Concours "des mots pour voir"
session 2004
Textes en français langue maternelle catégorie B ( plus de 16 ans et demi) SERIE 2 /2
Textes reçus après le 11/ 3 / 2004 De
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461. Degas L'absinthe orsay 14
Sur la rue des Batignolles se trouvait un café:le café
Gerbois.Là se trouvait une femme assise,les bras ballants.Elle semblait abattue
et n'osait pas regarder devant elle.Cette jeune femme s'appelait Jeanne.Ce
jour-là,elle portait une longue jupe noire,un chemisier en dentelle,elle avait
les cheveux attachés d'où quelques mèches châtain s'échappait;pour finir elle
portait un chapeau en tissus où il y avait des fleurs ne recouvrant que le haut
de sa tete.
Le café était joliment décoré.C'était une vaste pièce avec de longs miroirs
tout en largeur collés aux murs.Les bancs étaient faits en bois lisses.Enfin il
y avait des rideaux blancs fleuris.L'accueil était chaleureux mais Jeanne ne
voulait pas regarder les regards probablement tournés vers elle,des regards
certainement plein de pitié.A Côté d'elle sur la table était servie dans une
bouteille d'alcool,elle s'en était servie dans un verre,son alcool préféré
l'absinthe.C'était un alcool joli à regarder d'une couleur verte.Aujourd'hui le
café n'était pas aussi rempli que d'habitude,il y avait de ça,delà quelques
hommes et quelques couples;puis au fond à la droite de Jeanne,un groupe animé
d'hommes qui critiquaient l'école des Beaux-arts.Excepté les murmures des voix
et le bruit des verres,le café était assez calme.Malgré tous les efforts que
Jeanne faisait,elle n'arrivait pas à oublier l'affreuse scène de tout à
l'heure.Cet après-midi Jeanne était venue prendre un verre au café a
vec son mari.Elle n'était pas d'accord pour aller au café mais à cause de
la brutalité de son mari elle avait été obligé de le suivre.Son mari,George
était assez gros,il portait un costume noirs,une chemise blanche,il était
barbu avec des cheveux longs noirs et gras.Dans cet accoutrement,il paraissait
vraiment négligé.George avait un nez rouge et portait un chapeau.George était
entré dans le café avec sa femme,il avait choisi une place près de la fenêtre
d'entrée,il avait choisi l'endroit où ils étaient le plus exposé au
monde.Ensuite George commanda de l'absinthe pour sa femme et lui.Au début tout
paraissait bien se passer,mais,Jeanne avait pris l'habitude de se méfier des
changements d'humeurs de son mari;son mari avait bu beaucoup d'alcool.
George se leva tout d'un coup avec raideur,ensuite il se dirigea vers le centre
de la pièce et fit un véritable scandale.En titubant il accusa la France de lui
avoir fait perdre son frère.George avait perdu son frère lors de la guerre de
1871 opposant la France et l'Allemagne.Son frère avait péri,tué par une
balle.Cette guerre avait fait beaucoup de morts et pour rien car au final
l'Allemagne avait gagné l'Alsace-Lorraine au détriment de la France.ENSUITE
George renversa des tables,des chaises et des verres.IL ne se contrôlait
plus.Pour finir,il accusa la société de lui avoir fait perdre toute sa
fortune.En effet lors de la révolution industrielle,ily a dix ans,il avait
réussi à s'enrichir,c'était un riche banquier et à un moment il avait travaillé
à la société générale.George avait eu des actions dans une dans une mine de
charbons en bourse.Mais quand les cours de la bourse se sont effondrés,il a
tout perdu.Ruiné,il avait dû hypothéqué sa maison.Accompagné de sa femme il éta
it parti vivre chez ses beaux-parents.Une fois qu'il eut fini cette
scène,George retourna s'asseoir tout naturellement à côté de sa femme et fuma
sa pipe comme si rien ne s'était passé.Le bras sur la table il regardait la
fenêtre,comme pour éviter le regard plein de rage qu'aurait pu lui lancr sa
femme;Or Jeanne était absorbé par ses pensées.Elle voulait se cacher,disparaître
six pieds sous terres.Son mari comme pour l'humilier d'avantage était venu se
rasseoir àco^té d'elle;Puis elle eut honte de cette pensée car au fond son mari
avait toujours été bon pour elle,c'était juste les derniers évènements qui
l'avait changé.
Jeanne était toujours assise près de son mari qui était entrain de fumer sa
pipe et de regarder la fenêtre.Elle,le regard toujours vers le sol,ne voulait
pas lever ses paupières comme si elle portait sur son dos tout le poids du
monde,comme si tout ce qui lui était arrivé était dû^à la fatalité.Alors que
Jeanne restait immobile sur la banc,elle entendit un des hommes du groupe
parler à un de ses amis et lui dire:
"-Tu vois ce couple assis sur le banc.J'aimerais bien les peindre,
Edouard.Ce qui m'intéresse maintenant c'est de peindre des scènes de la vie.
-Et comment appellerais-tu ce tableau? dit un autre homme nommé Claude.
-Je crois que je l'intitulerais l'absinthe."
462. Les Travailleurs de la mer : Dans la brume HUGO7
Avant ta mort,on ne cessait de parler des bateaux et de la mer toi et
moi.je sais que c'était ton plus grand rêve
de te sentir flotter sur les eaux au gré du vent ou bien même de voir une
tempête,une vraie.les éléments qui se déchaînent et qui engloutissent avec eux
tous les passagers.bien sûr que tu n'aurais pas voulu que se soit réel mais
moi,est-ce un hasard,j'ai assisté à ta tempête et je l'ai dessinée.Pour toi,ma
fille.
non ,ce n'est sûrement pas un hasard car je suis parti sur la côte quand on
annonçait le temps mauvais.j'ai loué une petite maison,toute bleue,juste sur le
bord de la plage,et quand on ouvrait la porte-fenêtre,les pieds se perdaient
dans le sable.j'étais seul .seul,et il me semblait que ma vie entière ferait
ton deuil.
tous les jours qui passaient,et il furent nombreux,je les passaient assis sur
un rocher,un gros et haut rocher et je savais que ainsi je dominais l'onde
toute entière.je sentais chaque fois un peu plus le vent qui se
refroidissait,le ciel qui grisonnait et les marins qui abandonnait un à un la pêche.ces
travailleurs de la mer..
j'ai eu peur en cet instant.peur du monde, peur pour moi et peur pour
ces hommes qui allaient probablement mourir.
le bateau n'était qu'une forme noire mais on distinguait encore le mât et les
voiles qui commençait à chavirer.
mais malgré tout je souriais en dessinant cela.je souriais en regardant la mort
mais j'étais heureux car je te sentais prés de moi,juste contre mon
épaule.c'était bien ta tempête et je n'ai pensé qu'à toi en la peignant.à
travers chaque esquisse j'imaginais ton visage fasciné et tes yeux plissés et
tes traits tirés par la peur.
j'ai voulu faire ce bateau tout noir parce qu'il ne reflétait que la
tristesse,l'effondrement,la mort.autant de sentiments qu'on à envie de peindre
de sombre.il me semblait pendant un instant que j'enterrais mon chagrin avec ce
naufrage.
j'ai réalisé ton désir inexaucé et je me suis libéré.
463. Chardin L’enfant au toton louvre (22)
Mes parents connaissaient très bien la famille Chardin. Nous allions très
souvent leur rendre visite car ils étaient de très bons amis de la famille. Les
adultes aimaient beaucoup discuter entre eux et parfois je m’asseyais près
d’eux et j’écoutais leurs conversations, sans pour autant comprendre un traître
mot, mais cela m’amusait quand même. Je remarquais que Jean-Baptiste était
perpétuellement plongé dans ses pensées et qu’ il ne prêtait attention
qu’aux choses qui l’intéressaient. Il aimait beaucoup développer les idées qui
lui tenaient à cœur, en particulier la peinture qui, il faut bien l’avouer, est
sa passion et sa vie, et tout le monde l’avait depuis bien longtemps
compris puisqu’ il était devenu un des plus grands peintres de cette époque.
Nous avions cette chance de le connaître, diront certains, pas pour tout le
monde je pense, vous comprendrez pourquoi. C’était aussi un homme très
observateur, d’ailleurs moi aussi puisque je l’avais remarqué. Je vaquais
souvent
à mon activité favorite, le jeu des totons, puisqu’il n’y avait que ça à
faire dans cette grande demeure. Il n’y avait ni enfant de mon âge avec qui
m’amuser, ni encore moins d’occupation pour enfants. Je préférais m’agenouiller
et « totonner » comme disaient si bien les grands d’un air moqueur mais tendre.
Je remarquai, à plusieurs reprises, que Jean-Baptiste m’observait, tantôt d’un
air attendri tantôt d’un regard sombre et travailleur. Il disait à ses invités
ou visiteurs qu’il s’inspirait très souvent de l’intimité paisible d’intérieurs
bourgeois, que ses tableaux saisissaient les gestes de la vie domestique ou
encore des charmantes scènes de l’enfance pour peindre ses toiles. C’est pour
cela qu’il aimait tant observer les gens qui l’intriguaient plus
particulièrement ou plutôt il aimait les emprisonner dans monde étroit et
irréel. Vous comprendrez encore une fois…
Jean-Baptiste faisait souvent visiter sa pièce favorite, hérissée par des
tableaux plus spectaculaires les uns que les autres et qui inspiraient, chacun
à leur tour, apaisement et compassion. Les invités contemplaient l’une après
l’autre, avec admiration et volupté chacune des œuvres du maître peintre dont
les princes les plus illustres de l’époque se disputaient les compositions. Il
restait encore de la place sur les murs comme si d’autres tableaux étaient en
attente. Mais la suite ne serait guère réjouissante pour quelques-uns d’entre
nous car comment aurions-nous pu savoir que notre propre destin s’achèverait
ici même ?
Je remarquai également, là-bas, au fond de la pièce, dans un coin sombre, une
grande porte qui passait totalement inaperçue puisque la présence des tableaux
et la faible clarté atténuaient fortement sa présence. Jean-Baptiste avait
interdit à quiconque d’y pénétrer, cela m’intriguait encore plus car j’aimais
les choses interdites et mystérieuses. Chaque réception, suivie d’une visite
des tableaux, avait lieu le samedi au soir et la soirée se poursuivait presque
jusque tard dans la nuit. Un jour, je remarquai qu’au moins à chaque réception
une personne entrait dans la pièce aux tableaux et pénétrait dans la pièce
interdite. Il était comme hypnotisé et séduit par la porte ou la pièce. Quelque
chose attirait toutes ces personnes mais quoi ? Les soirées se suivaient toutes
semblables, toujours avec le même doute et la même énigme et moi, j’étais là,
observant la scène avec toutes ces questions en tête et sans aucune explication
rationnelle. Une chose encore plus étrange, c’est qu
e ces différentes personnes ne venaient plus chez les Chardin et on ne
les revit plus. Je ne prêtai plus attention à ce phénomène au bout d’un certain
temps puisque je n’étais qu’un enfant et je me fis à l’idée que cela était
peut-être normal après tout. Je continuais donc de me distraire sans aucune
lassitude avec mes totons qui m’amusaient tant, tandis que les adultes
discutaient de choses et d’autres et encore incompréhensibles pour mon âge. Je
n’avait que sept ans à ce moment-là, j’ai bien vieilli depuis mais je suis
condamné à ce corps d’enfant désormais et ce à jamais.
Un jour, alors que je folâtrais gaiement au jeu des totons, j’entendis
une musique douce, fine, enivrante. D’où naissait- elle ? Une telle mélodie
pouvait-elle exister ? Je me laissai guider sans trop savoir où j’allais et où
j’étais. Cette sensation charnelle et harmonieuse m’avait enrobé et me faisait
oublier tout autour de moi. J’entrai dans la pièce au tableaux, j’avançai
lentement, pas à pas. J’arrivai bientôt devant l’immense porte « interdite »,
je savais qu’ elle l’était mais l’attirance était telle qu’inconsciemment je
l’ouvris. Je fis un pas puis un deuxième, la porte se referma mais mon
attention ne fut attirée à aucun moment par elle, j’étais comme dans un rêve.
