Concours "des mots pour voir"
session 2004
Textes en français langue étrangère catégorie A moins de 16 ans et demi
De
516 à 551
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516. Caravage Alof de Wignacourt, Grand Maître de l'Ordre de Malte et son page vers 1608 huile sur toile louvre (1)
Je m’appelle Simon de Lys. En cet an de grâce 1608, j’ai douze ans. Je suis le
serviteur du Fra Alof de Wignancourt,
chevalier de l’Ordre de Malte, un bon chevalier, et
un homme très sympathique envers ses serviteurs.
Aujourd'hui, mon Seigneur m’a appelé vers lui et m’a dit qu’il sentait qu’il
vieillissait, il le sentait dans ses os, et, plus encore, il le sentait dans
son cœur. Comme je ne savais pas comment répondre à cette confession, je suis
resté devant lui, les yeux baissés.
Soudain, il m’a pris par le menton et, dirigeant mon regard vers son visage, il
m’a demandé si je pouvais voir sa vieillesse. Bien sûr, j’ai répondu que non,
qu’il avait toujours l’air d’un chevalier jeune et fort.
Mais je n’ai jamais eu un talent pour mentir, et il a vu la vérité dans mes
yeux. Il a ri, sans humour. Puis, d’un coup, il m’a lâché et m’a dit d’aller
trouver un peintre talentueux pour peindre son portrait, car il ne voulait pas
attendre d’être devenu moche et déformé par l’âge. Non, il voulait qu’on se
souvienne de lui tel qu’il était dans le printemps de sa vie.
Moi, comme je n’avais aucune connaissance de l’art ou des peintres, je ne
savais pas quoi faire. Je suis allé demander à un autre membre de l’Ordre. Il m’a dit qu’un peintre très talentueux avait été
fait chevalier de l’Ordre très récemment. Il avait
décoré l’Eglise Saint Louis des Français, aussi
appelée la Chapelle Cantarelli. Ce chevalier
s’appelait Fra Michel-Ange, mais il était plus connu sous le nom de Caravage.
Je suis allé chercher cet homme, car il n’habitait pas très loin, à deux heures
de marche. Quand j’ai rencontré Le Caravage, je lui ait tout expliqué, et j’ai
indiqué la somme que mon Seigneur était prêt à offrir.
L’artiste était très gentil et chaleureux, mais quand j’ai dit ce que mon
seigneur voulait, il est devenu froid, et ses paroles étaient à la limite de
l’impolitesse. Finalement, il m’a regardé droit dans les yeux, et il m’a dit
qu’il ne ferait plus de peintures, que les peintures l’avaient
conduit à un exil pour échapper à la peine de mort, et qu’elles n’apportaient
que des problèmes aux peintres.
Mon visage a dû trahir ma déception, car j’ai vu de la pitié dans ses yeux, et
il avait l’air d’être vraiment désolé quand il m’a raccompagné jusqu'à la
porte. Mais il était ferme et il n’a pas changé d’avis.
J’ai commencé la longue marche jusqu'au château de mon Seigneur. Il commençait
à faire noir, alors je n’ai pas vu le visage de l’homme à cheval qui me
dépassait sur la route. Mais j’ai vite oublié l’incident, et j’ai continué, en
pensant à la colère de Fra Alof quand je lui dirais
que j’avais failli à ma tâche.
Quand je suis arrivé au château, j’ai entendu les voix de deux hommes dans le
grand salon. Une était très clairement celle de Fra Alof,
et l’autre avait un air étrangement familier.
J’étais sur le point de continuer jusqu'à la cuisine, mais la porte s’est
ouverte à ce moment et Fra Alof est sorti. J’ai
essayé d’échapper à sa rage, mais il m’a vu.
Etrangement, il avait l’air très content, même enthousiaste.
Il a vu ma peur et il a ri, gentiment. C’est à ce
moment-là que j’ai vu que l’autre homme était Le Caravage. Apparemment, il
avait changé d’avis au
dernier moment, et il allait peindre le portrait sans être payé, à une seule
condition : que je sois dans le tableau avec mon maître.
Fra Alof était tout à fait d’accord, alors le
lendemain, avec mon Seigneur en tenue de guerre et moi avec son casque dans les
mains, Le Caravage a commencé à peindre le tableau « Grand Maître de l’Ordre de Malte et son Page ».
517. Odilon Redon Le Bouddha vers 1908 Pastel sur papier Orsay16
Dans un jour ensoleillé le Bouddha se promenait dans les
montagnes. C´était le midi et il se sentait un peu fatigué. Il s´est assis sous
un grand vigoureux arbre. Toute sa vie il pensait pourquoi les gens sont
malheureux;et il réfléchissait maintenant. En mangeant
les fruits, qu´il a trouvés,il observait la nature:des
arbres, des animaux, d´oiseaux,des fleurs, d´eau. Ils étaient si beaux! Mais
pourquoi? Peut être ils savaient qu´est-ce que sera demain, ils savaient le but
de ses vies. Mais les gens? Chacun a le but de lui même, mais quel est
l´objectif de toutes les personnes sur cette Monde ensemble? Nous ne le savons
pas. Nous tendions à l´inconnu. Peut être nous sommes malheureux parce que nous
ne savons pas qu´est-ce que nous voulons précisément.
Le Bouddha a mangé son dernier fruit, s´est levé et est allé plus loin en
pensant.
518. Eric Hector Sans titre Photographie numérique retravaillée. PHN 5
A Anibul, une petite ville située non loin de votre
ville, habitaient un brave homme très sage avec son
fils, sa belle-fille et ses petits-enfants. Malheureusement ça fait bien
longtemps que M. Bernard est resté veuf. Il aimait beaucoup sa femme. Ils
avaient passé de nombreuses années ensemble, mais un accident inattendu a pris
la vie de Mme Camille. Toute la famille portait le deuil dans leurs âmes.
Cependant, dans cette ville il était étrange qu’une famille soit tellement
unifiée. Les gens chuchotaient que les forces du mal étaient entrées dans la
grande maison bleue des Bogens.
Dans sa jeunesse M. Bernard était un garçon mystérieux et toujours pensif,
comme s’il habitait une autre planète. Les autres enfants évitaient de jouer
avec lui, les adultes le regardaient fixement. Mais sa seule
vice c’était qu’il était orphelin et vivait grâce à la bonté des vieux. On peut
dire qu’il passait les heures dehors et dormait sous le ciel couvert d’étoiles
toujours brillantes et scintillantes. Les autres ne l’aimaient pas parce qu’il
avait l’air négligé. Ses yeux clairs, son teint pâle et les cheveux en bataille
suggéraient peut-être d’un extraterrestre. En tous cas, on trouvait un charme
particulier en ce visage souriant. Peut-être peut-on chercher la raison de ce
mépris des gens dans sa légèreté d’accepter les problèmes, dans sa sincérité
surnaturelle… Pourtant, chacun avait son explication.
A l’âge de 25 ans, il était déjà un beau jeune. Et même s’il était toujours
tellement intéressant, les jeunes filles ne pouvaient pas laisser surpasser ce
charmant gentilhomme. Cependant son cœur appartenait à une seule fille- son
idéal, Camille. Elle avait 20 ans quand ils se sont mariés, tandis que leur
romance avait commencé 2 ans plus tôt. Camille était une fille brillante, très
jolie et sympa. Ses cheveux tombaient comme une chute d’eau; ses yeux
étincelants parlaient eux-mêmes. Les deux jeunes s’aimaient si fort parce
qu’ils étaient sincères, jamais menteurs ou envieux. Ils étaient toujours prêts
à aider bien que les autres se moquent d’eux. La seule différence entre eux
c’était que Camille était riche. Son père était chef de l’entreprise la plus puissante
dans la région. Bernard lui a plu beaucoup et il était pour l’amour des jeunes.
Même il l’a aidé à se former. Bernard était très capable et le meilleur élève.
Pour 5 années, il est passé tous les cours d’enseignement.
La nature l’avait doué d’un esprit de fer, aigu comme la lame.
Et alors, les années passaient. Camille et Bernard n’étaient plus si jeunes,
mais ils étaient toujours ensemble tant bien qu’au temps de bonheur qu’au temps
de mal. Les parents de Camille sont morts une dizaine d’années après le mariage
de leur fille; mais ils ont décédé certains pour la destinée de leurs enfants-
ils les avaient appelés de telle façon. M. et Mme Bogens
n’avaient qu’un fils- Philippe. Ce petit garçon a reçu tout l’amour de
ses parents et, comme eux, il est devenu un homme qui appartenait à tout ce
qu’il faisait. Il avait très peu d’amis mais il était persuadé qu’ils étaient
de vrais amis. Son enfance est passée sous le signe de la solitude; pourtant il
était un heureux enfant qui comprenait, même à un âge si fragile, qu’il y a des
gens et des gens, c’est-à-dire on ne peut pas sе comporter avec tous
d’une même manière.
Philippe a grandi et ses parents lui ont donné une éducation parfaite. Il a
reçu des connaissances de tous les pays, il était un génie. Pendant l’un de ses
voyages à l’étranger, il a rencontré sa femme Nadine- un être si fragile et
intelligent duquel il a tombé amoureux de premier regard. Alors, il l’a
épousée. C’était le jour le plus satisfaisant pour toute la famille. Nadine a
donné deux petits-enfants à Bernard et à Camille qu’ils aimaient infiniment. On
pouvait dire que c’était la famille parfaite, également l’unique dans laquelle régnait l’amitié et l’amour. Eh bien, tout paraissait bien
jusqu’à ce que Camille soit morte. C’était la chose la plus choquante dans la
vie des Bogens. Comment une vielle dame
peut-elle mourir en traversant la rue? Personne dans la famille ne
soupçonnait guère que ça pourrait être un crime… Malheureusement leur bonté
était à la frontière de la naïveté.
Un jour d’automne M. Bernard a réuni ses proches et leur a demandé de le suivre
dans une édifice à la périphérie d’Anibul.
Pourquoi un tel secret? Philippe était vraiment inquiet. Ses petits-enfants
étaient à l’âge de 12 et 15 ans, son fils à 37 ans et Nadine-33 ans. Le pauvre
vieux avait déjà 72 ans. Ils avaient passé 7 ans sans l’aimée Camille. Bernard
sentait un creux dans lui-même et pensait que sa fin approchait.
Le lendemain, tous sont allés dans cet édifice qui, en effet, était un bâtiment
sombre et dégoûtant. Il semblait être laissé à l’époque pour le détruire. Mais
certainement c’était un souvenir très fort de la vie de Bernard. Une larme a
coulé sur son visage, son cœur était déchiré. Philippe a regardé vers Nadine et
leurs enfants. Un moment de silence… et on est entré. Là-dedans était humide,
des murs représentaient une galerie de carreaux, sur le plafond on voyait des
trous- peut-être les systèmes de ventilation. Bernard s’est arrêté sous un de
ces trous, où on distinguait un rayon de lumière pénétrer dans cet
endroit. Les autres, eux aussi sont restés sur place et ont fixé leurs yeux
vers Grand-Père. Il s’est appuyé sur le mur comme
s’il était en train de s’évanouir et a commencé à parler:
“ Mes enfants, vous trouvez peut-être étrange de vous avoir amené ici. Mais
écoutez bien, c’est l’endroit où je suis devenu homme. Personne ne savait mon
histoire sauf feu Camille. Ces derniers temps j’entends sa voix, elle m’attend.
Je pense que c’est absolument ici où je veux mourir. Eh alors, je ne peux pas
le faire avant de vous faire connaître ma vie, telle qu’elle est. J’étais très
petit quand j’ai perdu mes parents. Pendant la plupart de ma vie j’étais
rejeté, inutile. Mais c’est exactement Camille et ses parents qui m’ont rendu
le bonheur d’être en vie. Eh alors pourquoi cet édifice? A l’époque c’était un
bâtiment vraiment frappant où se réunissaient toute la
ville. Moi, je n’avais pas la permission d’y assister. Mais, j’avais l’envie
d’être une partie de la société et la seule possibilité de le faire était de se
cacher dans ce puits. Là-haut c’est très étroit et froid mais je pouvait observer les autres sans qu’ils s’aperçoivent. Je passait des nuits dans cet endroit
et tout était intéressant. Je connaissait les
autres mais ils ne le savaient pas. Je peux dire que j’étais un vrai
psychologue. Mais un jour…( il a perdu haleine)…j’ai
vu…j’étais témoin…d’un…d’un meurtre. Le meurtre d’un garçon pour lequel j’ai
compris plus tard qu’il était mon frère…En effet, mes parents n’étaient pas
morts, tout simplement ils ne m’aimaient point.
