sourire lumineux.
Lui,aimait ses longs cheveux blonds, sa taille fine, ses yeux bleus , son
intelligence et son rire joyeux. Ils étaient amoureux. Elle aussi habitait à
Orléans, ils purent se voir souvent, il venait la chercher après ses cours de
violons, ses frères étant revenus il n'avait plus besoin de travailler jour et
nuit quoi que l'économie fut au plus bas. Cela allait faire deux ans qu'ils se
frenquétaient, alors un jour sans en parler à Catherine, il alla voir son père et
lui demanda la main de sa fille. Ce dernier réfléchit pendant cinq longs
mois,où il surveilla les deux amoureux. Il n'avait pas jamais vu sa fille si
heureuse, il accepta de donner la de sa fille à Jean Levallois,alors âgé
de 20 ans, mê^me s'il avait éspérer un meilleur parti pour Catherine. Ils se
marièrent au début de l'année 1922,lors d'un jour ensolellé.C' à la Cathédrale
Saint Croix que Catherine devint madame Levallois. Ils emménagèrent dans une
maison toute neuve, cadeau du père de Catherine. Quelques mois plus tard,
Catherine dona naisance à une petite fille ,qu'ils apellèrentMarie,très beau
bébé aux yeux noisettes et aux cheveux foncés. Penant ce temps Jean avait
agrandi l'atelier de son père et continuait le travail qu'il avait commencé,ses
frères aussi maintenant travaillaient avec lui.Cyril était devenu
comptable de la société "Levallois Luthier" , pendant que
Nicolas s'occupait de l'expotation vers les autres villes de France. Jean
ne roulait pas sur l'or mais ses affaires marchaient bien pendant ce temps
Catherine s'occupait de Marie, de la maison,et de temps à autre donnait des
cours particuliers de violons. Puis en 1924, naquit Félicité, à l' inverse de
Marie, elle avait les yeux bleus et les cheveux blonds vénitien. Jean était
heureux car il aimait son métier, sa femme et ses trois enfants. Oui, ses trois
enfants, car Catherine aviat donné naissance en 1925 au premier garçon de la
famille, un petit François, ressemblant énormémént à sa grande soeur Marie âgée
de 3 ans. Cette dernière eut encore un frère en 1927,Charles,un garçons aux
yeux bleus et verts et aux cheveux blonds et bouclés,et une soeur en 1929,
Justine, un beau bébé aux cheveux blonds et aux yeux noisettes, un parfait
mélange entre son père et sa mère. En 1931 Jean ouvrit une boutique à Paris.A
Orléans Catherin s'occupait de Marie;Félicité, Charles et Justine et pour
l'aider Sophie, la mère de Jean était venue chez sa brue. Catherine ne pouvait
pas rester seule car elle attendait encore un nouvel évènement. Fevrier1932,
alors que le monde allait très mal, la bourse de New York avait chutée, tout
allait au mieux chez les Levallois. Jean avait été prévoyant et n'aviat rien
perdu, de plus il venait d'être père pour la sixième fois. Catherine,sa
merveilleuse fmme qu'il aimait comme au premier jour,venait de lui donner une
jolie petite fille,Anne.
Après la perte de son père, Jean à trente ans était un homme comblé, il avait
une femme , six enfants plus beaux les uns que les autres, mais il était aussi
connu dans tout Orléans et puis il avait une famille qui après la pluie voyait
le beau temps, et un peu grâce à lui. Alors pourqui ne pas prendre de
photographie de cette belle époque avec toute sa petite famille, surtout que
dans six ans arrivera peut-être un autre drame. 1939, la seconde Guerre
Mondiale, jean partira peut-être au fron, et Frabçois aura 13ans, comme 17 ans
auparavant. Ceal vous rappelle t-il quelque chose? Mais ne pensons pas au
futur, et qui sait peut-être tout se passera bien, mais pour l'instant retons
où nous sommes. Pffffffff
Septembre 132, chez les Levallois.
"Voilà,parfait!Le cliché esdans la boîte magique je vous l'apporte dans
une semaine à l'atelier. Je vous souhaite un joyeux anniversair, à 30 ans vous
avez accompli beaucoup de choses, vous êtes un modèle pour nos jeunes!Bon, je
vous quitte, aurevoir Catherine, aurevoir les enfants, aurevoir Jean et à dans
une semaine."
189. Série les demandeurs d’asile © Véronique Vercheval V10
Cette photographie, je l’ai découverte le soir de Noël, chez
moi, dans un livre que j’avais reçu à cette occasion, rempli de photos de la
même photographe. Sur la photographie, prise de face afin que l’on puisse voir
les deux personnes, une femme blanche et une petite fille noire, discuter ;
nous pouvons voir en arrière plan des arbres fleuris qui nous indiquent qu’elle
a été prise en été(ou à une période chaude de l’année tout du moins)et qui
donnent un air paisible à la photo. La petite fille est en fauteuil roulant et
ma première réaction a été de me demander comment elle s’était retrouvée dans
cet état là. J’ai alors supposé qu‘elle avait subi la guerre dans son pays et
que c’était pour cela qu’elle était paralysée. En regardant la femme sur la
photographie j’ai eu le sentiment qu’elle voulait rassurer la petite fille. En
effet, le regard qu’elle porte sur celle-ci est un regard protecteur, tendre et
souriant. Ma deuxième réaction a été de penser
que cette enfant, qui avait sans doute souffert de la guerre et de son
état, venait dans un pays européen pour se faire soigner et que cette femme
symbolisait l’aide qu’elle avait en Europe, la personne sur qui elle pouvait
s’appuyer. Cette photographie m’a beaucoup émue par l’histoire que l’on suppose
derrière, par la vie de l’enfant que l’on voit à travers cette image. Elle a
également suscité une profonde inspiration en moi pour cette petite fille qui
ne paraît pas très âgée mais qui a déjà une vie difficile (elle a peut-être été
blessée lors d’une guerre dans son pays, elle est sans doute orpheline ou même
très malade) et qui essaie de vivre malgré tout cela, malgré tout ce qu’elle a
vécu. J’ai aimé cette photographie car elle montre une personne, quelle qu’elle
soit, qui a souffert de la vie et qui a trouvé refuge auprès d’un organisme,
d’un pays et auprès d’une personne qu’elle ne connaît pas mais en qui elle a
confiance. Cette photographie est pour moi symbolique car
elle représente l’accueil d’une petite fille noire par une femme
blanche. Elle représente l’acceptation d’une demande d’asile faite par une
enfant envers une femme, envers un peuple, envers un pays libre. En regardant
cette photographie, j’ai le sentiment que la petite fille a enfin trouvé la
paix, qu’elle va continuer sa vie paisiblement, entourée de gens confiants et
non de soldats et de bombes. Cette photographie me donne l’impression que cette
petite fille, assise auprès de cette femme chez qui elle a trouvé la stabilité,
la paix, va prendre la vie "du bon côté", qu’elle va recommencer à
sourire, à rire, qu’elle va recommencer à vivre. Cette petite fille m’a
beaucoup plu car elle m’a prouvé que quoi que la vie nous fasse subir, on peut
toujours avoir du courage, qu’il faut et que l’on peut avancer dans la vie
malgré les épreuves que l’on vit et qu’il faut les accepter et "aller de
l’avant". Cette photographie m’a plu car elle montre vraiment ce que la
vie peut faire et
ce que l’homme peut faire pour surmonter ce qu’elle place autour de nous
et sur notre route. Cette photographie m’a émue, touchée et surtout beaucoup
appris.
190. Jean Fouquet les grandes chroniques de France © BNF Partage du royaume de Clotaire Ier entre ses quatre fils fouq-bnf2
Collez votre texte ici :: Aujourd’hui, je découvre ce tableau qui m’évoque
différentes idées. Tout d’abord, ce que j’ai remarqué, ce qui ressort le plus,
est le château situé à l’arrière plan, contrairement à l’ordinaire où est
généralement repéré le premier plan, avant les autres plans. Ce château domine
l’image, ce qui peut amener à penser que le château domine également l’espace
qu’il occupe. Il a des couleurs peu communes comme le toit qui est bleu et sa
couleur qui est en général triste pareil à celle de la pierre, elle est ici
rose, par conséquent il me rappelle un conte de fée. Celui de la Belle au Bois
dormant. Ce château peut donc évoquer des idées positives comme négatives. Les
idées positives suggérées sont le symbole de la royauté car ce sont souvent les
personnes aisées comme les rois qui y logent, le symbole du bonheur parce que
la fin du conte de la Belle au Bois dormant est heureuse, après un baiser de
son prince charmant, elle se réveillait et ils vécurent to
us deux heureux. Les idées négatives suggérées sont le symbole du chagrin
pareil à la Belle au Bois dormant qui ne se réveille pas, par conséquent
également le malheur.