Comment aurais-je pu savoir que ce serait le contraire ? Là, devant moi, un
gros livre sur une table et sur ce gros livre un toton tournoyait sans cesse,
voilà d’où naissait la douce musique, soudain un flash, encore une fois je n’y
prêtai aucunement attention. J’ouvris le gros livre, chaque page était i
llustrée par un visage familier déjà vu et correspondait à chacun des
tableaux de Jean-Baptiste. A la fin du livre, à la dernière page, un tableau que
je n’avais encore jamais vu, pourtant il me semblait plus familier que les
autres, je me rapprochai pour mieux voir, c’était un jeune garçon jouant avec
un toton posé sur un gros livre, le titre en bas de page: L’enfant au
toton.
464. Rik Wouters, La dame en bleu devant la glace (détail), 1914 Wouters_bleu
-Arrange un peu cette mèche là, elle ne tient pas.
-Oui, oui comme cela ?
-C’est bien mieux, soit présentable : ce n’est pas tous les jours que l’on fait
ton portrait !
-Dis-moi, mon petit reflet, il est toujours là ?
-Le peintre ?
-Bien sûr, M. Wouters est-il toujours là ?
-Mais oui, il l’est, mon Dieu qu’il est concentré ! C’est assez amusant, si tu
voyais les couleurs de sa palette, non ne te retourne pas surtout ! Il ne faut
pas bouger, tu vas encore tout gâcher : Ton portrait et le mien ! En plus ce
n’est pas tous les jours qu’un reflet est ainsi mis en valeur !
-Alors vite, décris-moi cette palette..
-Eh bien voyons : Les couleurs vives se superposent et s’emmêlent, la palette à
elle seule est une œuvre d’art. Tu as bien fait de mettre cette robe bleue, il
doit s’amuser avec les couleurs, je crois que c’est un impressionniste !
-Merveilleux, j’imagine déjà le tableau : lumineux, éclatant, mystérieux car il
te donnera une ame mon petit reflet et il rapportera les paroles de nos
regards…mais je me demande pourquoi ce bouquet ?
-Peut être voulait-il concilier nature morte et portrait, pour être complet ou
pour mettre en valeur ta jolie robe.
-Sais tu que c’est à cause d’elle qu’il a proposé de me peindre ? Il m’a dit
qu’elle lui faisait penser aux peintures de
Cézanne, au bleu de cobalt si particulier de ses toiles.
-C’est vrai il procède par touches pour capter la lumière il applique les
couleurs et donne vie à la toile.
-Que c’est beau ! Peut être suggère-il plus nos formes qu’il ne nous décrit ?
C’est mieux comme cela chacun sera libre de nous imaginer en poésie.
- M. Wouters a bien du courage de jeter ses couleurs dans la vie moderne. La
situation politique ne porte pourtant pas à sourire, … cette guerre je sens
que…
-Je t’en prie mon petit reflet n’en dit pas davantage. Ce tableau va nous
rendre l’espoir, je t’assure l’art est là pour chauffer nos cœurs.
-Regarde il t’appelle, son travail est fini, va voir le résultat et ne lui pose
pas de stupides questions je t’en conjure !
-Allons, sois tranquille mon petit reflet, …à bientôt.
465. Photographies de Constance Griffon Du Bellay constance(8)
Seule sur un plateau et dans mon coeur,je regardais une
photo.Le paysage était banal et sec comme le sable et la chaleur.
C'est une belle journée, j'adore passer mon temps au soleil.Je m'appelle Zoé et
je vais avoir vingt cinq ans le dix neuf août, j'aime la vie et je
profite de chaque instant.
C'est pourquoi j'aime me retrouver seule sur ce plateau même si je connais le
paysage par coeur.
Tous les dimanches,avec grand mère,on vient ici et on a l'habitude de prendre
des photos.
A chaque fois que je viens ici,je me souviens de grand mère:
-Viens ma Zoé,on va sur notre falaise!me disait-elle
C'est ce plateau que grand mère appelait "notre falaise"
-Regarde cet arbre ,gand mère!Comme il est beau!
-Oui Zoé,veux-tu que je te raconte son histoire?
-Mais grand mère je la connais déjà!
Grand mère semblait triste par ma réponse:
-Mais je veux la réecouter!
Je m'asseyais sur les rochers et je contemplais cet arbre avec
admiration.L'histoire de grand mère ne m'intêressait guère,je préférais admirer
l'arbre:Cette forme si ample et ce feuillage qui semble toucher le ciel,on
dirait qu'il s'élève...
Papa dit toujours que j'ai une imagination trop débordante,mais avec grand
mère,on adore imaginer des histoires.
Moi ,je me sens bien avec grand mère.
J'ai perdu ma maman quand j'avais deux ans et c'est papa at grand mère qui m'on
élevaient donc grand mère pour moi c'est un peu comme ma deuxième maman!
-Grand mère ,cet arbre semble magique!
-Magique!Comment ça?
-Oui regardes ces branches,comme elles paraissent fragiles et fortes à la
fois!
-Sais-tu que cet arbre puise son énergie du sol,du soleil mais aussi de
notre amour!
-Notre amour?Mais voyons grand mère c'est un arbre!
Grand mère me caressa les cheveux et me sourit:
-Zoé cet arbre à une âme!Et comme toute âme,elle a besoin d'amour!
Je en comprenais pas ce que grand mère me disait,mais elle me fit comprendre
que j'étais trop jeune pour le comprendre.
Cet arbre ,je l'adore tout comme ce paysage.
Ensuite avec grand mère,on rentrait à la maison pour se mettre au coin du feu
et puis là on ne disait rien,le dimanche se finissait et je retournais chez moi
l'esprit remplit de souvenirs.
Ces dimanches furent les plus beaux jours de ma vie,excepté le premier dimanche
du mois d'octobre.
Grand mère et moi ,comme tous les dimanches sommes allées sur "notre
falaise".Ce fut la première fois où je lui posa cette question:
-Grand mère!Pourrais-je te poser une question?
-Bien sur Zoé!
-Pourquoi n'as-tu jamais pris cet arbre en photo?
-Comprends-tu mon ange, si nous prenons cet arbre en photo,nous allons
capturé son âme à jamais!
-Mais grand mère...
-Non mon ange,ce n'est pas une bonne idée...du moins pas pour le
moment!me dit-elle avec un sourire.
Soudain grand mère porta sa main à la poitrine,et s'effondra sur le sol.
Je m'approcha de grand mère:
-Grand mère!Que se passe-t-il?
-...Constance...
-Mais qui est constance?
Grand mère regarda l'arbre,et me regarda avec ses yeux pleins de larmes.
Lorsque je regarde cet arbre,c'est ma grand mère que je vois!
-Grand mère!
Elle ne ventilait plus,je mis mon manteau sur grand mère,je me mis à pleurer en
la serrant de toutes mes forces.
Je comprend pourquoi grand mère me disait que cet arbre avait une âme,mais en
avait -il assez pour m'enlever ma grand mère?
Grand mère a donné tout son amour à cet arbre,jusqu'à lui donner un
prénom:Constance.
C'est à ce moment là que je comprend que grand mère est morte.
En sa mémoire,je suis devenue photographe.
J'ai pris l'âme de constance, mais ce n'est rien comparé à grand mère.
Je suis sûre que de l'endroit où se trouve grand mère, elle y est heureuse!
Constance s'embellit d'années en années et pourtant grand mère est partie!
466. Rops_attrapade
J’avais enfin obtenu ce que je voulais depuis si longtemps : une reconnaissance
pour mon travail. J’avais même réussi à me faire de nouvelles relations dont
une en particulier avec Charles De Coster, qui, lui, était écrivain. C’est
grâce à lui que j’ai pu rentrer dans ce cercle quasi fermé de l’art sous toutes
ses formes. Lorsque mon père décéda, j’ai pu hériter d’une somme qui me faisait
vivre convenablement. Après avoir pris connaissance de mon héritage, je pus voir
qu’il m’avait laissé un gros tas de tissus froissés et posés négligemment dans
un coin sombre de son atelier. Je me demandais bien ce que je pouvais en faire
mais aucune idée ne vint frapper mon humble esprit d’artiste en herbe. Enfin,
grâce, encore une fois, à Charles, j’ai pu mettre en place un projet de croquis
de mode et plus précisément, des robes de soirée. Lorsque mes croquis furent
achevés , je les envoyai à la Maison Duluc, qui était chargée de les mettre en
forme. Une fois ce
long et minutieux travail accompli, je me devais d’exposer au regard de
tous ces oeuvres aussi réussies qu’un poème de Paul Verlaine. Un bal fut donc
organisé en cette occasion, toutes les femmes étaient invitées à venir porter
ces robes de teintes opposées, certaines étaient bleu de mer, d’autres bleu
Pacifique, vertes, jaunes, rouges, noires, violettes. Toutes mes connaissances,
même les plus brèves, étaient conviées. Ce bal se déroulait à Namur, C’était
par une nuit tiède et étoilée, le genre de soir ou l’on aimerait bien trouver
une jeune femme à embrasser. Tout le monde était arrivé, enfin presque, il ne
manquait plus qu’elle, la jeune femme qui devait porter la robe rose à reflets
beiges, la plus belle de toutes. Je n’avais jamais eu l’occasion de la voir sur
quelqu’un, ce fut ma première fois et quelle sensation! La voilà, elle est
splendide, encore mieux que celle que j’avais imaginée, cela dépassait mes
espérances, mais tant mieux, tout le monde ne regardait plus qu
’elle. C’était la plus belle robe que j’ avais jamais vue , de plus
la jeune demoiselle qui la portait la rendait deux fois plus belle. Ses cheveux
étaient à moitié attachés, le reste retombait d’une manière élégante et
raffinée sur ses petites épaules, sa poitrine faisait ressortir quelques
détails, dont une broche qu’elle avait mise pour l’occasion. Elle descendait
les marches avec tant de grâce que mon cœur a presque cessé de battre, mes
convives la regardaient d’une manière extraordinaire, ils avaient tous une
petite étoile au fond des yeux, je crois que comme moi, ils ont cru voir une
vraie princesse descendre, mais non. Elle était fière, cela se voyait
clairement, les traits de son visage étaient détendus, son sourire était
radieux, son maquillage, parfait. Ma mémoire fit un arrêt sur image lorsqu’elle
tourna enfin la tête pour pouvoir donner encore un peu plus d’aristocratie à
son allure. Mes invités, eux, l’avaient déjà oubliée, d’ailleurs cela ne
m’étonne pas, sur
tout de la part de Claude, mais après avoir repris mes esprits, je vis
derrière cette jeune femme le poète que je rêvais de rencontrer depuis si
longtemps déjà, Paul Verlaine. Je laissai mes rêveries de côté et allai enfin à
la rencontre de cet homme encore mystérieux à mes yeux. Adieu, ô femme de mes
tendres rêves.
Mais comment oublier?
Je m'en souviens encore! En fait comment l'oublier?
C'était le jour de mon anniversaire, depuis une date avancée, mon père m'avait
promis de m'emmener en mer, c'était une passion que lui et moi partagions
depuis plusieurs années.Mon père était un homme robuste, et sous son visage
brut se cachait un homme très tendre.Ce jour là donc, malgrè la tempête prévue,
mon père m'avais conduit en mer.Au début de la journée, la mer etait d'un calme
plat et tout laissait à croire que les prévisions étaient érronées. Un peu plus
tard mon père m'avait permis de tenir la barre, mais très vite il l'avait
reprise car la mer avait commencé à se mettre en colère, la tempête avait
évolué de manière spectaculaire; désormais trop éloignés la côte il nous était
impossible de revenir. Le visage de mon père se crispait, je lisais
l'inquiétude sur son visage. Mon père et moi n'échangions plus un mot; en fait,
on ne se regardait même plus, son regard était fixé sur la barre. A maintes
reprises, j'aurais voulu croiser son regard, juste au moment ou je m'a
pprètais à l'appeler une énorme vague s'était abattue sur le bateau
étouffant mon cri et m'éloignant définitivement; puis plus rien. Je me souviens
m'être réveillé dans un lit, ma mère assise à mon chevet; le reste de mon
enfance je l'avais passer à fuir les enfants de mon âge qui m'avaient donné
pour surnom: "le rescapé". Depuis le naufrage, chaque année, pour mon
anniversaire,je partais au bord de la mer jetter des fleurs fraîchement
cueillies dans le jardin, mais je n'étais toujours pas remonté sur un bateau.