Mon frère qui m’évitait, était mort…Quelques années plus tard je suis allé
chercher mes parents. Mais ils m’ont envoyé comme un chien. J’ai compris que ce
n’est pas nécessaire de se battre pour des causes vouées à l’échec.
Mes enfants… soyez fiers de vous mêmes, ne vous
laissez pas dans les mains de l’injustice et toujours, quand vous voyez cette
édifice, souvenez-vous de moi. Ce bâtiment m’a aidé à comprendre que ce monde
est plein d’hypocrisie et de mépris. Mais vous de devez pas vous laisser gagner
par ça. J’ai exécuté ma mission sur terre. J’ai créé une famille pas
comme les autres et soyez sûrs- c’est seulement elle qui restera dans
l’histoire. Je vous ai montré les vertus d’un vieux qui a l’expérience des
années.”
Cette situation était très souffreteuse pour tous. Ils se sont rendus compte
qu’ils avaient la possibilité d’inventer leur vie. Le Grand-Père
s’est allongé sur terre, au même endroit où son frère était mort. Il a tendu
une feuille aux petits, a regardé vers le ciel qui était dans son âme et a
rendu le dernier soupir. Les larmes coulaient sur les visages de la famille.
Ils restaient seuls à se défendre contre l’injustice dans la vie. Les petits
étaient bouleversés de la vérité dans les mots de leur grand-père. Bernard est
mort content de sa vie, prêt à revivre avec sa inrépétable
Camille. Philippe a enterré son père et a prononcé à voix basse penché sous son
tombeau: “ Je suivrai ton chemin sur terre, tu m’as montré la vraie
voie…” et a jeté une rose blanche.
Les petits, quand ils sont restés tout seuls, ont lu le mot de son grand-père
qu’ils honoraient. Il était écrit:
“ Mes chers petits. Je voudrais vous dire que je vous aime de tout mon cœur. Je
sais que vous êtes encore petits, mais je sais encore que vous me comprenez
bien. Ecoutez – ne souffrez pas quand on vous repousse, ne vous en voulez aux
autres, répondez-leur avec un sourire. D’autre part, soyez sûrs en vous-mêmes,
aimes-vous, soyez amis. Rappelez-vous l’édifice ancien à côté de vous, elle
vous parlera toujours quand vous avez besoin de mon aide. Vous êtes nés puisque
l’univers a besoin de vous. Trouvez vos places!!!”
Les petits se sont regardés et ont promis de suivre les mots de Bernard.
Et vous aussi, réfléchissez…
FIN
519. Photographie Constance(1)
Energique, la moitié des jambes dans le lac, elle se tourne vers la lumière et
jette les trois pierres dans l ‘eau simplement mais en même temps
gracieusement. C’est ce mouvement qui reste dans ma tête et me fascine.
Je m’en souviens comme si c’était hier. Il y avait une atmosphère mystérieuse…
je dirais même que je n’aurais pas pu définir l’ambiance. Les montagnes,
foncées, traversant le paysage de gauche à droite, marquaient un grand
contraste avec le ciel blanc et l’eau calme brillante. Devant les montagnes, un
bateau a longtemps circulé avec ses voiles déployé, ce qui a intensifié le
sentiment de liberté, qui me transportait jusqu’au ciel. Elle était libre-dans ces pensées et enfin aussi dans ses décisions.
Mais d’abord elle avait ses devoirs comme l’épouse, pour tout le monde sauf
elle-même. N’avait-elle pas eu raison? Elle voudrait être heureuse. Sans lui,
elle aurait pu y arriver. Peut-être..
Lorsque le soleil arriva à un certain point et qu’il illumina une grande partie
du lac, elle est entrée dans l’eau. Les vaguelettes sont entourée
et une onde s’est formée, la fondant dans l’élément. Elle attendit sans bouger.
Le soleil lui caressa gentiment le visage. Elle passa les trois pierres de sa
main gauche dans sa main droite. Puis elle a pris un élan, s’est tournée
formant une axe imaginaire avec le bateau. Son
mouvement m’a fait penser à un proverbe, que ma mère m’a raconté: «
Tourne-toi vers le soleil, et laisse ton ombre tomber derrière toi ». Pour
elle, le soleil s’était déjà couché et elle le savait bien. C’est peut-être
pour cela qu’elle fit un dernier mouvement vers le bonheur, sa dernière chance
de se sentir satisfaite pour finalement arrêter de lutter. Elle en avait fait
assez, le temps de se reposer était venu.
L’eau a séparé la lumière en noir et blanc. Comme la vie, il y a toujours deux
côtés. Est-ce que j’aurais pu prendre une autre voie ? Je ne sais pas. Il est
trop tard pour se poser cette question.
En y repensant, je me suis demandé pourquoi elle a jeté trois pierres. Une pour
le passé, le présent et le futur? Ou représentent-elles l’amour, la haine.. la vie ?
Mais je sais une chose : elle et son destin difficile resteraient toujours le
plus grand secret de ma vie.
520. Eugène Delacroix Jeune orpheline au cimetière 1824 Louvre (4)
LA LIBERATION DE LA GRECE (1924)
On dit de moi «un romantique»
Est-ce parce que je suis touchant?
Ou tout simplement une critique?
Moi je pense aux jeunes sans parents
Je ne sais pas ,mon âme pleure
Comme la femme dans ce cimetière
Qui souffre d' avoir perdu sa soeur
Par chance,je n' en suis pas le père.
J' aurais pu rester insensible
Mais son visage me fascine
Le coeur lourd,avant invincible
Et je souffre mais pas de famine
Pire encore.Je suis ébloui:
Tant de tristesse.Mes prières
Vont à ceux qui ont mal,elle aussi.
Par chance,je n' en suis pas le père.
Cette jeune orpheline représente
La souffrance de la guerre brûlante
Ces cris incessants dans ma tête
Dois-je tuer?La guerre me
tente
Elle soulève tant de questions
J' aimerais vivre dans une autre ère
Nous sommes dans un monde sans raisons
Par chance,je n' en suis pas le père
...
521. khnopff_bruyère
Debout devant son chevalet, il contempla sa toile d'un
regard las, sans inspiration. Cette attitude ne lui ressemblait pas mais il
était pressé par le temps, et cela le bloquait complétement.
Il revoyait clairement le visage de l'homme qui était venu quelques jours
auparavant pour lui demander s'il pouvait plaçer une
commande:
-Monsieur Fernand Khnopff?…
-Oui, c'est moi. Qu'est-ce que vous voulez?
-Excusez-moi de vous déranger. Je voulais juste vous poser une question… Est-ce
que vous acceptez les commandes?
-Non, plus du tout! Je deviens vieux et j'ai décidé de peindre ce qui me fait
plaisir, sans me soucier du reste!
-C'est que ma femme ne va pas bien, notre fils est mort au front et elle ne
s'en remet pas… Je voulais lui faire plaisir en lui offrant une de vos toiles,
car c'est une grande admiratrice. Vous ne voulez vraiment pas y réfléchir? Je
vous payerai très bien.
Il avait réfléchi une minute et allait dire non, mais lorsqu'il s'était tourné
vers l'homme, il avait lu dans ses yeux une telle tristesse qu'il s'était
surpris lui-même à répondre:
-Ce sont des temps difficiles. Je veux bien faire une exception. Qu'est-ce que
vous voulez que je fasse?
-Merci! Vous êtes vraiment quelqu'un de bien! Peignez ce que vous voulez tant
que c'est coloré et qu'il y ait de la liberté. Que ça lui change les idées!
La liberté… C'est vrai qu'avec cette guerre, tout le monde se sentait comme en
prison. Et tout à coup, une idée traversa son esprit: il se revoyait petit
lorsqu'il habitait à Bruges avec ses parents… Comme son père était substitut du
procureur du roi, il n'avait presque pas de vacances, mais ils
s'arrangeaient toujours pour partir quelques jours à la campagne, pas
trop loin de la mer. Ils habitaient alors chez une tante qui avait une petite
maison au milieu de nulle part. Il se souvenait qu'il allait tous les matins
avec sa tante chercher de l'eau dans le puits et l'après-midi, quand les
adultes discutaient tranquillement à l'ombre, sa soeur Marguerite et lui
couraient pendant des heures dans les hautes herbes. Ils pouvaient courir tant
qu'ils voulaient dans n'importe quelle direction et jamais ils ne voyaient
autre chose que le ciel bleu et les herbes brûlées par le soleil. Il y
avait bien un chemin qui passait devant la maison mais il ne s'arrêtait jamais,
il était comme
infini. Même la maison semblait se fondre dans l'immense étendue. Le
soir, sa soeur ramenait d'énormes bouquets de bruyères rose
qui parfumaient toute la maison. Dans toute sa vie il ne s'était jamais senti
aussi libre que ces journées passées à courir au soleil.
Khnopff regarda par la fenêtre et vit un pays
massacré par la guerre. Alors, il prit son pinceau et commença par le ciel. Il
avait décidé d'essayer de redonner de l'espoir à cette mère qui avait perdu son
fils en peignant les immenses plaines de sa Belgique natale. Il peignait le
calme et la tranquillité pendant que partout les hommes se tuaient. Le soleil
se couchait sur sa toile et il mettait les dernières touches de rose dans les
herbes car elles étaient parsemées de bruyères. Maintenant la seule chose qu'il
lui restait à faire était le chemin. Mais cette fois, il ne menait pas à nul
part, car il avait décidé de rajouter la mer au bout, juste sous l'horizon. Une
mer fraîche et tranquille. Peut-être, pensa-t-il, y arriverons- nous un jour…
522. Eugène
Delacroix, Jeune Orpheline au cimetière, 1824 Louvre(4)
Cher Eugène,
Avant que tu ne partes pour l’Angleterre et que tu y découvres là-bas quelques
peintres, qui t’inspireront, je l’espère, j’aimerais te parler, d’une autre
source d’inspiration qui t’a touché spécialement, cette personne qui t’a peut
être rappelé de mauvais moments, mais en qui tu as reconnu ta souffrance, t’en
rappelles-tu, Eugène ?
Cette jeune fille, l’expression de son visage, de ses yeux, de son corps, elle
te ressemblait tant, car, toi aussi, tu as vécu la même chose, ah… pauvre
Charles, pauvre Victoire, ils devaient êtres formidables, ils seraient fiers de
toi, tu sais… te rappelles-tu ? Tu m’as dis que c’étais une journée agréable,
et que tu avais décidé, d’aller te promener non loin de Paris, pour trouver
quelque chose d’intéressant à peindre, mais rien, il n’y avait rien ce jour là,
lorsque sur le chemin du retour en passant par le cimetière, tu vis cette jeune
fille, qui semblait perdue, en larmes, qui cherchait quelque chose, tu t’assis
et tu l’observas.
Elle couru, couru, jusqu’à s’arrêter d’un coup net et sec, elle tomba, s’agenouilla
complètement désespérée, et tu me racontas que son visage ne bougeait plus, ces
yeux toujours aussi beaux, mais incrédules, regardaient une tombe…
Elle avait perdu un être cher.
Innocente elle l’était comme tu l’étais, et tu te sentais proche de cette jeune
fille même si tu ne la connaissais pas, car pendant cet instant, elle avait
ressenti, la même douleur que toi, cette souffrance qui resterait en elle, à
jamais, à partir de ce jour. C’est une blessure qu’on ne soigne pas.
Elle avait perdu un être cher.
Ce visage effrayé, perdu, tu avais décidé de la peindre,
pour que les gens comprennent, te comprennent, vous comprennent, toi et elle
car …
Vous aviez perdu un être cher.
Ton ami Théodore
523. Le Calvaire de G. Bellini Italie (10)
Sur le tableau de G. Bellini je vois les différents détails exprimés par le
peintre.
Le Christ est montre crucifie sur le Calvaire, qui est
divise en deux parties-
son existence sur la terre et dans le ciel. Le chemin trace ces deux
mondes:céleste et terrestre. La croix est élevée la- haut dans le ciel, d’après
moi pour être près du Dieu. A ce moment de chagrin, de mal, le Christ a besoin
de compréhension et de pitie. La croix symbolise la
peine, le sacrifice, le saint, et le cosmos sur le verticale et l’horizontal.
Je vois aussi les 4 directions du monde- cela signifie que la vie est
éternelle.
Le Christ est mort sur le Calvaire, sur la colline appelée le Mont des Martyrs,
de la mort. Des deux cotes sont sa mère- Sainte Marie et Saint Ilia. Dans le Bible j’ai lu qu’au moment de sa mort le ciel
devient noir, la terre tremble, le vent souffle. Tout le monde court pour se
sauver- seuls sa mère et Saint Ilia restent pres de lui. Sur les tetes des
trois personnages il y a une auréole- symbole du l’étendue, du cosmos, de la lumière.