J’observe des personnes, elles se trouvent dans ce château car elles sont
repérées à travers les fenêtres de celui-ci, elles ne sont pas très nettes mais
leurs vêtements sont de la même couleur que ceux des soldats. J’en déduis que
ces personnes peuvent être des soldats. Il y en a énormément, c’est pour cela
que je ne devine pas si ces personnes se trouvent dans ce château pour le
plaisir (une fête donnée par le roi) ou pour une contrainte ( sortir des
individus qui gênent le roi).
Ensuite je peux remarquer une petite rivière autour de ce château, où est
reflété le château. La couleur de cette petite rivière est un bleu qui est le
même que celui du ciel. Elle me fait penser à une douve ; c’était un fossé
rempli d’eau, qui était une protection supplémentaire contre les ennemis. Il y
a donc une opposition entre cette douve qui produit des inquiétudes face aux
combats et, cette eau claire sur le tableau qui montre plutôt une sorte de
divertissement, de plaisir, de bonheur car il y a des cygnes. Ceux-ci
produisent aussi un effet de contraste, mis à part le bonheur grâce à leur
beauté, ils mettent en évidence le symbole du mal parce qu’ils protègent leur
enfant et pour cela font quelquefois du mal aux humains. Cette douve est
entourée d’une plaine, celle-ci m’interpelle car elle est à la fois l’endroit
la plus proche de nous (premier plan) et l’endroit le plus éloigné que je
devine à l’arrière plan.
Devant ces cygnes, au premier plan, sur la plaine, se trouvent une tente et des
soldats. Cela rappelle la guerre et donc la mort, la tristesse, le malheur.
Mais la couleur de cette tente est violette et la couleur des équipements des
soldats est jaune foncé ou marron clair ( couleurs tristes et sombres).
Puis si j’observe les détails de ce premier plan, je vois derrière cette tente
des autres tentes qui sont, elles, de couleurs plus vives, plus joyeuses, par
exemple le rouge de la seconde tente ou le jaune de la troisième. Et sur le
château comme sur chacune des tentes, je constate qu’il se trouve des drapeaux
bleus avec à chaque fois trois symboles. Pour moi ces symboles sont des
fleurs de lys, emblèmes de la France sous le gouvernement de Louis IX. En
résumé, je remarque, à travers ce tableau, trois parties qui ont un point
commun : le malheur. Le château me rappelle le suspens de savoir si la
belle au bois dormant va se réveiller. Les douves me montrent qu’il y a un
risque de combat donc il peut mettre en évidence la crainte. Et enfin les
soldats me rappellent la guerre. Alors qu’il existe des oppositions car
les soldats n’évoque que le malheur tandis que le château peut révéler le
bonheur, signe de royauté ou encore la fin heureuse de la belle au bois
dormant. Et les d
ouves sont avec une eau claire, il y a donc un contraste par rapport à la
réalité, en général les eaux sont sales. Et ces cygnes qui peuvent eux aussi
symboliser à la fois le bien grâce à leur couleur, leur prestance, leur
protection ou, au contraire le mal avec leur caractère souvent trop possessif
et donc trop de protection.
191. Parmesan, portrait de jeune homme, Italie(12)
Mon histoire,
Bonjour mesdames, bonjour messieurs, je m’appelle Henri ou plus précisément
Henriette, prénom de baptême, que bien peu de personnes connaissent. J’ai
17 ans, nous sommes en 1539, et l’envie m’a pris de raconter mon histoire peu
banale, par ce beau jour d’été car, aujourd’hui, un peintre italien prénommé
Francesco Maria Mazzola, dit Le Parmesan, un ami de la famille m’a
immortalisé. Je ne sais plus quand je l’ai rencontré, je me souviens
seulement que c’était un jour d’été, il faisait bon, lorsque je l’ai vu pour la
première fois il travaillait sur une toile magnifique. Francesco, je
l’idolâtre et l’envie pour ce qu’il a vécu. Il est né à Parme, la
ville de mes vacances. C’est dans cette ville que je passe tous mes étés,
c’est là aussi que j’ai rencontré ma femme et c’est à cet endroit qu’il m’a
dessiné dans mes appartements. Lorsqu’il est arrivé j’étais assis dans
mon fauteuil, et rêvassait. Il est entré dans la pièce et m’a salué puis,
lentement, il a installé ses af
faires en commençant par la pose de son chevalet. Ensuite, pendant
la demie d’une heure, il a préparé les pinceaux, les couleurs et les
tons. Il possédait des dizaines de pinceaux de tailles différentes, des
nouveaux et des plus anciens, mais il n’en sortit que trois pour moi. Il
ouvrit une sorte de besace et en ôta une palette neuve. Il commença à
mélanger les couleurs et les tons, une fois qu’il eut obtenu ce qu’il désirait,
il se leva et m’expliqua comment me positionner face à lui. Je portais ma
tenue du dimanche. Il retourna derrière son chevalet et m’observa
quelques instants, je devais rester immobile, ce fut difficile je
l’avoue, lui peignait dynamiquement. Je pu apercevoir qu’il utilisait le plus
fins des trois pinceaux pour commencer et qu’il termina, après avoir utilisé les
deux autres, avec celui-ci. Enfin, il finit après cinq heures de
travail. Il est resté pour manger avec nous et nous a raconté un petit
bout de sa vie; on peut dire après l’avoir écout
é que ses œuvres sont des repères pour lui. Avant moi, il avait travaillé
à la décoration intérieure d’églises et de palais. Ce matin, il était en
pause, il travaille actuellement dans l’église Santa Maria della Steccata, et a
donc accepté de réaliser mon portrait. La plus célèbre des personnes pour
qui il ait travaillé n’est autre que le pape Clément VII vers 1524 lors de son
voyage à Rome. Il est aussi allé à Bologne, ces deux villes sont,
paraît-il, magnifiques et j’aimerais m’y rendre. De plus, il est un des
premiers Italiens à expérimenter un tracé graphique vivace et nerveux dont
j’aimerais qu’il m’enseigne la technique.
Cependant mon portrait ne me plait pas en tous points car je ne me trouve pas
assez viril, ce doit être ma nature féminine qui ressort, je suis une
femme! Une femme, mais pour le monde extérieur je suis un homme marié qui
étudie l’art! En réalité trois personnes savent que mon sexe n’est pas
celui d’un homme. Chaque mois mon cycle menstruel me rappelle la douleur
d’être une femme. Lorsque mes parents m’ont marié, il y a deux ans, avec
Maria Victorio Fontanellata, Maria ne savait rien de mon secret. Lors de
nos noces, nous n’avons fait que parler et elle m’a embrassé. Durant le
premier mois, le soir, elle tentait de me déshabiller, ce que je ne pouvais
faire devant elle, elle me parlait quotidiennement de son souhait d’avoir des
enfants. Un soir de novembre, elle s’était absentée, je me suis dénudé et
elle est entrée. Sur le coup, elle a ri aux éclats mais, après un court
instant, elle s’est figée, a réfléchi et puis elle a murmuré d’un voix douce et
fluette: «Tu es un
e femme, je suis une femme, nous sommes mariées et je t’aime. Je
comprends pourquoi tant de rejet, tant de mépris, si peu d’affection et si peu
d’amour… »
Puis elle m’a demandé qui, mis à part elle, le savait. Seuls mes parents
savaient. Ce soir-là, aucun son ne sortit de sa bouche ni de la mienne.
Était-elle choquée? Éprouvait-elle du dégoût envers moi? Je ne
savais pas. Elle se leva à l’aube et quitta notre maison de bonne heure,
elle ne revint qu’à la tombée de la nuit et me demanda si je l’aimais, ma
réponse fut « oui ». Sans attendre une seconde elle m’embrassa et me dit:
« Si nous avons ainsi vécu notre amour, continuons, aimons nous en secret, en
tant que mari et femme pour notre entourage comme nous le faisions auparavant
».
Je suis la femme d’Henri, je viens d’hériter de ce document et je vais vous
raconter la fin de l’histoire.
Pendant l’été 1540, nous nous sommes rendus en France, car je rêvais de
découvrir Paris, la ville natale de mon mari, lors de ce voyage nous avons
aussi fait un détour par Rome à l’aller, à la plus grande joie d’Henri.