Bien des années plus tard j'avais quitté mon petit village pour aller rejoindre
l'académie de Bruxelles où j'ai appris à peindre dans le style prisé de
l'époque, avec une technique à grands traits, une manière picturale riche et
une palette variée mais comptant de nombreuses couleurs sombres. Depuis la
disparition de mon père j'avais remplacé ma passionpour la mer par la peinture,
c'est donc ainsi qu'en 1882 j'avais réuni mes deux passions au cours d'un
voyage au Mar
oc, trés vite je m'étais mis à peindre toutes les contrées maritimes que
je traversais. En 1887 j'avais expérimenté la technique, la lumière, les
couleurs impressionnistes dans mes marines, mais rapidement je me tournais vers
le pointillisme.
C'est lors d'un de mes nombreux voyages au Maroc, alors que le souvenir de mon
père m'avait encore hanté pendant la nuit que l'idée me vint de peindre la
dernière image de lui qu'il me restait en tête. C'est ainsi que je m'étais
installé à l'anant du bateau et que je redonnais vie à un souvenir très ancien.
Je pensais que de revoir mon père dans son parka bleu, le regard fixé sur la
barre et son air anxieux, m'aiderait à l'oublier, mais au fur et à mesure que
j'avançais dans la création de mon tableau certains évènement dont jusque là je
n'avais aucun souvenir me revinrent à l'esprit j'étais rentré en quelques
sortes en transe, je me revoyais emporté par la vague, me projetant ainsi dans
une eau glaciale; je me retrouvai ainsi seul avec l'océan à perte de vue mais
un bateau nommé l'intercepteur m'avait aperçu; très vite je m'étais retrouvé
entouré de matelots qui cherchaient à me faire dire quelques informations sur
moi, mais je n'avais pu laisser échapper seulement "Théodore
Van Rysselberberghe, où est mon père?"
Quand je revins à moi accroupi devant mon tableau n'attendant que quelques
retouches pour être fini, je pris conscience que jamais je ne pourrais oublier:
c'était ancré en moi on dit qu'avec le temps, même un coeur brisé peut
être réparé; ce n'est pas vrai: une fois cassé il ne sera jamais plus comme
avant.
468. Fernand Khnopff, Portrait de marguerite Khnopff, khnopff_marguerite
Combien de fois
Marguerite était elle passée devant moi ?... Mais ce jour là, Fernand décida de
la peindre dans sa belle robe de soie blanche…
Sûrement pour immortaliser le passage de la vie de jeune fille à celle de la
vie de femme mariée.
Marguerite et Fernand ont toujours étaient très proches l’un de l’autre. Il a
d’ailleurs déclaré que sa sœur a toujours était son meilleur modèle.
Je me souviens lorsqu’ils étaient encore des enfants, ils se courraient après
en évitant tout de même de crier trop fort sous peine de réveiller Georges, le
frère cadet. Je les entendais supplier leur mère d’aller jouer le long du canal
dans cette ville quelque peu assoupie et décadente que les êtres humains
surnommaient « la Venise du nord ». C’est certainement dû à cette décadence que
Fernand a horreur du plein air et se consacre aux luminosités intérieures.
Et ce jour là, Marguerite se tenait droite à l’intérieur face à la fenêtre qui
laissait passer un rayon de soleil qui illuminait son buste.
Il avait sans doute voulu la peindre devant moi pour faire ressortir l’aspect
de l’inconnu qui se trouvait derrière moi. J’étais la séparation entre deux
mondes, celui des souvenirs de l’enfance, de la vie au sein de la famille… Mais
aussi celui qui se trouvait derrière moi,… adoption et fondation d’une famille,
nouveau mode de vie,… Pour tout cela Marguerite serait désormais seule… Et
lorsqu’elle tournera ma poignée, Marguerite fera sa vie et cela Fernand le
savait bien…
469. Les Travailleurs de la mer : "Tempête - Barque fuyant sous le vent" Plume, pinceau, encre brune et lavis,HUGO4
Un jour où le soleil brillait de tous ses éclats, Victor Hugo
se promenait sur le quai du port du Havre : les marins chargeaient les bateaux,
les mouettes hurlaient, les recommandations des capitaines étaient respectées à
la lettre...
Bref, tout se passait comme d'ordinaire. Le regard de Victor Hugo fut attiré par
un navire, les rayons du soleil se reflétant dans la mer donnaient une couleur
bleuâtre à sa voile, ce qui était très agréable à regarder. Il observa
également l'équipage, il y avait des vieux loups de mer comme sur chaque
bâtiment mais le regard de Victor Hugo s'arrêta sur un jeune marin qui
chargeait le bateau. Il se rapprocha :
- "Bonjour, jeune marin."
- "Bonjour Monsieur."
- "Quel est ton nom ?"
- "François, et vous ?"
- "Victor Hugo. Où va ce..."
Victor Hugo fut interrompu par une voix grasse et grave :
- "François dépêche-toi, tu traînes comme d'habitude."
- "Oui, capitaine, je me dépêche."
Le jeune marin se retourna vers Victor Hugo :
- "Désolé Monsieur, mais je n'ai pas le temps de parler."
Alors que le poète disait au revoir à François, celui-ci avait déjà repris
l'embarquement des caisses, sacs et autres.
Six jours plus tard, Victor Hugo flânait à nouveau dans le port du Havre. Il
entendit parler deux vieux marins :
- "Il y a une tempête qui arrive.", dit l'un d'eux.
- "J'attendrai qu'elle passe pour prendre le large."
La tempête passa au large du Havre. Quelques heures après l'intempérie, on vit
arriver un navire. Sa voile était déchirée mais le visage des hommes sur le
bateau était bien pire encore, on voyait le malheur qui venait de les frapper :
des marins avaient été engloutis par la mer.
Victor Hugo était assis au fond d'une taverne. Soudain, il vit entrer François
et quatre autres marins qui faisaient partie de l'équipage du navire à la voile
bleuâtre. Ils commandèrent à boire, chaque marin avait un verre de rhum devant
lui.
- "Ces cinq hommes ont bien des mines déconfites", pensa-t-il.
Quatre hommes quittèrent rapidement la taverne mais François resta assis,
songeur, devant son verre qu'il n'avait pas touché. Le poète s'installa à côté
de lui :
- "Que se passe-t-il François ?"
- "Des équipiers de mon bateau sont morts."
- "Comment ?"
- "Les vagues étaient immenses ..."
- "Aussi hautes qu'une cathédrale ?"
- "La couleur du ciel était noire..."
- "Noir comme le plumage d'un corbeau ?"
- "Du bateau, la mer était à peine visible."
- "C'était vraiment une énorme tempête.", conclut Hugo.
Les deux hommes restèrent un moment sans parler, puis ils entrechoquèrent leurs
verres.
"J'ai perdu trois de mes amis, j'ai perdu trois de mes amis.", répéta
le jeune marin.
La peine de François émut Victor Hugo et entraîna ses pensées dans une esquisse
d'un lavis pour y traduire ses sentiments. Il y mettrait la torpeur des marins,
la colère de la mer, le noir de la mort, le gris de la pluie et le bleu
invincible de cette voilure qui reviendra coûte que coûte au port. Il y
mettrait toute cette lutte quotidienne qui oppose des hommes à la nature parce
qu'ils doivent vivre ou plutôt survivre ! Il y mettrait cette voile, ce carré
bleu qui symbolise la vie qui, malgré tout, prend le pas sur l'ombre et les
ténèbres.
Fatigué de cette dure lutte en mer, le petit mousse tomba endormi sur la table
et Victor Hugo termina son verre de rhum, rempli de sa vision de l'implacable
destin des hommes de la mer.
470. Série Palestine © Véronique Vercheval V15
C'etait la guerre en Palestine. Je me promenais avec mon
appareil photo pour seule compagnie. J'allai,ici et là,à travers la ville de
Jérusalem quand,soudain,cette école m'interpella. Ces gravures minutieuses sur
les murs,cette couleur si blanche qui semblait illuminer le bâtiment,tout était
si beau...
C'est alors que tout un groupe de jeunes écolières,en uniforme,sortit en
courant de sa salle de classe pour venir vers moi. Elles étaient toutes aussi
jolies les unes que les autres avec leur robe rayée,leur col blanc.
Leurs yeux laissaient paraître une lueur d'inquiétude,de peur mais aussi de
joie et d'enthousiasme a l'idée de voir enfin une touriste malgré la situation
du pays.
Toutes les écolières me faisaient le signe de la paix sauf une,arrivée en
retard.J'ai donc décidé d'immortaliser ce moment et de les prendre en photo.
Mon séjour s'est bien terminé et,depuis ce voyage,quand je regarde mon
album-photo,je revois encore ces petites filles avec leur merveilleux
sourire.Cette image restera,pour moi,inoubliable.
471. Les Travailleurs de la mer : "Figures que font les paysans quand ils voient les sarregousets" encre brune et lavis HUGO1
Ce soir là, ils devaient partir en mer pour pêcher l'un de
ces "rares" poissons qu'à l'aube on se dispute sur le port : c'est à
qui vendra le plus beau poisson de la sortie nocturne. Les travailleurs de la
mer emmenaient un drôle de personnage avec eux : il peint et s'intéresse à eux.
Curieux, cet homme voulait assister à la pêche nocturne et n'allait pas être déçu
! Sa volonté était de joindre à son oeuvre littéraire, intitulée "Les
Travailleurs de la Mer", les dessins qu'il allait faire lors de son séjour
à Guernesey. Les marins se prirent au jeu. Ils quittèrent le petit port de
l'île et se jetèrent dans l'immense étendue de la Manche. C'était l'une de ses
soirées d'été où la chaleur s'apaisait et laissait place à de nombreux nuages
ternes. Les rayons de couleurs toniques du coucher de soleil se dégradaient en
des teintes maussades qui tiraient sur le bleu foncé. Tout d'un coup, on ne vit
plus le soleil, il avait disparu. Les marins effarés levèren
t la tête. La mer prenait une cadence que les navigateurs n'avaient
encore jamais rencontrée. Ils avaient baptisé leur navire une semaine plus tôt
seulement, et éspéraient ne pas déjà rencontrer une tempête, mais tel était le
risque du métier. La mer se déchaînait. Le plus costaud des marins n'arrivait
plus à tenir la barre. La houle était plus puissante. Les tumultes des vagues
formèrent des tourbillons. La rage de la tempête persista. Une rafale emporta
le malheureux bateau au fond de la mer. Où ? Les marins ne savaient plus quoi
faire. Le mystère régnait. Dans leurs têtes, ils se disaient que la mort
approchait, ils étaient perdus. L'angoisse se fit sentir, sur tous les visages.
Aucun d'entre eux n'essaya de bouger. Tout d'un coup, une nuée apparut. Les
yeux fixaient cette apparition. Ils virent d'étranges hommes avec des ailes.
Ils se crurent au paradis. Au loin, on pouvait entendre l'orage qui tonnait.