Les crânes sur la terre, ce sont les crânes des gens qui n’etaient
pas assez bons pour renaître. Pour eux il n’y a pas de place dans le Paradis.
La couronne des épines sur la tête du Christ symbolise le manque de respect des
Romains vers lui. La mere Sainte Marie, avec sa main
droite montre la terre, en bas et avec ce geste elle montre que son fils renait sur la Terre. Saint Ilia,
avec un regard dirige vers le Dieu, prevoit sa vie
dans le Paradis. Les visages de la mère et celui du Saint Ilia
sont tristes qui montrent la peine et le mal de la
mort qui approche.
Les couleurs choisies par le peintre parlent des sentiments et des émotions. La
nature tout autour d’eux est a l’unisson de l’âme, de l’esprit des personnages.
J’ai longtemps regarde le tableau avant de commencer la description. J’ai
appris beaucoup de choses sur l’auteur et la vie. Je me pose des questions et
je pense. A mon avis aujourd’hui je suis meilleur qu’hier, parce que j’ai
ressenti le prix de la peine, le sacrifice pour les autres. Chercher la bonté,
la generosite chercher a pardonner a mes amis, mes
parents, chercher a m’élever- voila ce que m’a appris le travail sur le
tableau. Je voulais chaque jour aider quelqu’un et le soir j’étais content de
moi. Et je m’endormais souriant, mon coeur plein de bonheur.
524. Canaletto Le Pont du Rialto Italie(8)
Lors d’un de mes voyages à Venise, je découvris dans un
musée une lettre nouvellement exposée d’un certain Giovanni Antonio Canal.
J’essayai de me renseigner sur ce personnage que certains surnommaient
Canaletto et, Matteo, un des pêcheurs du marché me
donna des informations. Il m’expliqua l’importance de cette lettre car
Canaletto était, à ma grande surprise , un grand
peintre Italien du 17eme siècle. Il avait peint des centaines de sites
vénitiens d’où sa carrière « védutiste ». La lettre
qui fut découverte par des archéologues en Angleterre où le peintre vécu était
en bon état.
Je vous la lis telle qu’elle a été écrite :
Que celui qui lit cette lettre témoigne de ma
passion pour Venise et pour ce pont qui m’a ébloui. On a trop souvent chanté Venise , ce rêve de pierres où la terre, le ciel et l’eau
incitent à passer par tous les cercles de la mélancolie et de l’exaltation pour
atteindre l’endroit exact où l’âme s’immobilise dans la contemplation. Qui n’a
en effet éprouvé comme moi le bonheur simple du promeneur, se perdre dans les
ruelles qui semble s’ignorer et qui composent cependant la plus savante
géographie, surprendre un jardin odorant de glycines, recevoir le choc que vous
donne la ligne d’un toit, la couleur d’un mur, la tendre lassitude des ocres,
parcourir ces places, rencontrer ses églises, ses palais où l’on ne sait qui
l’emporte de la prière ou de l’orgueil avec soudain ces espaces qui s’ouvrent
sur la rive d’en face et, si l’on veut bien regarder au delà, sur le monde d’en
face ; incitation aux échanges au voyage à la conquête et à la découverte là où
s’accomplit le géni
vénitien.
Certains pensent que je ne peins que des paysages vénitiens, mais cela n’est
pas le cas, je ne peins que ce qui est essentiel, comme le pont de Rialto :
Omniprésent il est un élément essentiel de ce paysage. Célèbre, il rythme la
promenade, ouvre des perspectives sert de promontoire ou de point de repère à
des personnes comme moi qui se perdent à tout moment. Ce n’est pas seulement un
point de passage et de communication, essentiel pour cette région marquée par
les marécages, les canaux et les rivières, mais aussi un véritable élément
architectural, témoin visuel important de l’histoire et de l’art. Il fallait
absolument que je le représente et je pense sincèrement que c’est ma peinture
la plus réussie
En lisant cette lettre je restais bouche bée car ce peintre
était aussi un grand auteur. Il me toucha et me fis apercevoir ce lieu mythique
d’une autre façon.
525. Photographie de Constance Griffon Du Bellay constance (1)
Je voudrais être maintenant sur la place de cette femme de
la photographie de Constance Griffon de Bellay. Se trouver dans la mer jusqu’aù genoux, admirer le beau paysage avec le
petit bateaux qui passe... Sentir
le soleil me sourire en pleine figure et ses rayons danser sur mon visage.
Laisser passer les frissons de chaleur dans tout mon corps. Cette femme jette
une pierre dans l’eau, ses bras sont tournés vers le soleil, qui lance l’ombre
sur elle. On la voit du derrière, tenu debout dans l’eau très claire. Je sens
qu’elle est heureuse.
N’est-ce pas un plaisir minuscule, qui nous dit
qu’on est vivant? C’est pour des instants comme ça qu’on devrait vivre. Notre
place est sur cette terre et je crois que cette femme le savait dans l’instant
où elle jetait cette pierre dans la mer. Elle voyait la vie passer autour, le
soleil là-bas en haut et la mer devant elle. La femme a pu admirer le monde d’ue autre perspective que du bureau. Elle a trouvé le temps
pour s’arrêter dans sa vie quotidienne et goûter son existence ici et
maintenant. C’est dans un moment comme celui-ci, qu’on se sent la partie de
quelque chose plus grand que nous et que sans nous ça serait plus la même
histoire. On est reconnaissant qu’ona le droit de
vivre. La vie c’est le plus grand cadeux qui nous a
été donné avec toute sa joie. Nous devons savoir l’apprécier et être conscient
que nous devons le faire passer. C’est notre devoir de ne le garder seulement
pour nous, mais de faire naître une nouvelle vie qui aura aussi le droit
d’entrer dans la
mer jusqu’au genoux et voir toujours le même soleil. La plus grande
faute qu’on peut faire c’est de penser uniquement à nous. La
reste du monde est aussi ici et on doit se partager avec eux de notre joie.
Bien sur on a tous besoin un peu de solitude, comme sur cette photo, mais
seulement pour après retourner à ses proches et leur parler de nos sentiments.
Un moment pendant lequel on ne pense plus vraiment,on
est et on sent avec tout notre coeur.
On voudrait tous parfois trouver le temps à
jeter une pierre dans l’eau. On voudrait aussi tous savoir si on va se refléter
dans l’histoire du monde. Le fait qu’on a changé la place de cette pierre c’est
déjà quelque chose. Faire une fois n’importe quoi seulement pour se sentir le
maître de l’instant. Cette femme a la chance de le vivre sur cette photo. C’est
sa mer, son soleil, son monde, sa vie. Elle le sait et elle veut l’admirer le
plus longtemps possible. Être une mère, étudiante ou reine, ça n’a plus
d’importance pour elle. Maintenant elle se sent humain, juste humain.
526. La Belle Jardinière ” de Raphaël Italie (14)
La belle, jeune femme est en train de jouer avec les deux petits enfants. Ses
yeux suivent le petit garçon aux cheveaux bouclés. Le
petit se cache dans sa jupe. Un peu encore et on va entendre la voix chaude de
la mère. Je vois apparaître un sourire léger sur son visage. Un instant
et tu vas entendre sa voix douce et voir un sourire calme et chaud sur
son visage. Ses mains soutiennent le petit enfant et je comprends que cette
mère aime bien ses enfants. Sur ses genoux il y a un livre ouvert. Peut-être la
mère lisait à ses petits une histoire intéressante. Après la fin de la lecture
les enfants commencent à bouger, à jouer. La mère les caresse doucement. Ce
geste parle de son amour et tendresse. Le petit, un peu coupable attend la
caresse de sa mère. Sa petite main est posée sur le genou de la femme. De
l’autre côté je vois un autre enfant, la tête appuiyée
sur les genoux de maman.
Je sais de la Bible que c’est le personnage Saint Jean – Baptiste. C’est celui
qui a fait le baptême du Christ dans le fleuve. A mon avis c’est le frère aîne. Son regard est plus sérieux, comme s’il attend
continuer la lecture.
Tout le groupe est entouré d’un paysage merveilleux qui parle de la
douceur, de l’amour.
Au fond du tableau je vois les maisons, l’église de la ville. Et là-haut
– les nuages blanches qui se promènent dans le ciel bleu. Je pense que l’auteur
décrit un moment de la vie de cette famille. Dans cette famille règne la
tranquillité, la douceur, la tendresse qui est interrompue, cette fois par le
jeu et les cris des petits enfants, fatigués de la lecture de maman.
Le paysage, les couleurs choisies parlent aussi de ce calme et l’amour entre la
mère et les enfants.
Tout au fond – là-haut, je vois l’auréole qui est symbole de la lumière, de la
force, la grande force du cosmos qui entoure les personnages de ce tableau et
les aide à être bons, généreux. Je veux prendre un peu de la lumière dans les
yeux et de la bonté des coeurs de ces héros.
Et puis, je vais donner de cette lumière et bonté à mes parents, à mes
amis, à mes camarades de classe et ainsi…le monde autour de moi sera meilleur
parce que je l’ai changé.
527. Xavier Mellery, Les Heures Mellery_LesHeures
Il n’y a pas
longtemps, peut –être il y a une ou deux semaines, je me suis réveillé et
préparé pour aller à l’école. Tout s’est passé normalement, et les heures se
sont écoulées, l’heure de maths, de français et de physique. Après la sortie,
je suis allé visiter ma grand-mère qui vivait à cinq minutes de l’école.
Avant de rentrer chez
elle j’ai vu quatre hommes qui descendaient d’un camion quelque chose de forme
rectangulaire recouverte d’une grande couverture blanche. Je n’ai pas fait
d’attention à cet événement et j’ai continué à marcher droit vers la porte de
la maison.
Quand je suis rentré
dans la grande maison blanche et décorée essentiellement de tableaux de peintres
du 19ème siècle ou avec des objets antiques, il n’y avait personne dans la
salle à manger ni dans le grand salon ou à gauche dans le grand corridor. Plus
loin j’ai vu ma grand-mère qui attendait impatiemment dans un petit salon où
étaient les peintures qu’elle aime le plus. Elle m’a dit excitée qu’elle
attendait sa nouvelle peinture. A ce moment-là les quatre sont rentrés avec la
peinture qui était couverte de la couverture blanche. Ils l’ont misse dans un
espace réservé sur le mur pour la peinture et sont partis avec les
remerciements de ma grand-mère.
Quand j’ai vu la peinture je suis resté
stupéfait sans rien dire. Ma grand-mère m’a interrogé : - « Aimes tu la
peinture ? »
- « Elle est magnifique »
Je n’avais jamais vu une
peinture comme ça. Il y avait 12 femmes qui se tenaient par la main et
faisaient un cercle. Au milieu du cercle il y avait un personnage que je
n’avais jamais vu représenté de cette façon c’était la mort.
En haut il était écrit «
l’éternité et la mort » et au dessus « les heures ». Ce tableau de allait
changer ma vie. En fait l’attraction provoquée par le tableau était peut-être
due au mélange d’une chose si pure comme l’éternité avec une chose si noire
comme la mort. L’éternité représentée par les 12 femmes, habillées
d’une large robe de couleur rose. Elles étaient toutes de la même taille et
avec l même aspect physique. On ne pouvait pas voir les douze femmes car elles
étaient en cercle mais on pouvait les compter par les pieds.
La mort au centre du cercle
était représentée par un homme chauve, avec une barbe et avec de grandes ailes
noires et dans la main gauche une faucille. Ma grande mère m’a dit que c’était
une peinture de Xavier Mellery un peintre belge né à Cahen en 1845 et qui est mort en 1921.
Quand je regardais
attentivement le tableau je pensais à l’éternité et à la mort. L’éternité je la
considérais comme quelque chose de merveilleuse et qui n’avait rien qui
pouvait la toucher. Et j’avais une image tout à fait différente de la mort, je
la voyais comme une punition. Mais à partir de ce jour j’ai commencé à penser
d’une autre façon, je pensais que la mort était une partie de l’éternité, et si
la mort n’existait pas alors l’éternité n’existerait pas. Car si on vivait
pour toujours, alors on ne penserait pas l’éternité de la même façon
qu’on le fait maintenant.
Alors après ce
jour j’ai commencé à penser d’une manière tout à fait différente de la mort,
d’une manière ou la mort n’était pas une punition mais tout simplement une
partie essentielle de la vie.