Durant notre séjour, nous avons recueilli un enfant qu’un fermier de basse
campagne avait trouvé abandonné à l’orée du bois. Malheureusement, Henri
ne connut l’enfant que dix ans car il y a maintenant cinq jours qu’il est
décédé d’un cancer du sein. Pour éviter
la découverte du secret, aucun médecin ne l’a ausculté, seul le prêtre l’a
béni. Sur sa tombe est inscrit: Henri, Henriette De La Motte aimant Maria
Victorio Fontanellata, parent de Victoria De La Motte-Fontanellata lieu de
naissance: Paris e morta al Parma. 1522-1549...
Il n’a jamais pu devenir artiste comme il le désirait, et son ami et artiste Le
Parmesan est mort sans même avoir pu finir la décoration intérieure de l’église
Santa Maria della Steccata, en 1540 à l’âge de 37 ans.
« Dix ans de plus que moi », avait-il murmuré dans ses derniers souffles.
192. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre(24)
La mort, quel mot si profond, si obscur. Il paraît que
ce mot arrive jusqu’au fond de la moelle et dit « c’est fini pour toi ».
Les corbeaux sont les auxiliaires de la mort. Ils la représentent
sur Terre et ils sont là. Où est la mort il y a des corbeaux
et on n’y peut rien.
C’était le printemps je me baladais au bord de la mer Baltique quand des
milliers de corbeaux, je dis bien des milliers se sont précipités vers un
arbre, un seul arbre mort. Il semblait qu’ils formaient l’arbre. Toute la mort
représentée dans un arbre formé par des corbeaux. Puis au fond, comme au fond
de moi, j’ai vue une clarté, c’était la mer. Comme la lumière au fond du
tunnel. Cet espoir d’être entouré par le noir, la mort ; et, voir la
mer, le grand bleu, clair et joyeux.
Mais l’objet central, cet arbre, plus mort que le mot, me faisait frissonner.
Tous ces corbeaux toutes ces bêtes qui se reposaient sur l’arbre. C’est un
sentiment que je n’oublie toujours pas, mais par contre impossible à raconter.
C’est pour quoi j’ai décidé de le peindre dès mon retour. Pour arriver à
le peindre, cela m’a pris un peu près trois ans, trois ans de travail puis
enfin je suis arrivé et j’ai été récompensé.
C’est difficile de se rappeler de ce jour mais le contraste de cette image est
impossible d’effacer de ma tête, obscur sur clair comme si avant de recevoir du
bien on reçoit du mal. C’est comme dire que dans la vie, après beaucoup de
travail, il y a toujours une récompense.
Quand j’ai vu cette scène, j’ai apprécié ce qu’est la vie, car la vie est
aujourd’hui.
193. Jean-François Millet Le Printemps Orsay19
Ma passion fut toujours l’art. Avec mes peintures précédentes L’Angélus et Les
Glaneuses, je infiltrai vraiment dans le monde de la peinture. Ainsi, j’avais
exécuté une décoration des Quatre Saisons.
En 1868, M. Hartman, un industriel alsacien vint à ma rencontre, ébloui par mes
peintures totalement réalistes. Il me commanda alors quatre compositions
ornementales ayant pour thème les saisons. J’étais indubitablement surpris
d’avoir été choisi, bien que je n’avais fait qu’une représentation des saisons.
Alors, avec quelque chose de frais, je m’isolai pendant cinq ans, à la
recherche de ma première saison : le printemps.
Je choisis pour cette œuvre de représenter Daphnis et Chloé, deux nymphes de la
mythologie antique grecque. Elles peuplent toute la nature (campagne, bois,
eaux) dont elles sont les esprits. Belles jeunes femmes, élégantes et
séduisantes. Elles symbolisent aussi, les jeunes et tout leur tempérament. A
part cela, j’essayai d’utiliser les couleurs de l’arc-en-ciel pour peindre la
nature en laissant l’arc-en-ciel représenté dans des tons plus neutres.
Mon ciel est majoritairement couvert de nuages noirs et la tonalité de cette
œuvre est sombre. Cela me permettait de montrer qu’au printemps il pleut, et
que symboliquement c’est à l’adolescence que la vie devient plus difficile.
Ainsi, on pouvait voir un bout de ciel bleu qui rayonnait sur un arbre, un
chemin et sur une maison couverte de feuilles. Le chemin vers le succès de la
vie.
Je voulus représenter qu’au milieu de problèmes de la jeunesse, on trouve
toujours une sortie vers une vie moins mauvaise.
Peindre quelque chose que la nature ne sera jamais capable d’atteindre : un
ciel bleu et noir en même temps.
Après l’avoir fini, je restai ébloui par mon aisance à la représentation du
printemps.
194. Image de Jean-Fouquet peintre et chroniqueur (AJ1).
Tout d’abord, ce tableau illustrant la
guerre du moyen âge, nous montre un moment d’une des batailles opposant
des centaines d’ hommeset aussi l’illustration par le peintre du Châtiment
de Coré.Nous observons que dans ce tableau se trouve plusieurs plans que
l’on peut bien distinguer : _ au premier plan on voit des hommes qui se
battent, au dessous d’un muret, qui est de la même hauteur qu’eux. Nous
portons plus notre regard sur deux personnages particuliers, deux
chevaux blancs. Ceux-ci représentent les seules couleurs vives du premier
plan. _au second plan nous observons un
groupe des personnes mortes, en amas, puis à leur côté, des croyants en
train de prier. Autour d’eux il y a un espace et nous pouvons hypothéquer
que ceux-ci représentent les personnages principaux de la peinture;
constitués de couleurs sombres. _à l’arrière plan se trouvent des
personnages qui ne sont pas en train de combattre mais ceux-ci laissent un
espace entre les “deux camps”. Au-dessus d’eux, un personnage curieux,
sûrement un dieu, qui leur donne bénédiction; ce personnage
est essentiellement constitué de couleur flanchantes telles que le orange
ou le jaune clair. Nous pouvons également couper le tableau en deux,
horizontalement, à la moitié du tableau, pour pouvoir distinguer deux
sortes de couleurs de peintures: en haut se trouvent les couleurs vives et
en bas ont distingue des couleurs morte, sombres donc non attirantes. Ceci
peut signifier que le peintre voulait insister sur un fait en attirant
l’oeil à l’endroit qu’il voulait. La couleur la plus représentée est le
vert, dont il y a différentes panels, vient ensuite le bleu ciel, qui se trouve
au fond, à l’arrière-plan. On remarque la présence de formes
géométriques telles que la lieu où se trouvent les croyants. Il est mis en
évidence par une seule couleur que l’on ne retrouve pas sur le reste du
tableau, le gris clair. Celui-ci n’est pas attirant, mais fait que ce lieu
représenté ne passe pas inaperçu. A part ceci, nous observons que le reste
du tableau a des formes naturalistes, car les formes imitent la nature et
ne sont pas géométriques. Le peintre oppose donc ces deux
formes. Dans ce tableau, le point de vue adopté par le peintre est
intérieur car on peut constater qu’il est plus haut que les autres
personnages, mais il est placé ou sur une l’autre côté de la
colline, regardant dans la tranchée en-dessous les hommes combattre. Ceci
nous donne le panorama, la profondeur du tableau, et peut nous immerger
directement dans le contexte. Le peintre s’est représenter comme faisant
parti de cette bataille, en sécurité puisque l’on ne voit personne avec
lui. Le lieu où se déroule le combat est réaliste, comme si le peintre
veut faire une illustration de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a vu. Nous
sommes plongés directement dans l’ambiance présente, ambiance de guerre,
nous pouvons même nous imaginer à leur place. Ceci nous est montré par
le surnombre de personnages présents, cette ambiance nous transporte
rapidement. Enfin, cette peinture nous donne une impression d’immersion
dans ce que le peintre nous plonge, ce qui est l’effet recherché par
celui-ci, en opposant formes, contrastes,couleurs et organisation.
195. © Véronique Vercheval v14
Ma première photo
Ce jour-là je me réveillai à sept heures, c ´était mon anniversaire, ma mère et
ma tante rentrèrent dans ma chambre et ma mère me donna une petite boite.
J´ouvris la boite rapidement et je trouvai un appareil photo. Je
pensai que c´était le plus beau jour de ma courte existence.
Ma mère et moi nous partîmes à neuf heures, ma tante resta à
la maison, on avait jusqu´a une heure de l´ après-midi avant que le
couvre-feu ne recommence pendant quatre interminables jours.
J´emmenai mon appareil pour prendre ma première photo, photo qui
devait être très spéciale, mais je n´ arrivai pas à trouver un bon sujet.
Une heure après j´essayai d´ écouter à la radio d´un magasin
une nouvelle, mais je ne pouvais pas à cause du bruit causé par le luth et le
cithare d´un groupe de danse de rue avec lequel ma mère dansait sans
préoccupation. Quand je pus enfin entendre quelque chose on annonçait que notre
quartier près de Bethléem avait été bombardé.