L'un des marins, étonné, fronça des yeux et poussa un cri. L'homme
d iscret qu'ils avaient embarqué, caché, en profita pour dessiner ces
visages dont la grimace était remarquable. Des frottements répétitifs émettant
des bruits aigus et pénibles se distinguèrent de l'agitation de la mer. C'était
la plume de l'homme, hésitante, qui crissait sur le papier comme une craie sur
un tableau. Les légers aplats d'encre assombrissaient le dessin. A travers
l'encre brune, on pouvait retrouver le déchaînement de la mer. Son dessin prenait
une dimension réaliste. Il insista sur les traits apeurés que représentaient
les marins. Chaque trait prolongé exprimait l'inquiétude et la stupeur des
marins. L'homme arrêta de gribouiller sur son dessin et admira la scène. Des
regards s'échangèrent entre les marins et les étranges êtres qui volaient dans
la pénombre. D'un seul coup, les travailleurs de la mer, pris d'un mécanisme,
se mirent à leurs places habituelles pour piloter le navire. Le bateau pivota
sur lui-même et la querelle entre l'océan et l'ouragan s'estompa. Ces êtres
maléfiques venus du rouge des nuées disparurent. Après de telles péripéties,
les visages se décrispèrent, et ils reprirent le chemin pour débarquer à l'aube
au port. Ils ne savaient pas quelles merveilles ils avaient rencontrées et qui
les avait sauvés. Ils arrivaient au port, l'air gai comme si cette nuit avait
été paisible. Lors de la publication des trente-six dessins sélectionnés, seuls
ces marins pourront peut-être se reconnaître. Les travailleurs de la mer
savaient maintenant que la mer et le ciel avaient une âme. C'est seulement lors
des grandes tempêtes que l'on ne pouvait les voir et compter sur eux. Le
mystère de la mer reste pour les marins un grand secret...
472. Miniature de Jean FOUQUET fouq-bnf4
Le monde est calme et paisible mais
l’homme veut le développer à sa manière; cela entraîne la mort, la violence.
Cette miniature en est le reflet.
Dans le ciel, le temps est calme, beau, agréable. Il est d’un magnifique bleu.
Quant à la terre, elle est splendide sa couleur verte est éclatante. Mais à
l’opposé de ce paysage divin, on trouve au premier plan la haine, la violence,
le sang .
La bataille fait rage et je suis impressionné par la charge implacable
des chevaliers sur leurs ennemis. Ils sont tous majestueux mais cette fierté
est entachée par de nombreux cadavres qui jonchent le sol
. Reconnaissable à sa couronne Charlemagne, enfonce sa lance dans l’armure de
son ennemi. Cela est possible grâce à la haine que le chevalier a pour lui. De
même tous ses compatriotes l’imitent dans ce mouvement de gloire qui va leur
mener à la victoire. Cette bataille n’est pas comme n’ importe quelle bataille;
cette miniature est comparable à une bibliothèque. Les lances sont obliques et
s’apprêtent à décharger leur violence sur les cavaliers qui n’ont pas peur de
la mort.
D’autre part , nous voyons des lances horizontales qui sont bien différentes
car elles mettent en valeur leurs chefs. Celles-ci sont qualifiées de
meurtrières car elles ravagent leur ennemi sans pitié. Et toutes personnes
qui y touchent le regrettent. Cette miniature est comparable à une famille qui
possède des défauts et des qualités mais où tout le monde est à sa place . Le
château, les arbres, eux attendent sereinement la fin de la bataille comme s’il
savaient qu’après le combat , la vie renaîtra.
Je ne peux m’empêcher d’ être touché par ces guerriers qui dans ce
paysage de paradis sont obligés de s’entretués dans un dernier effort pour la
gloire.
473. Félix Nadar Charles Baudelaire au fauteuil 1855 ORSAY1
La pièce est mal éclairée. Le développement de cette photo
ne se déroule pas comme je le désire, ce qui me contrarie fortement à l’idée de
décevoir l’homme qui a accepté de poser pour l’exécution de mon œuvre. La rue
St Lazare est calme a cette heure ci, très sombre ce qui lui donne un air
lugubre contrairement a son image de rue animée. Je compose la lettre destinée
à ce même homme qui a posé pour lui dire que sa photo est prête, mais, je pense
qu’il sera déçu. Ayant peur de représailles et de conflits avec cet homme, je
jette la lettre à la corbeille à papier.
La photographie est toute ma vie, c’est pourquoi je ne peux m’en passer… En
songeant à faire quelques portraits d’une personnalité, je me souviens alors de
mon merveilleux ami Charles Baudelaire. Bien que celui ci rejette l’idée que la
photographie soit utilisée à des fins artistiques, nous sommes restés très liés
depuis notre rencontre quinze ans auparavant, dans les années 1840. Je ne peux
penser que ce dernier sera facile à convaincre, malgré son point de vue sur le
sujet… Mais il comprend très bien que la photographie est pratiquement
indispensable pour la recherche scientifique, mais uniquement dans ce but
précis.
Il me reste alors à trouver un argument convaincant pour le faire venir à mon
atelier certes vétuste mais largement suffisant vu mon métier. Je réfléchis,
pensant aux évènements derniers susceptibles d’attirer son attention, mais mon
esprit reste insatisfait…
Mais bien sûr !!! Mon ami pense que la photographie ne doit être utilisée qu’à
des fins scientifiques. Je pourrai l’inviter à discuter sur ce sujet sérieux.
Je me mets à l’œuvre, sors une feuille de papier de mon bureau et écris
quelques mots très convaincants pouvant certainement faire venir Charles.
J’envoie cette lettre en espérant fortement qu’il accepte cette invitation
devenue quelque peu banale entre nous.
L’atelier doit être parfaitement organisé et ordonné pour son arrivée.
Aussi ne range-je pas mon atelier comme je ne l’ai jamais fait
auparavant, signe de l’importance de ce rendez-vous.
Chaque outil d’exécution photographique doit être à sa place respective, bien
que je manque de place dans ce petit atelier, rue St Lazare.
Aussi me fallait-il un argument convenable, en rapport avec la science, pour
que mon ami accepte de poser devant mon objectif, l’objet étant si impatient
d’effectuer ce cliché que je veux unique…
Alors je me rends chez un ami qui en connaît beaucoup sur la science du corps
humain. Je lui explique ma situation et il me dit : «alors comme ça tu veux
photographier Charles ? Bon je vais t’aider. Tu pourras lui dire que ce cliché
sera pour moi et qu’il me sera utile pour observer le comportement du visage
humain pendant le flash de l’appareil à photographier. Ca devrait fonctionner »
Je le remercie et cours à mon atelier finir de l’ordonner.
Un message me parvient, et Charles en est l’émetteur. Il est écrit qu’il
accepte volontiers et qu’il sera chez moi le lendemain matin. La nuit sera
longue…
N’ayant pas très bien dormi à cause de l’excitation si intense qui me parcourt,
je ne suis pas très en forme et c’est pour cela que je bois un café fort pour
me détendre et me réveiller.
Tout à coup, j’entends quelqu’un frapper à la porte ; c’est mon ami Charles qui
vient discuter sur la photographie scientifique. Je l’accueille chaleureusement,
le prie de s’installer dans un des fauteuils de ma modeste habitation et
l’invite à prendre un café. Nous « débattons » sur ce sujet un peu tabou chez
mon ami si réservé sur les emplois de la photographie à des fins artistiques.
Ce dernier croit que la photographie ne doit être utiliser que pour faire
avancer la science mais en aucun cas « faire de l’ombre » à la peinture, le
vrai art selon lui…
Moi, je pense que c’est l’inverse, la photographie a de l’avenir dans le
contexte artistique et que d’effectuer le portrait d’une personnalité est le
meilleur moyen de la représenter telle qu’elle est, sans artifices… Nous
discutons longuement sur ce sujet conflictuel, mais néanmoins intéressant.
Vient le moment de la révélation du cliché attendu. Je lui dis : « Tiens donc
Charles, j’ai un ami qui désire en savoir plus sur la réaction du visage humain
face à la lumière intense d’un flash d’appareil à photographier, j’ai alors
pensé à toi pour faire l’excellent modèle, comme tu es très naturel sur les photographies
et c’est exactement l’attitude qu’il faut adopter pour que l’expérience se
déroule normalement… » A cet instant, je le vois réfléchir, très profondément
sur la question. Ne se demande-t-il pas pourquoi je le lui demande seulement
aujourd’hui ? Cette réflexion angoissante dans le sens où mon ami peut refuser
ce cliché que je veux unique dure depuis maintenant deux mi
nutes et toujours pas de réponse. Enfin il se décide : « C’est d’accord
mon cher Félix, mais promets moi que ce cliché ne servira qu’à faire avancer la
science et non à ce que tu sais ! » Evidemment je lui promets et nous partons
alors directement dans l’atelier, ce dernier ayant été rangé la veille de son
arrivée pour qu’il trouve mon travail parfait. Pendant qu’il s’assoit dans le fauteuil
que je lui ai désigné, je réfléchis à la position que mon ami devra adopter
pour qu’il croit vraiment que le cliché sert à des fins scientifiques… Je me
souviens alors de cette phrase que je lui ai dite il y a quelques heures de
cela : il faut être le plus naturel possible. Je le dis alors à Charles qui,
immédiatement, prend une pause magnifique voulant très certainement faire de
son mieux pour faire avancer la science qu’il prend très à cœur, au moins
autant que l’art. Mais la science n’est-elle pas de l’art ? Je le félicite et
le remercie de son engagement. Vient le moment de la prise
du cliché, ma préparation est plus longue car comme je l’ai dit plusieurs
fois je veux que cette photographie soit unique en son genre et personne
d’autre ne pourrait avoir un portrait aussi magnifique de Charles Baudelaire,
si opposé à la photographie !
Je me lance et lui demande de rester dans sa position pendant que l’appareil
effectue son cliché. La photo prise, je sens en moi monter une joie profonde
que j’essaie bien évidemment de cacher pour ne pas attirer l’attention de mon
cher ami qui je l’ai bien compris est fier du devoir accompli…
Nous passons alors plusieurs heures ensembles, à discuter du devenir de la
photo, des techniques de développement (ce qui m’étonne beaucoup de la part
d’un homme qui est si opposé à la photographie artistique…) Cinq heures après
son arrivée, il repart, ayant rendez-vous chez un autre ami pour discuter cette
fois ci de la peinture…
Je me précipite alors à l’atelier pour terminer le développement du cliché, si
important à mes yeux ! Le développement achevé, je reste en extase au moins
deux minutes devant cette merveille, et une question me vient alors à l’esprit
: pourquoi a-t-il choisi cette posture, sa tête reposant sur une main, son
regard brouillé, saisi d’une rêverie profonde ? Ma question reste sans réponse,
peut-être était-il tracassé à l’idée qu’on prenne une photo de lui ? Peut-être
ne me faisait-il pas confiance ? Je ne le saurai probablement jamais, toujours
est-il que j’ai en ma possession un tirage unique du très célèbre Charles
Baudelaire, adoptant une posture rêveuse et mystérieuse…
474. Mellery automne
Extrait du journal intime de Xavier Mellery
21/10/1893
J’aime me promener dans la nature.
A toute période de l’année, à tout moment de la journée. Chaque instant que j’y
passe m’emplit d’une profonde sérénité, je me sens libre et invulnérable.
Cette émotion, j’essaye de la reproduire dans mes tableaux. Les lumières, les
ombres, les courbes, les droites, les couleurs, tout est minutieusement étudié
et noté sur des croquis.
Hier encore, j’arpentais le sentier d’un sous-bois ; la lumière était d’une
extraordinaire clarté, faisant contraste avec les teintes ocre et brunes du
paysage. Les arbres sombres se tenaient immenses et droits.
Sonné par cette longue promenade, je m’allongeai un instant sur l’herbe, la
tête vers le ciel. Tout à coup, trois feuilles mortes se détachèrent d’un
arbre ; elles glissaient lentement dans ce début de pénombre. C’est de ces
instants où la nuit tombe et où l’ambiance devient fantastique. Telles des
danseuses, les défuntes recroquevillées exécutaient des mouvements amples et
précis. Avec une grâce, une légèreté, une fragilité qui me rappelait la
féminité. Une toile d’araignée immense se dressait sur leur passage ; une
première feuille passa à travers les mailles du filet. Une deuxième qui
s’apprêtait à
faire la même chose fut retenue par la troisième qui s’était accrochée à la
toile grise. L’espace d’un instant, je crut voire trois femmes en robe sombre tombant
sur moi. L’une d’elle, d’un geste de survie s’agrippait, retenant son amie
promise à une mort certaine. L’autre vacillait. Puis l’obscurité tomba soudain
me laissant cette image. Encore subjugué par l’étrangeté de la scène, je
rentrai chez moi en courant. Je sortis une toile, des pinceaux, des tubes de
peinture et je me mis à peindre, sans réfléchir. Au bout de deux heures
d’acharnement je reculai pour admirer mon œuvre. Satisfait et éreinté, je pris
le chemin de ma chambre.