528. Michelangelo Buonorotti L’Esclave enchaîné, ou l’Esclave rebelle; Italie (1)
Dans le Louvre sont exposés tous les chefs-d’oeuvres
des grands peintres et sculpteurs. La plus grande partie d’eux sont les oeuvres
de Michelangelo. Il est né le 08.03.1475 dans une
petite ville appellée Kapresé,
non loin de Florance. D’abord il est sculpteur, après
peintre. Ses oeuvres, les plus célèbres sont: “Piéta”, faite en marbre.
C’est la seule sculpture signée par son auteur. Une autre c’est “David”- statue
en marbre, avec hauteur 3,34m. Michelangelo
travaillait chez le maître Lorenzo, qui était le défenseur des beaux arts.
L’Esclave enchaîné, ou l’Esclave rebelle, et L’Esclave
mort sont recommandées par le Pape Jules II.
L’Esclave enchaîné ou rebelle est faite en marbre,
haute 2,28m.
Je vois qu’il désire s’arracher des lourdes chaînes de son esclavage. Pendant
la Révolution beaucoup de sculptures étaient réalisées en marbre. Ils
représentent toute la vérité, la vérité qui vient du coeur. Ce sont des
pensées que j’ai lues dans mon manuel sur le thème de l’art
et des impressionnistes: ”Le culte que Dieu
demande est celui du coeur.” On associe
le coeur à la vérité, à la préférence, au goût,
au désir, à la justice, à l’enthousiasme, à la passion… Ce qui vient du
coeur est instinctif, disposé à reconnaître la vérité et s’exprime
directement, naturellement, sans réflexion ni calcul. A mon avis l’auteur
voulait montrer la force et la solidité du marbre accumulées dans un corps
humain. Dans son regard je sens l’esprit rebelle. L’effort que je vois sur son
visage, ses muscles tendus parlent de la force et de l’espoir pour une
vie libre. Cet esclave est donné en train de s’élever, de partir, de
lutter pour sa libération. Sur son visage je vois
la force et le chagrin, l’amour et la haine: l’amour pour la liberté et
la peine accumulée des chaînes, du jug. Je ne vois
pas les chaînes dans cette sculpture mais je vois, c’est sûr, je vois le désir
de sentir la liberté, l’héroïsme et le sacrifice.
Cette sculpture me rappelle l’héroïne française Jeanne d’Arc
qui a lutté pour la liberté de son pays. Je voudrais avoir son désir de
liberté, la lumière dans ses yeux. Ca me rappelle aussi un héros de l’histoire
bulgare – Vassil Levski,
grand patriote et révolutionnaire qui ne voulait pas être esclave, qui aimait
tant la liberté. Aujourd’hui il est devenu symbole de la République, symbole de
la liberté. La vie n’est pas facile les dernieres
années dans mon pays. Je crois que c’est bon d’avoir la force de
cet esclave, de trouverla décision de mes
problèmes, d’être assez forte pour les résoudre. Je suis sûre que je vais
réussir.
529. Le Christ mort“ de Michelangelo Buonarotti, référence Italie (4).
Michelangelo Buonarotti est
un architecte, peintre, sculpteur et poète italien – un représentant de la
Renaissance tardive. Il habite et travaille surtout à Florence et Rome. Dans
ses oeuvres predominent les sujets religieux et ceux
de la mythologie.
Ses oeuvres sont les sculptures “David“, “Piéta”, “Le Christ mort“, les
fresques dans “La Cathédrale de Sextine“ – qui comprend 343 figures où le
plus célèbre est “Le tribunal horrible“. Le sujet de presque tous
les sculptures est pris de la Bible. La sculpture “Le Christ mort” est faite en
pierre noire, avec dimensions 25,4cm./31,8 cm. et l’image sur lequel est réalisée la sculpture- même. On le
trouve aujourd’hui au musée du Louvre, en France.
Sur le plan historique la peinture réunit un seul instant de l’éternité:
le corps du Christ enlève de la Croix, est lavé avant d’être couvert de
drap rituel. Nous connaissons le Christ comme personnage de la Bible et comme
personnage historique. Voilà pourquoi je ne vois pas la mort et
l’immobilité dans le corps froid, mais la grande force de l’esprit qui me remplis aujourd’hui encore. Les yeux de mon âme voient dans
la tête baissée la peine de la folie humaine; dans les yeux, à demi ouverts –
la tristesse et des larmes du sang-froid des gens.
… Avec mon âme j’entends les mots venant de la peinture: “Remplissez vos coeurs
avec de la bonté, de l’amour et de l’espérance, parce que je vous pardonne
tout”.
530. Série Palestine © Véronique Vercheval v 13
Jenine, le 9 Octobre 2001
La deuxième Intifada vient juste d’être déclarée par les forces Palestiniennes
et notre président Yasser Arafat.
Je m’appelle Milay, j’ai quarante deux ans, et
j’habite dans la banlieue de Jenine. Je n’ai plus de
fils, l’aine Daoud avait dix ans et son petit frère,
Yasser avait sept ans. Je n’ai plus de mari, Mohammed a été tue aussi. Un jour,
un lundi, Mohammed est allé chercher les deux garçons à l’école, à quinze
minutes de notre maison en voiture, lorsque des chars israéliens ont tire
sur la voiture. La voiture explosa et tous trois sont morts instantanément.
Cinq minutes plus tard, j’ai eu un appel sur le téléphone pour m’annoncer
la nouvelle. Pendant des mois je pleurais et pleurais sur ma famille morte.
J’ai reçu des appels de la part des mouvements Fatah, Hamas et des groupes
de résistance de Jenine pour me dire qu’ils vengeront
mes fils et mon mari. Je ne comprenais pas pourquoi un char avait tire sur une
petite Renault 5, avec des enfants dedans. Les diables de soldats israéliens
ont pris mes deux jeunes fils et mon mari dans les rues, dans les territoires
palestiniens. Dep
uis ce jour je me suis promis moi aussi de
venger ma famille. Alors ce soir, devant un contrôle israélien a Jenine, en Palestine, je serais prête. Quand je serai prêt
du poste militaire, je me donnerai pour la cause, pour libérer mon pays, alwouatan adayman je
crierai en courant devant les soldats. Ce soir je vais rejoindre ma
famille dans la Janah, je vais les revoir et je vais
rester avec eux pour toujours. C’est fini pour moi mais le conflit ne finira
pas tant que la Palestine ne sera libre !
Alwouatan adayman : mon
pays pour toujours
La Janah : le paradis musulman.
531. Gustave Caillebotte Les raboteurs de parquet 1875 ORSAY3
Les locaux de la rue Lepelier étaient munis de larges
fenêtres et la lumière en faisait un endroit idéal pour une collection de
tableaux. Ce matin-là, Durand-Ruel, le propriétaire des salons en question et
grand collectionneur des peintures impressionnistes, organisait leur deuxième
exposition officielle.
Un jeune homme, d’une certaine allure et du nom de Gustave Caillebotte se
tenait près de l’entrée de l’appartement. Après le refus de son travail au
Salon l’année précédente, le jeune peintre Caillebotte avait rejoint le groupe
Impressionniste. Ce mouvement particulier était à l’avant-garde de la création.
Á présent, Gustave se sentait à la fois de belle humeur et nerveux. Le
regroupement de ses huit œuvres majeures dans un espace public était un concept
auquel il n’était pas encore accoutumé.
Les salons se remplirent peu à peu et bientôt les invités se regroupèrent
devant chaque tableau pour l’observer et l’apprécier en détail. Lorsque le
public s’aventura devant deux larges toiles qui évoquaient deux versions d’une
scène représentant trois raboteurs de parquet à genoux sur le sol d’un salon
bourgeois, la démarche de Gustave devint nerveuse. Il se retrouvait parmi les
visiteurs, observant ses propres œuvres. Il fut éclairé par la réaction des
gens. Les invités semblaient reconnaître les gestes gracieux dans le travail
laborieux des ouvriers. La limpidité photographique de la scène illustrait la
dure réalité de la corvée manuelle. La tendance monochrome accentuait d’un côté
l’effet cristallin et d’un autre, produisait un effet mélancolique. Une
expression de satisfaction et d’admiration parut sur les visages des
observateurs. Le jeune artiste sut à cet instant que
l’attention au détail et l'imperceptibilité des coups de pinceau étaient
remarqués. Il eut le sentiment que son œuvre était distinguée parmi l’ensemble
des peintures réunies.
Son ami le plus proche parmi ses confrères était sans conteste Claude Monet. A
ce moment précis, Monet échangea un regard complice avec son compagnon. Il se
distinguait au sein du groupe et appréciait la nouveauté apportée par le jeune
Caillebotte. En observant les deux œuvres sœurs présentées, Monet apprécia la
simplicité du sujet et la saisie du mouvement dans son déroulement. La clarté
de l’image l’émerveilla comme les autres. Le peintre se demanda si Caillebotte
avait découvert une nouvelle huile à laquelle les pigments se mélangeaient. Il
attendait avec impatience le moment de leur prochaine discussion pour qu’il
puisse s’informer. Á la différence de Caillebotte, Monet aimait représenter la
nature, les paysages, alors que Caillebotte s’intéressait à la « nature
civilisée », des scènes de tous les jours. Cette divergence dans leurs centres
d’intérêts artistiques les rapprochait. Tous deux étaient des camarades joyeux
et se voyaient régulièrement.
Edgar Degas avait été le premier lien entre Caillebotte et le groupe
Impressionniste. Gustave fit sa connaissance au grand salon où ils furent tous
deux repoussés. Avec le reste des membres du mouvement, Camille Pissarro, Paul
Cézanne et Alfred Sisley, Degas avait toujours admiré Caillebotte. Tous
appréciaient l’enthousiasme que le jeune mettait dans son travail. Durant les
six derniers mois, Gustave avait même entrepris l’acquisition d’une collection
privée des chef-d’œuvres naturalistes pour encourager ses amis.
A présent, Pissarro, Degas, Renoir, Cézanne et Sisley admiraient avec
satisfaction l’ensemble de l’exposition et chacun d’entre eux remercia
aimablement l’organisateur Durand-Ruel.
Gustave remarqua soudainement une figure qui demeurait attentivement devant les
Raboteurs de Parquet. L’homme était de taille modeste, portant un costume
sombre et des lunettes rondes. Il semblait se pencher d’une manière anormale.
L’ayant observé, Gustave se rendit compte qu’il se concentrait sur un cahier de
notes. Naturellement, le monsieur devait être captivé par le thème de l’œuvre.
Le peintre reconnut Emile Zola, l’écrivain naturaliste et redoutable critique
d’art. Gustave gardait en mémoire une discussion de la veille avec Claude,
Zola, avait-il dit, avait soutenu les impressionnistes lors de leur refus par
le jury du Salon. Il s’approcha donc de Zola et lui souhaita la bienvenue.
L’écrivain lui lança un regard presque irrité et le salua sur un ton plutôt
froid. Puis il se dissimula dans la foule de la pièce. Gustave ne put s’empêcher de craindre le pire. Les doutes de l’artiste
furent justifiés quelques semaines plus tard lors de la parution d’une sévère
critique dan
s les Lettres de Paris :
« Caillebotte a exposé Les Raboteurs de parquet et Un jeune homme a sa fenêtre,
d’un relief étonnant. Seulement c’est une peinture tout a fait anti-artistique,
une peinture claire comme le verre, bourgeoise, à force d’exactitude. La
photographie de la réalité, lorsqu’elle n’est pas rehaussée par l’empreinte
originale du talent artistique, est une chose pitoyable. »
532. Peinture sur papier de Thierry-Loïc Boussard Série New-York La Sauvagerie de la Ville BO-NY2
Je suis un garcon de
campagne, et j’ai grandi avec le ruissellement des rivières et l’immensité de
la forêt. C’est une vie simple, et, contrairement à d’autres qui ont hâte de se
trouver dans le ‘vrai’ monde, moi, j’aurais été content d’y rester. Je suis
artiste, et le meilleur artiste au monde, c’est la nature. Mais le sort en a
décidé autrement, et je fus poussé, mal préparé, dans la vie citadine.
Je me suis donc retrouvé, pendant un automne
particulièrement froid, à New York, cette ville à qui tant d’espoirs ont été
confiés, où tant de rêves ont été fondés. Mais en voyant la statue de la
liberté de mon avion (malheureusement, je ne faisais pas le voyage à la manière
de mes ancêtres), je ne pensais pas à un monde meilleur. Je regrettais tout ce
que je laissais derrière moi.
Apres un bout de temps, j’appris à me retrouver en
ville. Mais ce ne furent pas les larges avenues illuminées, ni les musées de
renommés, ni les théâtres ou la haute société se promène, qui me fascinèrent.