Je dus interrompe la danse de ma mère pour lui dire cette horrible
nouvelle. Elle me regarda d´un air étrange, essaya de me dire quelque
chose mais je ne pouvais pas comprendre ce que les sons étranges et les larmes
voulaient me dire. Après quelques instants ma mère se calma et me
rappela que ma tante était chez nous, je me sentis
vraiment effrayé. On commença à courir, je n´avais jamais couru aussi
rapidement .On arriva et notre maison était complètement détruite, dehors
assise, sur les restes de notre maison, ma tante nous
regardait. Un énorme sourire envahit les visages des deux sœurs,
elles s´embrassèrent et je décidai de prendre la première photo
avec mon appareil.
Je fis rapidement ¨click¨, je les regardai et je me sentis orgueilleux d´avoir
capturé cette seconde aussi belle sur le papier photographique de ma
première photo.
196. Canaletto L’Entrée du Grand canal et l’église de la Salute Italie(7)
Collez votre texte ici :: La voie de notre guide, une voie relativement aiguë,
s'évanouissait à mesure que je m'éloignais. Je me trouvais à présent dans
l'aile Denon du première étage. Des peintures espagnoles et italiennes du XVIIe
et XVIIIe siècle y étaient exposées. Je les regardais; ou plutôt je les voyais
puisqu' aucune d'elle ne retenait vraiment mon attention. Je m'arrêtais tout de
même. Alors que j'observais une œuvre de Canaletto, une impression étrange
s'empara de moi. La perspective de son tableau, comme une fenêtre sur le reste
du monde, éveillait un sentiment de suprématie. Elle évoquait une liberté
infinie. Les nuages, les lignes des monuments, les rayons du soleil, tout
convergeait vers ce point de fuite. Comme aspiré dans le vide, je voulais voir
encore plus loin que l'horizon déterminée par le peintre.
L'eau ,autre élément, où de nombreuses gondoles évoluaient, était d'une réalité
remarquable . Au premier plan, l'aviron du gondolier agitait l'eau de remous,
tandis qu'au second plan, l'eau paraissait lisse, calme, en véritable
miroir aux nuances de vert bleuté. Le balai des gondoles innombrables,
animait le rio. Le Grand Canal vivait. Il vivait de l'histoire de chaque
personnage , dans leur quotidien, et on pouvait même deviner les paroles
qu'ils échangeaient. Même si, comme un moment volé, ils restaient figés sur la
toile, je m'attendais à ce qu'ils bougent à nouveau.
La magie avait réellement opéré, je sentais la présence imposante de
l'église de la Salute derrière moi, les rayons du soleil me réchauffaient et
j'entendais les clapotis de l'eau.
197. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux louvre (24)
Je me promenais en forêt, et de toutes part se dressaient
devant moi des arbres majestueux. Pins, chênes, sapins, ils défiaient le temps,
mourant l’hiver et animé d’une nouvelle vie au printemps. Le jour commençait à
décliner, l’air se teintait de mille coloris enchanteurs, le vent soufflait
tendrement offrant à mes sens avides de sensations, le doux parfum de la
nature. Et, c’est dans cet état de semi-rêve que m’apparut cette vision qui
devait hanter mes pensées et mon âme. Au bout du chemin, éloigné de tout,
entouré de ronces et d’orties, un arbre dépouillé de ses attraits se dessinait
dans la pureté du ciel. Emu par tant de simplicité et de clarté, j’imprégnais
mes yeux et mon cœur de cette beauté sublime, grandiose, qui était la sienne.
Bouleversé jusqu’aux tréfonds de mon être, je rentrais chez moi, conservant
comme un trésor ce cadeau divin.
Seul, devant ma toile vide, je laissais mes mains exprimer mes sentiments. Dans
mon esprit, une image se formait, l’arbre sans parure, trônait au milieu
d’autres morts, sans vie. Il était survolé par une nuée de corbeaux, tandis
qu’au loin se profilait la silhouette imposante d’un rocher. C’est ainsi que
commencèrent de nouveaux rendez-vous avec le divin, avec l’espoir et l’attente
de l’humanité que j’assimilais à cette toile. Et c’est moi tout entier, pas
seulement mes mains qui la composèrent de mille attentions.
Le ciel restait un point clé de mes toiles, ses couleurs chatoyantes devaient
captiver, surprendre, et mettre un peu de féerie dans ses sombres lieux.
C’était comme le regard de dieu, d’une pureté, d’une splendeur que seuls
pouvaient entrevoir les amateurs de la beauté spirituelle. C’est ainsi qu’après
des mois de méditation et de peinture que je pus enfin ressentir mon œuvre
achevée. Ressentir un peu de ce vide qui de moi, passait dans ma toile. Mais
voilà, c’était ce vide qui était sublime, et qui touchait tous les êtres. Cette
beauté sans ornement superflu éclairée par l’esprit divin et la lumière de la
pensée.
Alors s’acheva cette nouvelle aventure. Et en observant avec amour cette
nature, je m’interrogeais sur les multiples sens que les amateurs d’art lui
donnerait. Seraient t-ils tant différents de la beauté parfaite des éléments
naturels, de l’espoir et de la beauté que signifiait cette vie ? Peu
importe après tout ! quelque soit le sens qu’aura mon « arbre aux corbeaux »,
il ne manquera pas de toucher les esprits et les cœurs de tous ceux qui le
regarderont. C’est en cela que la nature est parfaite.
198. Photographie de Constance Griffon du Bellay (10)
J’ai toujours préféré les photographies en noir et blanc à celles en couleur.
Tout d’abord parce-que je trouve que le noir et blanc fait ressortir le charme
de la photo , puis parce-qu’elle suscite une nostalgie. Une atmosphère de
vacances et de relaxation s’en dégage, comme sur les vieilles photos
fanées de nos grands-parents qui nous rappellent un temps où la technologie
n’était pas aussi avancée.
Cette photographie a particulièrement suscité mon attention par les reflets du
soleil sur les boules de pétanque, puis par l’ombre portée sur le sol. En
regardant plus minutieusement, j’ai remarqué le reflet de plusieurs joueurs sur
les boules. Les boules sont un assemblage de deux demi-sphères égales
séparées par un trait creusé tout autour : C’est cette ligne d’assemblage qui
délimite la partie claire et la partie sombre de la boule. Au dernier plan on
remarque le passage d’un cycliste. Cela crée un double contraste entre les
boules et le cycliste, non seulement par la différence de clarté, mais aussi
par l’effet de perspective flagrant :La photo ayant été prise au ras du sol,
les boules apparaissent beaucoup plus grosses et imposantes que le vélo.
Ces objets normalement de petite taille auxquels on ne prête pas
particulièrement attention habituellement , sont largement mis en valeur par la
photographie.
La photographe Constance Griffon du Bellay a su immortaliser quelques uns de
ces petits détails agréables d’une vie paisible dans une photographie prise
sous un angle d’une très grande originalité.
199. Photographie de Jean – Michel Fauquet Fauq 5
Parmi les différentes photographies que j ai eu l occasion
de regarder mon choix été difficile car toutes a leur manière exprimaient la
beauté sous différentes formes.
Mais celle qui a le plus attiré mon regard s ‘
intitule « Au Jour Consumé » Elle m a en effet semblé plus original que les
autres
Son coté mystérieux transparaît à travers une
atmosphère brumeuse ce qui provoque un effet de trouble sur l ensemble de la
photographie. A cause de ce brouillard l arrière- plan de l image est composé d
une échelle de gris créant des formes diffuses
Le seul endroit ou des formes précises apparaissent
est le coté gauche de l image. Trois choses peuvent ce voir plus ou moins
clairement : la rive gauche d un lac, un arbre, et une barque.
Ce qui nous pouvons nommer la rive est une tache un peu plus
foncée que le reste ayant la forme d une plage escarpée cependant ses contours
se perdant dans la brume.
L arbre légèrement courbé occupe toute la largeur de l image. Peut être
est-ce l'hiver, peut être est il mort ?
En tout cas il n a pas de feuilles il domine la tache grise d en bas que l on
suppose être un lac.
La barque est déjà à moitié envahie par l’eau. Elle n'
est définie que par des contours obscurs comme si elle était entrain de
sombrer. Le reste de l’image se perd dans la brume.
Il est intéressant de voir qu un bord noir
entour l’image.
Cet encadré provoque une sensation de nuit et rappelle également le titre
« Au Jour Consumé « en effet on a l impression que le
bord noir va envahir toute la photo comme le feu quand il détruit
peu à peu une pellicule.
Le mystère de cette image apparaît à travers le flou,
le manque de repère exact et précis de l'arrière plan qui contraste avec
l'étrange netteté du premier plan.