475. Jean-Baptiste Siméon Chardin Autoportrait aux bésicles louvre13
Je pense être un peintre de talent mais, comparé aux autres artistes, je suis
quelqu’un de mystérieux. Ce que j’aime avant tout, c’est faire apparaître et
dévoiler à travers mon portrait mes mystères, mes secrets les plus intimes.
J’ai maintenant soixante-douze ans, je ne suis plus tout jeune, les symptômes
de la vieillesse commencent à me toucher durement, mes pauvres yeux
faiblissent, mon visage s’amaigrit, mais je garde pourtant la tête haute, le
regard fier et direct pour poser, pour ne pas me dire que l’âge me rattrape.
Je me suis néanmoins représenté avec une douce ironie pour égayer mon visage,
pour avoir l’air moins sérieux, pour avoir une belle image de moi du haut de
mes soixante-douze années. Utiliser du pastel est plus une contrainte qu’un
choix : ce matériau est plus facile à travailler que la peinture à l’huile,
certes, mais la raison majeure est que ma vue est de plus en plus faible.
Si je me suis représenté, c’est pour laisser une trace de moi et de ma
personnalité. J’appréhende, je redoute la mort, je voudrais vivre encore et
continuer ce qui me plaît, continuer à peindre, mon seul plaisir. La peinture
est pour moi une nécessité, j’aime ce que je fais, j’aime faire passer ce que
je ressens à travers mes peintures.
Sur ce portrait que j’ai intitulé l’ « Autoportrait aux bésicles », je me suis
vêtue de façon peu ordinaire, sur la tête, un chiffon noué par un bandeau bleu,
un foulard autour du cou et mes indispensables bésicles : c’est moi, en fait,
dans mon quotidien, ma vie qui m’échappe petit à petit.
On dit de moi que je suis discret, que ma personnalité est mystérieuse, et je
trouve cela plutôt juste, car je ne me peins pas pour m’exhiber comme certains
et j’en suis très fier. Dans un sens, s’il fallait me caractériser, je dirais
que je suis une nature silencieuse.
476. wappers _ révolution
La première chose qui frappe l’œil est l’entassement des
corps comme si tout était en désordre, comme si l’esprit était festif .
Cela fait peut-être penser à une prise de pouvoir de la part d’un groupe de
révolutionnaires .
L’entassement des corps n’est pourtant pas autant en désordre que l’on pourrait
le penser.
Il y a de nombreuses lignes de force comme celle débutant par la tête du chien
inclinée vers le haut qui elle-même est dans la continuité du bras rouge qui à
son tour, rejoint le bras d’un autre homme semblant être le leader. Tout cela
est complété par le drapeau qui pour un français est symbole de liberté. La
tête de ce leader est le point d’or de l’image qui est mis en valeur par la
luminosité à l’arrière plan.
Le côté sombre qui environne le tableau me fait penser à une menace chasser de
l’autre côté de la lumière là ou la lumière revient comme si celle-ci était le
renouveau, un changement par rapport à des révolutionnaires arriver à leur but,
comme si cette image allait-être importante pour le pays. Il y a quelques
couleurs vives sur l’ensemble du tableau comme du rouge.
Le drapeau de la Belgique imposant tout en haut prouve que cet événement est
politique.
On devine un bâtiment très lumineux à l’arrière-plan comme si cela était
important, comme si le bâtiment faisait partie de la scène de façon éloigner.
Cela rend l’événement plus fort.
On voit sur le tableau un élan vers la droite qui peut faire penser à un
progrès ou à une victoire.
477. ORIENT10 Ernest BeneckeCrocodile mort sur une cange sur le Nil (no 75)1852 ORIENT10
Ernest
BENECKE
Mardi 19 mai 1852
12.134 Poste Du Nil
à Samantha BENECKE
Oujda
Egypte
Chère Samanta,
Tu me manques profondément, j’espère que tu n’as pas oublié ton père, même si
cela fait longtemps. Ma petite chérie préférée, je rentre bientôt, dans deux
mois, mon expédition sur le Nil se déroule fabuleusement bien. Pendant ces
quatre mois, j’ai embarqué sur une cange, ma petite, c’est un bateau à voile du
Nil étroit et léger. Sur cette merveilleuse embarcation, il m’est arrivé
plusieurs choses extraordinaires mais une seule m’a vraiment marqué, je te
raconte cette journée là avec un cadeau inattendu à la suite de cette lettre.
C’est une photographie d’un crocodile mort sur la cange, dans le Nil, tu
avais encore raison mon poussin comme d’habitude, j’ai bien fait de prendre mon
appareil photo qui est trop encombrant mais ce n’est pas grave, car grâce à toi
je prends ce grand plaisir à photographier.
Pour l’évènement qui s’est passé le samedi 16 mai, je me souviens de tout ce
que j’ai fait dans la journée. Déjà dés le matin, j’étais sur le pont du
bateau, en train de boire mon café et de regarder les animaux. Il y avait un
groupe de crocodiles qui tournait autour du navire comme une meute en rage. Ils
nous ont suivi toute la matinée, donc le capitaine a eu peur, a décidé qu’il
fallait les attaquer pour les éloigner avant qu’ils nous attaquent eux-mêmes. Tous
prirent leur distance et disparurent petit à petit mais un seul est resté à
côté de nous. Je me suis rendu compte qu’il ne nageait pas mais flottait
plutôt, toi aussi tu l’aurais remarqué ma biche, il était accroché au bateau.
Ensuite comme tu sais que je suis curieux, j’avais demandé au capitaine de ne
pas détacher la bête mais de la monter à bord, il hésita avant d’accepter. Tu
dois sûrement deviner les conditions, c’était moi qui devais aller dans l’eau
pour attacher avec une corde le crocodile mort, ce qui nous a
permis de le monter sur le pont. Je suis allé avec la peur au ventre mais
sans risque, ses camarades n’étaient plus là, ne t’inquiète pas, je ne
recommencerai plus. Puis vint la photographie, c’était un casse-tête avec tous
les réglages à faire : la lumière, l’appareil photo lui-même, sa poudre, la
taille de la plaque et la position de l’animal. J’ai essayé de lui donner un
côté vivant comme si il venait d’entrer dans le bateau. Tu peux le voir sur la
photographie : le bout de sa queue sort du navire. Il y a aussi la tête qui est
surélevée par un bout de bois cela fait partie aussi de mon idée et c’était ma
volonté de ne mettre personne sur la photographie, on pourra penser que le
crocodile a mangé tout l’équipage, c’est merveilleux n’est-ce pas ?
Maintenant que tu connais l’histoire de mon chef d’œuvre, je te fais de très
gros bisous.
Ton papa chéri qui revient
Bientôt.
478. Gustave Caillebotte les raboteurs de parquet. ORSAY3
Un jour le peintre Gustave Caillebotte m’avait
appelé pour que je lui envoie quelques hommes pour raboter son parquet, j’avais
donc décide de lui envoyer les quatre raboteurs qui travaillent pour moi. Quand
on est arrivé les quatre on commencé leur travail pendant que moi je les
regardais. Soudain Gustave est apparu en personne, m’a salué avec la main et
m’a raconté qu’il avait de la compassion pour ces gens-là et qu’en voyant ce
travail si pénible qu’ils étaient obligés de réaliser pour donner à manger à leurs
familles il allait donc faire une peinture pour montrer aux gens riches que
pour pouvoir marcher sur ce parquet, il y a eu des gens qui ont dû suer.
Le peintre est allé chercher un chevalet et une
feuille et a commencé à peindre ce qui allait devenir une des peintures les
plus belles et les plus connues de lui. Tout d’abord les hommes ont commence
leur travail dans cette chaleur infernale, la sueur tombait de leur front et
Gustave peignait avec un air d’inspiration incroyable, son bras bougeait sur
son oeuvre l’huile teintait de manière très belle ce morceau de toile.
Pendant des heures ce magnifique peintre a travaillé à sa peinture pendant que
les raboteurs travaillaient. Ils avaient l’air fatigué et toussaient à cause de
la sciure qui rentrait dans leurs poumons.
Leurs travail était presque fini et celui
de l’artiste aussi. Soudain un des raboteurs tomba au sol mort de
fatigue, « ce sont les conséquences de l’abus du travail ; il était vieux
et devait travailler pour nourrir sa famille et maintenant il a laissé
une pauvre femme sans travail et quatre enfants dans la misère » dit le peintre
en pleurant après avoir assisté à cet horrible événement. Les hommes enfin
finirent leur travail et le peintre regarda sa création où il avait peint
quatre hommes qui travaillaient donc il brûla son image et la refit en ne
représentant que trois travailleurs pour donner un peut de respect à ce pauvre
homme qui venait de mourir en faisant un service si dur pour lui. Et comme ça
il y a des milliers de gens vivant la même situation. En pensant à tout ça
l’auteur s’est rendu compte qu’il vivait dans un monde de rêves où il n’était
pas conscient de la réalité, il vivait dans un monde totalement protégé où la
souffrance était inexistante.
479. Germain Eblé,sans titre, septembre 1932 Papier au gélatino bromure d’argent EBLE
Le 8 juillet 1833, après la mort de mon frère Joseph Nicéphore Niepce, un
modeste inventeur, le propriétaire de l’atelier est venu me prévenir qu’il
fallait déménager les lieux au plus vite.
Pendant que je débarrassais l’atelier de mon frère, je découvris une
photographie de ma famille que Joseph avait prise pour expérimenter son
invention.
Quand je vis cette photo, je fus très étonné et très ému, car mon frère m’avait
affirmé que l’héliographie n’avait pas fonctionné. Depuis beaucoup de choses
ont changé, les enfants ont grandi, ma femme Marie est décédée en mettant au
monde notre dernier fils qui se prénomme Théophile. Ceci me rappela
d’inoubliables souvenirs, étant donné qu’elle fut prise en 1826, cela fait 8
ans. Je me souviens, ce jour-là, nous prenions le thé, quand Joseph entra
brusquement dans l’appartement, en s’exclamant qu’il avait découvert le premier
procédé de la photographie qu’il appela « héliographie ».
Pendant que Marie partit chercher nos enfants à l’école, je lui demandai de
m’expliquer ce que signifiait « héliographie » et de me faire part de son
projet. Quand Marie rentra de l’école, Joseph et moi avions préparé l’endroit
où nous allions photographier. C’était dans la plus grande pièce de
l’appartement, le salon. J’installais les deux chaises et la petite estrade,
pendant que Joseph mettait en place son matériel. Joseph demanda à Marie de
s’asseoir sur la chaise de droite, avec Bérengère sur ses genoux et de me
mettre à gauche sur l’autre chaise avec Jeanne sur mes genoux, ce sont nos deux
plus jeunes filles. Il demanda à Germaine et à Joséphine de se mettre sur la
petite estrade derrière nous. Il plaçait Jean à droite de sa mère et Claude de
mon côté. Il mit en place le dispositif et immortalisa ce moment. Voilà comment
la première photographie est née.
480. Claude Gelée effet de brume louvre54
Aujourd’hui je pense commencer la commande du roi de France.
Je rassemble mes croquis de passants, de bateaux, de palais.
Pour commencer je dessine sur la toile le palais avec ces colonnes Grecques à
droite, les murailles et ces tours qui défendent le port à gauche.
En bas du tableau, se trouve une plage avec une famille que j’avais croquée
dans un parc.
Au milieu du tableau sur la plage je représente trois personnes de haut rang en
train de saluer un voyageur sur une barque.
Cette personne doit partir avec le bateau qui au milieu du port pour un long
voyage, il me fait penser à Ulysse.
Si j’avais pu peindre pour de vrai ce personnage mythique, quel bonheur!
Mais je suis bien en Italie non en Grèce en plus en 1646.
C ‘est plus fort que moi, je pense a lui pratiquement à chaque tableau que je
fais.
Je reviens à mon tableau.
En face de la famille, il y a une barque de pêcheurs, un peu plus à gauche un
autre bateau de pêche, en face de lui les murailles.
Proches du palais, il y a deux petites barques deux petites barques, quelques
passants et deux gros bateaux amarrés.