J’appris à aimer les ruelles, les petites communautés en marge de la ville.
Je commencai, après un
certain temps, à peindre une série de tableaux de la ville. Dans celle-ci, ce que
j’ai voulu représenter c’est le côté sauvage de cette ville qui pourtant
ressemble à un jeu d’echecs. Les villes, je l’ai
découvert, ne sont rien d’autre que des forêts de pierre et de métal.
533. Série Palestine © Véronique Vercheval V14
J e m’appelle Habiba: je suis
originaire de Palestine, mon père est palestinien et ma mère est
française. Sur la photo que vous voyez, prise par un reportère,
je suis au premier plan, celle que vous voyez le mieux, avec le grand
sourire. Vous vous demandez sûrement “pourquoi
un si grand sourire pendant un moment si terrible?”
Je vais vous expliquer, mais ne pensez pas qu’après cet évenement
atroce que la Palestine a subi, que cela s’est terminé en sourire pour tous,
sûrement pas.
Tout a commencé quand le commissaire britannique, qui était en Palestine, fut
assassiné. Pour se venger, les autorités britaniques
mirent en place des lois militaires, interdirent les partis politiques arabes
et déporterent leurs leaders. La brutale repression britannique eut pour conséquences des châtiments
collectifs, la destruction de maisons et le bombardement des villages.
Après cet événement, le nombre de morts était tellement élevé que les
survivants perdaient espoir. Trouver un membre de la famille ou même
quelqu’un qu’on connaissait devenait impossible dans ce pays dévasté.
Je me trouvais là, parmi les destructions, où aller? Que faire? Il
n’y avait nulle part où aller et encore moins à faire, il ne restait plus
rien. Il n’y a pas longtemps, ce pays vivait dand
la joie et le bonheure, maintenant c’etait plutot la dépression et la
solitude pour la plupart. On ne vivait plus en sécurité. Toutes ces
questions me passaient par la tête et aucune réponse ne pouvait être
donnée. Je marchais despérément dans ce qui
était encore, quelques heures auparavant, une rue. Les cris de joie des
enfants n’étaient maintenant plus que des sanglots. Je ne savais ce que
je cherchais ou si même je cherchais quelque chose.
C’est en marchant sans arrêt et en observant, que j’ai cru remarquer un tas de
ruines qui me paraissait familier. Eh oui, c’était chez moi.
J’habitais une maison, assez petite, car j’y viviais
toute seule. Mes voisins étaient très gentils, c’était une petite
famille, un couple et leur fils. La mère était ma meilleure amie, nous
avons tout partagé ensemble, les bons et les mauvais jours. A l’ecole, nous etions inseparable, ma mere est morte
quand je n’avais que 12 ans, se n’etait plus que mon pere et moi. Leila etait comme ma
soeur, je l’adprais.
Je m’étais installée en face de ma maison, enfin, ce qui en restait. En
m’asseyant, je sentais la tristesse dans mon entourage. J’étais toute
seule, je commencais à réellement penser à la
situation, qu’allait-il se passer? Je ne voyais vraiement
pas comment cela allait évoluer. Je venais de réaliser. Réaliser
que je ne possédais plus rien, plus personne.
Quelqu’un s’approchait de moi, je ne le reconnus pas à travers mes yeux remplis
de larmes. C’était Leila, ma voisine qui me manquait tellement, ma
voisine, ma meilleure amie. Des amies inséparables, c’est ce qu’on nous
avait toujours dit. Ils avaient raison. La plupart des habitants
avaient tout perdu. J’avais tout retrouvé, mon enfance, mes souvenirs et
mes moments de bonheur. Voilà la raison de mon grand sourire.
534. Robert Demachy 1906 Sans titre, fait partie d’un album de 61 photographies sur papier autovireur Demachydames
La femme sortit de la boutique, d’un pas enragé. Une petite fille, toute
habillée de blanc, la suivit, plus lentement.
Il y a moins d’un mois, Mme du Lac et sa fille avaient quitté leur petite ville
natale de La Rochelle, pour venir s’installer à Paris, M. du Lac ayant
récemment connu la gloire et l’honneur d’avoir été nommé Sénateur. Ils
habitaient maintenant un hôtel particulier dans le Marais, et s’étaient, sans
peine, intégrés à la haute société parisienne.
C’était avec joie que Bénédicte du Lac avait échangé sa vie de province,
monotone et ennuyeuse, pour les richesses et les salons de Paris. Découvrir les
nouvelles modes avant le reste du Pays, et surtout pouvoir se les offrir,
étaient devenus un de ses plus grands plaisirs. Il ne se passait pas un jour
sans qu’elle rencontrât les grandes dames parisiennes aux manières hautaines.
Elle commençait même à en devenir une elle-même, comme le lui faisait remarquer
M. du Lac, lors des rares soirées qu’ils passaient chez eux, et non dans les
restaurants raffinés fréquentés par la bourgeoisie parisienne, ou encore aux
bals élégants organisés par les nombreux sénateurs.
Les grandeurs de Paris ne faisaient pas moins d’effet sur sa fille, Elise.
Celle-ci, qui quelques mois auparavant ne s’occupait que de ses poupées,
arborait maintenant les plus belles robes, les souliers des meilleurs bottiers
et les coiffures les plus savamment arrangées.
Seul M. du Lac avait gardé ses modestes manières de province. Il détestait la
bourgeoisie, prétentieuse et maniérée. Depuis quelques temps, il se sentait
trahi pas sa femme d’avoir si facilement succombé aux luxes parisiens. Il la
trouvait trop coquette, vaniteuse même. Il ne pouvait lui parler sans qu’elle
ne se plaigne de ne pas être aussi riche que la Comtesse de la Roche, ou de ne
pas avoir un aussi grand hôtel que celui de la Duchesse de Vienne. Il se
sentait humilié par tant de comparaisons. Seule la femme de chambre arrivait à
le consoler. Pendant la journée, alors que Mme du Lac parcourait les salons
élégants de ses riches amies, M. du Lac parlait et discutait avec Suzanne. Ils
parlaient de tout et de rien, mais surtout de ce qu’ils aimaient. Tous deux
passionnés par la peinture et les voyages, ils admiraient ensemble les oeuvres
de Renoir et de Cezanne, ce dernier en particulier
les fascinaient, par la texture étonnante de sa peinture et les tons sublimes
qu’il util
isait. Bientôt cette grande amitié entre le
Sénateur et la femme de chambre fut remplacée par une sorte de dépendance
mutuelle. Il ne se passait plus un jour, où quand Mme du Lac grondait la jeune
fille, son mari n’intervienne pour la defendre.
Bénédicte enrageait de cette grande confiance que son mari plaçait dans cette
jeune paysanne.
Le ciel était bleu et le soleil du matin tapait sur les toits de Paris. Les
vendeurs de journaux criaient: “Les journaux du matin sont sortis, ils sont
sortis. Approchez mesdames et monsieurs, Paul Cézanne
est mort. Le grand peintre impressioniste est mort.”
Ce matin-là, Bénédicte et sa fille se promenaient dans le Marais, et allaient
se reposer un petit peu à l’ombre des chênes sur la Place des Vosges. En
descendant la rue Saint Antoine, Bénédicte aperçut une petite boutique qu’elle
n’avait jamais remarquée. A travers la vitrine, noircie pas la saleté accumulée
au cours des années, on pouvait voir des atlas du monde moderne et des cartes
postales ornées de vieux timbres, venant du monde entier. Intriguée, Bénédicte ordonna
à sa fille de rester dehors quelques minutes pendant qu’elle visitait cet
étrange magasin. Quand elle entra, une petite clochette au dessus de la porte
sonna, et une grosse dame d’environ une cinquantaine d’années sortit de
l’arrière boutique.
“Oh, Mme du Lac! Bonjour, en quoi puis-je vous aider?”
dit-elle d’un ton faussement joyeux. “Comment savez-vous mon nom?” répliqua Bénédicte, très surprise. “Eh bien, c’est
que votre mari, le noble M. du Lac, est ici tous les jours à regarder les atlas
et à acheter mes petites cartes.” Bénédicte parcourut les étagères
poussiéreuses du regard.
“Mais vous devez vous tromper, mon mari ne s’intéresse pas du tout à ce genre
de chose.” La femme sembla surprise, et puis après quelques minutes de
réflexion, dit enfin, “Eh bien si vous le dites, c’est votre mari après tout,
mais il vient toujours accompagné d’une jeune femme. Je croyais que c’était sa
fille, ou sa nièce. Seulement…”. “Seulement, quoi?”,
s’exclama Mme du Lac. “Eh bien, seulement ce matin, je les ai vus ensemble, il
l’appelait “ma chère Suzanne”, et ils avaient l’air très tristes tous les deux.
Remarquez, elle continua, ils venaient juste d’apprendre que Cézanne était
mort.”
Le silence tomba dans la petite boutique, sombre et poussiéreuse. Elise
appelait “Maman, Maman” de la rue. La grosse femme continua d’un ton plus
hésitant, “Ecoutez madame, je vous dis cela avec le plus grand respect pour
vous et votre mari, mais il y a peine cinq minutes, M. du Lac et cette jeune
Suzanne, sont venus ici, ensemble, avec des valises, et ont acheté un atlas.
Ils parlaient de l’Amérique je crois.” Mme du Lac resta silencieuse.
Comme toujours quand elle devenait nerveuse, le coin de sa bouche commença a trembler. Et d’un coup violent elle tira la porte, sans
rien dire à la propriétaire et sortit de la boutique d’un pas enragé,
Sa petite fille, toute habillée de blanc, la suivit, plus lentement. “Maman,
dit-elle, j’ai vu Père et Suzanne qui marchaient ensemble. Ils étaient très
pressés, ils avaient des valises et ils se dirigeaient vers la Gare de Lyon.”
535. “ Parmesan “, portrait d'un jeune homme Italie[12],
C’est un jeune homme de Parme – grande ville
italienne. Il est assis seul, dans un coin sombre. Je crois que c’est un moment
de l’après-midi. Les couleurs foncées prédominent. Il pense, il s’est appuye sur sa main et il réfléchit profondément. Je vois
qu’il aime la solitude, c’est une personnage calme et sage. Par exemple, c’est
son habitude de rester ainsi, regarder autour de lui, la nature, les beaux
paysages. J’ai eu l’impression du premier regard que c’est une jeune fille – il
a des traits tellement féminins: son visage doux et lisse, ses grands yeux, les
cheveux longs, même la pose. Je pense que ce jeune homme a beaucoup d’amis- je
le vois gentil, bon, tranquille.
C’est un jeune homme bien habille, d’une grande ville; il porte un chapeau sur
la tête – tout est a sa place, tout est en ordre, comme sa vie. Il rêve. Il
pense d’une promenade qu’il a fait après les classes avec une belle fille; il
pense aussi de la boum qu’il fallait organiser à l’occasion de son
anniversaire. Il est content. Tout va bien. Je regarde ce jeune rêveur et je
propose quelques autres titres comme: “Une rêve“, “J’aime la vie“, “La vie est
belle“.
Je regarde le garçon et je fais la comparaison entre lui et moi. Je suis
un garçon très énergique – je cours, je saute, je n’aime pas rester seul et
rêver – je prends le moment et c’est tout. D’après moi c’est bon d’avoir un tel
ami, c’est un bon exemple pour moi. Il va m’apprendre de bien penser avant de
prendre une décision sérieuse. Cet ami sera un bon balanseur
pour moi – une chose différente et intéressante. L’avenir est devant moi et je
dois devenir un grand homme sérieux. Les petits jeux, les cours doivent rester
dans mon enfance.
536. Mellery- L'escalier. mellery_escalier
C'était un vieil homme âgé de quatre vingt ans et qui avait
des troubles à la santé. Il n'avait aucun parent pour le servir: son seul fils
est mort ; c'est un martyr de la Guerre Mondiale, et son frère a émigré, il y a
longtemps, plus personne qu'une femme de peuple, plus ou moins âgée, de grande
taille, et très mince, comme un porte chapeau, au visage allongé marqué par un
menton courbé et un nez retroussé comme celui d'un perroquet, et à la peau
ridée. Ce corps laid et dégoûtant cachait dedans un ange, un cœur tout à fait
blanc. Cette femme travaille comme servante chez le pauvre homme. Elle faisait
le ménage, préparait les plats, aidait l'homme à se déplacer dans sa maison
modeste. Sans elle, le vieil homme serait mort, sans doute!