Il y a également une distance entre l image et la
personne qui la regarde à cause de la bordure noire, on a l impression de
voir une image qui appartient à une époque indéterminée.
Une image qui a déjà subi le passage du temps cette
idée est contenue dans le titre.
Le fait que l arbre n soit pas de feuilles et que la barque soit à moitié
coulée indique la fuite du temps. Tout semble abandonné consumé figé et la
bordure noire ajoute à cette sensation que le seul mouvement de celle ci
est sa lente destruction. On peut suppose que l auteur a utilisé le noir pour
jouer avec cette lente disparition.
Cependant ce flou et cette fixité amènent
une sorte d' apaisement angoissant.
Au fond tout ce fou rassure mais inquiète également car on ignore ce qui
se cache derrière le brouillard.
Reste-t- il quelque chose de vivant sur cette photo?
200. Vincent Van Gogh 1853-1890 La Méridienne ou La Sieste Orsay 23
C'est l'été; le ciel,
qui n'est troublé par aucun nuages ni oiseaux, est bleu. Il doit faire très
chaud. Deux personnes, un homme et une femme, qui se situent au premier plan,
sont allongées dans le foin, comme s'il s'agissait d'un lit très confortable.
Ils ont sûrement beaucoup travaillé car on aperçoit deux faucilles à coté
d'eux. Ces personnes couchées ont leur visage couvert à l'aide de leur chapeau
pour se protéger de la luminosité intense. Au loin, une femme et un homme
ramènent le foin dans une charrette tirée par un bœuf.
Les couleurs de cette peinture ont très bien été choisies. Le jaune pur permet
de bien imaginer la chaleur de la belle saison. Vincent Van Gogh a donné un
effet d'ondulation par l'intermédiaire de virgules, de petites touches pour
rendre plus réaliste le merveilleux paysage. Il ignore les motifs académiques
pour s'abandonner à "la sincérité du sentiment de la nature".
Les bleus célestes puis durs, épousant le jaune, tissent aussi les couleurs de
l'été méridional, la force du soleil, l'infini du ciel.
Je trouve que la couleur jaune-très bien choisi pour dessiner une certaine
chaleur-dominent trop nettement le tableau et je regrette qu'on ne voit pas
correctement le visage des personnages ( le soleil ne les éclaircie pas
assez);mais les couleurs et les touches nous amènent à croire qu'il a du
mouvement, même pendant l'heure de la sieste.
201. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux(1822) Louvre(24)
Ce tableau, de Caspar-David Friedrich (1774-1840) peintre allemand, présente un
arbre sans feuilles entouré de corbeaux et d’autres débris d’arbres. Le ton
orangé du ciel est une couleur chaude évoquant une certaine chaleur.
Caspar-David Friedrich décrit ici un sentiment de « spleen » mal du siècle, mal
de vivre étant donné que c’est un artiste romantique. Le vert claire de cette
colline est un brin d’espoir parmi ces débris, ce cimetière des arbres, triste
et sinistre. Cet arbre reste isolé du monde car même les corbeaux s’en vont
vers un nouvel horizon. Cette colline (ou ce qui semble l’être) demeure écartée
de toutes formes de vie. Le ton rose-violet à gauche de la colline verte évoque
tout de même le mystère de l’horizon et d’un monde lointain. Le ton bleuté dans
le ciel pourrait évoquer le calme et la tranquillité dans lequel les corbeaux
s’envolent librement. En fait, ici, le titre « l’Arbre aux corbeaux » désigne
cet arbre, que l’on imagine quelques instants auparavant
recouvert de corbeaux.
Mais l’envol de ces corbeaux pourrait signifier la liberté de l’arbre étant
donné que évoquent le malheur, la mort et la tristesse.
Bien que le tableau fasse ressentir la tristesse, il évoque paradoxalement une
certaine douceur due aux couleurs chaudes. Les courbes de l’arbre sont plutôt
brisées ce qui en fait un arbre âge, rempli de sagesse. Par hypothèse, les
corbeaux ont pu s’envoler car l’arbre est mort.
On peut ainsi dire que le tableau de Caspar-David Friedrich est une œuvre
typiquement romantique. Il a surtout réalisé des tableaux représentant des
paysages évoquant ainsi son amour de la nature qui était l’un des thèmes du
mouvement romantique.
202. Uccello la bataille de San Romano italie (23)
C’est une photographie de Erich LESSING.
Elle nous montre la bataille de San Romano vers 1435 peinte par Uccello.
Cette bataille était l’affrontement entre le Royaume de San Romano et une
très ancienne Seigneurie du Nord de l’Italie. Tous les grades de guerriers y
furent impliqués. Des soldats de guerre, des Seigneurs, des Rois et même les
paysans se lancèrent dans la bataille. Ils étaient plusieurs milliers. Ils se
battaient avec de l’élégance ; de belles épées argentées, de très beaux
uniformes et des chevaux comme montures sauf pour ceux qui les avaient
perdus.
Ces deux adversaires étaient rivaux depuis plusieurs décennies. Chaque victoire
d’un des deux groupes servait à montrer à toute l’Italie la puissance de son
camp. Les journaux en parlaient partout. C’était comme gagner le respect de
tous les Royaumes et des Seigneuries de l’Italie, et peut-être même une
reconnaissance mondiale. Tous les guerriers victorieux faisaient la fête
pendant plusieurs jours, alors que les perdants se préparaient pour la prochaine
bataille. Ils préparaient leurs armes : lances, épées, casques boucliers et
armures ; mais il fallait également soigner les animaux récupérables.
Ces différentes batailles avaient lieu à peu près tous les six mois.
Naturellement, plusieurs guerriers mourraient dans ces conflits réguliers. Lors
des affrontements, les guerriers se combattaient en de nombreux tas selon leurs
classes sociales. Ils étaient entourés de flaques de sang et ils piétinaient
les hommes mis à terre. Le nombre de morts était important, mais seul les
victorieux intéressaient les journaux et les médias.
Ces batailles entre les rivaux du Royaume de San Romano et la Seigneurie du
Nord de l’Italie durèrent jusqu’en 1642 ; plus de 200 ans, car c’était une des
premières batailles de ces deux camps ; malgré une très ancienne rivalité.
D’après les connaissances de Uccello, plus de victoires furent remportées par
la Seigneurie du Nord de l’Italie grâce à leur ancienneté disait Uccello.
Ce tableau montrait une des rares victoires du Royaume de San Romano.
203. Jean François Millet : L ‘ Angélus. orsay 13
Ce fut il y a quelques temps déjà, alors que je
visitais Paris, que je fis halte avec ma famille au musée d’Orsay. Mon regard
fut attiré par un tableau de Jean
François Millet : L ‘ Angélus.
Tout de suite, ce tableau a attiré mon regard, d’abord à cause de son nom,
L’Angélus, cette prière qui rythme la vie rurale deux fois par jour au
son des cloches qui avertissent les paysans. Et ce son de cloche qui si souvent
dans mon enfance a retenti dans mon village et qui avait un sens mystérieux
pour moi jusqu’au jour ou l’on m’expliqua en quoi c’était utile ce beau son qui
la vie chez mes grand parents.
Je décidai alors de prendre en photos cette œuvre afin ensuite de l’accrocher
au dessus de mon bureau.
Je me senti tout d’abord attiré par les champs qui s’étendaient a perte de vue.
Et tendis que je travaillais 0 mon bureau a l’heure de l’Angélus, je me voyais
m’ amusé dans les champs avec mes amis à contempler la magnifique Eglise que
l’on apercevait à l’horizon.
Mais les années passants, le son des cloches commença un peu à s’estomper au
profit de la solennité de cette œuvre, qui montre un couple qui se retrouve
dans l’immobilité qui accompagne l’Angélus. La femme a posé son panier, l’homme
a abandonné sa brouette et a planté sa fourche. L’immensité du paysage
crépusculaire et grand ciel mélancolique ajoutent je trouve un côté romantique.
Pour ma part, je trouve que la majesté de cette œuvre révèle les qualité de
dessinateur de Millet, qui, s’alliant a une gamme de couleurs brillantes, forme
une œuvre ou un profond sentiment de recueillement transparaît.
204. Vincent Van Gogh 1853-1890 La Méridienne ou La Sieste Orsay 23
Cela doit être l’été car le ciel est bleu, il semble faire
chaud. Au premier plan il y a deux personnages qui se reposent dans le foin,
ils ont dû travailler dur car on voit les faucilles à côté d’eux, il y a un
homme et une femme. A l’arrière plan on aperçoit une charrette tirée par un
bœuf pour ramener le foin.