J’ai mis deux mois pour finir ce tableau que je viens de décrire mais il me
reste une dernière chose à faire: c’est le ciel.
Comme d’ habitude je vais à l’extérieur pour le peindre.
Aujourd’hui il y a quelques nuages et un magnifique soleil comme celui de
l’été.
Mais il est en partie, masqué par l’une des tours, ce qui donne à l’ensemble du
tableau un effet de brume ce qui ma permis de trouver le titre, qui est port de
mer, effet de brume.
J’espère que se tableau plaira au roi et qu’il me fera d’autres commandes.
481. rops_tentation
Tours, le 13 mai 1877
Chère Claire
Le voile de ma vie s’est levé sur cette peinture enfin terminée. Par cette
œuvre j’ai pu exprimer le refoulement chez les saints et les pénitents. Un
soir, il y a maintenant dix mois, j’allais souper dans une auberge. Au dessus
d’une cheminée, un crucifix était suspendu. A ce moment même, une serveuse vînt
m’apporter mes œufs à la tripe à la mode de Touraine. J’eus une idée, je
demandai à cette jeune femme si elle voulait bien poser pour mon futur tableau.
Elle accepta.
Dès l’aube, je me suis mis au travail. Le sujet est facile à comprendre ; le
bon saint Antoine, poursuivi par des visions libidineuses, se précipite vers
son prie-Dieu, mais pendant ce temps-là, Satan, un drôle de moine rouge, lui
fait une farce ; il lui a ôté son christ de la croix et l’a remplacé par une belle
fille (dont le modèle était la serveuse de l’auberge). Je lui ai juste changé
les cheveux. Dans cette peinture, j’ai mis en scène des personnages ; comme les
sept péchés capitaux (la Luxure, l’Envie, l’Avarice, la Colère, la Gourmandise,
la Paresse, l’Orgueil, et une huitième plus petite : la Logique), ainsi que les
Hérésies, le cochon, le christ, Satan, saint Antoine, et la fille.
Au commencement : saint Antoine fabriquait des corbeilles en feuilles de
palmiers pour les apporter aux pasteurs, en échange d’un peu de pain. Alors
qu’il admirait une gravure de la sainte Vierge, accroché à un des murs de la
chapelle, des pensées obscènes envahirent son esprit. Tout à coup, Marie surgit
en grandeur nature crucifiée à la place de Jésus. Saint Antoine fût terrorisé
par cette vision de l’enfer. A ce même moment, il entendit une voix. Cette voix
était lugubre. Ce n’était autre que Satan qui essayait d’extraire saint Antoine
du droit chemin. A cause de ces paroles, Antoine devînt faible et refusait
d’écouter les absurdités du moine rouge, de ce fait , les sept péchés capitaux
et la Logique intervinrent avec Satan, pour soumettre saint Antoine au péché.
Puis, sur ma peinture se trouve également un cochon, ce personnage est
orgueilleux et ne pense qu’à lui. A gauche, il y a les Hérésies qui amènent des
colliers de perles précieuses.
Ma chère Claire, j’espère que tu pourras me rendre visite à Paris, dans ma
galerie où sont exposées plusieurs de mes œuvres. En espérant te revoir très
bientôt.
Ton père Félicien Rops
482. Charles Nègre Le Stryge 1853 Epreuve sur papier salé H. 0,325 ; L.0,23 Orsay 26
Je vais vous conter
comment m’est apparue une image.
Du haut d’une cathédrale, haut perché, se
dressait un grand homme mystérieux et à l’allure austère; son long chapeau noir
inspirait l’autorité et sa canne, telle l’épée de damoclèse sentait le
châtiment. Deux statues de gargouilles, taillées dans une roche grise et polie
par la pluie, accompagnaient la silhouette; les monstres accroupis comme de
fidèle chiens prêt à accomplir tout ordre. Cette ombre humaine perchée en haut
de la cathédrale, scrutait, encore et encore comme un vautour qui guette
sa proie. Un parc innocent, de petites habitations haussmanniennes avec
quelques arbres alentours, voici comment était peint ce paysage.
Le soleil avec ses rayons chaleureux
caressait le paysage tel la main de Dieu, la luminosité comme un pinceau
peignait la vie sur son tableau, malgré cela de sombres nuages laissaient
entrevoir un malheureux destin ,la forme noire était comme un apôtre de la
Légion, un apôtre qui annoncerait l’apocalypse faisant de nous des martyres
ayant succombé à leurs péchés. Qui sait, cet homme était peut-être un simple
observateur ou bien un messager ?
483. Jacques Louis David,Marat assassiné 1793 louvre(17)
Je me présente : Jacques Louis David, peintre français. J’aime peindre la
violence, les grades scènes importantes, donner une forte émotion à ceux qui
ont envie de regarder et admirer mes œuvres.
Ce mardi 06 Mai 1794, quand je suis rentré dans notre salle de bain, comme tous
jours. J’ai découvert son corps ensanglanté dans notre baignoire : triste
vision d’un homme vidé de son sang au corps pâle et à l’esprit froid.
Une mort se mit à battre fort, l’idée de m’approcher de son corps glacial me
terrifia .Une mort atroce pour un jeune homme d’une trentaine d’années,
poignardé en pleine poitrine sûrement par un lâche car Marat ne portait aucune
marque comme s’il n’avait pas vu venir son assassin.
En quelques minutes, je me suis vidé de mes larmes, je les sentais couler le
long de mes joues. Pleurant sa mort devant ce cadavre aux yeux fermés et
souriant de douleur, je ne m’arrêtais plus de pleurer. Marat n’ayant pu se
débattre s’en ait allé vers une mort certaine.
Depuis ce jour, ma vie n’a plus aucun sens sans lui, je me sens vide et
inutile. Pour immortaliser ce moment, j’ai donc décidé de peindre Marat sans le
lâcher du regard, j’ai voulu honorer sa mort en lui dédiant ce tableau.
Notre homosexualité gênait beaucoup de personne peut – être est – ce la cause
de sa mort ? Peut – être suis – je le prochain ? Je ne saurais répondre à ces
questions.
484. francois navez_autoportrait
L’homme regardait droit devant lui. Il croisa, puis laissa
tomber ses bras le long de son corps. Puis il les croisa à nouveau, oui,
décidément cela lui donnait un air sérieux, une contenance un peu insolite et
après tout, la colère ne lui allait pas si mal. La soie de sa veste crissait,
son col l’enserrait, mais ça, on ne le voyait pas. Il délivra ses mains de
l’étreinte qu’il leur avait imposée, coincées entre son torse soyeux et ses
bras un peu forts qui faisaient plisser sa veste. Non, se dit-il en frottant
doucement ses mains l’une contre l’autre pour éviter l’ankylose, non,
décidément il ne faut pas que l’on voit mes bras.
Un homme identique le fixait, en face de lui. L’œil d’acier, les sourcils
légèrement froncés, les cheveux soigneusement en bataille, il était….imposant.
Sa veste noire était parsemée de petites taches, traces du temps sur le miroir
dans lequel il s’admirait.
A nouveau il laissa tomber ses bras près de ses hanches. Grand, puissant,
l’homme avait décider de s’amputer lui-même, de se diminuer. Il n’allait tout
de même pas se peindre debout, tel un monarque…ah non, vraiment, non. Il
fallait quelque chose de plus confidentiel, oui, comme intime. On ne verrait
que son torse et son visage flamboyant de colère et de décision. Il approcha sa
main, cette main grossière d’ouvrier qui lui faisait honte, près du miroir
souillé par les années. Elle se refléta de façon étonnamment fine, grâce aux
déformations du verre, ce qui le ravit et le fascina. Il resta dans cette
position, immobile, pendant quelques minutes, puis recula, la main toujours
levée comme en appel à sa propre image. La surface usée dans laquelle il se
mirait, pensif, depuis quelque temps maintenant, avait pour contours un cadre
baroque incongru, dont la peinture dorée s’écaillait par endroits. Il passa
lentement la main sur le cadre et la laissa tomber.
Il était comme une femme, devant ce qui avait dû être la psyché d’une coquette,
oui, comme une femme, prenant des poses, faisant des mines, avançant et
reculant pour évaluer sa corpulence, son élégance, s’assurant de la bonne coupe
de son habit et repérant son meilleur profil pour les grandes occasions.
Une femme aux cheveux courts, poivre et sel, aux sourcils broussailleux et
colériques, aux bras et aux mains d’ouvrier, vêtue d’un habit noir et se
demandant si peut-être elle s’était assez bien rasée ce matin.
Ridicule.
Il se retourna, parcourut nerveusement la pièce nue et misérable dans laquelle
il se tenait. Il se passa la main dans les cheveux d’un geste spontané
qu’il retint brusquement en se souvenant du soin qu’il devait porter à sa
coiffure parfaitement échevelée, puis recommença, rageur, en oubliant ses préoccupations
capillaires. Jamais, au grand jamais, il ne réussirait à exprimer cette froide
assurance qu’il voulait afficher pour la postérité. Non, il ne serait que gêne
et maladresse, dureté mal assumée. Oh et puis tant pis, il inventerait, il
s’inventerait ! Dans un accès de colère, il jeta le miroir sur le sol. Un ou
deux morceaux de narcissisme, égarés, glissèrent sur le méchant plancher rayé.
La psyché n’était pas entièrement brisée.
L’homme resta assis sur le sol, quelques minutes, puis se releva.
Il se plaça devant le miroir et croisa les bras.
Il regardait droit devant lui.
485. Jules Schmalzigang, Portrait de Madame Nelly Hurrepbrinck , 1917 ( Bruxelles)
C’était lors d’un bal organisé par mes défunts parents. J’avais alors seize ans
et n’avais pas eu l’autorisation de me joindre à eux ce soir encore.
Je n’étais, selon Mère, qu’un rêveur qui n’avait en aucun cas sa place au beau
milieu des gens de la haute bourgeoisie. Je m’étais donc réfugié dans la
chambre d’amis et avais repris mon matériel de peinture, confisqué la veille
par Mère. C’est alors que cette Dame fit son entrée, seule, fredonnant une
mélodie angélique qui m’était, jusqu’à ce jour, parfaitement inconnue.
Assis au fond de la pièce, elle ne remarqua pas ma présence et alla doucement
s’asseoir sur le bord du lit à baldaquin.
Je n’avais, avant elle, jamais vu femme si élégante et raffinée. Elle était
vêtue d’une longue robe noire et blanche qui dansait avec le vent frais
provenant des fenêtres grandes ouvertes sur notre jardin fleuri dont les
multiples parfums venaient embaumer la chambre. Je restais là, au fond de cette
pièce étincelante de la lumière des soirs d’été, à écouter sa douce mélodie me
bercer, et mes yeux fixés sur sa délicate silhouette se dessinant à travers le
baldaquin, ne parvenaient plus à s’en détacher.
Que pouvait-elle bien attendre, isolée de tous ces gens dont les rires
raisonnaient jusqu’en ce lieu ? Je ne l’ai jamais su et m’interroge encore
aujourd’hui.
La seule certitude qui me reste de ce soir là, c’est la force intérieure qui me
poussa à peindre cette Dame dont je n’ai jamais pu distinguer le visage. Ma
main, comme transportée par sa voix mélodieuse, l’avait peinte tout en dansant
sur la toile, et, par ce geste, l’avait immortalisée pour l’éternité. Tout.
Tout avait été reproduit : les jeux de lumière dans le voile qui la séparait de
moi, la finesse de son cou, de ses jambes, et la douceur de l’atmosphère qui
m’avait envoûté.
Plus jamais ne l’ai revue, mais toujours pense à elle…
486. Photographie de Jean-michel Fauquet fauq (5)
Rien ne bouge. L’horizon est mort, comme cet arbre, immobile et froid,
au-dessus de l’eau. Sans doute fut-il un temps où il était encore verdoyant, où
au printemps ses bourgeons s’irradiaient d’or dans la lumière du levant, où le
soleil se mêlait au vent pour faire danser les branches et les feuilles. Mais
ce temps est révolu. Aujourd’hui, l’arbre est pétrifié, témoin impassible d’une
époque qui semble s’être évanouie dans une nature qui n’est plus. Sous son
ombre, une barque séculaire dort, immobile, entre deux eaux, comme entre deux
mondes, l’un encore vivant, l’autre mort. Lentement, elle semble s’enfoncer,
inévitablement. Seule trace d’une hypothétique présence humaine, elle
disparaît, dévorée par la nature.