C'était elle même aussi qui achète tous les besoins nécessaires à
l'homme et au foyer. Or, un jour, en menant au foyer une jarre de lait, qu'elle
a achetée du marché, elle sentit une grande douleur à la tête, alors, elle mit
sa cruche et essaya de poursuivre son chemin et monter l'escalier, mais en
vain, elle s'évanouit, et la chute était si forte que la femme perd sa vie vu
que sa tête a heurté le bout de l'escalier formé de parquet. Pauvre femme!
Pauvre homme! Qui lui assurera la nourriture? Qui lui nettoiera la
maison, maintenant que la femme "trésor" n'est pas là!
Deux jours après les funérailles, le vieillard, en se dirigeant vers la
cuisine, observe quelque chose de mystérieux , d'imaginaire, d'ambigü , de …
C'était une cruche de lait, en bas da l'escalier , la cruche qu'amenait la
femme au foyer, mais le plus mystérieux , c'est qu'une fumée blanche se
dégageait de cette ancienne jarre portant plusieurs taches, la fumée se
condensait de plus en plus , en ce temps, l'homme se précipita- s'enfuit- vers
sa chambre, il avait la " chair de poule" . La fumée prit la
silhouette d'une femme, et, peu à peu ses traits paraissent clairement :
c'était la servante, ou plutôt, son âme!
Cette femme n'a pas oublié son maître, elle est revenue pour le nourrir et
l'aider, puis elle est partie dans sa "cruche"!
Et depuis ce temps là , l'âme
visitait l'homme chaque soir pour lui assurer ses différents besoins et se
rassurer de lui.
Cette situation a duré six ans, et enfin, l'âme vient faire son devoir
quotidien, mais elle ne revient pas seule, non! Mais avec le vieillard
. Elle l'emmène chez elle, au paradis!
537. Photographie de Constance Griffon Du Bellay Constance(6)
Toi Femme Noire, Blanche, Jaune…
Que tu sois d’Europe, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique ou d’Océanie,
Qu’importe ta couleur, ta religion ou ta vie,
Pourquoi te cacher ainsi,
Dans l’ombre de ton mari ?
Prends le temps de discuter,
De protester contre tous les inconvénients qui te guettent,
Oh toi Femme !
Sans toi pas de vie,
Ni de sens à la mienne,
Oh Femme !
Pourquoi être timide ?
Pourquoi vouloir te cacher sous ton voile ?
Femme, ne sais donc tu pas que tu es le reflet du bonheur ?
Toi Femme !
Belle, douce, tendre et délicate,
Montre ton visage au rayon du soleil,
Et à la lumière de la lune,
Toi Femme !
Tu es le centre de l’humanité.
538. Les Travailleurs de la mer : Naufrage Hugo8
Depuis le rivage, j’aperçois la scène,
Celle du naufrage, avec ses vagues qui se déchaînent,
Sur le trois-mâts et ses marins.
Et voilà qu’arrive le petit matin,
Grâce auquel je vois le capitaine qui se démène
Pour échapper à Neptune, roi des mers et des océans.
Disparaît la lune, apparaissent les rochers tranchants.
Une lumière blanche puis le néant,
Et la Faucheuse qui arrive en riant.
La vie est faite comme ça, de hauts et de bas,
Bien qu’à la fin, on aperçoive presque à chaque fois
Une lueur d’espoir dans le lointain.
Cette même lueur qui n’a pas souri à ses victimes du destin.
A présent, ils continuent leur vie dans un lieu,
Un endroit d’où aucun témoin n’est revenu
Pour nous prouver que là-bas, chacun est heureux.
La mort n’est qu’un passage, mais la vie continue,
Bien après cette épreuve, ces matelots l’ont passée,
Et ils vivent maintenant sans peur et sans dessein ;
L’avenir, ils laissent leur vie entre ses mains.
Et c’est ainsi qu’ici, la lumière de la vie s’éteint
Pour briller plus encore dans un lieu où se lève un nouveau matin
539. Les Travailleurs de la mer : Naufrage Hugo8
Ce magnifique dessin du grand ecrivain
Victor
Hugo nous fait sentir la fascination,la passion qu'il avait pour la
mer.L'écrivain l'a cree
pour illustrer son oeuvre"Les travailleurs de la mer"Reliant la magie
des mots a la magie du dessin,il nous rend profondement
sensibles a la grandeur et a la cruaute de lamer.Les
couleurs sombres,les vagues deferlantes provoquent un
sentiment d'impuissance et d'horreur.La mer nourriciereest
devenue l'ennemie de l'homme.Les vagues sont énormes et devant elles le bateau
parait minuscule.Ses chances de survivre sont nulles.Une vague gigantesque va
tomber sur lui et le detruire.Le bleu, le gris et le
noir inspirent le desespoir.Il n'y a plus
de limites entre la mer et le ciel qui paraissent avoir conclu une alliancecontre les marins.Victor Hugo nous rend
solidaire avec eux et nous partageons sa sympathie et meme
admiration pour ces hommesqui vivent de la mer.Ils
l'ont dans le sang tout en risquant chaque jour leur vie pourgagner
le pain quotidien de leurs familles.
L’orage semble impitoyable; la mer, encore plus cruelle,
semble sa complice, son théâtre. Tout deux se partagent une victime à l’époque
napoléonienne, un vaisseau guerrier retournant au XIXème
siècle. Un “maelström”infini creusé en pleine mer, et
béni par la tempête infernale, desire engouffrer,
dévorer le pauvre navire. M ais celui-ci s’attache à la lumière, se bat,
endure… enfin il aime la vie, il a une ardente volonté de survivre qui lui
permet de subsister.
Pleines de rages, les vagues ne se
rassasient point, elles sont affamées de crimes, et la proie étant présente
malgré elle, pourquoi ne se nourriraient- elles pas ? et
puis ce ciel angoissant, occupant la grande partie du tableau, noir grisâtre ,
contenant toute sorte de nuages offexifs, d’éclairs
courroucés, toute sorte de nature en négativité, en révolte, en ténèbres. Il
est si merveilleusement peint qu’on dirait avoir écouté toute la mélodie
nerveuse que la colère de l’orage ait pu chanter, toute la musique créatrice de
cette scène affreuse mais également belle et artistique!
La peinture, pouvant y être à la fois romantique
réaliste, expressionniste ou impressionniste, révèle un tableau à la fois amer,
fielleux, triste et symbolique, voire poétique, aussi.
On dirait à première vue, voici un frêle vaisseau
retournant d’une bataille maritime qu’il aurait probablement perdue , et une
fois confrontant l’expression violente d’une mer ou d’un ponant , il tente , en
vain ou a succès de s’en sortir de retrouver un certain équilibre, de supplier
la nature d’être ,rien qu’un moment ,plus clémente avec lui , de fuir son
crime, sa cruauté d’espérer ou plutôt de rêver de regagner le port chaleureux
et tendre de la patrie,d’achever enfin toute cette aventure épouvantable. Mais
cette nature, en de telles circonstances toujours sourde et plus agitée ,ne repond, à travers ces
éléments maintenant la folie de l’orage, qu’avec plus de folie et de causticité
aux soldats, aux humains denues ,existant dans le
navire et s’entraidant afin de conserver une vie dérisoire,qui veut leur
échapper et s’offrir sans protestation à la mort toujours plus vorace,et
l’héroïne la plus gagnante de toute cette comédie maritime ,orageuse
,tonitruante démesurée de l
a mère nature !
Ensuite ce mouvement extraordinaire du navire soumis allant vers le bas
anticipe une défaite probable avant son temps . c’est comme si le peintre nous invitait a imaginer la suite
de cette scène accablante:
· Pessimistes , nous dirons, le navire fera naufrage , et a ses habitants
seront les suaires du néant .
· Optimistes, nous supposerons un port paradisiaque attendant le vaisseau
et ses membres qui sortiront vainqueurs et une fin où se melangent
gaiete et tranquillité!
· Enfin, et à coup sûr, le peintre qui, étant à bord au moment de la calamite,
ou usant de son imagination afin de traduire l’état réel d’une histoire qu’il
aurait entendu à propos d’une scène pareille, désira profondément nous exprimer
une signification symbolique dépassant l’état réel de la toile une vision
métaphysique.donc par suggestion et impression,par reflexion
et etude, pourrait-on affirmer que ce navire
souffrant peut être l’homme ou chacun de nous proie de tout ce qui l’entoure
victime de la faiblesse humaine des autres de l’ironie du sort de la fatalité
de l’existence de la difficulté d’être enfin de soi-même et allant par
conséquent à l’échec se vouant malgré lui ou par sa decision
à sa propre destruction?!
541. Edgar Degas (1834-1917) La famille Bellelli Orsay17
Comme la vie est changeante,or peu de choses pourraient nous perdre ou nous sauver.C'est comme l'egoïsme d'un homme qui a perdu toute chose pour sa prétention.
Charles-Louis est un pauvre juriconsulte,ils'était marié d'une charmante fille des familles d'employés . Ces 2 époux sétaient entendus dans leur vie tout au long de 2 ans.mais après cette periode "Charles-Louis" commence à pogresser dans sa carrière, jusqu'à arriver à la fonction d'un magistrat. Et de là ,sa pension augmente le quadruple du salaire d'un homme de loi, et ses amis sont devenus de la classe bourgeoise,et il est devenu un homme à lular ambitieux et cupide il voulait avoir tout, et il ne s'interesse à personne, même à sa femme qui était enceinte et approchait sur le point d'enfanter de deux filles jumelles. Mais comme il était égoïste et orgueilleux,or il l'a délaissé, pour s'en aller derrière son bout, sans se soucier de ses enfants et comment ils vont vivre sans la protectionde leur père...? en plus il a désavoué ses petits pour sa prétention et sa célébrité. Après 10 ans, Monsieur Charles-Louis,avait formé une autre famille en menant une vie confortable et bourgeoise.Jusqu'au jour où sa famille disparait dans l'explosion de l'avion qui heute l'immeuble à côté de l'aéroport. Maintenant,il est devenu seul sans famille qui lui affabile dans ses journées et ses soirées. Après quelques jours;une grande vieille femme arrive avec 2 petites filles,au palais de Charles-Louis. Et après un long temps d'investigation,la grand-mère retrouve le père,pour lui raconter que sa femme était morte par une maladie incurable,et elle a laissé ses filles avec elle comme probité,en espèrant que leu père reviendra et les protège de tout danger et de pauvreté et de la souffrance dans leur vie comme des filles de salle dans les maisons des riches.
542. Louqsor (non reproduit dans Égypte, Nubie, Palestine et Syrie) ORIENT2
Le soleil brillait. Il n’y avait pas de nuages.
Il faisait chaud, très chaud. C’est comme ça dans le désert. Même
après avoir bu beaucoup d’eau, j’avais toujours soif. La chaleur créait
des mirages. Enfin nous avons vu notre destination. En la voyant,
toute notre équipe a poussé un cri de triomphe. Après des jours de
voyage, nous pouvions voir notre objectif. C’était un temple égyptien qui
était en très bon état. Aucune des colonnades ne sont tombée. C’est
remarquable parce que même les colonnades en pierre tombent quand ils sont
laissés pour assez longtemps. Mais, on ne savait pas ce qu’il y avait
dans le temple. Alors, mon expédition est allée l’étudier.
Comme c’était égyptien, il y avait assez de blagues au sujet des momies
maudites enterrées. C’est possible de trouver des momies dans les tempes
égyptiens, mais on était sur qu’elles ne pourraient pas être maudites.
Les blagues étaient dues à l’ennui du voyage. Peut-être nous avions un
peu peur aussi, mais je pense que toute l’expédition ne croyait pas à la magie.
Nous avions décidé de nous arrêter là pour la nuit. Après avoir monté ma
tente, je me suis mis à penser. Je pensais au temple. Ce sera très
intéressant. Il y aura tant de choses à apprendre. Les murs auront
des hiéroglyphes à étudier et des objets à analyser. Avec ces
informations, on pourra deviner la fonction des chambres du temple. Je
pensais aux objets que nous mettrons à jour, objets que personne n’a vue pour
des milliers d’années. En général, je pensais au travail que nous ferions
dans les prochaines semaines. Ce sera une aventure incroyable. Si
je pouvais, je commencerais à l’étudier immédiatement, mais nous n’y étions pas
encore.
543. Rops_attrapade
Catherine faisait de son mieux pour s’enfoncer dans le siège de cuir de
la voiture, elle aurait voulu se glisser discrètement dans un coin et
disparaître, pour se retrouver chez elle dans son salon assuré dans le grand
fauteuil moelleux devant un feux flamboyant. La
voiture passa de nombreuses rues identiques, avec des grandes maisons étroites
et des arbres sombres, ou la seule lumière parvenait de quelques
lampadaires, alignes le long du vaste trottoir.