Dans ce tableau il n’y a que deux couleurs en majorité: le jaune, qui
prend une grande place, représente le foin, l’été, la chaleur ; le bleu
représente le ciel. Pour peindre ce ciel Van Gogh a dû prendre son pinceau et
faire du pointillisme, pour le foin il a fait des petites virgules, sûrement
pour représenter des brindilles. Dans beaucoup de ses tableaux on remarque
cette touche si caractéristique du peintre. Cette manière de peindre et les
couleurs choisies donne un certain mouvement au tableau, bien que ça soit la
sieste, il rend le tableau vivant.
Ce qui m’a plus dans cette toile, ce sont les personnages qui se reposent, ça
m’a fait penser aux vacances, on travaille et après on se repose : «
après l’effort, le réconfort ». Van Gogh a réussi avec seulement deux couleurs
à faire un chef d’œuvre. J’aime beaucoup la façon de peindre de Van Gogh, par
petites touches pour le rendre plus réaliste, comme si il voulait qu’on se
mette à la place des personnages.
205. Jean-Baptiste Siméon Chardin Un chimiste dans son laboratoire Louvre 19
Nous étions en 1735, l’année de mes quarante ans .Je me
lassais de mon travail de menuisier. Je rêvais d’autres choses, d’un autre
métier, plus passionnant, et j’avais mon idée : Chimiste !
Ce métier m’intéressait, me fascinait .Quelles méthodes
employait-il ? Avec quoi travaillait-il ? Je voulais faire comme eux ;
découvrir de moi même ces phénomènes que peu de personnes comprennent,
travailler à leurs façons, dans un vrai laboratoire, être connu, reconnu de
tous et surtout quitter ma vie difficile de menuisier .Mais il me fallait un
modèle ;un tableau !!Je me suis alors mis à chercher un portrait de chimiste en
plein travail, dans son laboratoire .Il fallait un événement pour que je puisse
me lancer vers cette nouvelle vocation.
Un jour, alors que je commençais à désespérer de ne
jamais en trouver un, je suis tombé sur ce tableau : »Un chimiste dans son
laboratoire » dans lequel j’ai eu l’impression de me voir .Je me trouvais dans
la maison de Chardin, jeune peintre français, où étaient exposées ses dernières
œuvres .Ce tableau était le dernier peint par Chardin, il avait tout juste un
an .Il était grand et large et on pouvait y voir non-seulement le chimiste en
plein travail, mais aussi son laboratoire :tout ce que cherchais !Je pus enfin
me faire une idée de ce métier que j’avais toujours rêvé de faut se mais que je
n’ai pu exercer faute d’argent .Ce chimiste était bien habillé, consultait un
très bel ouvrage, se tenait « attablé » à son bureau et semblait passionné par
son travail .Ce tableau a été réalisé à l’huile c’est pour cela que les détails
ressortaient :sa plume trempait dans l’encre preuve qu’il avait récemment écrit
.Peut-être une nouvelle découverte ?Derrière lui je voyais des réci
pients, des rouleaux de papier ; ses instruments, tout ce que je voulais
voir ! Je ressortis de cette galerie en ne pensant qu’a une chose :me fabriquer
mon laboratoire à moi, pour faire mes découvertes et m’habiller à la façon d’un
grand chimiste pour être reconnu dans la rue.
Pas loin d’ici, je savais qu’il y avait une échoppe de
vêtements assez bourgeois .Je m’y rendis. A mon grand bonheur je vis en
présentoir le même chapeau que dans le tableau. Le chapeau du chimiste idéal
!Hélas, en voyant le prix, j’ai vite déchanté !Après un calcul rapide, je
conclu qu’il me fallait un an de salaire de menuisier pour me le payer !Un an
de travail rien que pour ce chapeau !Ce que je croyais voir comme une réalité
repartit vite en fumée. Un an me disais-je, un an sans manger, un an sans
pouvoir nourrir ma famille. Ce n’était pas possible.
En une demi-journée, je suis passé du grand chimiste
reconnu de tous au petit menuisier oublié dans son atelier. Pourtant en
regardant ce tableau, je me voyais comme dans un miroir, mon visage à la place
du sien, je me croyais faire des découvertes !Mais non !Je resterai sans doute
toute ma vie menuisier à rêver d’un autre métier… !
206. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux(1822) Louvre(24)
Alors que le professeur de français de mon lycée avait
entendu parler de ce concours, il nous emmena à la salle informatique du lycée
pour y participer. Je me suis facilement inscrit et alors que je pensais à mes
problèmes, je suis tombé sur ce tableau. Il m’a étonnamment surpris car si je
savais dessiner et que j’avais un pinceau sous la main, j’aurais certainement
peint le même tableau.
J’ai vu ce tableau en fin de trimestre et j’étais abattu car je me rendais
compte que j’avais chuté d’assez haut dans certaines matières alors, j’avais le
moral bas en pensant à toutes les scènes et les reproches que ma famille allait
me faire. A ce moment là je me sentais comme cet arbre, mes camarades étaient
comme ces corbeaux qui vivent pendant un moment avec l’arbre mais qui lorsque
les temps difficiles s’approchent, partent vers un horizon nouveau et laisse
l’arbre là, seul, au milieu d’une immense nature.
Ensuite, j’ai remarqué le ciel, ce magnifique ciel qui illumine la toile par sa
lumière. Etant dans une série scientifique, je me suis rappelé que c’est
la lumière qui ^permet aux plantes et notamment à cet arbre de continuer à
vivre. C’est là où je me suis rendu compte que je me trompais car je croyais
cet arbre mort alors que je venais de remarquer, sur ses branches, de jeunes
feuilles comme s’il venait de renaître. Alors, j’ai cherché la biographie du
peintre pour trouver d’où lui venait cette inspiration qui convenait tellement
avec ma personnalité et j’ai remarqué qu’il avait vécu dans sa jeunesse le même
événement que moi. Un évènement qui crée un vide terrible dans mon cœur mais
qui était multiplié chez David car moi le décès de ma mère m’a beaucoup
perturbé mais , en plus de sa maman, il avait aussi perdu ses sœurs et son
frère. Après avoir découvert cela, j’ai compris que son esprit, ébranlé par ses
évènements, cherchait, après avoir frôlé la mort à renaître et ne
s’accrochait plus qu’à un fil : cette douce lumière qui représente la
beauté de la vie et qui est plus forte que ces branches mortes, dans l’ombre au
bas de l’arbre qui représentent la vilaine mort qui est là et qui attend
l’opportunité de nous saisir pour nous enlever à ceux qui nous aime.
Lorsque j’ai compris cela, j’ai sondé ma vie, fait le point et me suis demandé
: « Qu’est ce que je fais là ? Comment suis-je arriver là ? Comment puis-je
faire pour, comme cet arbre, me rattraper et « renaître » avec de nouvelles
bases ? » J’en ai déduit qu’il fallait que je persévère et que je fasse tout
pour résister aux temps rudes, en levant les yeux, de temps à autre, vers la
lumière.
207. Xavier Mellery, Chute des dernières feuilles d’automne mellery_automne
Pendant les dernières vacances d’été, avec ma famille, nous nous
sommes rendus en Belgique, plus précisément à Bruxelles. Après avoir contemplé
le très célèbre Parlement Européen ainsi que le siège de l’OTAN, nous avons
visité la cathédrale Saint Michel, fameux monument gothique. Enfin, nous avons
découvert quelques uns des nombreux musées se situant dans la capitale. Nous
sommes allés, entre autres, aux Musées royaux des Beaux-Arts, site
incontournable dans la découverte de Bruxelles. Je me promenais dans les
allées, regardant attentivement les tableaux et les sculptures. Tous
constituaient à mes yeux de véritables et magnifiques œuvres d’art. Cependant,
une seule attira vraiment mon attention. Il s’agissait d’un tableau de Xavier
Mellery, peintre d’allégories symboliste belge, La chute des dernières feuilles
d’automne. Cette peinture m’a parue différente de toutes les autres : elle mêle
bonheur et tristesse, vie et mort, lumière et obscurité. U
ne pure merveille !
Cette œuvre représente des feuilles tombant d’un arbre en automne.