Autrefois, un homme y péchait, peut être. Il ramenait ses prises sur le rebord
en les brandissant comme des trophées, accrochait son embarcation à l’arbre et
rentrait paisiblement chez lui, bercé par le chant de la forêt. Mais tout a
changé. Ce lac qui se ridait à chaque coup de vent est aujourd’hui placide et
terne, un horizon mort, infini, incommensurable et omniscient. Là haut, une
lumière blafarde et violente à la fois, qui irradie la surface de l’eau et
semble calciner tout ce qui pourrait rester de vie humaine et végétale.
Et cet horizon blême est encadré par cette bordure sombre, ni noire, ni grise,
de cette couleur indescriptible et floue. Pas une seule ligne droite, pas une
courbe exacte, rien que cet amas glauque et obscur qui entoure le paysage comme
une fenêtre ouverte sur le vide, sur un paysage post-apocalyptique, sur un
futur inquiétant, sur le néant, l’absolu. Le cadre lui-même est flottant, les
couleurs fluctuantes entre blanc et noir,
Jamais définies, jamais terminées, les formes sont là pour nous montrer que
rien n’est fixe, rien n’est éternel, ni le bruit du vent dans les feuilles, ni
le rire du pêcheur, ni les ondulations du lac sous la chaleur du printemps.
L’hiver est arrivé, le jour s’est consumé et rien n’est fait pour durer, pas
même ce buisson aux branches nues et cassantes.
Plus rien ici ne vivra. L’eau recouvre tout. Le pêcheur n’est plus, ni l’oiseau
qui l’accompagnait. Ni le bourgeon. Ni le vent. Ni les rides sur le lac. Ni le
jour qui se consume. La vie s’efface.
487. Degas Le Café ou L’Absinthe”.ORSAY14
Driiing!!! Driiing!!! Le réveil sonna, il était huit heures
du matin en cette fin d’année 1876 à Paris. Edgar, aux côtés de sa femme
Huguette, se leva, s’habilla puis partit comme à son habitude chercher le
journal au café Guerbois.
Arrivé au café, il ouvrit la porte et fut choqué par la situation
présente. Mais comme il aimait observer des scènes pour les reproduire ensuite
sur des toiles, il décida d’aller s’asseoir à une table et il commanda un café
ainsi que le journal.
Il y avait deux personnages, un homme et une femme, la femme portait un chapeau
, un chemisier blanc-gris tacheté d’orange, une robe brune et des chaussures
brunes et blanches. Quant à l’homme, il portait un chapeau noir, une veste
noire, une chemise blanche, un pantalon brun et des chaussures noires. La
femme avait les cheveux roux et l’homme une barbe et des cheveux noirs. Ils
avaient l’air tristes, indifférents l’un envers l’autre et perdus dans leurs
pensées.
Sur des tables grises, il y avait des bouteilles et des verres. L’ombre des personnages
se reflétait dans des glaces qui se trouvaient derrière eux. Une boisson
jaunâtre se trouvait devant la femme et une tasse grisâtre devant l’homme.
L’ambiance n’était point festive.
Edgar rentra chez lui, lut son journal, qui parlait du régime fragile de la
troisième République, le régime parlementaire. Le journal consacrait également
quelques pages aux nouvelles inventions telles que le moteur à explosion de
Nicolas Ottos et le téléphone de Alexander Graham Bell.
A midi, en mangeant, il raconta à sa femme la scène d’intérieur qu’il avait
contemplée tristement au café Guerbois. Puis il dit à sa femme qu’il
représenterait cette scène sous forme d’un tableau. Ensuite Edgar expliqua à
Huguette pourquoi les personnages du café semblaient si malheureux: il pensait
que c’était à cause de la société, des moments oppressants de la vie moderne.
Après le déjeuner, il alla dans son atelier de peinture, prit une toile et
reproduisit la scène du café avec une objectivité parfaite, dans une scène
réelle et complète. Edgar resta de très longues heures à confectionner avec
tout son cœur ce tableau, qu’il nomma “Le Café ou L’Absinthe”.
488. Camille Pissarro Gelée Blanche ». ORSAY11
En 1863, lors de son exposition au « salon des refusés », Camille
Pissarro se fait remarquer car c’est le premier artiste que l’on peut rattacher
au mouvement impressionniste.
Lors de sa première exposition impressionniste en 1874, il présente « Gelée
Blanche ». Cette dernière fait scandale et voici son histoire.
Après quelques expositions, Camille partit pour Eragny-sur-Epte, avec son ami
Paul Gauguin, à la recherche de nouvelles sources d’inspiration. Ils logèrent
dans la maison de campagne de Paul. C’était un lieu idéal pour sa vocation de
paysagiste, vu la diversité des paysages alentours.
Après une nuit calme et glaciale, dès l’aube, ils furent réveillés par la lueur
du soleil qui s’échappait des volets entrouverts et qui laissait voir une fine
couche de neige qui s’était déposée dans la nuit.
La réserve de bois étant épuisée, ils décidèrent d’aller en chercher. Pour
cela, machette à la main, ils partirent couper du bois dans la forêt
avoisinante.
Ils traversèrent de nombreux champs avant d’arriver à la forêt. Pendant deux
heures, ils coupèrent du bois et le rapportèrent. Sur le chemin du retour,
Camille était à la traîne. Il s’arrêta, sortit son porte dessin et fit
rapidement un croquis de son ami portant son fardeau de bois.
Le reste de la journée, il tenta de reproduire son croquis, pour en donner une
œuvre réelle et vivante ; en vain. Le lendemain, Camille persuada son ami Paul
Gauguin de retourner sur les lieux de l’œuvre pour finir d’améliorer les
détails. Mais hélas la neige qui était sur le croquis n’apparaissait plus d’où
le peu de neige sur le tableau.
489. wiertz_inhumation
Je m’appelle Antoine
Wiertz ; mon histoire se passe en 1854.
J’habitais alors à Bruxelles, j’avais 48 ans et je pratiquais la peinture.
C’est dans ces années-là que je me passionnais pour tout ce qui tout ce qui
concernait « l’au-delà de la mort » car mon père avait été incinéré quelques
années auparavant ; c’est pourquoi la mort m’inspirait énormément. La preuve en
est avec mes œuvres La belle Rosine et Pensées et vision d’une tête coupée.
Un jour, je vis les chambres funéraires de Bruxelles grandes ouvertes, sans
personne qui les gardait. Pris par la curiosité, je m’approchai tranquillement,
l’air triste, en pensant à mon père, et descendis les escaliers qui menaient
dans une sorte de cave. Je me retrouvai près d’un grand four, me disant que
cela devait être la pièce où l’on incinérait les cadavres. A ma gauche se
trouvait un long couloir. Je me dirigeai dans cette direction quand soudain le
couloir déboucha sur une salle où l’on entreposait tous les cercueils avant de
les porter à l’incinération. Je m’approchai d’un des cercueils et par curiosité
j’essayai de l’ouvrir doucement. Soudain le couvercle de celui-ci me glissa
d’entre les doigts et fit un bruit fracassant. Je voulus retenter ma manœuvre,
mais un bruit sourd provenait de l’intérieur du cercueil !! Par peur je reculai
et … je vis… le couvercle du cercueil s’ouvrir en face de moi et une main
vivante en sortir. Terrifié et angoissé, je pris la fuite.
Deux ou trois jours plus tard, j’étais devant une toile, je trempais mes pinceaux
dans une peinture mate de ma composition. Je commençais à mettre en place les
lignes directrices, en noir, c’est-à-dire les cercueils et la voûte d’où je
venais ; ensuite je changeai de pinceaux et commençai à charger le tableau en
couleur, avec du marron, du jaune….. Je décidai d’appeler ce tableau «
L’inhumation prématurée ». Quand j’y repense : c’était un mort vivant dans la
chambre funéraire !!!
490. Louis Gallait, Les derniers honneurs rendus aux comtes d’Egmont et de Hornes, gallait_egmont
L’hommage rendu à nos
héros
Un soir d’hiver durant l’année 1851, n’ayant aucune envie de dormir, je sortis
dans la rue malgré les risques. Je vis une église au loin qui n’avait plus de
clocher et qui avait été pillée à cause des guerres de religion qui s’était
installées dans mon pays. Un groupe de fantassins allait vers ces ruines
d’église, alors je profitai de leur passage pour bénéficier de leur protection
car la famine s’était étendue tel un fléau. Il n’était pas rare de se faire
dépouiller à chaque coin de rue.
Les gardes et moi entrâmes dans cette église et là je vis des morceaux de bois
formant une croix, comme des tombes dont les noms auraient été effacés
par le temps. Je savais que c’étaient les « tombes » de deux des héros
révolutionnaires de mon pays qui s’étaient battus honorablement pour notre
indépendance. J’appris par l’un des gardes qu’ils avaient été décapités le 5
juin 1568 à Bruxelles et que ces personnes n’avaient pas eu de funérailles
dignes de leur courage. Alors pour réparer cette injustice, je pris mon bloc à
dessin et fis un croquis ; mais à la place de ces deux « tombes », je fis un
lit sur lequel ils reposaient avec tous les fantassins autour d’eux pour leur
rendre hommage.
Je dus partir le lendemain car je fus appelé à Versailles. Là-bas, je fis une
toile immense et l’envoyai au pays pour que personne ne les oublie
jamais.
491. Nadar catacombes
Un soir de l’hiver 1888 où il était assis au coin de la
cheminée, Edouard se rappelait une histoire que son grand-père lui avait
racontée quand il était jeune. A l’époque il devait avoir aux alentours de
douze ans mais il était déjà fasciné par les récits de son grand-père. Il faut
dire que la famille Détaille a une place dans l’histoire de la guerre française
car le grand-père d’Edouard fournissait des armes pour le compte de Napoléon.
Epuisé, Edouard alla se coucher en gardant à l’esprit ce souvenir de jeunesse.
Une fois dans un sommeil profond, il se mit à imaginer et vivre ce moment.
Toute la nuit, il rêva qu’il était sur un champ de bataille avec ses
compatriotes. Ils dormaient tous d’un seul œil, prêts à bondir sur leurs armes
pour tenir leur position face à l’ennemi.
Chaque homme rêvait qu’ils sortiraient glorieux de la bataille. En effet, à la
lueur de l’aube, le ciel laissait croire que la guerre serait sans dommages et
sans pertes, car les nuages prenaient la forme d’une armée revenant du combat,
tout en laissant apparaître la vérité, représentée par le sol obscur et
sinistre.
Quand Edouard se réveilla, il n’arrivait pas à le croire : les récits de son
grand-père étaient une telle source d’inspiration ! Quand il reprit ses
esprits, il décida d’immortaliser ce moment intense, partagé entre les faits
réels et son imagination.
Il réalisa une peinture qui illustrait son rêve, se souvenant des leçons
d’Ernest Meissonnier qui lui avait appris la finesse de l’exécution et donné le
goût de l’observation précise.
Il y a sept ans, après avoir fait le panthéon Nadar, j’ai décidé d’aller aider
mon frère Adrien à monter son entreprise. Puis, j’ai découvert que celui-ci
utilisait mon pseudonyme comme signature à ses œuvres. Je me mis alors à mon
propre compte et ma carrière atteignit son apogée ; Dumas, Gautier, Rossini,
Berlioz passèrent dans mon atelier.
C’est là que je décidai de faire des choses que personne n’avait jamais osées,
comme en 1858 avec la photographie du monde vu du ciel. Deux ans plus tard, je
me lançai dans un projet aussi fou, photographier des endroits non éclairés à
l’aide d’une lumière artificielle avec des piles bunsen. C’est ainsi que je
photographiai les catacombes.
Je me rendis dans les catacombes de plusieurs villes et c’est à Paris que je
trouvai les meilleures. C’était une grande allée, les parois étaient faites de
crânes. Je plaçai le projecteur du côté gauche de l’allée. Je ne pris pas la
photographie de face, mais en perspective, de façon à faire ressortir les
crânes et à accentuer le côté lugubre de l’allée, avec le dégradé que fait la
lumière. Plus on s’éloignait, plus l’image était sombre.