« Es-tu vraiment jamais allée au Bal Catherine ? Mais ma pauvre enfant,
comme tu es bizarre » s’écrièrent les filles Lautrec.
« Notre voisin le plus proche était à quinze kilomètres » dit Catherine d’un
ton nerveux, ouvrant et fermant son éventail.
Comme c’était difficile de n’être pas comme les autres ! Elle essayait de
passer un sourire de temps en temps pour cacher ses sentiments nerveux, elle
faisait de son mieux pour paraître normale est relaxe, mais chaque petite chose
était tellement moderne et impressionnante… les étincelants diamants au cou
délicat de Rose, les soies dorées de l’étole exquise de Véronique,
la petite tête brune de Laure, qui émergeait de sa fourrure blanche comme une
fleure à travers la neige. Elle oublia pour un moment son anxiété et contempla
la beauté qui l’entourait, elle se rappellerait ce moment pour toujours ; Son
premier Bal.
Mais, tout d’un coup la voiture s’arrêta d’un mouvement brusque, et avant
qu’elle eut le temps de tout apercevoir, il y avait des voitures devant
et derrière, et Véronique lui disait de se dépêcher de descendre de la voiture.
Le trottoir était envahi de couples joyeux flottant vers l’immense porte
d’entrée, tout été comme dans un rêve.
« Tiens mon bras Catherine, ou tu vas te perdre » exclama Laure.
Catherine posa deux doigts sur le bras de Laure, et elles furent emportées par
la foule vers l’entrée. Quand la porte s’ouvrit, il y eut comme une explosion
de sons d’accordement d’orchestre parvenant de la grande salle.
Dans la foule, des filles brunes, blondes, et rousses s’arrangeaient les
cheveux, attachaient des rubans, rentraient des mouchoirs en soie dans leurs
corsages, et lissaient leurs longs gants blancs. Elles souriaient toutes, il
semblait à Catherine qu’elles étaient toutes féeriques. Quelqu’un glissa un
petit programme rose entre les mains tremblotantes de Catherine, et elle
eut juste le temps de lire : Valse III. La Valse Du
Printemps. Polka IV : Polka De L’Empereur,
quand Rose exclama, « tu es prête Catherine ? » puis elles s’enfoncèrent
à travers le flot jusqu'au hautes portes de la Grande
Salle.
C’était tellement merveilleux, qu’elle oublia d’être timide, elle oublia que
plus tôt en s’habillant- elle s’était assise sur son lit, une chaussure
au pied, et l’autre parterre, et avait supplié sa mère d’appeler ses
cousines pour leur dire que finalement elle ne pourrait pas y aller. L’envie
qu’elle avait eue d’être assise dans son grand fauteuil moelleux chez
elle, a la campagne, en écoutant le craquement du bois
dans le feu, fut immédiatement changé en sentiment de joie tellement puissant
qu’elle eut du mal à le contenir. Elle serra fortement son éventail, et
regardant la piste de danse, les lustres scintillant, l’orchestre
sur la scène avec son tapis rouge et ses chaises dorées, elle pensa, «
comme c’est divin, tout simplement divin ! »
La piste était vide, elle avait l’air comme neuve, et tellement accueillante.
Catherine se sentait comme attirée vers cette piste qui brillait comme un océan
d’étoiles et semblait tellement lisse et merveilleuse.
Catherine se tenait en haut des escaliers, à l’écart de ses cousines et
leurs amis, elle avait le regard fixé sur cette piste et entendait à
peine le brouhaha incessant de voix jeunes et gaies autour d’elle.
Elle entendit Laure et Rose qui passaient dans la foule et disaient à voix
forte :
« Voici notre petite cousine de campagne Catherine. Soyez gentilles avec
elle, c’est son premier Bal. Trouvez-lui des partenaires ; elle est sous notre
protection »
Catherine entendit des petits cris de surprise parvenant de partout dans la
foule :
« Son premier Bal, mais que c’est surprenant, simplement bizarre !
»
Mais la, tout d’un coup la foule se tut, une
admirable jeune fille s’était détachée de la foule et descendait
lentement l’escalier, la tête repoussée légèrement penchée en arrière. Son
allure gracieuse et sa robe blanche comme neige était parfaitement assortis à
sa magnifique chevelure noire, qui retombait délicatement sur sa nuque.
La foule la regarda avec admiration, pendant qu’elle se dirigeait avec
confiance vers la piste. Bientôt un jeune homme fut à son
coté, et tenait sa taille délicate. L’orchestre commença à jouer,
et en un instant, en un pivot, ses pieds glissaient, glissaient. La lumière,
les costumes, les chaises dorées, et la piste scintillante devinrent
tous un un magnifique tourbillon brillant.
Bientôt, d’autre couples les avaient rejoints sur la
piste, et Catherine leur souriait avec un sourire plus radieux que jamais ; le
Bal avait commencé.
544. Charles Nègre Le joueur d'orgue de barbarie et deux enfants qui l'écoutent 1853 Epreuve sur papier salé orsay2
Assise dans mon fauteuil, contemplant les
souvenirs du passé et de la jeunesse,cette photo tombe
dans mes mains,elle me défile tout le film de ma vie jusqu'au moment où elle
était prise .
C'etait moi ,la fille,portant la jupe aux carreaux et une
blouse en laine, à côté d’un gars,que je detestais
beaucoup,on se combattait toujours,je ne l’aimais pas et il avait le même
sentiment que moi. On ne se mettait j’amais d’accord
.On ne jouait pas ensemble on se moquait l’un de lautre.
Un jour,en passant devant le magasin du M.r Guy
,quelque chose m’attirait ,j’ai eu un sentiment étrange qui me bloquait la tête
et qui me rendait comme un robot et qui me guidait à la source du son
produit.
Je me tenais debout devant un vieil homme qui
portait une boite en bois.
Pour plusieurs minutes ,je
ne pensais à rien ,je sentais comme si je rêvais,je volais et dansais avec des
anges .je suis restée pour plusieurs heures là-bas separée
complètement du monde, étonnée par la musique.
Frederic était à côte de moi, je ne le voyais pas et
lui de même, car il était figé comme moi.
La musique s’arrêta ,je
revins au monde réel. Je vois Frederic en face de moi ,et pour la première fois je ne le frappe pas
comme je ne moque pas de lui mais ,inconsciemment et sans dire aucun mot on
s’est pris les mains et... on marchait et marchait….
Dès ce jour là, nous sommes devenus les meilleurs amis, et après nous nous
sommes mariés et nous avons eu des enfant et tout cela était d’après l’effet
magique des mains d’or du joueur d’orgue et de cette musique qui a manipulé
notre tête et nos sentiments et qui a changé notre destin!
545. Felice Beato, sans titre, circa 1868-69 Papier albuminé colorié à la main, 22,8x29 cm Japon
L’étranger passa la main sur sa cape, comme pour en enlever
la poussiere. Il tâta ensuite l’herbe à ses pieds et,
après un moment de delibération, y posa son tripode.
Sur le sommet du tripode, il jucha une sorte de boite brune. Il se tourna vers
nous, nous demanda si l’on était prêts puis s’enfouit sous sa cape et se mit à
faire des petits mouvements précis.
L’étranger avait regroupé tous les vieux du village dans le jardin de Tsange Kenzo. J’étais assis au pied d’un épicéa, mon
chapeau à la main. A ma gauche, était assis Zeami Yoshikaga. Je déteste cet homme; c’est un lâche. Il a vite
fait d’oublier notre culture quand elle n’etait guère
profitable mais maintenant qu’elle l’est, il fait semblant d’en être le
meilleur disciple. Au centre se trouve Tsange Kenzo
revêtu de soie très fine. Tsange est l’homme le plus
riche du village.
L’étranger est arrivé, il y a deux jours, pour le festival de Tanabata qui fête l’amour d’un berger et d’une jeune fille.
Ces deux-là sont maintenant éternisés en tant qu’étoiles. Toutes les rues,
petites et grandes, étaient ornées de lanternes attachées à des tiges de
bambou. Les cerisiers ont gardés leurs fleurs très longtemps cette année.
Ainsi, les jeunes filles ont orné leurs cheveux de jolies couronnes de fleurs.
Le spectacle était tellement impressionnant que Beato
Felice (le nom de famille précède toujours le prénom,
chez nous) m’instruit qu’il désirait rester dans notre village quelques jours
de plus, pour faire le portrait de nos vies quotidiennes.
Beato Felice dit que le
monde de l’Ouest est fasciné par notre monde. Je
suppose qu’un monde dont la civilisation est si jeune pourrait profiter de
notre sagesse, forgée par des millénaires d’expérience. Ainsi, j’ai accepté de
faire partie d’un de ses portraits. Je regarde droit vers la boite essayant de
comprendre le but de Beato. Quelques minutes plus
tard, il dit que tout est fini et nous invite au salon de thé. Perturbé, je me
tourne vers l’engin. Beato explique que notre
position pendant ces trois minutes d’attente sera immortalisée à jamais sur un
morceau de papier. Je me rappelle mon regard, regard que l’Ouest
verra bientôt, peut-être le même regard que verront les générations à venir…
546. Ghirlandajo Portrait d'un vieillard et d'un jeune garçon Italie (24)
Un jour en se réveillant Domenico
entendit un enfant qui jouait dehors, l’enfant chantonnait doucement mais de
temps en temps son chant était interrompu par son cri aigu. Domenico
curieux, s’approcha de la fenêtre et vit que l’enfant jouait à cache-cache:
tous ses amis s’étaient cachés en silence et lui les cherchait. Chaque fois
qu’il en voyait un, il lui criait de se rendre, mais, comme il était petit, les
autres ne se rendaient pas ils couraient d’autant plus vite et lui, avec ses
petites jambes, n’arrivait pas à les attraper. Mais pourtant il ne semblait
point se décourager, il continuait de chanter à mi-voix et cherchait ses amis.
Un cri strident interrompit le jeu: les enfants sortirent sagement de leur
cachette et se dirigèrent vers la petite maison d’où provenait la voix et qui
leur servait d’ecole.
Domenico resta un moment de plus accoudé au bord de
la fenêtre mais il ne regardait plus la petite cour du village où les enfants
avaient joué, mais plus loin, à travers les champs et les forêts jusqu’aux
montagnes à l’horizon. Il avait une très belle vue de sa fenêtre, il le savait
et se sentait très privilégié. Il se retourna et enfila ses habits, il était tot mais puisqu’il etait déjà reveille, il décida de descendre. Il se dépêcha de manger
un peu de pain et un verre de lait et il entra ensuite dans son atelier. Il
pensa pendant un moment que l’atelier etait vide puis
il entendit des coups de marteau et traversa la salle. Il vit Michel Ange
accroupi acharné sur un bloc de marbre dans la concentration la plus intense,
il fallut que le maître appelle deux ou trois fois son élève avant que ce
dernier se retourne:
“Bonjour maître, comment allez vous?” dit-il
finalement, sa voix était basse et plein de respect.
“Bien, bien”, répondit le maître, “Michel aujourd’hui je commence une nouvelle
peinture, prépare moi une toile et une palette sur laquelle tu melangera du vermillon le plus vif possible, du vert foncé,
du roux, de l’azur, du noir de charbon et du blanc de chine. Aussi des pinceaux
et un peu d’huile. Apporte les moi dans ma chambre à coucher.”
“C’est vrai que…” le jeune sculpteur commenca, mais Domenico l’interrompit.
Quand il était lancé Michel, pouvait parler pendant des heures, peu importe le
sujet de conversation il arrivait toujours à la tourner vers sa passion: le
marbre. Il décrivait en détail la taille parfaite du bloc de marbre sur lequel
il travaillait, sa qualité divine, d’où l’inspiration était venue et quand, le
modèle qu’il allait choisir etc. Parmi cela il jetait
quelques unes de ses reflexions sur le sens de la
vie, ca n’en finissait jamais.
“Le plus vite possible, s’il te plaît,” appela Domenico
en sortant de l’atelier.
Michel le regarda partir étonné mais sans un mot. Il s’éloigna quittant avec
regret le marbre qu’il avait entamé.
A peu près une demi-heure plus tard tout était prêt, Domenico
était installé devant la fenêtre de sa chambre avec sa toile devant lui et sa
palette à portée de main. Mais il ne faisait rien. Ce
matin en regardant par la fenêtre, une idée l’avait frappé et il sut très clairement ce qu’il voulait représenter. Mais
maintenant que tout était là installé devant lui il ne savait pas comment
transférer l’idee de sa tête à la toile. Assis là, il
commencait à s’inquiéter: avait-il perdu
l’inspiration? Oublié vingt cinq ans d’expérience en une nuit?