Au premier plan, nous pouvons apercevoir ces feuilles, elles sont au nombre de
trois. En réalité, il ne s’agit pas de véritables feuilles, mais de femmes
représentées sous cette forme. Nous sommes ainsi en présence d’une
personnification. Celle-ci se manifeste, de la part du peintre, par la manière
dont sont peintes les robes portées par les femmes. En effet, ces vêtements
présentent des nervures identiques à celles présentent sur les feuilles. De
plus, elles sont plutôt froissées et très sombres puisqu’elles arborent une
couleur allant du gris au marron_rouge très foncé, presque noir. Tout cela est
également caractéristique d’une feuille en fin d’automne. Les trois «
personnages » constituent l’élément essentiel de l’œuvre, c’est pour cela
qu’ils sont représentés au premier plan. Toutefois, les autres « objets »
présents ont aussi de l’importance. Au second plan, nous pouvons distinguer la
présence d’une b
ranche d’arbre. Son rôle est capital puisqu’elle permet la compréhension
de l’image. En effet, comme nous l’indique le titre de l’œuvre, les
feuilles d’automne tombent, il était donc nécessaire, pour que cela soit
compréhensible pour les observateurs potentiels du tableau, que le peintre
introduise un arbre ou au moins une branche d’arbre. Nous notons également la
présence d’une forêt, cela nous permet de bien nous situer dans le lieu où
l’œuvre a été constituée, c'est-à-dire dans les bois, au milieu d’une multitude
d’arbres. Ceci n’est pas un détail, cela met en évidence que ce que cherche à
montrer le peintre n’est pas spécifique à un seul et unique arbre, mais qu’il
en est de même pour beaucoup d’autres. Il s’agit donc d’une vérité universelle.
Enfin, il y a une grande toile d’araignée placée au milieu du tableau, juste
derrière les trois femmes. Pour finir, le troisième plan n’est composé que par
le fond du tableau. Ce fond est monochrome, il est d’une couleur un peu be
ige. Il contribue à mettre une touche de lumière dans le tableau, il
s’agit de la seule source de lumière observable. Cela contraste assez
fortement avec la couleur très sombre de tous les autres éléments de
l’œuvre. Ce choix de couleur pour le fond permet la mise en valeur du reste du
tableau, de le faire ressortir. Le peintre a choisi de nous présenter son œuvre
de face, de manière à ce que l’on puisse en distinguer nettement les différents
éléments la constituant.
J’admire beaucoup cette œuvre. Il y a de nombreuse raison à cela.
Pour les mettre en évidence, je vais vous décrire les sentiments que j’ai
ressentis en apercevant ce tableau pour la première fois et surtout la manière
dont je l’ai interprété. Il ne s’agit cependant que d’une interprétation
personnelle. A mes yeux, il y a tout d’abord un contraste dominant
et dirigeant le tableau : la vie s’oppose à la mort ! En effet, les feuilles tombent
de l’arbre, nous pouvons en déduire qu’il s’agit d’une représentation de la fin
de l’automne, presque du début de l’hiver. C’est pour cela que je pense que
l’œuvre exprime la mort, mort de la végétation dans la froideur de l’automne.
Cela peut également expliquer le fait que le peintre n’a pas mis de lumière
dans les éléments constituant le tableau .Grâce à la personnification,
j’ai pu conclure que nos vies sont en fait comparées a celle de feuilles. Cela
met en valeur notre fragilité. J’ai beaucoup apprécié cela car le peintre nous
ouvre les yeux sur la réalité de nos vies. C'est-à-dire que nous sommes
fait pour mourir .Nous sommes aussi petits et fragiles dans l’univers que des
feuilles sur la Terre. Le peintre nous entraîne ainsi dans des réflexions
métaphysiques à travers sa peinture. Il nous amène donc à réfléchir sur la
réalité présente, je n’avais jamais ressenti une telle impression auparavant en
regardant un tableau et j’ai trouvé cela extrêmement intéressant d’avoir la
possibilité de réfléchir sur ma vie a travers une image. Tout cela est accentué
par le fait qu’une des femmes se raccroche à la toile d’araignée avec sa
main droite .La toile d’araignée représente selon moi, par sa forme, le
tourbillon de la vie. Cette femme se raccroche donc à la vie, mais cela est
inutile. Une toile d’araignée est fragile, les fils vont casser ; c'est-à-dire
que sa vie va se « rompre ». Nous avons là encore une image de la fragilité de
nos vies. La troisième femme est au dessus des deux autres. Elle est encor
e attachée à l’arbre par l’un de ses doigts. Son regard fixe
attentivement les deux autres femmes, ce qui l’attend. Il s’agit là encore
d’une image illustrant le fait que la mort concerne tout le monde. Nous avons
donc une image de la mort, mais elle n’est pas excessivement brutale puisque le
peintre l’adoucit en représentant la notion d’entraide dans la mort. Nous
pouvons voir cela puisque deux des trois femmes se tiennent dans leurs bras.
Cela met en évidence un soutient moral et physique dans la mort. Le peintre nous
amène encore une fois à réfléchir puisqu’il représente l’entraide entre les
hommes dans le besoin. Cela a énormément d’importance pour moi car ce fait est
de plus en plus absent dans nos vies actuelles. En effet, les hommes sont de
plus en plus égoïstes et ne viennent pas toujours spontanément au secours des
plus faibles. Ce fait me semble essentiel à améliorer. J’ai beaucoup apprécié
d’être entraînée à réfléchir sur ma conduite dans ma vie de tous les jours.
Je trouve cela remarquable et je considère le peintre plutôt courageux
d’oser exprimer de telles opinions, certes indirectement, mais cependant d’une
manière nette et précise. Ce qui m’a donc le plus plu dans cette œuvre est
d’avoir l’opportunité de réfléchir sur mes habitudes et ainsi de me remettre en
question. Peut-être que si une majorité d’hommes s’interrogeaient en regardant
des peintures comme celle-ci, le monde serait meilleur et plus juste !
208. Caspar-David Friedrich L’Arbre aux corbeaux (1822) Louvre (24)
Le soleil commence à se coucher, c’est le moment idéal. Je
m’installe à une distance certaine afin de rassembler sur ma toile tous les
éléments de ce magnifique paysage. Au centre de tout, un arbre. Un arbre mort,
s’imposant par son envergure au dessus de multiples souches et brindilles. Il
prend racine dans un tumulus qui, d’après mes connaissances, date de l’époque
des Huns. De là où je me suis installé, il est formé par des branches épaisses
et fragiles, telles des bras énormes asséchés par le temps et ses caprices. Les
multiples mains de ces bras tiennent une feuille par-ci, une autre feuille par
là, caractérisant une idée de la mort. Sa couleur me paraît très sombre mais
lorsque je me déplace, il prend tout de suite une couleurs orangée dédiée au
soleil, et rendant ainsi à cet arbre, toute sa splendeur !
Ce tableau, je tiens à le réussir de la plus belle manière possible ! Je
désirerais obtenir sur ma toile, un paysage qui caractérise parfaitement la
mort. Mais ce paysage est incomplet. Je cherche donc l’élément manquant pendant
que je commence mon travail. Tout à coup, j’entend un bruit qui perce le
silence, un bruit d’oiseau. Je me redresse et voit arriver du lointain, une
volée de corbeaux, formant des taches noires dans le ciel magnifique du
crépuscule. Voici donc mon élément ! Enfin ! Certains commencent à former un
cercle autour de l’arbre, d’autres se posent sur une branche, faisant tomber
quelques fois une feuille. Quel paysage, un arbre mort, un tumulus renfermant la
sépulture du héros du peuple Huns, des corbeaux, j’ai ici, tout ce dont j’ai
besoin pour bien réussir ma toile. Néanmoins je vais y ajouter une touche
d’espoir, en rendant le lointain, baigné de lumière, comme un symbole de la vie
éternelle, tout comme la présence de ce belle cité d’Arkona, et les falais
es crayeuses de Rügen, me rappelant ma tendre enfance. Il faut conserver
en soi cette pureté d’enfant car une véritable œuvre d’art ne peut sortir que
d’une âme pure. Cette toile va donc exprimer la quintessence de ce qui
symbolise la vie et la mort en opposition, la mort étant dans ce magnifique
spectacle, supérieure à la vie. Voilà ce qu’au font de moi j’espérais ! Je fixe
le paysage de manière très attentionnée, et le replace sur ma toile. Etant resté
longtemps ébahis par la splendeur de ce que j’ai devant les yeux, je ne peux
travailler suffisamment longtemps à cause du soleil qui se couche. Je décide de
rentrer alors. Après avoir rangé mon matériel et avoir pris la direction de ma
demeure, je vois toujours cet arbre devant moi, et les corbeaux qui tournent
autour, je me vois hypnotisé par la beauté de ce paysage. La nuit, j’en rêve et
le matin, je suis impatient de pourvoir de nouveau le contempler et de le
peindre.