C’est l’une de mes photographies préférées.
492. Degas, Le tub ORSAY7
Gustave marche pour rejoindre son ami Edgar. Gustave a treize ans, il est le
fils de M. et Mme Lyo. Depuis quelque mois, il a rencontré Edgar qui est un
artiste de cinquante-quatre ans. Edgar est né à Paris en 1834, il aime le
dessin, la musique et beaucoup d’autres choses. Il a fait de nombreux voyages
en Italie, car il aime le style des grands maîtres tels que Raphaël. Edgar
raconte ses tableaux et ses histoires au jeune Gustave.
" Ah ! Te voilà, je t’attendais. Aujourd’hui je vais te raconter
l’histoire d’un de mes tableaux qui est sans doute pour toi comme les autres
tableaux de sa série, et pourtant celui-ci est complètement différent. Il
s’agit du Tub.
- C’est vrai qu’il se confond avec les autres, mais qu’a-t-il de si différent ?
- Et bien, ce tableau je l’ai peint en 1886, il y a deux ans. C’était un soir
d’automne, j’habitais déjà à Paris, dans un petit appartement. Ma voisine de
palier s’appelait Estelle. Elle était belle, tous les hommes lui faisaient la cour.
Un soir, j’étais sorti avec des amis et en rentrant chez moi, j’entendis des
hurlements atroces. Je n’étais pas très courageux de nature, mais par
curiosité, je m’approchai discrètement des cris. Je reconnus alors Estelle. Que
faisait-elle dehors à cette heure ?
Quand je compris ce qui lui arrivait, il était trop tard pour intervenir. Je la
ramassai en pleurs et je la reconduisis chez elle. Là, elle me demanda si je
pouvais rester avec elle pour la nuit. J’acquiesçai. Je remplis une bassine
d’eau chaude et j’allai sur une chaise un peu à l’écart. A ce moment, je sortis
mon bloc sur lequel j’étudiais mes esquisses. Et je la dessinai nu, accroupie
dans le bac. Son visage exprimait tout son dégoût et sa rage. Elle était
toujours belle. En rentrant chez moi, je pris mon chevalet et je fis de
l’esquisse, le Tub. A partir de cette œuvre, je peignis une série de femmes à
leurs toilettes quotidiennes, non pour me souvenir de ce viol, mais seulement
parce que j’avais aimé la dessiner dans toute sa simplicité et j’aimais qu’elle
soit nue face à moi.
- Mais vous n’avez rien fait pour elle et elle s’est laissée dessiner ?
- Je t’ai dit que je n’avais rien pu faire et elle était tellement désemparée
qu’elle ne voyait pas que je la dessinais.
- Je vous remercie pour cette histoire. Je reviendrai demain, car il est déjà
dix-sept heures et qu’il faut que je rentre avant la nuit.
- D’accord. Bonne soirée mon petit.
- Merci, vous aussi M. Degas.
493. J.L David Marat assassiné louvre (17)
Les gens hurlaient à perdre haleine, certains même pleuraient ou chantaient,
d'autres ne disaient rien, les rues de la ville étaient boueuses en hiver,
poussiéreuses en été, l'hygiène était précaire ; voilà l’ambiance dans laquelle
je vivais. Ma vie n’était qu’illusion, j’était très malheureux. Je vivais seul,
recroquevillé sur moi-même en attendant que la vie me prenne.
Le seul rayon de soleil qui a sut transpercer ma vie sombre
est Charlotte. Comme chaque matin, l’allais chercher le nécessaire pour vivre.
Mais ce matin-là, je l’ai rencontrée alors que je marchais tranquillement. Au
moment où nous nous sommes croisés, nous nous sommes mutuellement dévorés des
yeux. Je l’ai observé longuement. Elle avait les cheveux ors et les yeux si
bleus, si profonds en émotions qu’elle me fit rougir un instant. Je crois que
l’on peut dire que j’avais eut le coup de foudre ! C’est alors que je me suis
mis à la suivre pour ne pas mourir de solitude, il fallait que je la
conquérisse. J’ai donc décider de l’aborder, ce que j’ai fait. Quelques jours
plus tard alors que nous avions fait plus amples connaissances, je l’ai invitée
à prendre le thé chez moi. Après avoir longuement discuté de choses et
d’autres, nous avons fait l’amour comme jamais je ne l’avais fait auparavant.
Malheureusement après ce rayon de soleil, est arrivé
l’orage. Alors que je menais la révolution, je fus emprisonné car j’avais voté
la mort de Louis XVI, ainsi qu’invité le peuple à se révolter à travers le
journal que j'avais créé : « L’homme du peuple ». Cette lettre que vous lisez
en ce moment, j’ai commencé à l’écrire en prison. Dans cet endroit lugubre, je
suis retombé dans l’hombre de la solitude, je me suis demander si ce n’est pas
à cause de Charlotte que j’ai croupi en prison. Je me demandais si ce n’est pas
elle qui m’a trahis. J’avais une entière confiance en elle mais elle seule
savait ce que je faisais. Après être sorti de prison, j’étais un homme fini. Je
suis allé voir un peintre de bonne renommée et je lui ai demandé de me peindre.
J’ai demandé à J.L David, le peintre, de peindre ma mort. En effet je voulais
me suicider mais je voulais qu’il reste une trace de moi dans ce monde si
cruel. Je voulais qu’il l’intitule la peinture « Marat assassiné » !! Je
n
e voulais pas que l’on sache que je me suis suicidé. Alors que la toile,
les pinceaux, les peintures et le peintre étaient prêts, je me suis installé
dans ma baignoire, j’ai relu pour la dernière fois la lettre et je me suis
suicidé. Je suppose que David a dû commencer à peindre, certainement à
contre-cœur et avec des traits de pinceaux assez tristes ou peut être ne
l’a-t-il pas fait, peut être n’a-t-il pas eut le courage de le faire. En tout
cas, ce que je sais, c’est que je ne suis plus là pour le vérifier.
Marat.
494. Nadar Charles Baudelaire au fauteuil. ORSAY1
Voilà maintenant une heure que je suis dans mon atelier, l’ennui et la
lassitude ont envahi la pièce. Le temps s’est couvert, un nuage obscure a
assombri le ciel, les premières gouttes de pluie sont tombées. Il y a quelques
années, alors que le ciel ressemblait à celui-ci, j’ai réussi à faire une
photographie exceptionnelle de mon ami Charles.
En cette période, Charles Baudelaire était
très occupé par son travail de critique d’art. Cela faisait plusieurs jours
qu’il effectuait d’épuisants trajets pour se rendre dans des galeries d’art
afin de trouver la perle rare pour ses revues critiques. Charles ne veut pas
accepter que la photographie fasse partie de l’art, pour lui, elle ne suscite
pas l’imagination que provoquent les écrits, c’est malheureusement le sujet
principal de nos malentendus. Malgré sa façon de penser, il m’a quelques fois
demandé de le photographier.
Un soir, alors que nous nous étions disputés la veille, il me donna rendez-vous
à la terrasse du café de la rue Saint-Lazare, à deux pas de mon atelier. Nous
bûmes une boisson chaude, il me regarda très sérieusement et me dit :
-Demain, je suis convié à participer à une exposition de tableaux, et je
souhaite que vous m’accompagniez.
Je restai surpris et il s’en aperçut :
-Pourquoi voulez-vous que j’aille avec vous ?
-Je veux vous montrer combien la peinture et la photographie sont différentes,
et que vous fassiez appel à votre imagination en contemplant ces œuvres d’art.
Ses mots m’ont permis de comprendre que Charles avait gardé un goût amer de
notre discussion de la veille, c’est un ami cher alors je ne pus refuser son
invitation.
Le lendemain, je me rendis avec lui dans cette galerie, la pièce était très
vaste, les tableaux recouvraient tous les murs. Charles scrutait le moindre
détail et prenait des notes tandis que je discutais avec certains peintres.
Quand il eut terminé, il revint à mes côtés et m’interrogea :
-Est-ce que cette visite vous a fait changer d’avis sur la photographie ?
-Je dois vous avouer que non, lui répondis-je, mais il est vrai que ces œuvres
ne m’ont pas laissé indifférent.
Il me sourit, il semblait être satisfait de ce qu’il venait d’entendre. Je lui
proposai de venir se détendre un instant dans mon atelier, il accepta avec
joie. En arrivant, il se dirigea directement vers le fauteuil qui se trouvait
devant la cheminée au fond de la pièce, le temps s’était gâté.
Je lui offris un café, il but et se plaça de manière confortable et à l’aise au
fond du fauteuil, il posa son coude sur le bras de celui-ci et laissa sa tête
se glisser lentement sur la paume de sa main. Il semblait être absent, il
souriait légèrement, et sans qu’il ne le remarque, je pris mon appareil
photographique, l’occasion était inespérée. Charles, pour la première fois,
depuis longtemps, se laissa aller, mon cœur battait vite, je le sentais cette
photographie serait ma perle rare. Aujourd’hui, elle reste cachée quand Charles
Baudelaire vient me rendre visite, je ne souhaite pas qu’il m’oblige à m’en
séparer.
495. Léonard de Vinci Saint Jean-Baptiste 1513-1516 Louvre (30)
Un noir épais et résistant, une obscurité presque
omniprésente qui déteint sur le Monde. Et dans cet univers sans espoir, un
homme se dresse, qui rit de l’ironie du sort. Il rit, assurément, il rit de la
vérité limpide, transparente même. Cela est simple : tout provient, dépend et
retourne à Celui qui aime tous ses sujets, Le Créateur. Mais les peuples se
détournent souvent de l'évidence pour chercher la lumière dans le noir alors
que cet homme qui sait, lui, irradie la naïveté et la complicité de l’enfance,
les clés du savoir et de la paix. Sa chevelure bouclée tombe sur un buste
dénudé qu’un unique drap suffit à habiller. Une longue croix de bois
contre le cœur, l’homme la désignant de la main droite en même temps que les
cieux, montrent la voie à suivre. C’est dans cet habit pieux que l’homme
éclairé, Saint Jean-Baptiste, enseigne une doctrine mal aimée de tous. La
lumière céleste qui l’accompagne, la grâce divine qui éclaire sa longue route,
da
ns la nuit de l’ignorance guide le prosélyte dont le labeur ne peut
éteindre la ferveur du passionné. L’obscurité environnante recule même devant
la chaleur de celui qui reflète la vie sur son visage, la bonté dans le sourire
et le bonheur dans des pommettes dignes du plus heureux des hommes :
l’incroyant éclairé !
496. Ernest Benecke Orient3
J’ai décidé de choisir une image dans la rubrique « Voyages
en Orient », titre qui, déjà, parsème la tête de beauté, de senteurs, et avant
tout de vérité. Cette photo est prise par en Nubie qui se situe au centre de
l’Afrique. Cette photo est effectuée en 1852 soit plus d’un siècle et demi en
arrière. J’ai choisi cette image dès l’instant où elle m’est apparue à
l’écran, sans hésitation, cette photo m’inspire énormément et m’emplit d’une
admiration comparable à celle des enfants qui découvrent pour la première fois
un feu d’artifice. Ce qui m’a charmée sont les teintes de la photo, un peu de
noir, de blanc et quelques couleurs très discrètes comme l’ocre viennent
apporter une touche de chaleur bien que l’image même représente un symbole
d’amour et de chaleur à mes yeux.
Ce qui m’a frappé lorsque j’ai vu cette image c’est avant tout la simplicité et
la vérité qu’elle dégage, je ne saurais l’expliquer mais je me retrouve totalement
dans cette image.
Au premier plan, on aperçoit deux femmes africaines, l’une est petite, un peu
courbée, elle tient un enfant dans ses bras, elle le tient avec protection et
bienveillance, à côté d’elle, une autre femme, plus grande, elle est pourvue de
toute la splendeur africaine, elle doit être la fille de l’autre femme et la
mère de l’enfant que celle-ci porte. Les deux femmes sont habillé