Il voulait représenter la jeunesse comme il l’avait vue ce matin, il voulait
faire sentir se qu’il avait ressenti, comme si soudain son âge était tombé du
ciel et en frappant sa tête se brisant en mille morceaux pour se retrouver à
ses pieds.
Mais l’image ne venait pas et il passa de longs moments assis à regarder la
toile blanche, des larmes s’ecoulant silencieusement
le long de son visage.
Il avait fermé la porte à double tour et personne n’osa le déranger, ni lorsque
le soleil monta dans le ciel de midi, ni quand les lueurs du jour commencèrent
à disparaître à la tombée de la nuit. Le jour suivant il n’était toujours pas
sortit, ce soir là, il demanda qu’on lui apporte de la nourriture mais il ne
sortit toujours pas. Il resta ainsi enfermé, personne ne pouvait entrer
sauf son fils Ridolfo dont il était très proche.
Pendant quartorze jours il resta ainsi. Quand il
sortit, on aurait dit que quartorze ans s’étaient
ecoulés tant il semblait avoir vielli.
Et quand on vit la toile sous son bras, un autoportrait, on pouvait y ajouter
vingt ans de plus.
“Mais d’où vient le petit?” demanda Michel curieux.
Le maître ne lui repondit pas mais alla poser la
toile dans son atelier puis il remonta dans sa chambre et on l’entendit
ronfler.
Les élèves le laissèrent tranquille et allèrent regarder la toile. Michel commenca à dire ce qu’il en pensait mais on le fit taire.
La peinture représentait deux figures l’une vielle mais immediatement
reconnaissable comme Domenico, l’autre figure était
jeune, peut etre six ou sept ans d’âge, que l’on
décida être Rudolfo. Tous deux portaient un habit de
moine. Ils étaient devant une fenêtre d’où l’on voyait un paysage s’étendre et
l’on vit qu’il s’agissait du paysage que l’on voyait depuis la chambre de Domenico Ghirlandaio.
547. Série Palestine – Véronique Vercheval V 14
Cette photographie a attiré mon attention a l’instant
ou je l’ai aperçue. En réalité elle s‘est démarquée de l’ensemble des
photographies qui étaient offertes. Elle s’est démarquée par son optimisme, par
la joie de vivre indestructible et par le sourire sur les lèvres de ces femmes.
Sans penser au lieu, au temps et aux circonstances dans lequels
elle se présente, cette photo représente un moment de la vie et dans celui-ci
sont cachés la joie, l’amour propre, la profondeur du sentiment ainsi que
l’impuissance de l’homme et de sa résignation au destin.
J’avais été fascinée par ce sourire, parce que j’attendais plutôt des
larmes et de la tristesse devant les ruines de cette maison en Palestine. Et je
suis toujours fascinée.
Mais la problématique est plus profonde, ce n’est pas seulement une maison, une
vie et quelques larmes. Non, ce qui est représenté dans cette photographie,
c’est la guerre, ce sont des siècles de divergences et des milliers de vies
perdues.
Ce territoire (l’Israel et la Palestine) est un petit
territoire où les divergences existent depuis toujours. Sur cette photo on ne
voit qu’un moment de cette période de crise, qu‘un morceau de ce pays.
Véronique Vercheval est une femme artiste qui veut
montrer au monde une des faces cachées du monde.Elle veut reproduire des
fragments de temps- des fragments remplis par les sentiments, par l’humanité.
Elle reproduit la peur dans les yeux des enfants, l’espoir au bord de la ruine,
la tristesse, la joie, l’enthousiasme, l’incertitude de l’homme.
Cette photographie témoigne vraiment de la vie compliquée des gens en
Palestine, pourtant elle est gaie.Les ruines qui représentent la tristesse sont
laissés a l’arriere plan et la gaieté s’impose au
premier plan.
Les tonalités de l’image appuient encore en plus ce contraste- le contentement
et l’amour contre la peur et le désespoir, ainsi le blanc contre le noir. Les
femmes enlacées portent des vêtements sombres et le fond est clair.Cela peut
donner une impression d’équilibre.La fotographie
m’évoque donc l’image du jing et du jang,le symbole de l‘équilibre qui
dit que dans chaque noir un morceau de blanc est toujours caché et que dans
chaque blanc sans exception se cache quelque part le noir.
Les personnages sont placés au milieu de la partie basse de la
photographie, au premier plan. L’auteur souligne ainsi leur importance.Comme on
peut le voir, le corps de ces femmes est coupé au niveau du buste. Aussi, ce
qui est important sur cette photo ce sont les mains, les visageses,
bref la partie haute de leurs corps. Et ici j’ai une autre métaphore, la
position de ces femmes m’évoque le sentiment du poing serré, ou des deux mains
qui se tiennent avec force. Leur position représente une émotion très intense
et à mon avis c’est pourquoi elles sont sur cette photographie le point
initial.
Au contraire, la ruine à l‘ arrière plan ne semble pas très importante. A
l’instant où vous apercevez cette photographie, vous vous vous
demandez pourquoi ces femmes souriantes au milieu de la guerre infinie? Quelle
circonstance rare a pu causer leur gaieté? Mais vous ne vous demandez plus
pourquoi cette maison quelque part en Palestine est détruite.Ce n’est pas du
tout intéressant, bien que ce pays soit plein de maisons comme celle-ci. Et
pourquoi s’occuper des problèmes de tous les jours qui ne donnent rien de
nouveau?
La beauté de la vie est en partie de chercher la gaieté dans la tristesse, de
chercher ces morceaux de blanc dand l’obscurité.Et je
pense que c’est ce que Mme Vercheval veut dire.
548. Charles Nègre Le joueur d'orgue de barbarie et deux enfants qui l'écoutent 1853 Epreuve sur papier ORSAY2
Il est dix heures du matin, je suis en train de préparer mes
leçons. Un son assourdissant me surprit Qu'est-ce qui se passe dehors?! Je ne sais plus! Des cris d'enfants me piquent les
oreilles , je regarde par la fenêtre et je trouve un vieil homme portant une boýýîte en bois par le cou et les enfants se bousculent
autour de lui Ma curiosité me guide , et me voilà entre les dizaines d'enfants
, je me perd en regardant d'un oeil étonnant toutes cette petites créatures qui
m'entoure Ils ont tous un seul but, l'arrivée près de ce vieil homme qui se
tient dans le coin de notre quartier , avec sa boîte magique dont je ne sais
pas encore le rôle .
Il paraît pauvre, ses cheveux blancs brillent sous les rayons du soleil, ses
sourcils couvrent ses yeux, l’innocence paraît visiblement sur ses regards, il
crie d'une façon mystérieuse, je crois que son doux sourire attire les enfants
vers lui .Mais quel est le secret de cette boîte ?!!!
L'étonnement pour moi c’est, que les enfants attendent leur rôle pour regarder
dans un creux au centre de la boîte.
Plus j'avance vers cette boîte, plus la voix de la musique devient plus haute,
je commence à comprendre à cet instant, une des raisons qui poussent ces
enfants à se bousculer pour arriver près de cet homme avec sa boîte !!!
Après un long temps, je me trouve devant l’homme qui me regarde et me demande :
où est ton sou??
Par coincidence, je trouve un sou dans la poche
de ma robe .Je tends la main et je le lui donne .Je fixe mon oeil devant
ce creux, je suis totalement excitée pour découvrir le secret de cette boîte.
Je suis surprise par les images que je vois et la musique que j’entends, c’est
quand le vieil animateur tourne avec sas main le bâton en fer qui fait
fonctionner le contenue de cette boîte.
La joie me prend vers un autre monde, un monde de merveilles et de mélancolie …
Après un certain temps, j’entends le joueur qui me dit que c’est le rôle de
l’enfant suivant, c’est comme s’il m’arrache d’un rêve superbe que je
n’oublierai jamais.
Je sais maintenant le secret de cet homme et de cette boîte qui est l’orgue de
barbarie!!
549. Charles Nègre Le joueur d'orgue de barbarie et deux enfants qui l'écoutent 1853 Epreuve sur papier ORSAY2
Enfin c'est le jour que j'attendais, je peux descendre à la
marche pour acheter du yaourt, avec ma sœur.
Tout le monde nous regardait comme si c'est la première fois qu'on descend
pourtant tout le monde me connaît.
Arrivés sous les
arcades, personne n'est là, le lieu était sombre et calme, je frissonnais de
peur, et au bout une lumière calme caressait les roches, je serrais la main de
ma soeur, car j'ai cru pour un instant, que j'étais seul, en m'approchant
lentement le dos contre le mur, je distingue un son d'orgue, qui m'a caressé le
cœur,qui a été comme un champ de peur.
Je distingue
une personne debout portant un orgue de barbarie, c'est le joueur d'orgue que
ma mère ma raconte, c'est le joueur d'orgue de Barbie qui immobilise les petits
enfants avec son regard perçant pour les transformer en esclaves, dans son
palais au fond des bois.
e me stabilise, sans mouvements, comme si on m'a jeté
de l'eau froide, et je sentais les mouvements passer très lentement.
Puis je prends la mains de ma soeur,
et je cours pour me se cacher, comme si j'avais vu un diable .mais la curiosité
ma attire le nez, je me cache derrière le mur pour guetter cette personne
extraterrestre, sans entendre la voix de ma soeur .qui me supplie de partir
mais en vain !!
Je m'approchais
lentement de lui en examinant chaque centimètre de son corps .Ses yeux était
beaux avec la couleur brillant et un regard calme avec des étoile, j'ai
constate qu'il est comme nous, je n'ai plus peur, je m'approche plus, je le
touché, il ne m'a rien fait, il me regardait toujours avec un sourire aux
lèvres.
J'ai pris une des ce
jour la, je descendais toujours au marche me pencher devant lui avec ma soeur
comme un général pour entendre les belles musiques qu'il composent.
550. ORIENT3 Ernest Benecke Femmes Barabra. Nubie. 1852 Papier salé d'après négatif papier. orient 3
L’ORIENTALE
La femme était là, très belle. Elle avait l’air fatiguée, mais gardait la tête
haute et un large sourire sur ses lèvres asséchées par la chaleur. Elle
regardait au loin, l’air confiante, sachant où elle allait comme si elle
suivait quelque chose… Un lourd poids, qu’elle attrapait avec son unique main,
était posé sur sa tête. Son regard majestueux montrait que malgré cette douleur
et cette peine, notre princesse du désert restait digne. Non loin, derrière
elle, se tenait une pauvre vieille femme tenant dans ses bras un jeune enfant
qui ne semblait guère soucieux de cette piteuse situation. La vieille dame dont
on ne voyait pas très bien la figure portait un habit sali par la poussière et
le vent. Les deux femmes marchaient côte à côte, pieds nus.
Quel mauvais sort la vie a-t-elle jeté à cette belle orientale ? Quelle est la
cause de son handicap ? Pourquoi prend-t-elle son mal en sourire ? Pourquoi
a-t-elle un air si triste derrière ce beau sourire ? Quel est son prénom ? Elle
a une tête qui prendrait bien le prénom de Fatima, je ne sais pas pourquoi mais
j’ai cette impression. Quel est le tas de ruine qui se trouve derrière elle ?
Serait-ce sa maison ? Son foyer ? Serait-ce le lieu où elle est censée vivre le
bonheur ? Toutes ces questions se bousculaient dans ma tête lorsque j’ai aperçu
cette belle orientale.
FIN
551. rops_attrapade
L'isabelle
Pendant la réception donnée en l'honneur de la dame Alexandra Camille Déborah Connilh de Beaussac, toutes
les grandes dames de la Haute Bourgeoisie étaient réunies ;des Elisabeth
aux Marie en passant par les Anne. Dans un mélange fantastique de soies brodées
et de satins brochés ; chacune exposait ses bijoux charmant les ducs et les
barons ; les chevaliers et les princes. Soudain apparut ; sortant d'on ne sait
où ; Isabelle ; la fille du baron de la Fontaine vêtue d'une robe
de satin rose qui traînait à trois mètres derrière elle
;des gants en fine dentelle brodée lui montaient jusqu'aux coudes.
Sa coiffure remontée vers le haut de sa tête ; avec de fines
bouclettes pendantes mettait en valeur son jeune visage fin et raffiné
discrètement ;maquillé. Ses oreilles étaient parées de
boucles d'oreille en perle qui scintillaient ; en
harmonie avec sa chaîne. Par sa simplicité et sa beauté ; elle attirait tous
les regards.