Finalement, le soir arrive, et je m’en vais continuer mon œuvre. Une fois
installé, je regarde devant moi, longtemps. Ce n’est seulement que quelques
minutes plus tard que les corbeaux arrivent. J’ai remarqué qu’il sont moins
nombreux que le jour précédent, tout comme le nombre de feuilles sur les
branches, mais qu’importe ! Le paysage est comme une personne à qui j’aurais
demandé de poser : il est très expressif. Cependant, il subsiste une grande
différence, c’est que le personnage, on peut le commander, alors que la nature,
on ne peut pas. Pour avoir une œuvre parfaite, il faut aimer la nature et
accepter le fait qu’on ne puisse la diriger. De toute manière, même si la
nature se rebelle, le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il a en face
de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui. Aucune œuvre n’est le fruit d’une
retranscription d’image, il y a toujours une part de soi. Deux artistes
peindraient le même paysage mais leur œuvres ne seraient pas pareilles. Après
cett
e réflexion, je reviens sur mon œuvre et la continue. Chaque soir à la
même heure je reviens à cet endroit. Toujours le même spectacle à contempler, à
admirer les mêmes éléments. Toujours la présence de ces corbeaux et de ce
soleil couchant. Toujours la même ville au loin et les mêmes sentiments que le
jour précédent. Toujours pareil jusqu’au moment où l’œuvre s’achève.
Elle est magnifique ! En la regardant, j’ai les mêmes sentiment que sur le
terrain, les mêmes émotions ! De temps à autre, il m’arrive de retourner voir
cet arbre. Plus les jours passent, plus il se voit dépourvu de ses feuilles.
Les corbeaux quant à eux sont toujours présents. Il sont associés à cet arbre.
Cette œuvre n’est pas une simple représentation d’un paysage, et je tiens à ce
qu’on l’interprète comme une réflexion sur la mort, qui domine ici. Elle sera
montrée au grand public.
Honnêtement, pour moi, cette œuvre aura été plus qu’un simple tableau, elle
m’aurais aussi montré la beauté de la nature, même quand elle caractérise la
mort. Je me souviendrais de cet arbre jusqu’à la fin de mes jours, je me souviendrais
de ces corbeaux, de ce ciel et de ce soleil. Comment oublier un tel paysage, si
expressif, si magnifique et sinistre à la fois ? Comment ?! A chaque fois que
je vois un corbeau près de ma fenêtre, ou un arbre dépouillé dans une cour, je
revois immédiatement ce paysage magnifique ! C’est une scène reposante qui nous
inspire la paix par la mort. Je me sens reposé donc, chaque fois que je me rend
en ce lieu, presque à chaque crépuscule. Quelques fois, le vent souffle et le
bruit des branches qui se frôlent entre elles, me berce. Cela montre
l’expression du calme. C’est cela même ! Cette scène est la représentation même
du repos, de la mort. L’arbre aux corbeaux est synonyme de repos éternel.
209. Jacques-Louis David Marat assassiné Louvre(17)
Samedi dernier, dans la soirée, nous sommes allés dîner chez
un ami de mon père, M.Richter. On nous installa dans un très beau salon puis on
nous apporta des amuse-gueule pendant que M.Richter et mon père conversaient.
Quelques minutes plus tard, M.Richter nous proposa de passer à table ; bonne
fille éduqué que je suis, je demandai à ce que l’on me conduise aux toilettes
afin de me laver les mains. Et c’est en me dirigeant vers ce couloir que je
tombée en extase devant la reproduction d’un tableau assez particulier portant
le titre de : « Marat assassiné » de Jean-Louis David, exposé au musée du
Louvre.
En effet au lycée, notre professeur d’histoire nous avait évoqué le personnage
de Marat dans l’histoire de la révolution française. Après m’être aperçu qu’il
s’agissait de la peinture de Marat assassiné, en regardant la
petite indication au bas du tableau, mon attention a été tout de suite
captivée. Ainsi, je me mis à la découvrir petit à petit de façon détaillé,
c’est à dire élément par élément.
Le titre du tableau « Marat assassiné » ne semble pas cadrer avec la réalité
qui s’y trouve présentée. En effet, l’homme n’est pas peint comme si on voulait
restituer le théâtre du crime, mais disposé comme doit-être celui devant qui il
convient de s’incliner. Les indices de l’assassinat, tels que le couteau au
manche rougi, la blessure fatale au thorax, l’eau dans le bain …, sont plongés
dans l’obscurité ; la lumière met en évidence la tête inclinée de Marat et ses
bras, puis son matériel de travail. Aucun indice ne permet de déceler un
quelconque signe de violence, rien dans les accessoires n’indique un effort de
résistance aux coups portés : pas d’eau renversée, en tout est en ordre De
plus, le visage de Marat sur lequel se dessinent ses yeux mis-clos et sa bouche
entrouverte, n’exprime aucune douleur.
En un mot, Marat n’est pas affalé dans quelque sanglant désordre destiné à
susciter colère ou pitié, mais semble se reposer.
L’image de Marat présente un corps sain, musclé et en bon état. Il paraît
presque immaculé cependant avec pour seul marque la cicatrice provoquée par le
coup de poignard porté sur la clavicule. L’ œuvre est brossé de telle manière
que le personnage lisse et fortement modelé par l’éclairage, s’enlève sur un
fond obscurci pour qu’éclate toute la blancheur du turban. Ainsi nimbé de ce
linge ajoutant aux sentiments du visage, il rappelle une mise au tombeau. Et le
drap le long duquel pend le bras se transforme en suaire.
Erigée de la sorte, le scène se dispose à rester gravée dans ma mémoire. Mais
pourquoi ce souci ?
Le décor pourtant réduit au minimum, sont fermement établi avec une baignoire
et une caisse ; on constate même que la plupart des lignes sont horizontales.
Cependant, ces accessoire conservent au tableau une fonction de propagande, de
« publiciste ». D’une part, la plume à encre située prés de l’encrier, est à la
verticale de l’autre plume que Marat tient au main. D’autre part, au niveau de
la main droite, l’opposition entre la plume ( arme intellectuelle) et le
couteau ( arme blanche) énonce la vérité : Marat était un martyr de la
révolution. Il est mort pour une cause souvent juste pour ses droits. De plus,
c’est quelqu’un qui pour avoir donné sa vie, gagne du public un certain respect
et une certaine reconnaissance.
La position de Marat, la tête inclinée et les bras pendants s’apparentent à la
mort du Christ. La plaie sous la clavicule est un élément qui fait penser à la
scène du Christ après la crucification. Marat et le Christ sont deux martyrs
dont la mort constitue un sacrifice nécessaire pour le salut de l’humanité.
L’image ne suscite en moi ni pitié ni révolte mais plutôt une considération
envers le personnage mais surtout envers le peintre : au lieu de réaliser une
peinture qui met l’accent sur le caractère ignoble du crime, a réalisé une
peinture qui donne une « une grande dimension » à Marat.
210. Eugène Delacroix Jeune orpheline au cimetière Louvre (4)
Il devait s’être
écoulé sept heures depuis notre départ de Paris. Géricault, qui devait
m’accompagner jusqu’à Marseille, me fit savoir qu’il avait faim et que les
secousses du vieux carrosse que nous avions loué place du Trocadéro
commençaient par l’agacer. Nous descendîmes donc à la première auberge qui se
présenta pour nous restaurer.
Repus, il nous parut préférable de ne reprendre la route que le lendemain à
cause du soleil du sud qui nous assommait littéralement. Mon ami partit faire
une sieste et je décidai d’aller seul en promenade, comme il me plaisait tant.
Dans ce pays, non loin des terres où j’avais passé mon enfance, je me sentais
bien. Les couleurs, les bruits, la chaleur, tout en cette campagne me rappelait
mes années d’innocence.
Je passais près d’un petit cimetière comme celui où devaient reposer mes
parents, quand j’entendis des sanglots qui m’intriguèrent. Là, en haut d’une
petite colline, se tenait une jeune fille, les yeux brillants de larmes. Son
doux regard était tourné vers une tombe de granit. L’expression qui marquait
son visage me rappelait mon propre désespoir à la mort de ma mère. Je décidai
d’aller lui parler. Sans jamais détacher les yeux de la pierre, elle me conta
son malheur. Son père était mort en Russie dans la grande campagne de Napoléon.
Sa mère, atteinte d’un mal peu connu, venait de décéder faute de soins. Puis
elle se tut. Ne sachant quoi dire et épris d’un vif sentiment de compassion, je
pris une feuille vierge pliée dans ma poche et un fusain pour dessiner cette
expression de désespoir que je connaissais bien.
Quand la nuit fut venue, nous étions encore assis tous deux dans l’herbe sèche
et jaune du midi. Elle fit un geste pour se lever. C’est à ce moment-là que je
lui proposai de venir avec moi à l’auberge où nous attendait Géricault, dans le
but de finir mes croquis d’elle le lendemain avant de repartir.